Nos âmes jumelles, de Samantha Bailly

 

Nos âmes jumelles, de Samantha Bailly

 

Book Haul de juin 2016

 

 

Mon résumé :

  Depuis peu, Sonia assume ses plans d’avenir : plus tard, elle sera écrivaine. Elle vient de rentrer en première L au lycée et caresse ce rêve depuis le collège. A la recherche d’un moyen pour se lancer dans le domaine, elle fouille Internet et tombe sur un forum de fanzine appelé « Trames », qui rassemble des passionnés de dessin et d’écriture. Elle hésite un peu, tendue à l’idée d’exposer pour la première fois ses textes au regard d’autrui…
Mais quand elle se lance enfin en postant l’un de ses poèmes sur le forum, c’est toute une nouvelle vie qui commence.
  Sur Trames, Sonia rencontre Lou, une jeune fille de son âge qui, elle, griffonne comme elle respire. Le courant passe directement entre elles et un projet se monte : elles vont créer une nouvelle illustrée pour le prochain fanzine de Trames, qui sera publié dans neuf mois, à l’occasion de la Japan Expo (NB : la JE est une convention rassemblant des fans de la culture japonaise, manga, j-music…). Une grande première pour toutes les deux !
Lou et Sonia vont travailler d’arrache-pied sur leur nouvelle, conciliant de leur mieux cette collaboration avec leurs obligations de lycéennes et leur vie privée aux multiples aléas.
  Nous allons suivre leurs quotidiens croisés pendant ces neuf mois qui les séparent de l’accomplissement de leur premier objectif concret dans le dur monde de la publication, de la professionnalisation…

 

 

 

Publié aux éditions Rageot en mai 2015. Future trilogie, seuls deux tomes sont déjà parus. Format moyen.

Coût : 12,90 €.

 

 

 

Comment j’ai découvert Nos âmes jumelles :

  J’ai acheté ce roman lors d’une rencontre avec Samantha Bailly près de chez moi. J’avais déjà dévoré sa trilogie Souvenirs perdus, alors j’ai décidé de m’attaquer à ses derniers ouvrages sortis pour continuer de suivre correctement son actualité. J’étais si contente qu’un auteur vienne près de Bordeaux, c’est si rare d’ordinaire !

 

 

 

Une petite mise en bouche :

La jeune fille pince les lèvres, sentant la tristesse revenir au galop. Ce cours de sport l’a encore plus bouleversée qu’elle ne le soupçonnait.
  – ça va ? s’assure Sonia.
  – Je… Désolée…
  A sa grande surprise, Lou fond en larmes devant la diode de la webcam. Sa correspondante ne dit rien, tout en délicatesse et en subtilité. Lorsque les sanglots s’apaisent, Lou ose affronter de nouveau l’écran.
  – C’est juste que je déteste le lycée, explique-t-elle. Je n’en parle jamais à personne, ça me pèse…
  – Qu’est-ce qui se passe mal, au lycée ? demande Sonia.
  – Je n’ai… pas vraiment d’amis, je crois.
  Lou et Sonia se dévisagent intensément, chacune d’un côté de l’écran. La petite blonde fronce les sourcils puis répond, très sérieuse :
  – Ne dis pas n’importe quoi. Tu m’as, moi, maintenant.

 

 

 

Mon verdict :

  Nos âmes jumelles m’attirait peu à la base, bien que j’en connaisse l’auteure, car ça avait l’air plus « girly », aventures réalistes de deux lycéennes et le pouvoir de l’amitié… Bref, je me suis fait des idées terriblement fausses sur Nos âmes jumelles et je me félicite de l’avoir tout de même lu, parce qu’il en valait franchement la peine.
  Contrairement à ce que je craignais, le roman se centre moins sur la vie lycéenne que sur le début de parcours professionnel de nos deux héroïnes : autant les difficultés techniques que leurs tourments personnels à ce sujet. Car si la part belle est faite aux péripéties qui marqueront leur aventure, on insiste plus encore sur le côté psychologique de cette entreprise, de tout ce que cela implique : la mère de Lou se désespère de voir que sa fille s’intéresse au dessin, avenir trop précaire selon elle, et la famille de Sonia ne considère même pas la profession d’écrivain comme un vrai métier… Malheureusement, pareils schémas se retrouvent très souvent dans la vraie vie, et de là vient aussi la force de ce roman : on s’identifie à Lou et Sonia, on comprend leurs motivations, leurs inquiétudes, et voir les barrières imposées par leurs familles avec leur point de vue pourrait bien aider à faire tomber plusieurs préjugés, à propos justement de ces passions qui sont souvent dénigrées ou même pas perçues comme des activités suffisamment importantes pour permettre d’en vivre.
  Il est très facile de s’identifier à Lou ou à Sonia ; Samantha Bailly me l’avait dit d’ailleurs. Elles sont si différentes que si l’une nous semble trop distante, il y a de très grandes chances pour qu’on se rapproche ainsi de l’autre. Les lycéens se reconnaîtront parfaitement dans le quotidien scolaire présenté, tant il y a le sens du détail ! Et les otakus et autres geeks se régaleront, il y a des références de partout à des jeux, mangas, BD ; allusions discrètes mais qui nous mettent immédiatement en terrain connu. Nous sommes immergés dans un univers réaliste et douillet, la vie de tous les jours d’adolescentes comme nous le fûmes autrefois, comme nous le sommes encore.
  Le roman est divisé en douze parties, une pour chacun des mois de l’année depuis septembre. Chaque partie est donc plutôt courte : elle ne contient que deux chapitres, un du point de vue de Sonia, le second du point de vue de Lou. C’est que nos deux héroïnes vivent loin l’une de l’autre, et qu’elles communiquent exclusivement par Internet. Il est amusant de voir les différences entre leurs deux vies, ce qu’elles se racontent sur Facebook et ce qu’elles vivent réellement, au lycée ou dans leurs familles.
  Personnellement, je me suis davantage attachée à Sonia qu’à Lou, sûrement à cause de mon goût prononcé pour l’écriture, mais je pense que dans la vraie vie je me rapprocherais plus facilement d’une fille comme Lou. On retrouve toutes les premières expériences, dans ce roman ! La première fois qu’on montre l’un de ses textes à son professeur de français, la première rencontre avec un auteur qu’on admire, la première collaboration ou le premier projet un tant soit peu plus sérieux que les précédents, qui amènera à la publication… L’apprentissage des adolescents passionnés dans ces merveilleuses disciplines que sont l’écriture et le dessin est montré ici avec justesse et réalisme. J’ai retrouvé des morceaux de ma propre vie à plusieurs passages et je pense que là est l’une des grandes qualités de Nos âmes jumelles, en dehors de son histoire d’amitié : sa capacité d’évocation, qui fera que chacun se trouvera touché en plein cœur par de petits détails qui paraîtront insignifiants à d’autres. Nous aurons tous une lecture très personnelle de ce livre, et pour cela il aura davantage tendance à perdurer longtemps dans nos mémoires…
  La professionnalisation est également bien abordée, bien qu’il s’agisse ici moins de l’édition que de la publication dans un fanzine. C’est une facette de la publication que je connaissais peu et que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Leur entreprise paraît insolemment facile pour les deux jeunes filles, mais je pense que par le futur (dans le tome 2 de la trilogie, Nos âmes rebelles, peut-être ?) elles devront faire face à davantage de difficultés. Ayant déjà approché le milieu de la publication, je peux dire qu’il est difficile de se faire publier, à part grâce à l’auto-édition, mais c’est un autre débat… Alors j’espère que leur parcours se corsera quelque peu par la suite, histoire que ça reste crédible. Après tout, elles ont de beaux rêves d’avenir.

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3 Les messages qu’échangent les héroïnes par messageries instantanée ont une mise en forme spéciale ! Mais je ne suis pas très fan de la couverture…
Le langage : 3/4 Un bon vocabulaire d’otaku, mais ça peut nuire au lecteur peu familier du milieu.
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
Total : 25/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

 

CQFD :

  Je me faisais de fausses idées sur Nos âmes jumelles et cette lecture m’a permis de découvrir que Samantha Bailly est beaucoup plus fan de BD, de manga et de jeux vidéo que ce que je croyais jusque-là. Une très agréable surprise donc, et sur tous les plans ! Je recommande ce roman aux adolescents qui dessinent ou écrivent avec passion, et aux adultes qui aimeraient se remémorer la fougue et l’euphorie de leurs années lycée.

 

 

J’ai lu Nos âmes rebelles, la suite de Nos âmes jumelles

J’ai préféré le tome 1, mais cette suite est néanmoins à la hauteur du premier livre. Ce sont les histoires d’amour, trop présentes à mon goût, qui ont un peu gâché ma lecture… Les aventures de Lou et Sonia se poursuivent cette fois avec la classe de terminale, les angoisses de leur orientation à venir, et donc quelques belles amours qui feront soupirer les plus sensibles… Le tome 3 sera le dernier. Nous savons d’ores et déjà comment va se évoluer leur route commune (c’est expliqué par touches discrètes dans les deux autres romans), mais le chemin parcouru est plus important que l’objectif. En bref, je suis toujours accro et j’ai fort hâte d’avoir la suite entre les mains.

 

 

 

Petits bonus :

Le site/blog de Samantha Bailly
Samantha Bailly a sa propre chaîne Youtube, régulièrement approvisionnée en vidéos drôles et intéressantes, la grande classe.
Quelques explications sur ma façon de noter les livres chroniqués…
Ma chronique sur la trilogie Souvenirs perdus, de la même auteure…

 

 

 

Amitiés,

Shshi et Chinmoku.

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