Mémoires du Grand Automne, de Stéphane Arnier

 

Mémoires du Grand Automne, de Stéphane Arnier

 

Salutations, ami lecteur.

 

  C’est une chronique un peu particulière que je publie aujourd’hui : en effet, Mémoires du Grand Automne est un ouvrage auto-édité, comme L’Archipel Sacré (article publié précédemment). Néanmoins, tout au long de ma lecture, je l’ai cru appartenant à une maison d’éditions normale ! Je n’ai découvert tout ça qu’une fois ma chronique finie.
  Mais surtout Stéphane Arnier, l’auteur des Mémoires du Grand Automne m’a envoyé son livre en avant-première (quelques jours avant sa sortie) spécialement pour que j’en fasse une chronique. Première chronique qui ressemble plus ou moins à un partenariat, ça se fête !
  Mais j’arrête là les palabres et vous présente le cœur de l’article…

 

Le résumé :

An 1169 après la Grande Infestation. Les Alkayas, peuple de l’Arbre-Mère Alkü, coulent des cycles tranquilles dans leur cité sylvestre. Nikodemus, leur Maître-sève, est très occupé par les préparatifs de la Cueillette de l’automne, la période à laquelle les sévetiers « cueillent » les nouveau-nés de leur peuple dans les chambres fécondes de leur Arbre-Mère. Nikodemus et Maari, sa femme, sont très estimés dans leur métier, mais depuis peu leur vieillesse est sujette aux médisances : on les incite à se trouver des successeurs au plus vite, car la santé de Maari se dégrade… seulement Nikodemus est bien trop fier pour admettre l’évidence, et peu à peu la tension monte entre lui et ses proches.
  Malheureusement pour lui, les événements étranges se multiplient sur Alkü. L’un des bébés à naître manipule les vents depuis son bourgeon – capacité normalement réservée aux Alkayas plus âgés ; c’est là le signe d’une naissance exceptionnelle, qui suscite bien des convoitises. De grandes choses se préparent : Nikodemus devra réussir à surplomber les soupçons, les trahisons, les menaces et ses tourments personnels pour œuvrer au mieux pour le peuple d’Alkü et les terribles bouleversements qui s’annoncent…

 

 

Comment j’ai connu Mémoires du Grand Automne :

J’ai donc eu la chance d’accéder à Mémoires du Grand Automne en avant-première, dans le but d’en faire une chronique pour le Monde Fantasyque. Je peux d’ores et déjà dire que j’ai a-do-ré cette lecture, et que j’ai terriblement hâte d’avoir le tome 2 entre les mains ! Il va falloir patienter vu que Le déni du Maître-sève est sorti le 23 septembre, mais le suspense final donne très envie…

 

 

Mon verdict :

  J’ai mis du temps à rentrer dans l’univers, un peu trop peut-être. Il faut dire que nous découvrons une société très complète et complexe : sévetiers, protecteurs et artisans, Myars, Drass et Alkayas… Racines, Roucépée, La Forêt de Hel … Mais une fois qu’on a intégré les différents concepts, c’est un délice que d’évoluer dans ce monde végétal et poétique sur les bords. J’ai remarqué que jamais l’auteur ne donne une vue d’ensemble du monde des Arbres-Mères. Il ne donne jamais d’explications claires : le lecteur devine tout sur le mode de vie des protagonistes au fur et à mesure de l’histoire, grâce à son propre sens de déduction. J’ignore si c’est fait exprès, mais cela peut être un avantage comme un défaut : le lecteur a une place active, mais il peut se perdre facilement, comme moi quand j’ai commencé le livre.
  L’intrigue et les suspenses sont très bien gérés : avec du recul on se dit, en temps que lecteur habitué du genre, qu’on aurait pu prévoir telle ou telle révélation, mais sur le moment on est vraiment pris par surprise. C’est un roman, somme toute, au rythme plutôt tranquille, mais avec pile assez de scènes d’action pour que le lecteur ne s’ennuie pas.
  Les personnages sont nombreux, ils ont des noms inhabituels, et au début je les ai souvent confondus les uns avec les autres. Mes préférés sont sans doute possible Ansa Cirrhes et Ilona Rable, mais finalement Ilona s’avère avoir une morale et une éthique bien trop discutables… Ansa est géniale. Je ne peux qu’espérer qu’elle gagnera en importance dans le prochain livre. Je l’aurais aimée plus présente dans les scènes finales, mais ça c’est une simple requête de fan.
  La lecture a beau avancer, on ignore où va nous mener l’intrigue : bien peu d’indices nous sont donnés par la 4ème de couverture. Au fur et à mesure que Nikodemus avance dans son enquête, la tension s’accroît, les coups durs se multiplient. Le moindre événement présenté pourra s’avérer capital pour l’intrigue. Nous avançons à l’aveuglette dans l’histoire ; c’est une attente de tous les instants. C’est un très bon point. De plus, le prologue avec Raw et l’Ephémère brouille davantage encore notre compréhension. L’action se passe sur plusieurs plans, même si Raw et l’Ephémère sont évidemment très peu présents, mais cela ajoute de la profondeur à l’ensemble. On se demande jusqu’où l’auteur va nous emmener, dans ce mystère permanent… Qu’est-ce qui a provoqué la mort de Nikodemus ? La partie narrative de Raw se situe-t-elle juste après son décès, ou très longtemps dans le futur ?
  Les soucis internes de Nikodemus sont très importants et influencent grandement l’histoire. C’est un vieil homme fier et un peu aigri qui refuse de voir que son temps de gloire est passé, et qui s’accroche désespérément à son quotidien sans vouloir admettre que de grands changements s’y opèrent… Cette pugnacité lui coûtera beaucoup. Par sa faute, à cause de ses choix aveugles ou intéressés, bien des événements tourneront au cauchemar. C’est un héros peu commun : dans la littérature jeunesse, on voit plus souvent un adolescent anti-héros qu’un homme âgé aussi tourmenté. Néanmoins, c’est un bon choix, qui amène le lecteur à des problématiques différentes : faut-il suivre le point de vue de Nikodemus, ou accepter qu’il ait tort, malgré le fait qu’il soit le personnage principal ? J’ai souvent douté pendant ma lecture et j’ai aimé ça. C’est un roman qui fait réfléchir.
  Mention spéciale – sans spoil ! – à… la dernière scène avec l’enfant d’Aulis. Bien sûr ce détail ne vous intéressera pas si vous n’avez pas lu le livre, mais il m’a tellement marquée que je tenais à en parler ici, pour ceux d’entre vous qui seront allés découvrir Mémoires du Grand Automne. C’est puissant, inattendu, triste, émouvant. Bravo Stéphane Arnier pour ce retournement de situation.

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2 Le titre et le sous-titre sont très bien trouvés ! Le déni du Maître-sève… On croit le comprendre rien qu’en lisant la 4ème de couverture, mais je pense qu’en fait c’est aussi et surtout une référence au caractère de Nikodemus. Chapeau.
La mise en page : 2/3 J’ai été déçue de ne pas trouver de carte d’Alkü à la fin de l’ouvrage. Bien trop souvent j’ai été perdue par les descriptions et les différents lieux : cela aiderait le lecteur à mieux se situer dans les scènes d’action.
Le langage : 3/4 Un jargon spécifique d’Alkü est à acquérir tout au long de la lecture. Là encore un petit lexique aurait été apprécié, mais ce n’est pas aussi important que pour la carte. On s’en sort très bien sans.
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 5/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
Total : 26/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

  Je pense sincèrement que Mémoires du Grand Automne aurait eu sa place dans une vraie maison d’éditions, peut-être pas direct chez Gallimard, enfin, il a quand même du potentiel… Une très bonne lecture, un premier roman très prometteur ! Je n’exagère pas les qualités du livre parce que c’est une commande. J’ai vraiment aimé ce tome 1, qui change des conventions de la littérature jeunesse. Il a un petit parfum de Tobie Lolness (Timothée de Fombelle). A découvrir !

 

 

 

Ma lecture de Le Vent de Line, une nouvelle écrite dans l’univers d’Alkü…

Mémoires du Grand Automne, de Stéphane Arnier

J’ai trouvé cette nouvelle bien trop courte… On entrevoit brièvement la richesse de l’univers Alkaya, mais c’est si bref  ! On entrevoit une partie très sombre de leur histoire, l’époque de la fabuleuse Line Liane dont on connaît l’histoire grâce aux Mémoires du Grand Automne, et il est étrange de découvrir cette période critique de leur civilisation tout en sachant déjà comment cette guerre va se terminer… De plus, Stéphane Arnier c’est choisi une héroïne singulière, atypique. Un régal qui me donne fort envie de poursuivre mon exploration du Grand Arbre ! 

 

 

Bonus :

Vous trouvez ma façon de noter un peu bizarre ? Voici un article explicatif sur ma façon d’évaluer les livres : ici !
Le site des Mémoires du Grand Automne ? C’est ici !
Le blog d’écrivain de Stéphane Arnier ? C’est ici !
Intéressés par L’Archipel Sacré, dont j’ai parlé plus haut ? C’est par ici !

 

 

Amitiés
Shishi et Chinmoku.

 

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Un commentaire sur “Mémoires du Grand Automne, de Stéphane Arnier

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