Les Lutins Urbains, de Renaud Marhic

 

Les Lutins Urbains, De Renaud Marhic

 

Mon résumé :

  Plusieurs décennies après notre époque, Paris est devenue « La Grosse Cité », ses habitants sont les groscitiens. Dans ce futur pas si lointain, les marques commerciales ont pris possession du quotidien et sponsorisent tout et n’importe quoi : nourriture, lieux publics…
  Gustave est un jeune policier travaillant au commissariat Adinike® « Avec-Adinike®-le-sport-c’est-toujours-le-pied ! « . Au cours de certaines de ses missions en ville, il se retrouve confronté à de bien étranges événements : des vols de pizzas, des appareils technologiques qui disjonctent bizarrement… Gustave est un grand rêveur, et le voilà embarqué dans l’univers des Lutins Urbains ! On croyait les lutins disparus, perdus dans nos campagnes, mais ils surent fort bien s’adapter à nos villes : ils sont devenus urbains, voilà tout, et plus farceurs que jamais. Entre le Pizz’Raptor, le Troll ou Bug le Gnome, Gustave va avoir du souci à se faire pour faire régner l’ordre dans son quartier. Dans la Grosse Cité s’affrontent secrètement deux organismes, l’Université d’Onirie et la BRO, Brigade d’Oppression de l’Onirisme ; quand l’un veut faire survivre les lutins, l’autre fait tout son possible pour les faire disparaître de l’imaginaire du peuple. Car, c’est bien connu, les lutins n’existent que si on croit en eux…
  Gustave se retrouve pris dans les histoires abracadabrantesques des uns et des autres et ne sait plus sur quel pied danser, s’en sortira-t-il en un seul morceau ?

 

 

 

Série publiée aux éditions P’tit Louis, entamée en octobre 2013. Trois tomes sont actuellement sortis.

Format poche. Tome 2 = 115 pages. Tome 3 = 132 pages. (C’est écrit gros).

Coût : 8,50€ l’un.

 

 

 

Comment j’ai découvert Les Lutins Urbains :

  L’auteur des Lutins Urbains, Renaud Marhic, m’a proposé un partenariat pour ces romans. Bien qu’ils soient a priori destinés à un public plus jeune que celui qui traîne habituellement sur mon blog, j’ai accepté, parce qu’il a une plume allègre, et que ce que j’avais vu de la série sur d’autres blogs m’intriguait bien. Pour ses partenariats avec les blogueurs, Renaud Marhic (ou le Petit Reporter de l’Imaginaire pour les intimes) a un concept fort intéressant : il envoie ses livres par la poste, en y joignant une lettre recommandée. Dans quel but… ? Pour qu’on lui renvoie les romans une fois qu’on les a lus. Idée intéressante, car certes on ne peut pas garder les livres – à moins de les racheter derrière – mais ainsi les mêmes exemplaires ont voyagé dans la France entière, et une relation de confiance s’établit entre l’auteur et le blogueur. Je trouve ça bien pensé.
Seuls les deux derniers tomes actuellement parus (le 2 et le 3) sont envoyés par la poste, accompagnés d’un résumé du tome 1. Ne me faites pas ces yeux-là… ! Je sais bien que j’aurais dû acheter le tome 1, mais là mon budget bouquins est plus ric-rac que jamais. L’Escale du Livre a asséché mon porte-monnaie, vous le verrez dans le Book Haul d’avril.

 

 

 

Une petite mise en bouche :

  – Commissaire ! aboya l’homme au casque en poussant la porte à la volée.
Penché sur un miroir de poche emprunté à sa femme, une paire de ciseaux à la main, le commissaire rectifiait – pour la troisième fois de la journée – sa célèbre coupe à la brosse qu’enlaidissait soudain une petite houppe aux allures de chiendent.
  – Tiens, tiens, tiens, cher collègue… Quel bon vent amène la BRO par chez nous ? badina-t-il en faisant disparaître son attirail de coiffure dans un tiroir.
  – Un vent de folie, commissaire ! Cela ne vous étonne pas, je suppose ?
  Le commissaire se racla longuement la gorge avant de se laisser tomber sur son fauteuil. (Pas question de tenir tête à celui que tous, ici, appelaient le « Supérieur Inconnu ».) Les yeux baissés, il rapprocha l’ordinateur portable posé à proximité.
  – Code LU ! lança-t-il en direction de la reconnaissance vocale.
  Une série de dépêches envahit aussitôt l’écran. Comme à regret, le commissaire ébaucha la lecture :
  – Nous disions donc… 12 000 litres de pili-pili dérobés dans une usine d’huile alimentaire. Les gardiens auraient repéré un « drôle de p’tit barbu » s’éloignant à toute vitesse au volant d’un camion-citerne…
  Le chef de la BRO n’avait pas bougé. Obligeant le commissaire à poursuivre :
  – D’autre part, le responsable des Bavards Anonymes, une association venant en aide aux moulins à paroles et autres incorrigibles pipelettes, a dû être hospitalisé d’urgence. Il n’a pas supporté « l’épouvantable baratin » d’un tout nouvel adhérent : « Un gamin habillé comme un pantin, parlant du nez, et qui sentait très fort des pieds… »

 

 

 

Mon verdict :

  Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ces Lutins Urbains. Du fantastique au second degré, comme le proclamaient certains blogs, ou de la littérature trop enfantine pour que j’y adhère ? J’étais prête à tout, mais au final j’ai beaucoup apprécié ma lecture.
  Ainsi, je n’ai lu que les tomes 2 et 3. Tant qu’à faire, je les chronique tous les deux en même temps, c’est plus pratique et plus pertinent.
  Renaud Marhic nous introduit d’entrée dans un monde à la fois semblable au nôtre et très différent par bien des aspects. Une espèce de dimension fantastique, saugrenue, est intégrée au quotidien de ces habitants du futur, notamment par l’omniprésence de ces fameuses marques qui sponsorisent tout : l’intervention fréquente de leurs slogans dans la narration – slogans forts saugrenus de surcroît – apportent une touche surréaliste à l’histoire. Et là n’interviennent pas encore les Lutins Urbains.
  Evidemment, les romans sont majoritairement destinés à un public plus jeune, moins de dix ans je dirais. Ce sont des « premières lectures », d’agréables introductions aux univers de fantasy qui formeront peut-être les grands lecteurs de demain. L’humour est léger, la narration pleine de rebondissements, et malgré mon recul j’ai beaucoup apprécié. L’atmosphère est bon enfant, rien n’est à prendre au sérieux ; la lecture plaira beaucoup aux plus jeunes, et elle détendra les plus grands. Il y a bien quelques passages qui ennuieront davantage les plus âgés, certains slogans ou aventures leur paraîtront un peu ridicules ou trop peu crédibles. En revanche, d’autres références, qui échapperont peut-être aux jeunes lecteurs, les interpelleront : les prénoms de certains personnages par exemple : Chelou, Mac Afi ou Havast… Certains dialogues où on parle de « 9-3 », « Ctrl+Alt+Suppr »… Et le Nain Jaune, c’est un grand jeu de mon enfance, et j’ai beaucoup aimé le retrouver dans ces romans, même s’il n’était pas forcément à son avantage.
  J’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de clichés par moments. Loligoth m’a semblée un peu trop stéréotypée, par son style vestimentaire ainsi décrit directement par son prénom : c’est peut-être un sujet un peu sensible pour moi, ou bien j’ai pris cela trop au sérieux par rapport au reste du roman, mais j’ai trouvé ça un peu limite, même si Loligoth est franchement cool comme fille.
  Au début, j’ai trouvé les lutins un peu trop « enfantins » pour vraiment me plaire. Ça reste des lutins, pas des elfes ou des vampires ; je veux dire par là que ce sont des créatures surnaturelles à connotation enfantine et qu’il m’a été plus difficile de les aimer. Néanmoins, au fil des pages, je me suis familiarisée avec leurs manies et leur façon d’être. J’ai appris à apprécier leurs facéties et les caractéristiques folkloriques qui leurs sont prêtées : le fait qu’il faut croire en eux pour qu’ils existent réellement, par exemple. Ça peut paraître relativement peu original, mais c’est tourné d’une manière qui l’est beaucoup plus, et j’ai trouvé le concept intéressant. Gustave, présenté comme étant un « grand rêveur », et pouvant ainsi voir les lutins, incite d’une manière subtile les enfants à continuer de croire en la fantasy. J’ai trouvé ça remarquable, ce fond de sujet sérieux camouflé au milieu de toute cette drôlerie.
  Petit bonus appréciable, l’auteur fait de très nombreuses interventions dans la narration. Je veux dire par là que souvent survient un petit « psiiiiit » à la fin d’une ligne, petite onomatopée qui va nous ramener au bas de la page ; et là se trouvent des précisions diverses et variées, des blagues, ou même des délires à part entière (pour les lecteurs des Lutins Urbains, tome 3, je pense particulièrement à Barbara La Frange). Je n’ai pas eu de mal à intégrer ces interventions à ma lecture, mais je me demande si pareilles digressions ne pourraient pas compliquer la lecture des plus jeunes, qui une fois sortis de l’intrigue auraient par moments un peu de mal à y retourner et à s’y retrouver.
  Toujours dans la catégorie bonus sympathiques, il y a aussi les illustrations qu’on retrouve parfois au fil des pages : réalisées par Godo – il a également dessiné les couvertures, elles agrémentent le roman d’une impression de concret supplémentaire, et surtout elles aident à visualiser les personnages. Normalement j’apprécie peu qu’on essaie ainsi de me donner une vision particulière des protagonistes, mais ici certains sont quand même assez atypiques physiquement parlant, alors ces petits dessins ne furent pas de trop.

 

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2
La mise en page : 2/3 J’ai eu du mal avec la police utilisée pour le roman, trop fine et trop grosse.
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 2/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
Total : 22/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.// 

 

 

CQFD :

  Une lecture légère et sympathique que je recommande quel que soit l’âge, dans le but simple et efficace de  se détendre et de se distraire entre deux romans plus « sérieux ».

 

 

Bonus :

Le site de Renaud Marhic

 

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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