June, de Manon Fargetton

 

JuneSur cette photo, de gauche à droite les tomes 1 et 2 de la trilogie.

Mon résumé :

  June et son petit frère Locki vivent dans La Ville depuis leur petite enfance. Ils ont grandi dans la cité presque hermétique, entourée de hautes murailles pour protéger ses habitants des dangers extérieurs ; ce que se vivent des temps durs, des temps chaotiques.
  June a seize ans. Elle et Locki ont été recueillis, après la mort de leurs parents, par Nanou, patronne d’une maison close ; ils l’appellent leur tante. Mais le temps passant, June grandit, et sa beauté de femme naissante attise la convoitise d’un riche client : pour sauver sa protégée de la menace, Nanou la force à s’enfuir, hors de La Ville. Locki, malgré leur peur, l’accompagne.
  A l’extérieur des murailles salvatrices, June découvre une autre face d’elle-même, une parcelle de son être qu’elle n’aurait jamais songé posséder : héritière du Souffle, un pouvoir mystérieux confié par la toute dernière des Sylphides, elle a pour dure mission de rétablir l’harmonie dans son monde dominé par le chaos. Elle devra apprendre à maîtriser ses dons si puissants, afin de réactiver les Sources d’harmonie de par les contrées ; et lutter contre les Oldariss, créatures maléfiques porteuses de chaos.
  Heureusement que June n’est pas une adolescente comme les autres. Qu’elle est portée par sa vitalité et son courage hors normes, assistée par Locki et les Veilleurs de Lumière, de mystérieux protecteurs… De nombreuses épreuves l’attendent. S’en dépêtrera-t-elle ?

 

Publié aux éditions Rageot. Trilogie, en format poche. 7,70 € l’un. Tome 1 = 348 pages (c’est écrit gros). Tome 2 = 348 pages aussi !

 

Comment j’ai découvert June :

  J’ai rencontré Manon Fargetton au SLPJ 2015, en passant par hasard devant le stand des éditions Rageot : j’avais retenu d’elle son fabuleux livre Aussi libres qu’un rêve (disponible dans la collection Autres Monde des éditions Mango), une ode à la liberté (formule cliché je sais) sur fond de SF qui m’avait littéralement transportée… Aussi je n’ai pas hésité longtemps avant d’acheter le tome 1 de sa trilogie June ; en plus j’ai eu une dédicace très belle, avec un beau tampon d’arbre doré.

Mon verdict :

  Je dois dire que j’en attendais beaucoup du Souffle, car même si j’ai lu Aussi libres qu’un rêve il y a des années, j’en ai gardé d’excellents souvenirs.
  Et bien, j’ai été déçue.
  J’ai eu beaucoup de mal à accrocher à l’histoire. Une écriture à la première personne qui m’a tout de suite fait détester June, pour son côté instinctif et presque immature ; j’entrevoyais le reste de ma lecture comme celle des aventures « palpitantes » d’une ado pas comme les autres aux prises avec le sort du monde et ses états d’âmes de jeune fille… Le schéma classique quoi. Mais comme de toute manière le bouquin n’était pas bien gros, et surtout parce que je n’aime pas abandonner un livre  cause d’un mauvais début, j’ai persévéré. Fort heureusement : vers la moitié du roman environ, l’intrigue a finalement réussi à me charmer. Nous suivions le quotidien de June, mais quand celui-ci s’est trouvé chamboulé, je suis parvenue à prendre plaisir à ma lecture (rien de sadique…). Je dirais qu’elle aussi a évolué tout au cours de l’histoire, et comme l’écriture est à la première personne, elle a fini par mûrir au fil des épreuves, et cela s’est senti dans la narration. D’où mon revirement sûrement, car ceux qui me connaissent savent que j’ai en horreur les romans d’adolescents en crise existentielle et les « histoires d’amour prévisibles ».
  L’un des trucs qui m’a aidée à poursuivre ma lecture, c’est sûrement « l’établissement ». C’est ainsi qu’est d’abord présenté la maison close de Nanou ; mais je ne vous spoile rien, la chose est très vite dévoilée, et c’est quelque chose que je tenais à souligner. Je trouve très bien pensé d’utiliser cet élément pour briser l’image des prostituées qui obnubile la conscience générale : celle de femmes superficielles, faciles et sans valeurs. La vérité est tout autre, et même si ce n’est pas vraiment dans notre monde, Manon Fargetton le montre bien dans June, au travers des yeux innocents de son héroïne, qui a côtoyé des catins (si je puis dire, je manque de synonymes) depuis sa plus tendre enfance, et les connaît par cœur. Vivre dans pareil établissement pourrait sembler nocif pour des enfants, mais il y a aussi de bons côtés, qui peuvent être moins évidents, et la plume de Manon Fargetton le fait remarquer avec justesse et candeur.
  En parlant du monde dans lequel évoluent nos protagonistes… C’est un univers que je trouve de plus en plus dans la fantasy ces derniers temps, que je qualifierais instinctivement de fantasy « fraîche », « sensorielle » ; c’est ainsi que je la décris le mieux, et il m’est dur d’expliquer cette atmosphère. C’est une fantasy moderne, qui valorise non plus les elfes, les nains, les combats et les dragons mais la magie, la mère Nature et les peuplades qui vivent en harmonie avec elle. Ça vous semble être des critères trop spécifiques ? Vous seriez surpris. Je peux vous citer de mémoire la trilogie Souvenirs perdus de Samantha Bailly (chronique disponible ici), qui m’a beaucoup fait penser, de par son atmosphère justement, à June. Cet univers n’est pas totalement étranger au nôtre ; mais je ne veux pas trop vous en dire, ce serait un petit spoil quand même. Pour les avertis, disons qu’il semble un peu commun à celui de la série Les Eveilleurs de Pauline Alphen : ces deux univers ont un lien avec notre monde. Je vous laisse deviner lequel, mais c’est un détail important, qui sert lui aussi souvent à cette « fantasy fraîche/sensorielle ». Dernier détail dessus, j’ai beaucoup apprécié le manichéisme (autant que je puisse apprécier du manichéisme) chaos/harmonie : c’est un peu original, on sort du plan classique Lumière/Ténèbres, et ce n’est certainement pas pour le déplaire. Qui sait, soyons fous, peut-être qu’un jour on s’en sortira même sans manichéisme.
  Maintenant, les personnages ! Déjà je voulais souligner les prénoms suivants : Jonsi, Locki, June. C’est beau et original, quand les autres prénoms m’ont moins plu ! J’approuve, surtout Jonsi. Je ne sais pas d’où il sort celui-là, mais je l’adore.
  Et Jonsi ne se contente pas d’avoir un beau prénom ! C’est de loin mon personnage préféré. J’adore les poètes pacifistes comme lui, alors dès que June a commencé à y faire allusion, j’ai senti l’attrait monter… je n’ai pas été déçue pour ça. Je pressens en lui un grand potentiel, et j’espère qu’il s’avèrera d’une importance cruciale pour le reste de l’histoire – peut-être cache-t-il quelque sombre secret derrière sa bouille d’ange, ce serait super…
  Comme je l’ai dit plus haut, je reste froide à l’endroit de June. Une adolescente trop à fleur de peau, trop émotionnelle ; après ça reste bien sûr un avis très personnel. Le fait que la narration soit purement interne rend parfois les événements un peu confus, comme on les voit par les yeux de June et qu’elle n’a pas les pensées très claires ; effet voulu ou conséquence de l’écriture interne ? Un peu des deux je pense.

J’ai lu Le choix, le deuxième tome des aventures de June

  Indéniablement, mon personnage préféré n’est plus Jonsi, mais Az. Az quoi, il est génial ! Je meurs d’envie d’en savoir plus sur lui, même si j’avais anticipé depuis longtemps son secret dévoilé dans les derniers chapitres…
  J’ai préféré l’intrigue de ce deuxième tome à celle du premier : ces deux villes jamais nommées, dont l’histoire a des allures de conte de fées, m’ont complètement charmées. Comme pour tout deuxième livre qui se respecte, la tension monte et le dénouement est fameux pour préparer le tome 3. Locki me plaît de plus en plus. J’aime toujours la série et, même si je ne suis pas certaine de pouvoir acquérir le tome 3 dans les semaines à venir, je peux déjà déclarer avec certitude que je ne l’abandonnerai pas. Une petite trilogie sympathique, de la fantasy légère, qui se lit sans faim et se savoure…

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J’ai lu L’invisible, le troisième tome des aventures de June

Je dois avouer que ce tome 3 est resté longtemps dans ma PAL, pour l’unique raison… que je n’avais pas envie, en le lisant, de terminer la série. J’ai fini par m’y résoudre et, comme pour les tomes précédents, le voyage vaut le coup d’œil. Retrouver l’univers de June après près d’un an de pause dans la trilogie m’a fait du bien ;  les derniers enjeux narratifs sont dévoilés, et quels enjeux ! Le personnage de June achève son évolution en beauté ; je la trouvais carrément tête à claques dans le tome 1, mais visiblement l’effet était voulu pour montrer ses progrès en matière de maîtrise de soi. Elle garde des défauts réalistes comme de l’égoïsme ou de l’égocentrisme, assumés. Je reste dubitative quant à l’évolution de Loki, mais c’est sans doute personnel. Mon petit préféré, Az, resté si mystérieux dans le tome 2, a fini de me charmer avec son intrigue individuelle. En bref, une trilogie que je recommande du chaud du cœur pour les fans de fantasy et de personnages bien ficelés.

 

Mes notes :

Le titre : 1/2 Je me demande qui a eu l’idée d’appeler la série June. C’est tout sauf original, quel dommage, alors que l’histoire aurait pu inspirer tout un tas de titres géniaux.
La mise en page : 2/3 Pas de cartes des lieux, dommage aussi.
Le langage : 2/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 2/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
Total : 22/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

CQFD :

  Au final, je reste un peu sur ma faim, mais même si June n’est pas parvenu à me faire rêver à l’instar d’Aussi libres qu’un rêve, le roman a réussi à m’attirer dans ses filets, et je compte bien poursuivre la trilogie.
  Petite mention finale à l’arbre-bibliothèque (j’ai failli l’oublier, lui !) : j’ai beaucoup aimé l’idée de toutes les feuilles qu’il abrite, et de tous les chants qu’elles délivrent… Les moments où June les écoute sont parmi mes passages préférés du roman…

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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2 commentaires sur “June, de Manon Fargetton

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