Brainless, de Jérôme Noirez

 

Brainless, de Jérôme Noirez

 

Mon résumé :

  Jason est un ado états-unien très ordinaire, trop ordinaire : un gentil bêta qui se fait surnommer « Brainless » (« sans cerveau » en anglais) par toutes ses connaissances – même sa mère ! – depuis son enfance. Seulement il y a quelques mois, son quotidien s’est trouvé chamboulé par un p’tit événement de rien du tout, un malheureux incident : Jason s’est transformé en zombie. Maintenant pour sûr, il mérite son surnom de Brainless…
  Explications : depuis peu, une maladie inconnue sévit aux Etats-Unis. Le SCJH, syndrome de coma homéostatique juvénile touche uniquement des adolescents. Dans des circonstances qui devraient avoir causé leur mort, ils reviennent à eux quelques heures après leur décès, un peu perturbés néanmoins : ils sont devenus incapables de manger autre chose que de la viande crue, et doivent s’injecter régulièrement du formol pour éviter de pourrir sur place.
  Un « p’tit événement » dans sa vie je dis, vu que Brainless ne semble pas très affecté par la tournure nouvelle que prend sa vie. Même, il est bien content d’être devenu un zombie, lui qui est un fan inconditionnel de films d’horreur. Seulement, lui et sa mère sont tenus de garder le silence sur le SCJH : c’est encore classé secret national. De plus, certains contaminés développent un appétit démesuré et inexpliqué pour… les cerveaux, d’où la dangerosité potentielle de la situation.
  Brainless fait cette année sa rentrée au lycée de sa ville, Vermilion dans le Dakota du Sud.  Il y retrouve ses camarades du collège, plus ou moins changés : son seul et unique ami Ryan, Cassidy la belle fille de la classe, Cathy la gothique… Mais certains de ses collègues prévoient les choses en grand pour cette année scolaire. Brainless va se retrouver malgré lui lié à leurs embrouilles…

 

Publié aux éditions Gulf Stream en mai 2015. 236 pages, format moyen.

Coût : 16 €.

 

 

Mon verdict :

J’ai acquis Brainless lors du Salon Lire en Poche 2015. J’y avais rencontré son auteur, Jérôme Noirez, suite à la publication d’une chronique sur un autre de ses livres : La dernière flèche. J’avais déjà entendu parler de Brainless, très vaguement : c’est en reconnaissant la couverture que j’ai décidé de l’acheter, parmi les autres ouvrages de Mr Noirez. C’est radicalement différent de La dernière flèche, mais je n’ai pas été déçue, au contraire…
L’histoire se déroule dans une petite ville états-unienne on ne peut plus quelconque ; carrément cliché même. Le livre joue là-dessus : c’est un décor américain « pur et dur », mais vu par un Français. Il est évident qu’il y a un décalage avec la réalité, mais l’idée est bonne et le résultat très drôle.
Ainsi le décor est restreint et facile à dépeindre : l’intérêt de l’histoire tient plus dans les personnages et les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres.
Tous les stéréotypes de lycéens américains sont présents : Tom Davies, le capitaine de l’équipe de foot convoité par toutes les filles, Cassidy Orlando, la « garce » locale, blonde parfaite vêtue d’habits à la dernière mode qui passe son temps à médire dans le dos d’autrui… La gothique de service, le mec lourd, plus les professeurs louches… Et notre héros, l’adolescent moyen et associable fan de cinéma d’horreur.
L’ambiance mêle les intrigues traditionnelles des lycées des USA et un côté « gore déjanté » qui amène un humour noir omniprésent. En fait, ce livre m’a fait penser à une pièce de théâtre : le décor, c’est Vermilion, son lycée, son cimetière. Les personnages se succèdent sur la scène et au final, l’intrigue « fil rouge » est bien moins importante que la nature et le jeu de leurs relations. Cette intrigue sert, en quelque sorte, à dévoiler de nouvelles facette des protagonistes en montrant comment ils réagissent face à telle ou telle situation singulière. De plus, l’intrigue évoquée dans le résumé fait plus haut apparaît relativement tard dans le livre.
Les zombies ont évidemment une place de choix dans le roman. Mais attention, ce sont des zombies quelque peu différents de ceux qu’on trouve habituellement dans les séries de fiction ! En effet, ceux-ci sont uniquement des adolescents, revenus à la vie par on ne sait quel facteur. Ils pourrissent sur place certes, mais ils ont un traitement à base de formol. Ils sont lents à la détente certes, mais c’est uniquement car les hémisphères de leur cerveau ont été endommagés après qu’ils soient morts. Et seuls les plus détraqués sont amateurs de cerveaux… En somme, Brainless est – a priori – un fort gentil zombie. Il est amusant de découvrir son quotidien en tant que tel, avec toutes les obligations étranges que cela comporte : steak cru à tous les repas, impossibilité de dormir…
Il est important, je pense, de souligner la narration : le point de vue, bien qu’étant interne, change régulièrement de personnage, dans un même chapitre. Cela donne un sentiment d’omniscience, et rajoute un effet « pièce de théâtre » : on a l’impression de suivre les protagonistes en sachant déjà tout de leurs tourments les uns envers les autres. Comme une pièce comique dont on pourrait déjà presque – pas trop, quand même ! – deviner la fin. Pas la fin de l’intrigue « fil rouge » hein, je veux dire par là qu’on pense pouvoir deviner comment finiront les personnages. On peut deviner quels genres de liens ils entretiendront finalement entre eux, après ces péripéties.
Bien sûr, les habitués du Monde Fantasyque le savent, moi j’aime pas les histoires d’amour adolescentes.
Alors évidemment, comme c’est un truc plutôt répandu dans le genre, c’est souvent le détail qui me fait grincer des dents, souvent de manière totalement subjective. Autrement dit « Oui ils sont mignons et le dénouement amoureux est bien amené », mais comme je déteste ça je n’arrive pas à passer outre. Donc OUI j’ai eu du mal avec la vie sentimentale de Jason… Même s’il faut l’avouer, pour ça aussi son côté zombie est mis en avant, et il ressent cet amour d’une façon plutôt… originale. Disons qu’il y réfléchit posément et qu’il interprète ça comme il peut, et c’est drôle !

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2
La mise en page : 2/3
Le langage : 4/4
La nature : 2/2
Le thème : 2/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
Total : 23/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

Un très bon livre, à conseiller bien sûr ! Une histoire de zombie qui change des grands classiques du genre ; et puis les zombies restent plus rares dans la littérature que dans les films ou les séries.

 

Bonus :

J’ai rencontré Jérôme Noirez lors du salon Lire en Poche 2015 ; en voici un souvenir :

Brainless, de Jérôme Noirez

 

Brainless, de Jérôme NoirezJérôme Noirez au SLPJ 2015 !

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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