U4 – Jules, de Carole Trébor

 

U4 - Jules, de Carole Trébor

 

Mon résumé :

Le virus U4 (Utrecht – 4ème génération) sévit depuis dix jours désormais. Nausées, fièvres, saignées mortelles… Quand on contracte U4, on en meurt en quarante heures. Seuls les jeunes de 15 à 18 ans sont, pour la plupart, mystérieusement épargnés par l’épidémie. 
  90% de la population mondiale a déjà été décimée. L’électricité est aléatoire, Internet et l’eau courante se sont coupés faute d’entretien. Les grandes villes se sont transformées en immenses charniers, en cités-fantômes parcourues par de rares survivants. La déchéance planétaire. 
  Juste avant qu’Internet ne lâche définitivement, un message a été envoyé à tous les joueurs Experts du jeu en ligne « WOT », « Warriors of Time ». L’expéditeur en est Khronos, l’administrateur du site. Il appelle tous ses Experts à un grand rassemblement le 24 décembre, « sous la plus vieille horloge de Paris », dans le but sibyllin de « remonter le temps » pour échapper à U4. Partout en France lesdits joueurs se préparent donc à rencontrer, pour la première fois, le mystérieux Khronos.
 
Jules est un no-life parisien. Il n’a pas quitté son appartement depuis qu’U4 est devenu incontrôlable ; finalement, à court de vivres, il se force à affronter l’extérieur, la ville dévastée et le chaos qui l’a envahie.
Jules est un passionné de WOT. L’unique croyance, l’unique espérance qu’il lui reste : que le rendez-vous du 24 décembre ne soit pas une chimère inatteignable et qu’il puisse s’y rendre pour remonter le temps vers des jours meilleurs. Il va tenter de survivre dans la capitale pendant deux mois, sans nouvelles de ses parents partis à l’étranger avant la catastrophe, et confronté à toutes sortes de fléaux… Saura-t-il tenir le coup, voire réussir à venir en aide à d’autres survivants malgré ses traumatismes ?

 

 

Publié aux éditions Syros et Nathan – partenariat exceptionnel. 384 pages, gros format. 

Coût : 16,90 €. 

 

 

Une petite mise en bouche :

Je n’arrive pas à trouver les mots pour parler de la catastrophe. Je bute sur les termes exacts. J’arrive à les penser, pas à les dire : filovirus, U4. Parce que désormais ils incarnent quelque chose qui existe vraiment. Une vérité inacceptable, que j’ai évitée jusqu’à aujourd’hui. Je me souviens de ma terreur devant les chiffres et les termes scientifiques à la télévision. De ma terreur et de mon refus absolu de cette réalité-là. Alors, ils sont morts ? C’est ça que j’ai refusé. Ils sont tous morts. Est-ce que je pourrai l’accepter un jour ? Est-ce que je pourrai vivre ? Tous morts. Sauf nous, les adolescents, et quelques militaires. Tous morts. Et nous, on est là, réunis dans cette fosse, quatre existences dévastées.
[…]
Elle ne répond pas. Epaule contre épaule. Mon cœur bat trop vite, comme s’il allait exploser de chagrin. Si je commence à pleurer, je ne m’arrêterai pas. Alors je me retiens. A quoi penser pour ne pas crever de tristesse ? Au rire d’Alicia. Je ne pleurerai pas. Je serre mes paupières pour bloquer les larmes. Je ne pleurerai plus.
(j’ai sauté une phrase de cette citation car elle vous aurait spoilé quelques détails du roman.)

 

 

Présentons mieux U4 ! 

U4 - Jules, de Carole Trébor

U4 est une collection composée de quatre ouvrages : Stéphane, Yannis, Koridwen et Jules, écrits respectivement par Vincent Villeminot, Florence Hinckel, Yves Grevet et Carole Trébor. On y suit quatre jeunes, rescapés de l’épidémie, dont les parcours divergent certes pais qui poursuivent un même but, et dont les existences se mêleront à Paris. 
  Les auteurs s’étaient lancé ce défi : leurs héros devaient se retrouver en duo, puis tous ensemble, au cours de leurs aventures. Ce qui impose bien sûr de se mettre d’accord sur les actions et les dialogues, qui seront écrits de deux voire de quatre points de vue différents… Pour cela ils ont passé une semaine dans une maison d’écrivains, ont échangé plus de 2 500 mails et SMS… Et il est sidérant, au cours de la lecture, de constater à quel point les vies des personnages s’entremêlent. J’ai désormais hâte de découvrir Stéphane sous la plume des autres écrivains. C’est là que réside l’un des principaux intérêts de ce travail à quatre : chacun s’est un peu approprié les personnages des autres, le temps de l’écriture, et cette donnée apporte à la lecture de chacun, selon l’ordre dans lequel on découvre U4. Chaque ouvrage fait écho aux autres.

 

Mon verdict :

Après ce débriefing total, je vais parler plus en détail de Jules.
  J’ai beaucoup comparé Jules à Yannis, sûrement parce que c’étaient les deux garçons du quatuor. Tous deux sont très fans de WOT, plus que Stéphane et Koridwen, et tous deux se raccrochent à cet univers virtuel pour mieux supporter la réalité. Néanmoins, ils le font de façons différentes : quand Yannis laisse parfois son avatar « prendre les rênes » de son existence, comme pour se décharger de ses responsabilités, Jules a l’air d’avoir complètement fusionné avec le sien. En effet, il emploie des termes particuliers ou des expressions dont on sait qu’il les utilisait aussi dans WOT, ou en tout cas de la même façon. Lui aussi s’abrite derrière son savoir de gamer, mais en l’y intégrant subtilement à son quotidien bouleversé. La traduction la plus évidente de ce processus psychologique sera sa manière de donner des surnoms à ses camarades : la Minuscule, la Guérisseuse, la Spécialiste, j’en passe et des meilleures. Lui-même se qualifie de Nettoyeur, et appelle son arme Poignard. Se figurer la réalité comme une espèce de jeu de survie en lui en prêtant certaines caractéristiques l’aide à se sentir mieux et donne une atmosphère parfois bien étrange à la narration.
  Jules est un colosse au grand cœur, un jeune homme timide qui n’a pas beaucoup d’amis. Je suis généralement assez peu fan de ce genre de personnage, mais son côté protecteur envers Alicia m’a ici beaucoup plu et attendrie. Alicia est une petite fille dont Jules va prendre soin tout au long du roman, elle est adorable. C’est peut-être même mon personnage préféré parmi ceux qu’on ne retrouve que dans U4 – Jules. Pour moi, Alicia est une espèce de symbole de « l’Avant », comme l’appelle Jules, c’est-à-dire tout ce qui appartient à « l’avant-U4 ». Alicia est jeune, innocente, tour à tour naïve ou trop grave pour son âge. Elle est Jules forment un admirable tandem, car notre héros puise dans son désir de la protéger la force nécessaire à leur survie.
  Jules a une intrigue bien différente des trois autres héros d’U4 en raison de son lieu de vie : lui, il n’a pas opéré un long voyage à ses risques et périls pour se rendre sur le lieu du rendez-vous de Khronos. Il habitait déjà à Paris. Aussi son histoire ne conte pas un périple à travers la France mais de la véritable survie, sur un terrain d’autant plus important qu’on sait à l’avance qu’il va ensuite y croiser Koridwen, Yannis et Stéphane. Le cœur de la France post-U4, Paris, Jules le connaît et cela donne à son récit un ton différent de ceux des autres romans.
  En revanche, j’ai été déçue par la fin : je trouve que les derniers événements se sont déroulés trop vite, que tout était presque prévisible à l’avance grâce aux prévisions faites par Jules et les autres sur la conduite qu’ils auraient à tenir. Un dénouement précipité qui m’a laissé une impression de frustration : il faut dire que j’ignorais tout de ce qui allait se passer, comme je n’avais encore lu que Stéphane et Yannis, et sûrement avais-je de trop grandes attentes.

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3
Le langage : 4/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
Total : 25/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

Jules ne sera pas mon U4 préféré (il en faudrait beaucoup pour détrôner Stéphane) mais je m’attendais à moins l’aimer. C’est un roman plus doux et subtil que Stéphane et Yannis. Une bonne surprise donc.

 

Je me permets, maintenant que j’ai lu les quatre romans, de faire un petit classement avec mes préférés.

Nul autre U4 n’a réussi à enlever Stéphane de la première place de mon podium personnel, place que je prévoyais pour lui dès le début de ma lecture.

Koridwen arrive en deuxième, pour sa fin principalement.

Jules en troisième, même si je pensais qu’il serait une place plus haut.

…Et Yannis en bon dernier. Pas parce que je ne l’ai pas aimé, mais plutôt parce que j’ai préféré les autres… Les U4 sont tous géniaux, alors on valorise les meilleurs au lieu de descendre les moins bons !

 

 

Bonus :

 

U4 - Jules, de Carole TréborLes quatre auteurs d’U4 au SLPJ 2015, posant avec Shishi… Je peux mourir en paix.

 

Ici, je parle de Stéphane
Ici, je parle de Yannis
Ici, je parle de Koridwen

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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