Les Outrepasseurs, de Cindy van Wilder

 

 

Les Outrepasseurs

 

 

Mon résumé :

  Peter est un adolescent britannique on ne peut plus ordinaire : passionné de foot, son rêve est d’un jour être sélectionné dans une équipe renommée. Depuis quelques semaines, il a remarqué qu’une espèce de sixième sens le guide sur le terrain dans les moments-clés, et qu’ainsi il devient bien plus doué ; il en est ravi sans parvenir à trouver d’où lui vient ce talent soudain.
  Un soir de novembre, alors que Peter rentre tout enthousiasmé d’un match que son équipe vient de gagner – en partie grâce à lui, il se fait attaquer dans la rue par des chiens féroces, aux proportions affolantes et à l’anormale soif de sang. Il est sauvé de justesse par une renarde sortie de nulle part… Et voilà qu’une fois les chiens vaincus, la renarde se transforme en la mère de Peter. Perturbant, à peine ?
  Voici Peter emmené quasiment de force dans la Lion House, un manoir mystérieux dans lequel se retrouvent treize autres adolescents à qui il est arrivé semblables aventures. Poussés par leurs parents dont ils ignorent les desseins, ils seront forcés de plonger au cœur de leur passé, de l’Histoire de leurs ancêtres, à la recherche des événements qui firent d’eux des surhommes, il y a de cela huit cents ans… Peter et ses confrères vont découvrir ce qui fait d’eux des Héritiers pourchassés par les créatures féériques. Les Héritiers des Outrepasseurs.

 

Trilogie publiée aux éditions Gulf Stream en. Gros format. Tome 1 = 347 pages. Tome 2 = 364 pages.

Coût : 18€ le livre.

 

Comment j’ai découvert Les Outrepasseurs :

  J’ai découvert l’auteure des Outrepasseurs, Cindy van Wilder, au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil ; je l’avais entraperçue au stand des éditions Gulf Stream, et j’avais fort envie d’acheter le premier tome de sa trilogie, seulement mon porte-monnaie était déjà à sec. Alors j’ai noté le titre et je me suis juré d’y revenir dès que ma situation financière me le permettrait. J’ai donc essayé de me le procurer en janvier ; je vous passe les détails, mais j’ai galéré comme pas possible pour diverses raisons, et j’ai beaucoup parlé avec Cindy via les réseaux sociaux, la tenant au courant de l’avancement de l’affaire. Ce n’est finalement qu’en mars qu’enfin j’ai obtenu mon exemplaire ! Grande était ma joie, vous pouvez vous en douter, après deux mois d’attente.

 

 

Une petite mise en bouche…

Monseigneur se racla la gorge. Aussitôt le brouhaha diminua et finit par disparaître. Tels des écoliers se mettant en rang devant un maître, chacun regagna une des six tentes disséminées le long de la piscine. Peter compta au moins deux adultes et autant d’adolescents dans chacune d’entre elles. Le balafré déclara :
– Nous voilà réunis, Maîtres et Maîtresses de Maisons, Héritiers et Héritières. Je suis fier et heureux de vous accueillir dans ma demeure. Fier de perpétuer une tradition plus vieille que les pierres de ce manoir. Heureux de vous convoquer en ces heures agitées…
Peter surprit quelques regards en sa direction.
-…afin de voir notre future génération prendre la relève. Nous avons tant attendu cette heure, elle est enfin arrivée. Celle de la cérémonie des Héritiers. Des futurs Outrepasseurs. Cependant, avant de nous réjouir, il reste une épreuve.
Une certaine agitation parcourut les rangs.
-Patience, patience, vous saurez tous assez tôt en quoi elle consiste. (Une intense satisfaction perça dans la voix de Monseigneur.) Nous n’entretenons aucun doute sur vos chances de réussite. Vous y parviendrez, je le sais. Je sais tout de vous.

 

 

Mon verdict :

  Je ne parvenais pas à me baser sur la quatrième de couverture pour déterminer clairement le genre des Outrepasseurs : du fantastique, de la pure fantasy ? J’ai longtemps pensé qu’il s’agirait d’une espèce de policier vaguement surnaturel. Ma lecture m’a confortée dans cette impression.
  Le premier tome de la trilogie a un format narratif assez particulier : la grande majorité de l’action se déroule loin dans le passé, huit siècles auparavant. On y suit l’histoire des ancêtres de Peter via de longs flash-backs dans un petit village de campagne au XIIIème siècle. Les parties dans lesquelles Peter est narrateur sont finalement très courtes, à peine quelques chapitres sur tout le livre. Ça m’a étonnée je dois dire, mais ce tome 1 est en fait un long prologue pour le reste de la série. L’univers est Outrepasseurs est complexe et Cindy van Wilder a choisi de nous y introduire avec douceur, en nous immergeant dedans d’une façon originale. Je ne m’attendais pas à lire un roman historique, mais soit, je me suis prêtée au jeu en acceptant d’avoir davantage de médiéval que prévu.
  Il y a beaucoup, beaucoup de personnages. Connaissant les mécanismes de l’histoire, qui veut qu’il y ait au moins quatorze protagonistes, c’est normal et ça semble inévitable : si ce détail avait changé, l’histoire aurait perdu bien des points importants. L’esprit de groupe qui anime ces personnes est fort et avec un nombre moins important, l’aspect aurait été moins frappant. Néanmoins, retenir tous les noms et les rôles reste un véritable défi, surtout qu’il y a quatorze personnages dans le passé et quatorze autres dans le présent. Si on rajoute les confusions apportées par les noms souvent identiques, on se retrouve avec un vilain casse-tête ; heureusement qu’à la fin du roman, un petit récapitulatif des personnages est proposé, avec leurs rôles et leurs liens de parenté. Attention par contre, ne le consultez pas avant d’avoir fini le livre, il n’est pas à la fin par hasard et pourrait bien vous spoiler le nœud de l’intrigue !
  Du reste, il y a relativement peu d’action, à part dans quelques moments-clés : la narration se concentre davantage sur les relations entre les protagonistes ou leurs démêlés psychologiques, et vu tous les rapports qu’ils entretiennent les uns avec les autres et leur complexité ce n’est pas une mince affaire.
  J’ai deux personnages préférés : Noble et le Chasseur. Concernant le Chasseur, ça tient surtout à sa relation avec Arnaut ; et ça devient meilleur encore dans le tome 2 ! Noble me charmait de par son sadisme et son apparente omnipotence, mais la facette qui est révélée de lui dans le tome 2, loin de me rebuter, ajoute justement de la crédibilité et de la complexité à son caractère. Car s’il y a bien quelque chose à faire valoir chez les protagonistes des Outrepasseurs, c’est leur évolution continuelle : ils vivent des événements forts, durs, et en ressortent changés. Leur transformation se sent au fil des tomes et on ressent leur évolution de manière intense. En tout cas, j’y ai été très sensible.
  Par contre, j’ai eu énormément de mal à comprendre certains fils de l’histoire, au point de revenir en arrière pour essayer de saisir certains détails, certaines subtilités. C’est que, comme je l’ai dit plus haut, le monde des Outrepasseurs est compliqué, plein de non-dits, de vécu historique, il a son propre jargon et un système de fonctionnement particulier. Les flash-backs du tome 1 ont peut-être permis au lecteur d’aborder cet univers efficacement et d’en saisir aisément le concept, de manière « théorique », mais pour tout ce qui est de la « pratique », nous restons bien davantage dans le flou. Peter est complètement immergé dans ce milieu dans le début du tome 2, or un an s’est alors écoulé depuis la fin du tome 1. Conséquence, il a eu un an pour enregistrer toutes les subtilités des Outrepasseurs, mais comme la narration est interne, le lecteur a davantage de difficulté à faire de même. Parmi les points qui m’ont intriguée : d’où vient Shirley au juste ? Quelle est cette famille qu’elle a dû quitter ? Je ne l’ai toujours pas clairement compris, c’est parfois évoqué à mots voilés, ou bien j’ai complètement oublié le passage dans lequel c’est mieux expliqué. Je ne sais pas. Certaines idées sont éclaircies au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, mais quand même, on reste dans le noir, dans une semi-incompréhension, pendant un bon moment ; et ce n’est pas toujours très plaisant.
  Et pour finir, abordons la féérie ! Je suis très fan de tout ce qui touche aux folklores, bestiaires ou panthéons des anciens temps… Avec Les Outrepasseurs, j’ai été comblée. Les « fés », les êtres fantastiques qui interviennent dans l’histoire, sont bien sûr inspirés de tout ce que le monde compte de légendes ; et bien d’autres créatures sont présentes, bien que n’étant pas des fés, tirées celles-là des mythologies européenne, asiatique… Un vrai régal pour l’imagination. Il y a des kitsune, des garous, des vouivres, l’oiseau-tonnerre, Sheng-long le dragon de la pluie… Sans compter les allusions aux contes classiques, mais je n’en dirai pas trop là-dessus, car ça vous spoilerait sans doute. Et n’oublions pas les références historiques établies pour tracer l’évolution des Outrepasseurs à travers les siècles, c’est un travail de documentation monstrueux, mais qui a bien payé. Le roman est construit, presque crédible. Ça s’admire.

 

 

Plus de détails sur ma lecture des tomes 2 et 3 des Outrepasseurs

  Les deux tomes suivants sont bien différents du premier : après avoir planté le décor, voici que ce dernier se met en branle ! La psychologie des personnages et leurs relations, assez compliquées, sont particulièrement développées, pour mon plus grand plaisir. Le suspense demeure jusqu’au dernier chapitre, le travail effectué sur les contes de notre enfance est admirable.
  Les mythologies sont mise à la sauce de l’époque avec efficacité, le conte de Blanche-Neige prend une tout autre saveur quand on en connaît tous les détails… Un vrai régal bien que, je le maintiens, l’écriture de Cindy Van Wilder soit parfois très complexe et certaines de ses idées un peu dures à suivre. Mais la complexité, on aime ça, hein ? Du moment qu’on n’a pa besoin de relire trois fois la même phrase pour la comprendre…
  Et surtout la décadence, la décadence, mes aïeux. J’adore le concept de décadence et tout ce qui peut s’en développer. Celle qui s’installe peu à peu dans l’univers des Outrepasseurs est si belle, et subtile, et fatale ! Il est bien dur de vous en parler sans rien vous spoiler, mais je vous assure, moi adepte de décadence, que la tension et la nuisance qui vont crescendo dans le roman vous donneront de merveilleux frissons !

 

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2
La mise en page : 3/3 Les couvertures sont très belles, et le système de jaquette m’a beaucoup plu
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 25/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.// 

 

 

CQFD :

  J’en attendais peut-être un peu trop des Outrepasseurs, mais ma lecture reste très positive. Des romans policier/fantastique alliant la féérie de nos mythologies et une ambiance très sombre avec une décadence à se damner, que demander de plus ?

 

 

Bonus :

Le blog de Cindy van Wilder

Les blogueurs parlent des Outrepasseurs

Ici, je parle de Memorex, un autre roman de Cindy Van Wilder…

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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4 commentaires sur “Les Outrepasseurs, de Cindy van Wilder

  1. J’étais tombé dessus un jour dans une librairie, et il m’avait fait de l’œil!! Mais on ne peut pas toujours tout acheter!! Enfin bref toujours est-t’il que ta chronique me donne encore plus envie de le lire!!!
    Surtout que je suis une grande amatrice de mythologie et de fantastique!! 🙂

    J'aime

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