Jonah, de Taï-Marc Le Thanh

 

Jonah, de Taï-Mark Le Thanh

 

 

Mon résumé :

Jonah est un jeune garçon sensationnel : toujours de bonne humeur, il répand l’amour et la félicité dans son entourage. Littéralement : sa simple présence enjolive l’existence des autres. C’est un pouvoir énigmatique qu’il détient depuis toujours. Il vit dans un orphelinat depuis sa naissance, l’orphelinat de Mr Simon, avec d’autres enfants de son âge et des dames de cantine qui dansent sur les tables à chaque repas (ce genre de détails marque).
  Jonah garde aussi une importante part de mystère : en effet, il est né sans mains. Singulier, n’est-ce pas ? Sa mère est morte en couches, son père est inconnu. Cette anomalie sort de nulle part, mais ce n’est pas tout, accrochez-vous : la chair qui aurait dû constituer ses mains a en fait pris forme dans son crâne, créant deux excroissances sur son cerveau. Ces deux masses ont développé chacune une conscience propre : Jonah vit avec deux autres personnes dans sa tête, appelées Voix A et Voix B. Ces deux Voix ont accompagné notre héros depuis son plus jeune âge, en lui parlant au quotidien, en lui apprenant des notions nouvelles… De véritables mentors pour l’orphelin-prodige.
  La vie parfaite de Jonah prend un tout autre tournant le jour où un homme antipathique rend visite à Mr Simon. Il prétend être le père de Jonah et l’emmène avec lui, loin de ce qu’il a toujours connu. Aussitôt l’ambiance change à l’orphelinat : bien qu’heureux pour leur ami, les autre pensionnaires ne peuvent s’empêcher de s’inquiéter pour son futur loin d’eux. Une inquiétude qui va pousser quatre d’entre eux à s’enfuir de leur seul foyer, sur les traces de leur camarade : Steve, Phillipus, Robert et Alicia partent ainsi à la découverte du monde.
  Commencent de merveilleuses aventures dans le monde extérieur pour les jeunes héros ; la réalité y est parfois bien moins gaie que dans leur orphelinat…

 

 

Publié aux éditions Didier Jeunesse. Tome 1 = 433 pages. Tome 2 = 297 pages. Tome 3 = 288 pages. Tome 4 = 314 pages. Gros format.

Coût : 16 € le livre.

 

 

Mon verdict :

  Jonah est un livre incroyable, une série qui compte pas moins de six tomes ; tous sont parus ! Elle peut se caractériser, se différencier des autres, par cet unique détail : dans Jonah, tout se finit toujours bien.
  C’est bien simple. Avec deux mains en moins et des voix dans sa tête, Jonah avait tout pour finir en anti-héros un peu frappé dans n’importe quel autre roman. Seulement, Taï-Marc Le Thanh en fait un personnage très attachant et définitivement optimiste. Très optimiste. Lui et ses amis traversent des situations terribles, qui semblent sans issues ; mais le lecteur doit avoir cette certitude inébranlable, c’est que jamais les protagonistes ne se laisseront dépasser par les événements. Ou bien, quand les événements sont trop importants pour se régler sans sacrifice, nous savons à l’avance que Jonah toujours s’en remettra. C’est à la fois la grande force et la grande faiblesse de l’histoire. Ce côté toujours positif pourra énerver certains lecteurs accrochés aux épreuves qui transforment le héros ; ou bien il pourra rassurer les grands stressés qui craignent systématiquement pour la survie de leur perso préféré (je suis de ceux-là…). Pour ma part néanmoins, je suis partagée entre ces deux points de vue. Quand la situation paraît sans secours possible, je suis heureuse de savoir que Jonah trouvera un moyen de s’en sortir, mais en même temps parfois ce côté trop « facile » me gêne un peu. Je ne donnerai pas d’exemples pour ne pas vous spoiler, bien sûr. Disons que Jonah est une saga à part, ensorceleuse, à la limite du vraisemblable (je n’en dirai pas trop pour l’ours blanc notamment…), et pour l’apprécier il vaut mieux mettre sa rationalité de côté.
  Il serait sacrilège de faire cette chronique sans parler plus en détails des personnages.
  Ils sont toute une galerie, tous très optimistes et différents les uns des autres malgré tout ; mon chouchou, c’est bien sûr Draco. Il est génial, on lui sent un côté obscur et terriblement dangereux… On attend avec impatience le moment où, enfin, il cédera à sa folie… Mais en même temps il peut être si bienveillant qu’il est très difficile à cerner. Ça doit être un délice de travailler sur lui et sa psyché en temps qu’auteur.
  Ils sont bien amusants, les trois amis de Jonah (Steve, Robert et Phillipus) : de joyeux lurons, toujours prêts à faire une bêtise ou à lâcher une blague ; mais ils ne sont pas à mon goût. Ils ne sont pas mal faits, loin de là : c’est mon simple point de vue. Je les trouve trop gamins.
  Ceux qui fréquentent régulièrement ce blog savent mon dégoût des histoires d’amour adolescentes : je les fuis, le les abhorre, maladivement, sauf exception (l’exception dont je parle, c’est la série Keleana…). Alors évidemment, dans l’univers de Jonah, dans lequel tout le monde trouve son âme sœur dès son plus jeune âge, j’ai un peu de mal à suivre les passions de notre héros avec Alicia – je ne spoile rien, croyez-moi. Cette histoire d’amour-là a au moins le mérite de ne pas « parasiter » l’intrigue comme je dis, c’est-à-dire  qu’elle n’occulte pas le gros des actions au profit de longs passages amoureux sur des embrassades passionnées (ne riez pas, j’en ai soupé des passages comme ça, notamment dans Le Livre de Saskia, trilogie fantastique un peu trop portée sur les amours naïves !).
  Autre point notable, c’est le fait que la narration soit partagée entre les protagonistes, de manière à ce que l’action se joue sur plusieurs plans en même temps ; que l’on découvre les faits des uns et des autres séparément, pour ensuite voir les conséquences de leurs actes se rejoindre… Ainsi le lecteur voyage, et ne se lasse pas ! S’il n’aime pas un personnage, il ne l’aura pas sous le nez toute sa lecture durant.
  Une merveilleuse écriture pour sublimer tout cela, des touches d’humour bien placées, et une poésie certaine dans la plume…
  La seule chose, à mon sens, qu’on pourrait reprocher à Jonah, c’est son côté « tout-est-parfait-dans-le-meilleur-des-mondes ».  L’appréciation de cet aspect variera beaucoup selon les lecteurs, mais la plupart s’accordent à dire que Jonah est un véritable chef-d’œuvre, et je m’aligne là-dessus.
  Petit bonus : en juin dernier, la série a remporté le prix des Lecteurs de Gironde ! A cette occasion, les collégiens bordelais ont vécu une rencontre inoubliable… Taï-Marc Le Thanh a même failli chanter. Il s’est abstenu au dernier moment, mais qu’il sache que s’il est partant, les fans attendent toujours sa chanson…

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2 Les titres de chaque tome sont un peu trop vagues à mon goût. J’aurais peut-être aimé davantage de cohérence entre eux, une relation…
La mise en page : 2/3
Le langage : 4/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 2/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
Total : 26/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

Jonah est une très belle saga qui, malgré son côté positif poussé à l’extrême, méritera l’attention des lecteurs de tous âges.

 

 

ça y est, j’ai lu tous les tomes de Jonah

…et ma foi, quelle série fantastique ! Le credo des 6 romans, « tout est bien qui finit bien », ne gâche vraiment pas la lecture, au contraire : les péripéties sont complètement tirées par les cheveux mais l’auteur s’en sortira toujours avec suffisamment d’astuce pour que ça ne ressemble pas à un deus ex machina ! Beaucoup de nouveaux personnages apparaissent, et je dois avouer que j’en ai confondu beaucoup, les hommes notamment ; les protagonistes suivent une évolution complexe, tant au plan physique qu’au plan mental, et les deux aspects se mêlent avec subtilité pour marquer leur évolution.
Au final, Jonah est un véritable Garry Sue (je ne vais rien vous spoiler dans les détails, mais c’est super flagrant). Mais comme c’est complètement assumé, ça passe comme une lettre à la poste et on profite de notre lecture même en prenant cet aspect pour argent comptant. Une série placée sous le signe de la joie de vivre qui enchantera autant les enfants que les plus grands ; les niveaux de lecture sont divers et profitables à tous.

 

Bonus :

 

Jonah, de Taï-Marc Le ThanhTaï-Marc Le Thanh au SLPJ 2015 !

 

Et pour vraiment conclure en beauté, le site Internet de la Maison aux murs gris… 

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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