Les sorcières de la Morrigan, de Pat O’Shea

 

Les sorcières de la Morrigan, de Pat O'Shea

 

Mon résumé :

  Brigit et son frère Pidge ont respectivement cinq et dix ans. Ils vivent en Irlande, avec leur tante Bina et leur père, dans une ferme campagnarde où il fait bon vivre.
  Pidge, lors d’une balade en ville, découvre un nouveau bouquiniste dont il s’empresse d’explorer la boutique. Il trouve alors, dans les œuvres bonnes à jeter et sur le point d’être brûlées, un feuillet étrange, sur lequel est dessiné un serpent coloré. Il semble à Pidge que ce serpent vit, et qu’il apprécierait fort de s’échapper de sa prison de papier…
  Pidge rentre à la ferme le feuillet sous son tee-shirt, mais les anomalies se multiplient : les panneaux indicateurs sur la route ont échangé leurs places, un mystérieux pêcheur sur un muret le met en garde contre les « dangers des carrefours » justement, et d’assourdissants bruits de motos résonnent dans le lointain… Des motos qui n’ont rien d’ordinaire, si on en croit le singulier aspect de leurs propriétaires, Breda Micmac et Mélodie Clairdelune, les deux femmes bizarres – sorcières ? – qui ont pris pour domicile une vaste serre, toute proche de chez Pidge…
  Brigit et Pidge ont été choisis par le Dagda, le dieu du Bien, pour empêcher la Morrigan, terrible sorcière, de retrouver sa puissance d’antan. Ils doivent se rendre dans la dimension magique de l’Irlande et traverser les Trois Vallées pour mettre la main sur un galet souillé par une goutte de sang de la Morrigan, qu’elle convoite plus que tout… Leur quête est à double enjeu : la sorcières et ses deux infâmes consœurs, Macha le Corbeau Ardent et Bodbh la Reine des Fantômes, veulent s’emparer de l’Olc Glas, le fameux serpent que Pidge a malgré lui réveillé, pour s’approprier ses pouvoirs.
  Heureusement pour les deux enfants, toutes les grandes figures de la mythologie celtique se sont donné rendez-vous pour les assister : Cuchulain le guerrier, les sept Maine et leur mère Maeve, Serena la devineresse…
  Une aventure mêlant rêve et dangers qui les mènera, chemin faisant, jusqu’à la Troisième Vallée, et…

 

 

Mon verdict :

  Les sorcières de la Morrigan est un joli pavé de presque 700 pages, et pas très récent, il date des alentours de 2005. Je l’ai trouvé sur une étagère de la bibliothèque de ma ville, et c’est tout d’abord sa couverture qui l’a attirée : une femme rousse souriante sur une moto, entourée de chiens noirs galopant dessinés tout en longueur, avec en arrière-plan une lande aux couleurs ternes arrosées d’un coucher de soleil… La quatrième de couverture a achevé de me décider : j’adore les mythologies !
  Toute la richesse de l’histoire réside dans ses personnages et leur diversité : ils sont très nombreux, mais plus attachants les uns que les autres. Ils sont pour la plupart soit inspirés des légendes celtiques, soit des animaux du quotidien (renard, pince-oreille, araignée…) à qui l’auteure a donné parole et attributs magiques. J’ignore si ces bêtes-là sont aussi tirées de mythes locaux ; Cooroo notamment ne m’a pas l’air d’ascendance très légendaire, mais ce mélange de protagonistes aux origines poussées ou bien inventées de toutes pièces est plaisant.
  Mes personnages préférés sont Boodie et Patsy chez les gentils, et chez les méchants… Les trois sorcières bien sûr !
  Elles sont juste incroyables, Macha, Bodbh et la Morrigan ! Bien vilaines et sadiques, imaginatives comme personne dès qu’il s’agit de faire souffrir, en train de se taper des barres pour tout et n’importe quoi, hurlant et ricanant 24/24h… Un régal. Les chapitres dans lesquels elles sont narratrices sont mes préférés. Les voir ourdir leurs complots dans leur serre, avec leur carte étrange et le bracelet d’or aux accessoires magiques de la Morrigan, c’est jubilatoire ! Mention spéciale à « l’empreinte du pouce » de la Morrigan, vers la fin du roman. Une idée drôle et ingénieuse qui m’a marquée.
  On pourrait croire que cette kyrielle de protagonistes a été générée au petit bonheur la chance, mais il n’en est rien : chacun a un rôle bien précis à jouer dans l’intrigue, et leurs actions futiles en apparence trouvent résonnance au fur et à mesure de la progression de Pidge et Brigit dans leur périple. Pareil pour les objets un peu mystérieux qui leur sont confiés, au début de leur aventure, par Boodie et Patsy : on ne découvre leur utilité qu’en temps voulu, le suspense demeure entier jusqu’au dernier moment.
  Brigit est trop mignonne ! Comme tous les gosses de cinq ans dans les romans de ce genre, elle a une imagination débordante, et comprend ce que Pidge, plus âgé, ne perçoit pas. Elle sort des phrases plutôt drôles, et sa franchise comme sa spontanéité m’ont séduite.
  Les dialogues sont tous écrits de façon orale, c’est-à-dire qu’il manque quasi-systématiquement les négations des phrases, et qu’ils sont bourrés d’argot. En résulte un vocabulaire un peu bourru mais avec une espèce de rythme, facile à déchiffrer, mais qui est plus original que les dialogues qu’on trouve dans les autres romans.
  Un petit commentaire tout de même sur les passages où nous suivons les pensées de Pidge : lesdits passages ne sont même pas en italique, avec à peine des verbes de pensée pour les identifier, même pas de retour à la ligne… C’est vraiment un défaut mineur, plus un problème de présentation que d’écriture, mais je tenais à le souligner.
  L’histoire est adaptée à vraiment tous les âges, tant les péripéties de Pidge et Brigit charmeront les enfants, et la poésie globale du roman charmera les adultes. Néanmoins, en conséquence, c’est un tantinet niais, j’aurais aimé peut-être un peu plus de sérieux ou de dureté dans certains passages ; mais cette légèreté fait partie intégrante de la plume de l’auteure au final, alors ce n’est pas très grave. J’ai apprécié ce côté naïf malgré mes préférences.

 

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2 Il est original, mais je trouve tout de même qu’il ne correspond pas assez bien au cœur de l’histoire, qui est plus centrée sur le périple des héros que sur les méchantes sorcières.
La mise en page : 2/3 Il y a le point pour les illustrations d’intérieur, car on en trouve parfois de petites, originales, tout au long de l’histoire ; le point est parti concernant la typographie, pour les passages dans la tête de Pidge, comme je l’ai dit plus haut.
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 2/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 5/5 Le dénouement m’a vraiment surprise, mais il est plutôt bien pensé.
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
Total : 25/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

  Pat O’Shea est très peu connue il me semble, et c’est bien dommage, car elle a un véritable talent. Elle est anglaise, mais je crois qu’aucun autre livre d’elle n’a été traduit en français. En a-t-elle écrit d’autres d’ailleurs ? Ce n’est même pas sûr… Dommage !! Les sorcières de la Morrigan m’a vraiment marquée. A lire à tout prix si vous tombez dessus.

 

Bonus :

Ici est disponible une autre chronique du roman, trouvée sur Internet. Mais contrairement à moi, ce lecteur (ou cette lectrice) n’a pas beaucoup apprécié sa lecture…

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

 

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