Larcin Pas Malin, de Jocelyn Canonne

 

Larcin Pas Malin, de Jocelyn Cannone

 

 

Mon résumé :

Dans la contrée de Calméria, il existe une petite cité paisible du nom de Jutelle. Dans celle ville – au climat très humide soit dit en passant – sévissent les « serviteurs d’Hyldia ». Qui sont donc ces gentilshommes au surnom si plaisant ? C’est bien simple : ils survivent en s’appropriant les biens d’autrui sous prétexte d’en faire offrande à Hyldia, leur déesse protectrice. En gros, ils pourraient être qualifiés de voleurs, mais attention, ce serait blasphématoire : le travail des serviteurs d’Hyldia est très noble, hein. Ce n’est pas comme s’ils s’abritaient derrière cette foi religieuse pour commettre leurs larcins en toute tranquillité morale.
  Notre héros, Harns, est justement un serviteur d’Hyldia. Lui et son ami Théo (pas très futé, le Théo !) « font des offrandes à Hyldia » à longueur de journée, parfois selon les directives de leurs supérieurs ; que croyez-vous, il y a une hiérarchie précise au sein de leur ordre !
  Aujourd’hui, Harns a commis un larcin, sur ordre de ses supérieurs justement ; une offrande qu’il avait prévue corsée, dans la maison d’un mage, rien que ça, mais qu’il a pu accomplir avec une déconcertante facilité. Pas inquiet pour un sou, Harns va fêter sa victoire à a taverne, sans se douter que ce larcin aisé va l’entraîner dans une quête farfelue mêlant serviteurs d’Hyldia, mages peu dégourdis, fermes magiques et coups de poêle…

 

 

 

Roman auto-édité, disponible en format papier comme numérique ; format poche en papier. 321 ages.

Coût : format papier : 9,97  €. Format numérique : 2,99 €.

 

 

 

Comment j’ai découvert Larcin pas malin :

  Son auteur, Jocelyn Canonne, m’a fort poliment proposé un partenariat pour cet ouvrage. J’ai volontiers accepté, en plus Mr Canonne est, à mon instar, un grand adorateur de Terry Pratchett, c’est un fan de fantasy burlesque !

 

 

 

Une petite mise en bouche :

Accroupis tous les deux près de la fenêtre, ils patientèrent à l’affût du moindre signe extérieur. En vain. Seule une pluie dorénavant intense s’abattait sur le hameau de Loude et s’insinuait sur le toit, à certains endroits, troué. Bercés par le doux bruit de clapotis de l’eau sur le sol, ils eurent bien envie de fermer les yeux, comme leur ami qui ne bougeait pas d’un pouce, au plus grand étonnement de Jyrgyn.
  – Euh… c’est tout de même impressionnant.
  – Pardon ?
  – Theo… je l’observe depuis tout à l’heure, et il ne donne pas l’impression de respirer. On le mettrait dans l’un des coins de la pièce ou derrière le poêle, je suis presque certain qu’une personne, qui rentrerait, ne ferait même pas attention à la présence.
  – Tu sais, c’est notre métier de se fondre ainsi dans les éléments. On ne peut pas se rendre totalement invisible, mais on possède cette faculté à se faire oublier.
  – Euh… Crois-tu qu’il dorme ?
  – Je ne le crois pas, j’en suis certain. Regarde au niveau de sa tête, on voit un léger souffle sur le tissu. C’est infime, mais ça se voit en faisant attention.
  Jyrgyn se frotta les paupières, et s’aperçut qu’il disait vrai.
  – Tu as raison. On ne le voit qu’à peine et on n’entend même pas un sifflement. Cela doit être amusant de pouvoir se faire oublier de la sorte, est-ce cela être un véritable serviteur d’Hyldia ?
  – Entre autres… en fait, on observe beaucoup. On essaye de comprendre l’environnement qui se présente à nous. On se balade beaucoup, dans les cités notamment, pour étudier certains comportements, car d’une ville à l’autre, traditions et rites changent. Et pour passer inaperçu, il est essentiel de comprendre ces changements. Quelqu’un qui s’émerveille ou qui pose beaucoup de questions est facilement repérable. Il marque les esprits, ce que nous cherchons à éviter.
  – Euh… mais, dans une cité comme Jutelle, que vous semblez habiter tous les deux, comment faites-vous ?
  – Il est vrai que nous sommes connus par bien des gens. Là, c’est au moment d’agir que nous nous mêlons dans l’ombre. Au moment où les gens s’y attendent le moins.

 

 

 

Mon verdict :

  Larcin Pas Malin est, très majoritairement, composé de dialogues.
  Plein, plein de dialogues, très peu de narration ! Cela m’a laissé l’impression tenace que le bouquin, adapté à la forme théâtrale, donnerait une petite merveille. Le nombre de protagonistes est fort raisonnable, je m’attendais à pire pour un roman de fantasy burlesque. Tous ont des traits de personnalité précis et très divers ; les dialogues prédominants favorisant la mise en avant des relations entre les personnages, on se doute qu’il y a pas mal d’étincelles quand ils se confrontent les uns aux autres. Ces querelles, couplées à l’humour dont fait preuve Mr Canonne, forment l’un des points forts du roman.
  Ainsi, le roman fonctionne par scènes, il y a de l’action mais à cause de l’importance des dialogues celle-ci perd en intensité. Cela pourrait passer pour un défaut, mais ça permet de prendre du recul et de considérer les aventures de Harns et de ses amis avec tout l’humour qu’elles méritent.
  On retrouve dans Larcin Pas Malin un univers de fantasy burlesque on ne peut plus typique, avec ses guildes de marchands et de mages, ses personnages je-m’en-foutistes ou fatalistes, leur logique bizarre et leurs caractéristiques farfelues. Un univers qui sera familier aux habitués du genre mais qui plaira aussi aux non connaisseurs.
  Pas de défauts scénaristiques majeurs, sinon un final qui, bien qu’inattendu, reste décevant, un dénouement que j’ai trouvé trop simple.
  Les dialogues étant très nombreux, on aurait pu s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup voire trop d’incises, de verbes de parole, pour différencier les locuteurs les uns des autres ; ce n’est pas le cas, car l’auteur a trouvé le moyen d’utiliser l’humour comme astuce pratique. Certains personnages ont, en plus d’un style de parole bien défini, des tics verbaux : untel dit tout le temps « euh », un autre dit tout le temps « bah », et ces mots-là au début de chaque prise de parole aident à déterminer le locuteur. Bonne astuce.
  Une question sérieuse est abordée dans le livre : le vol. Je parle moins du fait matériel de voler que de la mentalité de voleur, de son manque d’éthique. Car, comme vous aurez pu le constater dans mon résumé, l’état de voleur est ici considéré comme un métier à part entière, et ses caractéristiques peu glorieuses sont effacées par l’aspect religieux, « faire offrande à notre déesse ». Cela sert l’aspect burlesque de l’histoire, car les serviteurs d’Hyldia ont beau masquer leurs disgrâces derrière leurs belles paroles, le lecteur a bien conscience que ce qu’ils font est mal. Dans Larcin Pas Malin, Harns et Théo sont deux voleurs trop naïfs, qui jouent à l’autruche dès que le thème du vol en tant que mauvaise action est abordé. Shineade est la voie de la raison, celle qui tente par la logique de leur prouver leurs torts à chaque fois que l’occasion lui en est donnée. Cet aspect sérieux contrebalance agréablement avec le reste du roman ; pile ce qu’il fallait de raisonnable pour équilibrer le tout.
  Je n’avais trouvé qu’un seul gros défaut à Larcin Pas Malin, c’était les très nombreuses fautes d’orthographe, de frappe ou de syntaxe ; dues à une mauvaise relecture certainement. Mais Mr Canonne les a corrigées hier, alors c’est une histoire réglée !
  Que rajouter ? Le personnage de Théo m’a tapé sur les nerfs tout au long du livre, m’enfin c’était le but, et j’ai ri aux répliques de Harns pour tourner en dérision l’idiotie de son camarade de toujours. Jyrgyn est mon petit préféré (surtout quand il est bleu), et j’éprouve un certain respect pour Shineade, bien que ne l’appréciant qu’avec modération.
  Et pour finir, petite anecdote : le terme « avoir la truite » est rentré dans mes expressions courantes.

 

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 1/3
Le langage : 3/4
La nature : 1/2 Même si les dialogues sont un point  positif, il y a un déséquilibre indéniable entre dialogues et narration
Le thème : 2/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
Total : 22/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.// 

 

 

 

CQFD :

Larcin Pas Malin mêle références à la fantasy classique, dialogues enflammés, intrigue farfelue et personnages peu typiques. Un bon vieux bouquin de fantasy burlesque comme on les apprécie fort dans le Monde Fantasyque.

 

 

Bonus :

Le site de Jocelyn Canonne !

 

J’ai lu D’eau à Dos, un recueil de nouvelles écrit par Jocelyn Canonne…

Banque d'images 1C’est Mr Canonne qui m’a envoyé ce recueil, en souvenir de notre partenariat. Cela m’a beaucoup touchée. Je l’ai lu il y a un moment maintenant mais j’avais oublié d’en reparler ici, honte à moi…
Dans D’eau à Dos, j’ai retrouvé la plume légère de Jocelyn Canonne, ses dialogues vivants et burlesques. Ce « recueil de nouvelles fantaisistes » compte six petites nouvelles de fantasy, avec des personnages très divers qui plairont au amateurs du genre. Un bon bouquin pour se détendre par jour de pluie.

 

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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