Le Premier, de Nadia Coste

Bal d'Halloween

Mon résumé :

  Vaïn a toujours grandi dans l’ombre de son frère aîné, Urr. Il a toujours été le plus faible, le plus timoré, celui qui ne sait rien faire de ses dix doigts. Le garçon qu’on console quand son frère relève avec vaillance tous les défis qui lui sont lancés par la vie.
  Dans la société préhistorique de la fin du néolithique, cette réputation de faiblesse ne pardonne pas.
  Depuis peu Vaïn a un rêve : fou amoureux de Milana, la femme qui est promise à son frère, il veut passer avant lui l’épreuve permettant de « devenir un homme »… Voire neutraliser son frère pour l’empêcher de parvenir au mariage. Pour cela, le jeune homme suit son aîné dans la nature quand celui-ci part accomplir l’exploit exigé pour pouvoir épouser Milana. Piètre pisteur, il est rapidement découvert, et croit tenir sa chance quand Urr accepte sa présence à ses côtés pour poursuivre sa route.
  Mais bien vite ils se disputent et la rixe tourne mal : bien plus fort que son puîné, Urr l’égorge et le jette dans la rivière. Après quoi il quitte les lieux, nullement affecté par le terrible fratricide qu’il vient de commettre. Il faut dire que depuis qu’il a bu à la rivière en aval d’un loup, et qu’il s’est donc désaltéré dans la même eau que lui, les vieilles légendes racontées par les chamanes tournent en rond dans son esprit, occultant le reste : comme quoi ceux qui boivent à la source d’un loup se transforment en des êtres bestiaux et plus entièrement humains, capables de se transformer sous l’influence de la lune…
 
  Vaïn est mort. Son corps gît au fond de la rivière. Mais, par un étrange concours de circonstances, sa masse remonte à la surface et le plus incroyable a lieu : ses poumons se remettent en marche et son cœur bat de nouveau. Il est revenu à la vie.
  Néanmoins d’étranges phénomènes l’indisposent : en effet, il semble qu’il ne puisse plus être rassasié par autre chose que du sang. Son reflet n’apparaît plus dans les flaques d’eau, et la lumière du soleil lui cause des brûlures intolérables. Vaïn se dit que la Nature elle-même lui a accordé une seconde vie, et qu’il est devenu un surhomme malgré ces inconvénients.
  De retour, glorieux, à son village, il découvre qu’Urr a pris la fuite avec la femme du chef, qu’il a engrossée. De multiples indices l’alertent : la grossesse de Milana, épousée entretemps, n’a duré que deux mois, les petits se comportent comme des bêtes ; et surtout l’épouse du chef était enceinte de six enfants
  Désormais Vaïn ne poursuit plus qu’un seul but : mettre fin à la descendance de Urr, son frère maudit, par-delà les pays et les ans. Car les bêtes se reproduisent vite et en quantité, et sont difficiles à éradiquer. Le jeune homme ressuscité devra y mettre toute son énergie et sa vie, sa vie infinie…
  Ainsi commence l’un des plus vieux antagonismes du monde, entre bête et surhomme. Une traque passionnée qui durera du néolithique à la naissance de Rome.

 

Publié aux éditions Scrinéo. 312 pages en format moyen.

Coût : 16,90 €.

Comment j’ai découvert Le Premier :

J’ai acheté Le Premier à l’occasion du salon Lire en Poche 2015, le 10 octobre dernier. J’ai rencontré Nadia Coste, son auteure, une femme très gentille (qui venait de remporter le prix Lire en Poche jeunesse avec son ouvrage Ascenseur pour le futur), et maintenant j’ai une beeelle dédicace avec un crâne d’auroch et un loup hurlant à la lune… Chinmoku est contente !

Mon verdict :

  Nadia Coste me l’avait précisé : dans Le Premier, pas une seule fois le mot « vampire » n’est prononcé. C’est quelque chose qu’on peut remarquer seul, au fil de sa lecture, mais le sachant à l’avance j’ai apprécié le détail différemment. L’auteure voulait travailler sur l’antagonisme classique vampire/loup-garou, mais d’une manière plus originale : c’est réussi. On est loin des navets nucléaires du type Twilight, ça fait du bien.
  Vaïn est un personnage que j’ai peu aimé, à cause de son caractère principalement. Faible de nature, et frustré au quotidien depuis son enfance, il a développé une façon de penser lâche et naïve. Il n’y a qu’à voir la manière dont il veut procéder pour se débarrasser de son frère : le suivre dans son épreuve en masquant ses intentions, puis l’assassiner et rentrer au village sans se faire voir. Là, selon lui, la femme promise à Urr lui tombera dans les bras… Ô combien irréaliste.
  Vaïn et Urr sont un peu les archétypes des vampire et loup-garou classiques : le type un peu louche, malingre, qui agit dans l’ombre, et le preux guerrier fort et courageux qui se laisse dominer par son côté bestial. Néanmoins j’ai trouvé Vaïn trop crédule au début du livre. Les choses s’arrangent un peu ensuite…
  La traque de notre héros durera »de la fin du néolithique jusqu’au début de Rome ». Autrement dit, de la préhistoire aux années -700. Une sacrée période tout de même. De par son statut d’immortel, Vaïn ne vieillit plus, mais il a traversé toutes ces années en acquérant une sagesse millénaire. Ainsi je veux dire qu’il a un peu changé, même s’il conserve un côté faible et crédule au plus profond de son mental. Même ces épreuves n’auront pas totalement effacé le puîné chétif que sa famille méprisait.
  L’histoire originale est soutenue par une écriture franche et expérimentée. Un petit avertissement néanmoins pour les plus sensibles : le style est cru, il y a des scènes limite gores. Et beaucoup de références au sexe, que ça aborde la question de la reproduction ou du plaisir. Le Premier est un ouvrage mature qui traite son thème avec un sérieux à toute épreuve et une rigueur dans les détails qui ne peut qu’être admirée.
  Si vous cherchez un livre pour vous marrer, je ne vous conseillerais pas Le Premier : c’est un roman historique et fantastique, qui revisite des événements très connus (je ne spoilerai rien, mais pour l’élément final, bravo bravo bravo !) en les arrangeant à sa sauce, dans une ambiance sombre et réaliste. Un travail de maître.

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 2/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 1/3 A cause du caractère de Vaïna surtout…
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
Total : 23/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

CQFD :

J’avais déjà lu un livre de Nadia Coste (sa série Feydelins) mais je n’avais pas relevé son nom sur la couverture ! Aussi j’ai fait l’acquisition du Premier dans le but de découvrir sa plume, la sachant connue et estimée. Je dois avouer que je n’avais pas été emballée par Feydelins, mais Le Premier est à la hauteur de mes espérances. Encore une fois, Scrinéo me ravit de par ses romans mêlant habilement historique et fantastique.

Bonus :

le site de Nadia Coste !

Le Premier, de Nadia CosteNadia Coste au SLPJ 2015 !

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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