Pourquoi je n’aime pas Tara Duncan

 

Pourquoi je n'aime pas Tara Duncanbêêêrk la couv’ moche

 

Salutations, les enfants.

 

Je tiens à vous avertir : je publie cet article comme si c’était une chronique, mais il n’en est rien : c’est une critique pure et simple, une critique négative. Pour expliquer le ressentiment qui m’anime à l’égard d’une saga française de fantasy jeunesse bien connue, adulée par certains et dénigrée par d’autres. J’ai en effet été assez surprise de constater que, si elle est très controversée dans mon cercle d’amis proches et mon entourage littéraire, en revanche sur le Net y a personne qui cafte, ou presque – genre trois personnes et demi qui argumentent correctement. Alors je vais corriger ça avec cet article de dix pieds de long. Ici, je rassemble la plupart des critiques qui circulent sur Internet ou dans les conversations, à ma sauce, et de mon point de vue bien entendu. Une espèce de grande synthèse façon Chinmoku, avec des divagations sur ma vie IRL en prime pour appuyer mes propos.
Posez-vous bien dans votre chaise, ouvrez-vous une bouteille de Tzinpaf et entamez une Kidikoi, le spectacle va commencer.

 

Si vous êtes taraddict, je vous préviens les enfants, il faut avoir un esprit assez ouvert pour accepter la façon dont je vais analyser Tara Duncan, pour les joies puis les peines terribles qu’elles m’a causées ; cela dans le but de descendre la série, c’est dit clair et net, même si je m’efforce de le faire avec un maximum d’objectivité malgré les circonstances.

Je suis fière de m’assumer taraddict déchue, ou ex-taraddict pour faire moins dramatique. Vous allez voir pourquoi dans les développements qui suivent.

 

 

 

Une rapide mise à niveau : 

Tara Duncan est une saga de fantasy jeunesse qui a fait ses débuts en 2003 et est maintenant traduite en des dizaines de langues, écrite par Sophie Audoin-Mamikonian, passionnée de fantasy et princesse d’Arménie (non non, y a aucun lien entre les deux). On surnomme Tara Duncan « la petite sœur de Harry Potter », et tous les grands lecteurs d’imaginaire collégiens pourront vous citer la série. Il y est question – étonnant ! – d’une jeune fille qui se découvre dotée de pouvoirs magiques et va dans un monde parallèle, Autremonde, apprivoiser ses dons et combattre le chef d’une organisation malfaisante.
Attention : je suis contre les accusations de plagiat que subit régulièrement Tara Duncan par rapport à Harry Potter, et ma description ci-dessus n’est en rien une moquerie, sinon une ironie légère sans but très précis. J’en reparlerai dans la 4ème partie de ma critique.

 

 

Autre mise à niveau : 

Les taraddicts, ce sont les fans de Tara Duncan. J’y fus un membre actif pendant plusieurs années de ma vie. Les taraddicts ont une devise, une hymne, des formules de salutation… Ils sont sympas et accueillants et pacifiques etc., un peu foufous et survoltés, et malgré quelques éléments de la communauté qui sont un peu plus passionnés que d’autres (un peu trop même), c’est une bande de joyeux lurons qu’il fait bon d’avoir pour fans.
Ouhlàlà, ça remonte à loin tout ça pour moi. Que de souvenirs, et pas des plus plaisants maintenant que j’ai le recul nécessaire.

 

 

Oui, je vais descendre Tara Duncan. Mais je vais le faire de manière intelligente et méthodique.

 

 

 

Un p’tit sommaire, parce que j’ai beaucoup de choses à dire :

1.Tara Duncan et moi
2. Que s’est-il passé après le tome 6 ?

3.Comment Tara Duncan a détruit mes illusions sur les succès de la littérature jeunesse

4.Observations diverses au sujet de Tara Duncan

5.Quelques paroles pour les taraddicts

6.Des bonus sympathiques

 

 

 

 

1.Tara Duncan et moi

 

Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanTous les romans Tara Duncan en ma possession…

 

Mon histoire avec Tara Duncan a commencé de la plus belle des façons : une libraire de Mollat avait conseillé la série à ma mère, venue m’acheter de la lecture (j’avais alors neuf ans) parce qu’elle voulait contrecarrer mes projets du moment, à savoir lire toute la saga Harry Potter pour la troisième fois.
C’était pendant les vacances d’été 2009. J’étais plutôt sceptique sur cette nouvelle lecture qu’on me présentait, mais j’ai commencé Tara Duncan – Les sortceliers sans trop tarder. J’en suis ressortie changée à tout jamais.
Je n’ai jamais eu ce qu’on appelle le « déclic Harry Potter » pour parler de ceux de ma génération qu’Harry Potter a lancés dans la lecture : j’ai toujours lu, même étant très petite, alors je n’ai jamais eu besoin d’un déclic particulier. Mais il est indéniable que Tara Duncan m’a fait l’effet d’une claque énorme et jubilatoire ; j’avais neuf ans, et je découvrais une fantasy nouvelle, à la fois moderne, loufoque et complexe, des personnages à qui s’identifier et des intrigues farfelues… La redoutable alchimie qui a fait de la série un succès mondial, quoi. J’ai dévoré les deux tomes en ma possession en une poignée de jours, et dès que je suis revenue de vacances, j’ai avalé les autres tomes déjà parus (en 2009, il n’y en avait encore que six).
  En septembre 2009, quand le tome 7 est sorti, ma marraine vivant sur Paris m’en a envoyé un exemplaire dédicacé par la poste. Je me souviens de ma joie sans bornes, de ma félicité béate à la vue de l’écriture de Sophie Audouin-Mamikonian sur mon roman… J’étais devenue une pure taraddict.
Pour vous faire une idée, voici les folies tara-duncanesques que je commis durant les deux années suivantes :
  – Je savais dire « Chemnashaovirodaintrachivu » par cœur. J’étais super fière, même si tout le monde s’en fichait.
  – J’avais gribouillé une carte de la cour de mon école primaire en renommant tous les lieux de la cour avec des noms autremondiens. Je jouais toute seule (ou en entraînant des amis qui ne pigeaient pas tout) à des quêtes pour fabriquer des potions, des sorts, aller vaincre des Sangraves… J’ai encore ma « carte », je la conserve précieusement.

 

Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanLa carte en question. Elle a beauuucoup vécu.

 

Ma mère, pour rigoler : « Mais [insérer le vrai prénom de Chinmoku], tu vis avec nous sur Terre ou juste sur Autremonde ? » Mini-Chinmoku de 9 ans : « J’ai un pied sur chaque planète je crois ! »
  – Une autre grande « fierté » : toujours en primaire, j’ai inventé le « jeu du Krakdent », une variante du fameux « trappe-trappe » : en gros, celui qui faisait le loup devait nous laisser l’approcher en faisant une tête kawaii, et dès qu’il estimait qu’on était assez près il nous sautait dessus en montrant les dents et il fallait fuir. Tous mes potes y jouaient. Ils s’en souviennent encore aujourd’hui. Ça a durablement marqué les esprits, même si pas un ne savait à la base ce qu’était un Kradkent.
  – En 2010, pour la sortie du tome 8, je suis allée dans un centre commercial près de chez moi pour rencontrer, enfin Sophie-Audoin Mamikonian. Je tiens à m’étendre sur cet événement : en effet, j’avais envoyé un message tout humble et poli bardé de « s’il vous plaît » à SAM pour lui demander de faire une séance de dédicaces près de Bordeaux (y a rien près de Bordeaux, c’est pas nouveau). Quelques semaines plus tard, sur son site était annoncée une nouvelle date à St-Médard-en-Jalles… avec la mention entre parenthèses « près de Bordeaux » juste à côté. Est-ce mon message qui a motivé SAM à venir dans le sud-ouest, à rajouter cette mini-précision, a-t-elle reçu énormément de messages à ce sujet, y a-t-il un lien quelconque… ? Je ne le saurai sans doute jamais, mais pour moi à l’époque SAM était l’équivalent d’une déesse, et j’ai pris ça pour un signe ésotérique. Certains taraddicts se comportent avec SAM comme si c’était vraiment une déesse. On l’admire et on la comble de compliments jusqu’à plus soif, et SAM se rengorge derrière. Je vous jure, quand je me suis aperçue que j’étais comme ça, ça m’a fait super bizarre. C’est pas sectaire ni rien de ça hein, c’est juste fort, fort singulier ; et fort gratifiant pour l’auteure, cela va sans dire. Bref, j’ai rencontré SAM ce jour-là. J’étais arrivée sur les lieux trois heures en avance et j’étais la toute première dans la file d’attente. Une photo de nous deux figure encore sur le sous-main de mon bureau. Je la contemple parfois avec joie et nostalgie. Ce fut, et je le maintiens aujourd’hui, l’un des plus beaux jours de ma vie.
  – encore aujourd’hui, les mots que je tape le plus rapidement sur le clavier de mon ordinateur, ce sont « Tara » et  » Duncan ». Souvenir d’après-midis passés à parcourir le site officiel de la série de long en large, ou Internet à la recherche de fanarts et fanfics.
  – j’avais bricolé une Moineau avec une PollyPocket, en recoupant ses fringues en taillant les cheveux et tout et tout. J’avais essayé de faire Tara, mais le résultat était vraiment trop moche, je ne l’ai pas gardée. J’ai aussi fabriqué mon collier à familier avec des perles de bois, comme dans le dessin animé… !

 

Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanJ’ai toujours été adroite de mes mains. Comment ça c’est pas vrai ?!

 

Alors oui, j’ai lu et relu les Tara Duncan, je chantais Transformus lors de mes réunions de famille (mes cousins se moquaient de moi), je rêvais d’habiter sur Autremonde, je regardais le dessin animé tous les samedis à 9 heures tapantes sur M6, j’animais mon petit blogus sur le site officiel (les vrais comprendront, l’option a disparu aujourd’hui), j’ai joué au jeu en ligne qui s’est développé peu après la sortie du tome 8, et qui a finalement disparu, c’est bien dommage…
J’ai beaucoup de produits dédicacés par SAM : le tome 1 gros format, le tome 7, la BD et le single… Une fierté ! Je ne l’ai rencontrée qu’une fois malheureusement.
Mais, peut-être les avertis auront-ils noté que, via ce paragraphe, je vous introduis dans la période critique de mon épopée Tara Duncan : la sortie du tome 8. Alors finis les éloges à SAM, les délires profonds sur ses écrits et les divagations de trop sur ma vie privée, on aborde la partie la plus intéressante de cette partie.
A savoir, comment je suis passée de taraddict passion à taraddict déchue, et surtout pourquoi.

 

Donc, le tome 8, intitulé L’impératrice maléfique. Je vais vous résumer facilement comment j’ai percuté le changement de régime : les tomes précédents, je les ai lus avec rapidité mais délices, en quelques jours mais en m’exhortant à ne pas les finir trop vite. Le tome 8, je l’ai boulotté en deux jours. Et quand, juste après l’avoir refermé, je me suis posé la question élémentaire « Alors, quels événements se sont déroulés dans ce tome-là ? Faisons une synthèse de l’avancement de l’intrigue ! », j’ai été incapable de me fournir une réponse rapide, synthétique et logique. A l’époque, j’adulais encore Tara Duncan. Ce détail aurait dû me mettre la puce à l’oreille, mais je suis restée aveuglée par ma passion irréfléchie une année de plus, jusqu’à la sortie du tome 9.
 
Comment ai-je compris ce qu’était devenu Tara Duncan, comment suis-je sortie de cette attitude béate ? J’étais naïve au point de réciter des passages des romans par cœur, d’en rêver régulièrement, de faire la gueule à tous ceux qui contredisaient SAM ou exprimaient le fait qu’ils n’aimaient pas ses romans…
La sortie du tome 9, intitulé Tara Duncan contre la Reine Noire, m’a donc enfin faite basculer du côté obscur, et pour une raison très subjective : dans mes projets d’écriture personnels, j’avais – et j’ai toujours – un personnage très important appelé la Reine Noire. Sauf que mon personnage est gentil, c’est même mon héroïne. Alors oui ce n’est absolument pas un défaut en soi, mais moi, en voyant l’abominable Reine Noire dépeinte dans Tara Duncan, j’ai senti mon éthique vaciller. C’est après ma lecture du tome 9 que j’ai « boudé » la saga, et qu’au passage j’ai pris du recul et que j’ai percuté dans quel bourbier on s’était tous enfoncés, nous les taraddicts trop passionnés. J’ai relu quelques passages du tome 8, quand le 10 est sorti je l’ai lu avec une attention aiguë pour démêler mes ressentis personnels des critiques qui perçaient dans mes club lecture, sur le Net.
C’est à cette époque que je suis arrivée, après maintes réflexions quand même, à la triste conclusion que la saga romanesque qui avait bercé ma pré-adolescence et m’avait ouvert les yeux sur tous les prodiges qu’on peut créer avec la fantasy, cette décadologie tant de fois portée aux pinacles, était devenue, pardonnez les termes, superficielle et commerciale.

 

Et enfin, l’étape finale, celle qui m’a définitivement envoyée du côté des anciens taraddicts, celle qui m’a ôté toutes mes illusions sur la série ; c’était il y a un an seulement. Tara Duncan comptait tant pour moi que j’ai eu beaucoup de mal à m’en détacher, mais cette fois-ci la coupe fut pleine ; et je ne pus en accepter davantage.
L’un des principes de la saga, c’est qu’elle fait douze tomes, et que l’identité du grand méchant masqué, appelé Magister, qu’on découvre dès le tome 1, ne sera révélée que dans le tome 12, précisément. Je ne l’ai pas lu ce tome 12.
ATTENTION SPOIL TOME 12 j’ai demandé à une amie l’ayant lu de me donner un élément au hasard de l’histoire, pour décider de si j’allais le lire ou pas : elle m’a révélé que Tara Duncan tombait enceinte. Presse people de fantasy bonjour, c’est pathétique. FIN DU SPOIL.
Donc, je n’ai pas lu Tara Duncan – L’ultime combat (et je m’y tiens encore aujourd’hui). Mais, en parcourant ensuite la page Facebook de l’auteure, je constate l’incrédulité des taraddicts : l’identité du méchant est soupçonnée dans le roman, mais pas complètement révélée. Et c’est là que survient le scandale : SAM prévoit une autre série après Tara Duncan, dans le même univers ; qui y fera suite, même. Et c’est dans cette fameuse nouvelle série qu’on découvrira qui est Magister. Comment ai-je directement interprété la nouvelle ? Achetez encore mes bouquins, si vous voulez tant que ça savoir qui est vraiment Magister.  Vous trouvez que j’y vais fort ? Pourtant, mon raisonnement se tient.
J’ai appris plus tard qu’en fait, la révélation explicite ne vient même pas dans les tomes suivants. Le mystère restera à jamais quasiment intact. Soit, c’est un choix qui se respecte, mais je trouve quand même que c’est une chute trop « plate » par rapport à ce qu’attendaient les taraddicts depuis des années, et surtout ça ressemble quand même énormément à un gros coup de pub pour la série. Alors je maintiens sans hésitation ce que j’ai dit plus haut.

 

Les taraddicts étaient déçus sur le Net, mais c’est leur réaction qui m’a vraiment réveillée : l’auteure venait de se foutre d’eux pendant douze ans, en leur promettant une chimère – on ignorait encore qu’on n’aurait jamais le fin mot de l’histoire, avec une démarche purement commerciale très aisée à soupçonner ; pourtant pas un ne lui en voulait vraiment. Ils étaient déçus, pas en colère ni même mécontents. Ils s’enthousiasmaient tous pour cette annonce, plein d’autres tomes à paraître dans la prochaine décennie. Sur le coup, je me suis dit que ces taraddicts étaient sacrément crédules de s’être faits avoir ainsi, aussi naïvement. Ils refusent de voir l’apparente astuce de l’auteure et ne pensent pas à protester – ne serait-ce que manifester une légère opposition conséquente ! – contre ce nouveau régime. Ils se réjouissent juste d’avoir de nouveaux livres à lire prochainement, alors que franchement il y avait matière à s’indigner ; qu’on s’entende bien, je ne leur reproche pas de se réjouir pour les lectures à venir, juste de ne pas avoir fait sentir à SAM que son attitude n’était pas très correcte à leur égard.
 
 
C’est à ce moment-là que j’ai pris, fièrement et l’esprit épique, la qualification personnelle de taraddict déchue, ou plus sobrement d’ex-taraddict qui s’assume. Et je suis loin d’être la seule.
 
Je profite d’ailleurs de cette critique pour vous parler de SAM : c’est quelqu’un que j’admire énormément et qui a toujours fait partie de mes références littéraires, même maintenant que je ne suis plus Tara Duncan. SAM est passionnée de littérature de l’imaginaire, elle a la plus grande bibliothèque privée de fantasy de France (imaginez-moi avec de gros yeux brillants d’admiration) et elle est toujours très détendue, elle fait tout le temps de l’humour burlesque… Une auteure parfaite, quoi. Bon, je l’avoue, cette dernière phrase est un peu ironique. Car SAM a un défaut de taille, elle n’accepte pas les critiques de ses oeuvres, je l’ai constaté à mes dépens. Elle boude d’ailleurs (elle me l’a dit elle-même) toutes les chroniques réalisées sur ses écrits. Donc je ne vous fais pas de dessin, chronique + critique négative, on n’est pas près de la voir sur le Monde Fantasyque pour découvrir, par curiosité, ce que je pense de Tara Duncan.
J’ai eu de mauvaises histoires avec SAM dernièrement, directement liées à cette critique. Je vous en passerai les détails, je ne me sens pas la force de tout vous expliquer ici. Mais que la vérité triomphe : SAM s’est montrée très incorrecte avec moi, me dénigrant à loisir, et seulement « en privé » pour maintenir une bonne image officielle à l’intention de ses fans. Elle a insolemment ignoré toutes mes tentatives de réconciliation, s’est comportée avec un manque d’immaturité désolant pour une femme de plus de cinquante ans à l’égard d’une blogueuse de seize ans. Je n’aurais jamais cru que quelqu’un comme elle puisse avoir pareille attitude, et surtout sans même s’en excuser ensuite.
Je laisse passer pour cette fois, Dame Sam, mais te voilà prévenue : je n’aime pas me laisser marcher sur les pieds. Si tu viens encore me chercher des noises pour quelque raison que ce soit, cette fois-ci je répondrai et tu verras bien ce qu’elle a dans le ventre, cette petite blogueuse « agressive et cruelle », cette « gamine », « trop grande et trop intellectuelle pour lire Tara Duncan ». Diantre, j’ai laissé filtrer des citations des adorables messages que tu m’as adressés…

 

 

 

2.Que s’est-il passé après le tome 6 ?

Le titre va vous paraître étrange si on prend en compte que juste avant, je vous ai parlé du tome 8 comme du « tome-transition » entre les deux facettes de Tara Duncan. C’est que la plupart des anciens taraddicts pensent que la série a commencé son déclin dès le tome 6. Moi, comme j’ai commencé la série au moment de la sortie du tome 7, je n’ai pas eu le même ressenti et j’ai tilté plus tard. Je suis parmi les seuls il me semble, mais je vais adapter l’article à ma vision des choses.
 

Ce qu’on a reproché au tome 6, ce que j’ai reproché au tome 8 :

– changement des scénarii habituels : l’intrigue principale se perd trop dans les péripéties farfelues, on se disperse et on s’égare.
  – changement du style d’écriture : on part dans du quasi-fil de pensée, une narration « foldingue » qui digresse tout le temps, les ennemis sont souvent poussés au comportement cliché ou au ridicule, tentative maladroite de fantasy burlesque augmentée.
  – des personnages de plus en plus stéréotypés, réduction générale des personnages masculins à des beaux gosses attirants mais dont le cerveau est bien moins développé que les membres. Pour le fan-service, médiront certains. Moi, je préfère ne pas encore me prononcer.
 
En gros, voilà les principaux défauts qu’on trouve à partir du tome 6, soit à la moitié de la série. Et c’est allé de mal en pis.
 

Ce qu’on reproche, de plus, aux tomes suivants :

  – intrigues délirantes, ce n’est plus du romanesque, c’est de la presse people de fantasy : mariages annoncés puis déviés, histoires amoureuses croisées, tromperies, grossesse (ça, je me fiche de vous le spoiler hein). Fan-service quand tu nous tiens, impossible de te délaisser !
  – certains des meilleurs personnages partent complètement en cacahuète : Selenba notamment. Gros choc personnel : cette métamorphose soudaine, ce changement d’éthique, dans le tome 10 je crois, n’avait aucune raison d’être, et ainsi Dame Sam a bousillé l’un des meilleurs personnages de sa série. C’était ma petite préférée, maintenant je n’ai même plus de personnage favori…
  – sous le prétexte d’être vive et spontanée, l’écriture devient carrément chaotique, la syntaxe a perdu son honneur dans beaucoup trop de passages pour que ça reste acceptable. Trop de références cinématographiques ou littéraires, bien plus que de raison, et gare aux non-initiés qui, du coup, pigent mal l’humour présenté.
  – Dame Sam n’était visiblement pas satisfaite du monde merveilleusement complexe créé à ses débuts : elle a voulu accentuer, encore et encore, la crédibilité de ses œuvres, jusqu’à passer dans le surplus : des descriptions sans queue ni tête avec des allusions à d’autres concepts d’Autremonde en pagaille, des notes en bas de page à n’en plus finir, et qui, pour beaucoup, ne servent pas à grand-chose, sinon à nous montrer « ohlàlà mais voyez un peu à quel point j’ai beaucoup de choses à dire et à vous faire découvrir sur cet univers infiniment complexe que j’ai inventé ! ».

 

Alors mon p’tit taraddict d’amour, tes yeux pleurent à la lecture de ces blasphèmes ? J’espère, parce que là je suis en mode BSH qui n’a rien bu depuis deux semaines et ma plume agressive court plus vite qu’un rominet.

(effectivement, c’est un passage haineux, le seul véritable de cette critique si j’ai bien fait mon boulot. Soyez gentils, laissez-le passer, ça me démangeait la plume depuis un moment.)

 

Pour conclure, je partage avec vous les résultats d’un sondage qui a plus ou moins circulé sur Internet durant la semaine précédant la publication de cette critique, que j’ai réalisé pour agrémenter mon article de quelques informations supplémentaires. Bon ça ne vaut pas un vrai sondage : il n’a été que peu diffusé, et surtout dans les milieux taraddicts, alors c’est très subjectif : je m’y suis prise trop tard pour le lancer. Il a surtout traîné sur Facebook et en le faisant passer dans des milieux littéraires plus « neutres », j’aurais je pense obtenu d’autres résultats.
Je le précise encore une fois ici, c’était la première fois que je réalisais un sondage de la sorte. Je l’ai fait vite et sans assez réfléchir : en plus de douloureuses coquilles, il y a aussi des questions pas assez ouvertes, ou trop dirigées vers des résultats que j’attendais précisément. J’en ai conscience désormais et je demande pardon à ceux qui se seraient trompés sur mes intentions. Je préfère mettre ce message avant les résultats, histoire que vous les voyiez en toute connaissance de cause.
En tout, j’eus très précisément 300 réponses ! Chapeau, les enfants !
Mais bref, voici des captures d’écran des résultats (je voulais vous mettre un lien vers la page elle-même, mais on ne peut y accéder qu’en étant connecté, je ne vais pas vous filer mes codes non plus) :

 

Question : Tara Duncan en règle générale…

Pourquoi je n'aime pas Tara Duncan

…j’adore la série, j’ai lu tous les tomes, ou au moins jusqu’au tome 7 ! 83,3%
…j’apprécie moyennement, surtout depuis le tome 6/le tome 8. 9,3%
Autre 4,7%
…j’adore la série, mais je n’en suis encore qu’aux premiers tomes ! 1,7%
…j’ai essayé de lire la série, mais je l’ai tout de suite détestée 0,7%
…je connais très peu, seulement grâce à la renommée de la saga 0,3%

 

Je vous communique tout ce qui a été dit dans la catégorie « Autre » :

  – J’ai beaucoup apprécié les premiers tomes (pas seulement les 4 premiers), j’apprécie moins les suivants.
  – J’adore la série j’en suis fan j’ai tout lu !
  – connait pas (ben qu’est-ce’tu fiches là, alors ?)
  – J’ai beaucoup apprécié la série mais elle n’a pas su vieillir avec mes attentes.
  – J’ai adoré jusqu’au tome 5, déception pour la suite qui devient très stupide
  – Autre (sans plus de précisions)
  – J’ai adoré les premiers tomes, mais les derniers m’ont laissé un goût amer.
J’ai lu tous les livres mais je trouve ça lassant et assez bébé
  – …j’adore la série, j’ai lu tous les tomes, ou au moins jusqu’au dernier ! (c’est ça mon enfant, trolle Chinmoku, elle te dira rien)
  – J’ai adoré au début de la série, puis elle m’a déçue en sa fin (qui n’était au final pas une fin, ce qui m’a déplu encore plus)
  – J’ai beaucoup aimé la série jusqu’à l’invasion fantôme, après j’ai trouvé chaque tome de moins en moins bien… ^^
  – J’ai lu tous les tomes, mais j’ai détesté. (ça, c’est ce qui s’appelle avoir gardé espoir jusqu’au bout)
  – J’ai lu tous les tomes, mais je n’ai pas aimé les derniers (tu chipotes, mon enfant…)

 

Donc, les taraddicts ont ici la majorité écrasante. Néanmoins, dans les réponses « Autre », on voit une nette tendance à délaisser la série après sa moitié… Y en a pas mal qui ont chipoté, quoi. Passons, vu les moyens de diffusion du sondage, je peux raisonnablement dire qu’au moins 250 personnes (gros minimum…) sont des taraddicts authentiques que je suis allée chercher sur Internet. Donc, des gens qui assument parfaitement aimer Tara Duncan, même et surtout ses derniers tomes. J’ai trouvé comment tirer parti de ces informations, vous allez voir.

 

 

Question sur le genre des taraddicts :

Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanDans la catégorie Autre cette fois-ci :

  – non binaire
  – agenre
  – [juste « autre »]

 

Bon, c’est pas nouveau, écrasante majorité féminine, près de 90%.

 

 

L’âge des taraddicts :

Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanEntre 20 et 30 ans 45%
Entre 15 et 20 ans 44,7%
Entre 30 et 50 ans 6,3%
Entre 10 et 15 ans 3,3%
Plus de 50 ans 0,7%

 

Il n’y a donc aucun taraddict de moins de 10 ans qui a répondu à ce sondage, mais à mon avis c’est surtout parce que, m’y étant prise au dernier moment, je ne l’ai diffusé que sur Facebook et sur mon blog, et il est rare que les enfants de moins de 10 ans traînent beaucoup sur Internet, et encore moins sur Facebook !
On constate en revanche que la très grande majorité des taraddicts ayant répondu ont entre 15 et 30 ans. J’identifie ici principalement la génération qui a suivi toutes les publications de Tara Duncan depuis son premier tome, et celle qui a découvert la série grâce à son succès, comme moi.

 

 

Les défauts de Tara Duncan…

Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanTara Duncan n’a pas de défaut majeur, c’est une fantastique série 53,3%
Il y en a peu mais ils sont bien présents 24%
C’est une série qui a très bien commencé, mais qui est désormais pleine de défauts ! Les défauts sont arrivés vers la moitié de la série je pense… 21,3%
La série est bourrée de défauts depuis ses premiers tomes 0,3%

 

 Ah, ces résultats-là m’intéressent. Donc, sur les personnes interrogées, à peine plus de la moitié maintient que la série est sans défauts majeurs, quand les quatre cinquièmes prétendent plus haut qu’ils l’adorent même passée la moitié de la série… Y en a qui ont avoué avoir trouvé quelques tares à la série, c’est certain désormais. Pour être encore plus précise, j’ai vérifié les votes en tenant compte des noms ou pseudonymes fournis dans les détails des réponses. Voilà ce que j’ai trouvé :
Sur les 250 personnes trouvant « la série fantastique » dans la question 1 sur Tara Duncan en général, soit 83,3% du total des réponses, 125 seulement maintiennent qu’elle est sans défauts ici.
En revanche, sur ces mêmes 83,3%, 59 personnes trouvent « que les défauts sont rares mais bien présents », et 26 que « les défauts sont arrivés vers la moitié de la série ». Donc, même sans compter les autres fans qui ont dit ne pas totalement apprécier la série dès la première question, il y a la moitié des taraddicts passionnés qui a trouvé des défauts à Tara Duncan, à divers degrés certes, mais tout de même…! Comme quoi certains ne sont pas dupes. C’est bien.

 

 

 

Les défauts de Tara Duncan, plus en détail, seraient…

Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanMais puisque je me tue à répéter que la série est sans défauts !! 34,8%
Son intrigue, qui est devenue puérile et inintéressante. 18,4%
Ses personnages qui ont mal évolué. 18,1%
Les produits dérivés de la série qui lui ont fait perdre son caractère d’antan. 15,6%
Le style d’écriture, qui est devenu brouillon et digresse facilement. 11,8%
L’auteure, sa personne et son comportement. 1,3%

 

J’aurais pu (j’aurais dû) analyser ces réponses aussi en fonction des précédentes, mais comprenez bien que vérifier 300 réponses et noter toutes les observations au fur et à mesure, ça ne m’enjaillait pas des masses et j’avais autre chose à faire de mon week-end. Donc, je me suis dit qu’on allait pouvoir se contenter de ce camembert révélateur.
Un tiers des interrogés maintient que la série est sans défauts. En revanche, la question était à choix multiples, et certains ont mis tout ce qu’ils avaient sur le coeur, y en a même qui ont coché « la série est sans défauts » et qui en ont sélectionné ensuite, je n’ai pas compris le principe… Certes le sondage est mal fait et j’ai mal pensé mes questions, mais là c’est carrément contradictoire !
SAM a visiblement une personnalité en or, ou alors elle n’est pas assez connue de certains, on ne lui reproche quasiment rien. Tout ce que je lui reproche personnellement, c’est d’être restée passive quant au développement des produits dérivés, ou d’avoir autant fait changer Tara Duncan.  Même si bon, depuis peu, je connais une tout autre facette de SAM. Une facette franchement déplaisante, qu’elle m’a laissée entrevoir volontairement et assez cruellement. Retenez ceci : SAM n’est pas aussi douce et ouverte d’esprit qu’elle le laisse croire. Je dis ça avec beaucoup de sérieux et j’ai des preuves.
En revanche on accable grandement l’intrigue et les personnages… Ce qui se remarque le mieux en fait.

 

J’ai recueilli d’autres avis, autour des produits dérivés, mais j’en parlerai plus tard. On n’est pas encore à la question des produits dérivés : ils seront abordés dans la 3ème partie.

 

 

 

3.Comment Tara Duncan s’est transformé et a détruit mes illusions en les succès de la littérature jeunesse

Au fil de ma pré-adolescence, l’époque où j’ai réellement commencé à apprivoiser le milieu littéraire et ses mille et une merveilles, j’ai beaucoup progressé dans mes avis personnels sur mes lectures : je ne suivais plus la masse, j’apprenais à me forger mon propre avis, et surtout à l’assumer. J’ai assumé ne pas avoir aimé Tara Duncan, comme j’assume également n’avoir aimé ni Le Seigneur des Anneaux, ni La Citadelle des Ombres. Sauf que, ça coule de source, pour éviter le bête commentaire de pur hater, quand on n’aime pas quelque chose, il faut savoir argumenter.
  J’en profite pour glisser un message aux éventuels traqueurs de haters qui tomberont peut-être sur cette critique : là, j’argumente mon avis, les enfants. Ce n’est pas pour rien que j’ai mis des semaines à l’écrire et qu’il fait plus de 10 pages, ce n’est pas de la parlotte en l’air. Ce n’est pas un article bête et méchant sur une série connue que je vais critiquer pour le pur plaisir d’aller à l’encontre des fans et rendre triste SAM (connaissant les taraddicts, il y en a sûrement qui vont m’accuser de causer du chagrin inutile à leur déesse). Il y a des années de maturation passive de ce texte derrière moi, et j’ai de quoi meubler mon article.
 
Tara Duncan a bouleversé ma vision des grands succès de la littérature par deux de ses aspects, qui sont intimement liés : le changement de contenu des livres, dont j’ai parlé plus haut, et l’intérêt commercial qui est venu rajouter sa pierre à l’édifice. Je m’apprête donc à proférer des accusations fort mauvaises sur la série et son développement soudain ; j’en fais toute une histoire alors que d’autres accusent déjà librement la saga sur Internet, mais il faut dire que j’espère que ma critique sera lue par beaucoup et qu’elle vous fera bien réfléchir, alors je précise que j’ai conscience de faire quelque chose d’important ici.
 
Déjà, ce qui fait le plus jaser, c’est évidemment le changement d’éditeur de la série à mi-parcours. Non mais c’est un peu gros là : Tara Duncan devient nul à partir de son tome 6 et, ô surprise, c’est pile quand une autre maison d’éditions, que je ne citerais pas par décence (mais je vous donne un p’tit indice quand même), vient s’en mêler ! Ma foi, me voilà fort étonnée de ce changement soudain ! Ce qui se soupçonne grandement, et je suis loin d’être la seule à le dire : cette autre maison d’éditions, à la réputation plus importante que Le Seuil et Flammarion (les deux premières maisons d’éditions de la série) est venue voir SAM, lui a proposé un contrat doré, en échange de quoi (deux options se proposent) :
  – elle a reçu pour consigne de faire du fan-service avant tout afin de favoriser les ventes, au détriment de la qualité de base, sous prétexte qu’elle n’avait plus besoin de faire ses preuves, comme ses livres étaient déjà devenus un succès. L’important, ce serait de maintenir les ventes, de surprendre toujours plus pour que le lectorat déjà présent s’accroche sans réfléchir.
  – ses nouveaux éditeurs lui ont laissé le champ beaucoup plus libre qu’avant : pas de corrections scénaristiques, de commentaires sur tel ou tel détail ou sur sa politique d’écriture, qui normalement ne serait pas bien passé. SAM a fait ce qu’elle voulait, et comme c’est quelqu’un de très vif et un peu foufou (en l’occurrence c’est un compliment), elle s’est complètement égarée toute seule. Mouais. Je pencherais plus pour la première option personnellement.
Je me permets de rajouter ici quelques éléments qui apporteront beaucoup à la vision de certains. Il se trouve que suite à la publication de la 1ère édition de cette critique, j’ai reçu un mail à son sujet, de la part d’une personne bien placée pour me parler de Tara Duncan mais qui a préféré rester anonyme. Avec l’accord de cette personne, je peux publier ici quelques extraits de son message, à titre d’informations supplémentaires :
« J’ai vu ce que donnait un texte écrit par SAM au stade la première correction (avec des petits commentaires jaunes dans le PDF). Je peux te garantir que c’est assez horrible à lire.
Je pense que Le Seuil corrigeait beaucoup trop ses textes à son goût, et faisait peut être beaucoup de « redirections » (comprendre essayer de faire rentrer tel ou tel livre dans une collection bien précise). C’est pour cela qu’elle est partie, à mon avis.
Du côté de XO, il y a aussi beaucoup de raisons commerciales : ils savent que ça marche, alors ils la laissent libre…. sans savoir que ce sont les corrections qui permettent d’éviter les incohérences.
Ce n’est que mon opinion. »
J’ai été étonnée d’avoir pu tomber aussi juste dans mes suppositions. Et je peux vous affirmer que cette personne sait de quoi elle parle, même si elle ne veut pas être reconnue – ce qui est bien normal.

 

Je n’attaque pas cette troisième maison d’éditions dans cet article, d’ailleurs elle a édité plein d’autres livres que j’ai aimés. Je ne crache que sur Tara Duncan et j’émets des hypothèses innocentes qui n’engagent à rien. Je dis tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, ou dans les recoins d’Internet. Rien n’est avéré de toute façon !
Dans tous les cas, c’est donc ce brusque succès qu’a soudain eu la série, et les conséquences qu’on a fait miroiter à SAM (qui que soit ce « on »), qui auraient mené à ce changement de régime si radical. Elle a eu un comportement singulier qui, je pense, a entraîné toute l’évolution de la série et qui m’a fait la détester. Je ne la blâme pas, elle a ses raisons, et j’en comprends certaines. J’aurais certes fait d’autres choix à sa place ; mais je suis loin d’être à sa place…
Elle a eu un comportement qui se retrouve dans plusieurs autres œuvres à succès, dans quasiment toutes les autres œuvres à succès d’ailleurs. On parle de ne pas savoir s’arrêter, de faire le tome de trop. En l’occurrence, SAM a fait des tomes de trop, voire la série de trop si on prend en compte la seconde série (oui je dis seconde, car j’espère que ce sera la dernière) qui se prépare. Le schéma qu’on voit venir gros comme une maison : l’auteur de l’œuvre à succès arrive à la fin de son plan de base, sa série va s’arrêter, mais il a peur de voir sa renommée s’éteindre aussitôt. Du coup, avec le concours de son responsable commercial (éditeur, producteur…), il décide de poursuivre sa série télé/littéraire/de BD/autre plus longtemps que prévu, et tout le monde en profite : l’auteur, les employés de la production de l’œuvre, les fans. C’est bien alors ? Pas forcément, parce que bien souvent, peu après, des critiques pleuvent sur l’œuvre, l’accusant de trop traîner, ou même de se répéter. Parfois même, ce sont ces critiques qui poussent directement au changement alors qu’on est encore loin de la fin de la série, ou bien la simple paranoïa du créateur.
Mais donc : la réaction de l’auteur, c’est évidemment de mettre à l’épreuve l’imagination de ses lecteurs, d’aller chercher des intrigues toujours plus profondes, plus complexes, un peu comme pour prouver que malgré la routine qu’on l’accuse d’instaurer, il est toujours aussi compétent dans son domaine. Souvent, il va jusqu’à modifier la fin de sa série originellement prévue pour lui rajouter de l’inédit, de l’inattendu, pour qu’elle surprenne plus encore.
L’œuvre reste bonne : de toute façon, l’auteur a eu les capacités de devenir connu et il s’est même perfectionné avec le temps. Mais la série devient complètement différente, elle est dénaturée par les efforts de l’auteur pour la garder attractive. C’est ce changement-là qui attristera certains fans et les fera médire sur le côté commercial qui soudain prédomine. Au final, il aurait donc été plus rentable – moralement parlant – de savoir s’arrêter à temps ! Réfléchissez, il y en a eu plein des comme ça : la BD Les Légendaires, Oksa Pollock avec sa suite Tugdual, Les Chevaliers d’Emeraude avec sa suite Les Héritiers d’Enkidiev… Par contre, Harry Potter s’est contenté de ses sept tomes. Le film et la pièce de théâtre annoncés sont pour l’un totalement indépendant de la vie d’Harry Potter, pour l’autre suffisamment distant de la série originale (du théâtre, ingénieux !) pour ne pas être un projet purement commercial, sinon à intérêt culturel.

 

Il y a aussi la question des produits dérivés.

 

Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanTous les produits dérivés de Tara Duncan en ma possession. J’étais barge, je vous dis.

 

A peu près au moment de la sortie du tome 8, ont été lancés sur le marché :

  – le dessin animé, diffusé hebdomadairement, mettant en scène les personnages principaux dans des aventures spéciales.
Pourquoi je n'aime pas Tara DuncanVoici Selena, la mère de Tara, dans le dessin animé. Oui, Selena, celle qui est normalement brune aux yeux noisette. *rire nerveux*

 

  – un single, intitulé Sortcelière, sur l’héroïne de la série, que je vous invite à découvrir ici. Pour vous faire une idée du niveau si vous avez la flemme de cliquer sur le lien : « Pour te changer en crapaud, toi qui des princes est bien le plus beaux/Un tout petit plus, Transformus/Seul un baiser de princesse/Te transformera, c’est une promesse/Un kiss passion, Transformation ! » *oreilles qui saignent*
  – Une BD, ou du moins son tome 1 (on n’a jamais vu la suite), qui est elle-même adaptée du dessin animé : on y revit l’un des épisodes par écrit, avec les mêmes graphismes que le dessin animé. Un pur copié-collé, dans le cas présent, il est juste impossible de dire que ce n’est pas commercial ! S’ils avaient vraiment voulu faire une belle BD Tara Duncan, pour l’amour de l’art, ils n’auraient certainement pas bricolé une intrigue et des images de mauvaise qualité comme ce fut ici le cas…
  – une série de courts romans, encore une fois adaptés du dessin animé, encore une fois reprenant les intrigues du dessin animé. Je ne vous fais pas de dessin, pour créer des romans tirés d’un dessin animé lui-même tiré d’un roman, là c’est certainement pas pour la beauté de l’art… 10 mini-romans sont ainsi parus.
  – un byook (=roman pour portable) contant une histoire inédite autour d’une romance singulière dont Tara serait victime. Je n’en sais guère davantage, le phénomène est passé sans que je m’y attarde vraiment.

 

Que pensent les taraddicts interrogés des produits dérivés ?

Pourquoi je n'aime pas Tara Duncan

Je les approuve complètement, normal que l’univers se diversifie ainsi. 40,3%
En toute honnêteté ? Je m’en fiche. 36,7%
Je désapprouve cette façon de faire, ça devient trop commercial.14,7%
Je ne savais même pas qu’il y avait des produits dérivés ! 8,3%

 

Bon, donc la majorité (plus de 70%) trouve ça normal ou s’en fiche. Il y a quand même près d’un dixième qui ignorait leur existence ! Je trouve ça drôle, quand on voit tout le bazar qu’on a fait autour en 2011. Seulement 15% trouvent ces produits mauvais ? Vous me décevez, les enfants. Je comprends le concept de produits dérivés, mais ceux-ci sont tellement dérivés qu’ils desservent très mal l’oeuvre de base.

 

Ce qui me fait dire que ces produits dérivés ont un intérêt purement commercial et qu’ils ont servi à dévaloriser la série de base : ben c’est simple, pour beaucoup ils ne sont même pas inspirés de la série originale, mais de l’un des produits dérivés lui-même ! C’est logique : le roman, la BD et le dessin animé s’adressent à un public plus jeune, autour de 9-10 ans : les fans de Tara sont habituellement plus vieux. Ceux qui ont créé ces produits ont simplement élargi leur public, sachant que les taraddicts les achèteraient, et qu’en plus ils plairaient à des enfants qui n’étaient pas des taraddicts avant de connaître ces produits. Je crois que je suis un peu brouillonne, mais j’espère que vous avez compris mon raisonnement. Ils ont donc créé le plus d’objets possible (on avait même annoncé des cahiers de devoirs, des vêtements et des jouets il paraît…) au détriment des vrais romans Tara Duncan ; et l’auteure ne s’en est pas offensée plus que ça. Ces produits dérivés ont connu leur heure de gloire, mais qu’ils ne sont quasiment plus abordés dans l’actualité Tara Duncan maintenant. J’en sais quelque chose, je la suis cette actualité, et de près. Je reste à jour car je tiens à suivre ce que devient l’actualité en question et à juger de ses évolutions, car une toute petite partie de moi reste taraddict et se réjouit toujours un peu quand SAM nous met au courant des avancements de ses projets…
Au final, je trouve que seul le byook reste plus ou moins fidèle à la série (et encore, je ne l’ai pas lu, j’en parle seulement grâce à ce que j’ai entendu dessus).
Est-ce que Dame Sam se fiche réellement du succès ou de la crédibilité des BD, romans et single créés autour de Tara Duncan, est-ce qu’on lui a fait comprendre qu’elle n’avait pas intérêt à protester pour préserver sa renommée, ou bien…  apprécie-t-elle cet aspect commercial, de se savoir connue sur tous les tableaux de marketing au détriment de la qualité ? J’ai de nombreuses raisons de le croire. Elle a assumé, lors d’interviews ou d’entretiens, avoir quitté les éditions du Seuil en partie parce qu’ils n’étaient pas assez dynamiques commercialement parlant. A mon avis, ces produits dérivés sont loin de lui déplaire.

 

Je peux aussi vous parler du film en préparation, voire DES films, en restant dans le sujet des produits dérivés.
Oui, un film Tara Duncan se prépare. On ignore encore de quoi il causera exactement. Pendant un moment il a pas mal été question aussi d’un film intitulé Autremonde – Les Origines ou quelque chose du genre ; ça a fait un foin pas possible pendant quelques mois, puis plus une trace. Bon… On n’en a jamais vu la couleur, à peine une bande-annonce bizarre avec des effets douteux (pour la voir, c’est par ici) : il ne devait être diffusé que lors d’une soirée spéciale pour laquelle il fallait réserver. 
En fait, cette soirée spéciale n’a même pas eu lieu, car trop peu de gens ont acheté des places et la salle était trop loin d’être pleine (300 places achetées sur 3000, ça la fout mal !). Du coup, pour cause de flop (les organisateurs ont vu trop grand, les places étaient trop chères) le film a été annulé et on n’en a plus jamais entendu parler. Dommage, le concept était original…
J’insère ici un autre extrait du message de cette personne qui m’a contactée après avoir lu la première édition de cette critique, cette fois-ci à propos d’Autremonde – Les Origines justement :
« Concernant ce fameux film « Autremonde – Les origines » qui est tombé aux oubliettes.
En gros, cela devait être un one woman show, avec des illustrations et animations diffusés sur l’écran de cinéma derrière. Il y avait des illustrations/animations seules, et d’autres où il était question d’intégrer SAM filmée sur fond vert dans un décor. Tout ça, le one woman show avec les trucs diffusés derrière (donc ce n’est pas un film), devait faire l’objet d’une soirée au Grand Rex, qui a été annulée faute d’un nombre minimum insuffisant de places achetées. Il devait sortir en DVD. Pas sorti non plus. »
Un gros flop pour ce one-woman-show donc, et c’est bien dommage, parce que visiblement pas mal de choses avaient été prévues.

 

Un autre film est prévu, sur Tara Duncan directement, mais les infos sont peu nombreuses pour l’instant.
Et on compte, de surcroît, un troisième projet cinématographique, sur Indiana Teller, une autre série à succès de SAM. Un truc que j’ai lu et pas du tout aimé, avec des loup-garous et des vampires sexys dans tous les sens. Même défauts que dans la seconde partie de la saga Tara Duncan, je ne vais pas davantage m’étendre dessus, cette critique est déjà bien assez longue comme ça. On sait que Dame Sam a galéré afin de rassembler suffisamment d’argent pour le tournage, qu’elle a choisi ses acteurs en faisant se mettre les mecs torse nu devant elle pour juger leurs abdos… Ahem… Je tiendrai cette critique à jour concernant les news sur cette aventure.
Un « produit dérivé », enfin, que j’ai admiré et adoré : Les Autre-Mondes de Tara Duncan, une nouvelle saga de bouquins que Dame Sam a écrit… en collaboration avec un jeune auteur, appelé Thomas Mariani, aux éditions Michel Lafon. C’est dans le même univers que Tara Duncan, mais pas avec les mêmes protagonistes : ça se passe vers les années 90. Et on y retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la série originale à ses débuts ! Originalité, un humour léger tout en gardant un petit côté absurde, des personnages inhabituels et séduisants malgré tout… Par contre le tome 2 n’a toujours pas vu le jour. Mouais, je suis sceptique. Dame Sam aurait-elle finalement décidé de ne pas retenter l’expérience ? Je trouve ça louche, je vous le dis. Mais le tome 1 est fantastique : si vous avez perdu foi en Tara Duncan, allez quand même le lire, vous ne serez pas déçus.

 

 

4.Observations diverses au sujet de Tara Duncan

Ce qu’on reproche, globalement et objectivement, à Tara Duncan, ce sont son héroïne aux allures de Mary Sue (définition du terme ici) et les facilités scénaristiques provoquées par la magie présente sur Autremonde. C’est-à-dire que sur Autremonde, les technologies améliorées par la magie sont tellement développées que bien des situations se trouvent réglées par des moyens dits « cheatés », soit qui sont trop faciles pour être vraiment intéressants ou crédibles. De la « triche » quoi, pour ceux qui, comme moi, galèrent un peu trop avec l’anglais. C’est à la limite du deus ex machina parfois.
La Changeline par exemple, cette petite entité que l’héroïne conserve cachée sur sa nuque, et qui est en fait une espèce de garde-robe condensée. Dès que Tara veut changer de tenue, que ce soit vêtement, accessoire ou même arme, elle n’a qu’à y penser pour qu’aussitôt les changements s’opèrent. Les livres autremondiens aussi, il suffit de les lire une seule fois pour s’en souvenir à jamais ; c’est évoqué très rapidement dans l’un des tomes, je ne sais plus lequel, 3-4 je crois. Un élément très important qui passe complètement à la trappe ensuite, d’ailleurs. Alors ouiii tout cela est possible grâce à la magie, c’est envisageable et crédible itou itou, mais c’est sans aucun intérêt scénaristique, au contraire.

 

Enfin, je vais citer un exemple pour montrer l’écart entre les deux parties de la série. C’est rapide, c’est tout bête : à la toute fin du tome 2, l’impératrice Lisbeth se rend à l’improviste sur Terre pour rencontrer la famille maternelle de Tara. Sa garde personnelle ? Son chef des gardes et le « Taragang », soit l’héroïne et sa bande d’amis. Improvisation et simplicité au rendez-vous, bien que le fameux chef des gardes ait quelques sueurs froides. Et Lisbeth de s’émerveiller du quotidien des Terriens qu’elle croise dans les rues (« comme c’est pittoresque », s’exclamerait Deuxfleurs le touriste*).Une scène originale et un peu farfelue, que j’ai beaucoup appréciée étant plus jeune !
*et oui, je cite du Pratchett moi. S’il y a bien quelque chose que Dame Sam et moi avons en commun, c’est notre adoration sans bornes pour Les Annales du Disque-Monde.
Maintenant, replacez-vous dans l’ambiance des tomes suivants, et imaginez pareille situation : il y aurait des dizaines de gardes, des sorts de protection dans tous les sens, des courtisans invités et des scoops (petites caméras volantes) à chaque coin de rue, voire on n’aurait même pas laissé Lisbeth quitter son palais malgré son autorité. Et les changements de scénario, la gravité des nouvelles situations, ne suffisent pas à justifier pareil changement de régime. Dans la seconde partie de Tara Duncan, SAM a tenté de complexifier son intrigue et son univers, seulement elle en a trop fait, too much. Sous prétexte de travailler sur le caractère des régimes politiques autremondiens, elle a trop diminué les autres intérêts de sa saga. Si cet aspect l’attirait tant, elle aurait dû développer une série parallèle à Tara Duncan. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Les romans étaient parfaits à la base et n’avaient certainement pas besoin de pareil remaniement. En faisant d’Omois le cadre de presque toutes ses nouvelles aventures, en insistant jusqu’à plus soif sur l’Empire-d’Omois-si-autoritaire-presque-tyrannique-regardez-comme-c’est-un-sujet-grave-en-réalité-ils-sont-constamment-dans-l’excès-etc., Dame Sam a encore une fois perdu beaucoup de gens, qui venaient lire Tara Duncan pour l’Autremonde pittoresque et ses merveilles, les aventures sans cesse surprenantes du Taragang, et pas pour de la presse people fantasy sur fond de roman politique. Peut-être a-t-elle voulu suivre l’évolution de ses plus anciens lecteurs, en faisant évoluer la série au rythme de leurs âges passant, mais c’était un mauvais coup : après l’enfance naïve voici l’adolescence et ses scandales futiles, puis l’âge adulte et ses intrigues à l’échelle planétaire à dormir debout. C’est incohérent et tous les gens qui liront la série avec du recul n’y pineront plus rien. Moi, rapidement, je n’y ai plus rien piné.
 
Tant que j’y suis, j’aimerais parler des accusations qui sont aussi portées aux premiers tomes, à savoir que la série serait du lourd plagiat Harry Potter. Cela a été démenti par Dame Sam : elle a commencé à écrire l’histoire de Tara Duncan bien avant la sortie de celle d’Harry Potter. Alors certes on peut faire des rapprochements comme Maître Chem = Dumbledore ou Dragosh = Rogue, mais franchement,  je trouve ça un peu trop poussé… Tara Duncan est un classique de fantasy jeunesse, il suit certains codes préétablis, point barre. Il y a des séries bien plus « inspirées » de Harry Potter qu’on embête moins seulement parce qu’elles sont moins connues. Donc personnellement, je considère ces accusations comme infondées, souvent par manque d’informations sur le sujet. Je pense qu’il y a bien assez de choses à reprocher à Tara Duncan pour ne pas s’attarder sur pareils détails. S’il y a plutôt quelque chose sur quoi s’interroger, c’est pourquoi ce n’est qu’après la publication d’Harry Potter (SAM admet elle-même que c’est grâce à ça qu’elle a accédé à l’édition) que Tara Duncan a finalement été retenu… Editeurs français froussards qui ne se sont pas risqués au fail potentiel, ou bien inspiration légère de SAM lors de sa réécriture ? Manuscrit pas assez bon pour être accepté sans cette garantie que la fantasy jeunesse plaisait aux jeunes ?
  Il y a néanmoins beaucoup de « coïncidences » qui font que Tara Duncan ressemble de façon troublante à d’autres romans de fantasy (La Citadelle des Ombres, La Croisée des Mondes, Narnia, Les Annales du Disque-Monde, et j’en passe…) mais j’ai pris parti en choisissant, peut-être trop naïvement, que ce n’était que le fruit d’un hasard coquin ou d’une inspiration volontairement trop poussée (parce qu’Harry Potter a été écrit après Tara Duncan, mais les autres…). A vous de vous forger votre propre avis.
Oh, et tant que j’y suis : au hasard de mes balades sur Youtube, je suis tombée sur une interview de Dame Sam dans laquelle on l’interroge sur le succès d’Harry Potter et ses retombées pour Tara Duncan. Et qu’est-ce qu’elle nous sort, la dame, quand on lui fait remarquer que J.K. Rowling a eu du succès avant elle ? Qu’elle « admire le talent de J.K.Rowling, mais que quand même, elle aurait péféré être la première« . J’ai cru rêver. Et ele insiste, en répétant la phrase à plusieurs reprises dans l’interview. Elle n’a pu percer que grâce au succès d’Harry Potter, et voici qu’elle se plaint ! Mais je vais arrêter de digresser…

 

 

5.Quelques paroles pour les taraddicts

Ah là là, mon p’tit taraddict, tu es donc parvenu jusqu’à cette cinquième partie de ma critique ! C’est courageux. Je vais être claire avec toi : je ne t’apprécie guère, car je ne suis plus taraddict désormais, la magie d’Autremonde n’a pas réussi à me garder assez longtemps dans ses filets dorés. Je te vois fier de ta passion et je me sens désabusée de cette série qui a bercé des années-clés de ma vie d’enfant et d’adolescente. Néanmoins, ce n’est en rien à toi que je m’attaque avec cet article. Tout ce que j’ai voulu, c’est exprimer enfin le plus clairement possible tous les sentiments que je ressens à l’égard de Tara Duncan. Ne plus me lancer dans des explications interminables sur le sujet dès qu’on me pose la question cruciale : « Mais du coup t’es encore taraddict toi ? »
Il y a eu des malentendus lors de la première édition de cette critique, et je tiens à les clarifier. Non, je ne dénigre pas les taraddicts, ou en tout cas pas la majorité, car comme dans toutes les communautés vous avez vos fêlés du bocal qui sortent le sort de destruction massive dès qu’on dit du mal de Tara Duncan. J’ai vu des commentaires de haters sur d’autres critiques et j’ai voulu me protéger contre semblables faits, mais ce faisant j’ai donné une image des taraddicts que je sais fausse : je n’ai pas su dire, malgré mes disclaimers, que je les respecte dans leur majorité, et certains de mes propos ont conduit à penser que je les prenais tous pour des êtres naïfs et à la mentalité fermée. C’est faux, et oui, aucun écrit n’est parfait, et sans les remarques que j’ai eues sur ce point je n’aurais pas pu améliorer mes paroles. Aussi, merci à ceux qui furent francs avec moi (ils se reconnaîtront).
Pour expliquer pourquoi je ne suis plus taraddict, j’ai autant parlé de ma passion des débuts que de ma désillusion de ces dernières années. Oui, j’évoque ouvertement des défauts de Tara Duncan, mais je le fais en toute connaissance de cause, et ne viens pas pleurer là-dessus, je dis ce que je pense et tu n’as rien à me reprocher à ce sujet, en tout cas pas si tu es juste là pour cracher du venin sans te justifier. J’ai suffisamment mis les formes pour n’offenser quasiment personne, et toute récrimination non objective sur les défauts que j’évoque ne me touchera guère ; nous avons tous des modes de pensée différents, et en l’occurrence mon avis sur cette série est partagé par beaucoup. Je ne prends pas tout ce que je dis ici pour de la vérité générale, c’est seulement mon avis que j’estime subjectivement juste. Toi, tu le vis comme ça te chante du moment que tu ne viens pas me taper dessus à cause de ton désaccord chagriné ; et me dire « mais non ce que tu penses est faux car A+B = Krakdent » ne va pas trop aider non plus. J’ai suffisamment réfléchi au cours de ces dernières années pour me résoudre à tourner le dos à ce que je considérais comme la meilleure saga de fantasy de tous les temps ; et ce fut dur vu mon amour de la littérature et l’importance que cela revêt pour moi. Il est impossible de me persuader que Tara Duncan est resté une bonne série ; tant mieux si toi tu le penses, tu as raison en un sens, je suis contente pour ta personne, mais moi j’ai tiré un trait dessus.
 
Qu’on ne me sorte pas que les « vrais fans » auront suivi le mouvement de Tara Duncan lors de son virage majeur (car il est inutile de le nier, que ce soit en bon ou en mauvais, la série a beaucoup évolué aux alentours des tomes 6/8) et que ceux qui ont lâché prise auraient dû persévérer ; à mon sens, un vrai fan n’est pas un fan qui suit aveuglément l’auteur dans tout ce qu’il entreprend, c’est un fan qui aime suffisamment quelque chose pour être capable de prendre du recul et de juger si ce quelque chose est toujours digne de son « fanatisme ». Ce sont d’ailleurs les médias qui donnent une image aussi dégradante du « fan » puisqu’initialement cela désigne juste les passionnés (ça, on me l’a soufflé lors de quelques corrections de l’article). J’ai mis du temps à me détacher de Tara Duncan, mais d’autres ont été plus radicaux, et sont aujourd’hui plus virulents que moi.
Je n’accable pas les actuels fans de Tara Duncan, hein, évidemment. Comme je l’ai dit plus haut, la série n’est pas devenue nulle, elle a seulement perdu toutes ses qualités premières. Je n’accable pas les fans de Tara Duncan, mais je veux quand même qu’on arrête d’accabler les anciens fans qui tentent d’expliquer pourquoi ils ne sont plus taraddicts, qui veulent faire entendre leur voix à ce sujet. Leur avis est certainement intéressant à écouter, tout comme j’espère que le mien actuellement vous intéresse, et surtout y a la liberté d’expression : laissez les gens dire ce qu’ils veulent sans les calomnier systématiquement. J’ai déjà vu d’anciens taraddicts blâmés pour s’être exprimés, sur Facebook notamment ; pas beaucoup je vous l’accorde, mais c’étaient quelques anciens blâmés de trop à mon sens. Là je différencie les vraies critiques constructives des commentaires haters et sans fondement : ceux-là je les condamne sans hésiter. On a le droit de ne pas aimer Tara Duncan ou d’avoir cessé de l’aimer sans être forcément dans son tort, amis taraddicts extrémistes. Et ne soyez pas condescendants envers eux, pour la plupart ils ont des arguments assez valables pour être pris au sérieux. Et ce même, bien sûr, si vous n’êtes pas d’accord avec eux.
J’estime toutes ces précisions nécessaires, même si pour certains elles sembleront être un excès de zèle. Pas de haters chez moi ! J’ai en revanche beaucoup de plaisir à échanger par les commentaires avec les lecteurs, qu’ils soient ou pas d’accord avec moi, ça enrichit tout le monde.
 
Je tiens à préciser, à titre indicatif, que j’ai en moi beaucoup plus de rancœur à l’égard de Tara Duncan que ce que je laisse transparaître dans cet article. J’ai décidé de mettre, la plupart du temps en tout cas, mon ressentiment de côté pour pouvoir vous livrer une analyse la plus objective possible, afin qu’on ne m’accuse pas direct d’être une hateuse, et de salir l’image de Tara Duncan avec des arguments idiots. Non, je n’aime plus Tara Duncan. Non, je ne suis ni idiote, ni monstrueuse, ni méchante gratuitement, et je ne suis pas étroite d’esprit. Je pense l’avoir démontré ici en m’étalant sur des paragraphes sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur, parce que, au risque de paraître fleur bleue, sans Tara Duncan je ne serais jamais devenue la blogueuse/lectrice/écrivaine passionnée que je suis aujourd’hui.
Si j’ai conduit volontairement des taraddicts jusqu’ici, c’est avant tout parce que je pense que ma façon de penser peut les intriguer voire les intéresser. Je ne veux dégoûter personne et je n’ai RIEN contre ceux qui sont toujours fans de la série, même si parfois je me laisse un peu emporter en semblant les blâmer. Je sais bien que la majorité n’est en rien hateuse ni trop étroite d’esprit, et je l’ai mal exprimé précédemment.
 
HACA, comme je disais systématiquement dans le temps. Que votre magie illumine et qu’elle protège le monde.

 

 

6.Allez, de p’tits bonus pour les taraddicts déchus, parce que je suis quand même pas très hargneuse dans cette critique, alors on va compenser :

 

La Désencyclopédie de Tara Duncan

La Désencyclopédie : article sur Tara Duncan, l’impératrice des Mary Sue, ou comment les taraddicts prennent la mouche

Tara Duncan, le jeu de l’eau

Saphir Dragosh, l’homme-faiblesse

Résumé trollesque du tome 9, chapitre par chapitre, par la ô combien talentueuse PatrickleMorse que j’admire par-dessus tout pour tous les écrits ou dessins de Tara Duncan que j’ai trouvés d’elle sur le Net

Tara Duncan le tome 11, ça fout la gerbe sans même avoir besoin de l’ouvrir

Une critique négative du tome 1 de Tara Duncan

Marion et Sketter parlent de TD chez la Gazette du Geek : que du bon !

Dame Sam et moi avons eu des différends suite à la publication de cette critique…

 

Si vous connaissez d’autres trolls de ce genre, communiquez-les-moi, je les ajouterai. Plus on est de fous, plus on rit !

 

Enfin, c’est fini !

J’espère que cette longue critique en aura éclairé certains, qu’elle en aura instruit d’autres, et surtout que je ne vais pas me réveiller demain matin changée en spatchoune à deux têtes par des taraddicts en colère.

ça faisait longtemps que j’avais tout ça sur le coeur concernant Tara Duncan. En parler me libère, en quelque sorte.

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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22 commentaires sur “Pourquoi je n’aime pas Tara Duncan

  1. Salut Chinmoku.
    D’abord bravo pour ta critique (et bravo à moi, j’ai tout lu).
    J’ai sensiblement la même analyse que toi. J’ajouterai que cet non fin au tome 12 qui veut amener les Taraddicts à acheter un nouveau cycle, les a mis très en colère et que SAM en a perdu une immense partie sur ce coup-là!
    j’en veux pour prueve le chiffre des vents décevnates de Tara et Cal et l’abandon du cycle Tara maman pour le cycle les enfants de Tara. Voyant qu’elle a perdu la génération Taraddict, elle va essayer d’en séduire une nouvelle…et ça ne va pas marcher car les ados ne veulent pas du réchauffé de la vieille héroïne de leur grande soeur.
    La fille de belle non plus n’a pas rencontré le succès escompté et je pense qu’on n’en entendra plus jamais parler. Et SAM ne va certainement jamais comuniquer sur ses échecs commerciaux et ne s’excusera pas auprès des rares lecteurs que l’aventure Fille de belle s’arrête là.
    Pareil pour les films. Aucun producteur ne mettra un centime dedans. Faut arrêter de rêver.
    C’est dommage que cet univers d’Autremonde finisse en eau de boudin parce que l’auteur refuse de de s’en séparer proprement et deffinitivement. Je pense qu’elle se serait élevée en tuant Tara à la fin à la suprise génrale. Et cela lui aurait permis de repartir sur une toute nouvelle saga complêtement différente. Mais il faut la comprendre. Tara Duncan est son seul succès, alors comme elle ne veut pas que ça s’arrête, elle s’obstine…pour son malheur et celui de son éditeur qui a déjà stopper les machines Tara et Cal, et Fille de belle comme il stoppera le cycle des enfants de Tara après le tome 1 qui ne se vendra pas.
    Tarddict un jour, Tarddict toujours…y’a que SAM pour y croire encore.

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    • Je suis bien d’accord avec toi ! Je ne me suis pas attardée sur les chiffres de La Fille de Belle et des derniers Tara Duncan comme j’ai justement lâché la saga, mais ça ne m’étonnerait guère… Dame Sam fait la taupe pour ses échecs commerciaux, ça ne la valorise pas^^
      Je suis heureuse de voir que je ne suis pas la seule à penser ça de la série ! Dommage que le succès de Tara Duncan se fasse au détriment du succès d’oeuvres qui sont bien meilleures, mais espérons que cette renommée finira par s’essouffler et qu’elle creusera sa propre tombe si elle ne change pas de comportement…

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      • Ce qui me fait penser que les ventes dégringolent c’est le revirement à 180% après Tara et Cal pour un cycle sur les enfants de Tara, alors qu’il était prévu je ne sais pas combien de tomes sur « Tara maman » (comme si les ados rêvaient de partir a l’aventure avec leur mère! Enfin bref.).
        Et pour la Fille de belle, voilà plus d’un an que le 1 est sorti et on n’entend rien sur le 2, alors que d’ordinaire, les tomes des sagas de SAM sortent à raison de un par an. Je peux me tromper, cela dit, et tant mieux pour SAM si c’est le cas, mais je pense que ça ne marche pas aussi fort que prévu par SAM et ses éditeurs. N’est pas Tolkien qui veut et SAM qui rêve de faire une oeuvre multiple sur Autremonde comme si c’était sa Terre du milieu, est en train de s’en rendre compte…

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      • J’ai cru entendre quelques news sur la suite de la Fille de Belle, mais je survole un peu ces infos alors je n’ai pas de certitudes^^
        Par contre le revirement est total pour la série principale, ça c’est sûr, et ça ne peut être que commercial !

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  2. Re!!
    It’s me !! Bon alors bravo pour cette excellente critique!!!!
    Je suis tout a fait d’accord avec toi!!! Bon j’arrête de crier promis.(ou pas)..
    C’est vrai que S.A.M fait trop de marketing. Il est vrai que J.K Rowling fait du marketing , les auteurs de Oksa aussi( mais elles de moindres mesures) mais c’est beaucoup mieux gérées je trouve.
    Autant si le dessins animé, ou le Eybook ont été crées par un fan lambda dans le but de s’amuser ou de diversifier ca aurait passer je trouve!
    Concernant les tomes en eux mêmes. A partir de XO c’est n’importe quoi. Et le tome 9 et 12 je suis outrée. Je deteste les livres sexistes et je trouve cela inadmissible. Même si je soutiens le féminisme je deteste qu’on insulte les hommes. C’est autant inadmissible que de rabaisser une femme. Robin se fait tromper par une démone qui couche avec lui en se faisant passer pour Tara et il n’a pas de séquelles rien… Mais merde quoi dans la vraie vie il serait traumatisé quoi ! A la place c’est censé être drole. Et dans le tome 12 quand il se fait harcelé sexuellement par deux filles…. J’avais envie de hurler tant que c’était horrible. C’est censé être drole mais dois-je rappeler que la moitié des harcelements sexuels dans le travail les victimes sont des hommes. Des hommes se font battre chaque année par leurs compagnes. Mais chez SAM la violence conjugale envers les hommes est censé être drole. Epic facepalm. Je crois qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle écrit.
    Les persos qui part en cacahuète comme la pauvre Selenba ou Elanora(nos pauvres persos préférées faisons une minutes de silence pour ça) tout ca pour servir d’aide à Tara. Le problème est que Tara est au centre de tout. Un héros doit etre au coeur des principaux évènements mais doit aussi s’eclipser dans d’autres moment pour laisser briller les autres persos secondaires. La jamais. Il n’y en a que pour Cal et Tara. Il y a une théorie qui dit que si elle a mit Tara autant parfaite et qu’elle ne supporte pas qu’on lui dise que Tara ne doit pas être au centre de tout et qu’elle colle tout ses fantasmes dedans. Elles est héritière comme elle, c’est une princesse comme elle, elle est blonde comme elle. Breef….
    Je m’arrêterai la alors qu’il tant à dire. Ha si. Une dernière chose: si Harry est mieux supporté que Tara c’est que la narration ne dit pas qu’Harry est beau, il a des grands pouvoirs, mais il s’eclipse de temps en temps pour que l’on voit les persos secondaires avoir leur propres quart d’heure de gloire et pas que Hermione ou Ron(comme Neville, Luna,etc…). Et ses défauts peuvent avoir de l’impact dans la lecture. Si il avait pas foncé tête baissé dans le tome 5 dans le département je ne sais plus quoi (dsl) en pensant que Sirius était torturé par Voldemort et s’il n’avait pas arrete ses cours avec Rogue Sirius serait encore envie. Il a perdu une des personnes les plus cheres à cause de son défaut. Mais Tara elle quand elle ramene des fantomes elle perd Robin puis le retrouve.
    Allez bise 🙂

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    • Et encore une fois, je suis touuut à fait d’accord avec toi ! J’approuve tout ce que tu dis 😀 Très juste la comparaison avec Harry, c’est pile cette différence qui change tout les concernant, et Dame Sam d’être jalouse de JKR en plus… x)
      Et ouais le sexisme envers les hommes dans Tara Duncan c’est carrément grave :/ carrément pas pris au sérieux, en même temps, la grande majorité des lecteurs sont des femmes donc elles critiquent moins…
      Ah ça fait du bien de parler avec toi ! Bises à toi aussi 🙂

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  3. Bonjour Chinmoku,
    J’ai été si impressionnée par ta critique que je ne pouvais pas passer mon chemin sans laisser un message sur cette page.
    D’abord, sache que je me suis reconnue dans la description que tu as faite de toi, en tant que taraddict puis ex-taraddict. (C’en est même bluffant, tant de points communs…)
    Comme toi, j’ai commencé la lecture des premiers tomes à 9 ans. C’était pendant les vacances d’été, et je lisais déjà beaucoup de sagas… et puis j’ai dévoré les 6 premiers tomes, d’un coup, ils me sont tombé dessus comme par magie, c’est bien le cas de le dire! En un mois, j’étais une fan absolue, je connaissais les noms d’une bonne dizaine de dragons par coeur, j’avais appris le poème elfique de Robin du tome 5 -la niaiserie dont je faisais preuve à cette époque me fait toujours sourire-… Je me suis baladée avec mes pavés de 500 pages dans mon cartable jusqu’en 5ème, je lisais toute seule, dans la cour, j’inventais des histoires de Voleurs Patentés, dans mon jardin, avec des amis…
    Bref, au delà de l’auteur, je vénérais l’univers et ses personnages. Il n’y avait que cela qui comptait, le fait que cet univers vive dans mon imaginaire, et qu’il puisse être enrichi par le contenu des tomes à venir.
    Le tome 7 sorti, je l’ai dévoré à une vitesse phénoménale.
    Ensuite, ce fut le drame.
    Un an d’attente. Pour la première fois de ma vie, je dus attendre un livre une année complète.
    Et puis le tome 8 est venu, et avec lui la série animée…
    J’ai flairé le coup fourré au moment précis où le manoir d’Isabella est devenu une sorte de réplique conforme du chateau vivant, perdant ses caractéristiques d’origine. Et puis l’arrivée de Mourmur et de toutes ces nouvelles technologies… Je me suis, honnêtement, demandé ce que ça pouvait bien faire là. Sachant que la saga commençait à faire des références à son produit dérivé, ce faisant, j’ai été, comment dire… sceptique, lorsque ma lecture a débuté.
    Et puis je me suis laissé happer par le rythme foufou du livre, par l’ambiance générale, les personnages que j’aimais si fort et qui me manquent toujours horriblement, aujourd’hui… J’ai oublié mon appréhension première, en me disant que ce ne serait qu’une erreur passagère, que les rares choses qui m’avaient dérangée étaient oubliables, infimes.
    Et à 10 ans, je n’avais pas les éléments de comparaison dont je dispose aujourd’hui…
    Puis vint le tome 9. 11 ans, entrée en sixième, je suis naïve, j’ai besoin de repères, Tara Duncan est un repère dans ma vie, je le dévore, je me pose peu de questions. Oui, c’est moins bon que les autres, oui, là aussi, l’intrigue paraît brouillonne (et Cal, bon sang, pourquoi avoir choisi TARA??), mais ça allait encore…
    Oui parce que (je m’excuse d’avance, ma critique part dans tous les sens :’) ) j’ai eu la même impression que toi vis-à-vis de l’intrigue, dès le tome 8: auparavant, je visualisais un tome comme un ensemble d’aventures à part entières, avec une atmosphère générale propre à chaque tome… Et le 8 m’a semblé creux, vide. Alors les suivants…
    Mais le véritable tournant, à mes yeux, le tome qui a fait passer Tara Duncan au second plan dans ma vie, et qui m’a vraiment permis d’avoir une vision critique de la saga, ce fut le tome 10.
    Un casino. Sur Tadix, il me semble. Et puis les démons qui étaient devenus tous beaux tous gentils, et puis Magister qui ne servait plus à rien (chacune de ses interventions ressemblaient à un cartoon de Coyott et Bip-bip: aaaah je suis un grand méchant, dit Magister, « Oui mais je cours plus vite », dit Tara, attends voir, je vais te tendre un piège, « Oui mais je suis plus intelligente que toi, et plus chanceuse aussi », ahhh tu me le paieras!)… En bref, l’univers qui me semblait si riche au départ, qui me semblait être une véritable sphère magique, source d’imagination, a explosé d’un coup et est parti dans tous les sens, sans but précis, au gré des envies de l’auteur.
    Et puis après, on enchaîne les clichés… L’intérêt que l’on porte à l’intrigue est tout relatif, il y a plus important en effet: mais quand Tara va t-elle enfin sauter Cal, qu’on en finisse?
    Bref, j’ai été réellement outrée qu’on me prenne pour une idiote finie dans les derniers tomes, alors que les fans de la saga méritaient vraiment d’avoir une fin correcte, qui se respecte. Un pavé bourré de fautes d’orthographes à 20€, non merci. Et je n’ai même pas parlé du fait que les noms des personnages changeaient en cours de route, ah la la! Alphonse de Besois-Giron, ou Auguste? Bah, au pire les deux se ressemblent, les lecteurs n’y verront que du feu…
    Ah, et aussi: je ris de lire que l’auteure se défend en te traitant de gamine trop grande et trop intellectuelle pour lire Tara Duncan.
    Alors quoi, tu es une gamine donc c’est un défaut, et pourtant tu es déjà trop grande pour lire Tara Duncan?
    Mais qui peut lire Tara Duncan, alors? Les gens pas trop jeunes mais assez peu réfléchis pour passer outre les incohérences monstrueuses de l’histoire?
    Bref, je m’arrête ici, parce que je risque de devenir plus virulente, et qu’il y a des choses que je m’efforce déjà de présenter de façon politiquement correcte…
    En tout cas, sache que je t’admire réellement d’avoir su affirmer tes opinions quant à ce sujet, parce que c’est vrai, trop peu de gens osent critiquer ouvertement cette saga, de nos jours. Tu as développé des arguments, et vraiment, je pense que bon nombre d’ex-taraddicts pensent la même chose que toi…
    Tu as eu le courage de t’exprimer, et je t’en remercie, parce que ça fait du bien de te lire!

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    • Merci pour ce beau message ! Dis donc, c’est vrai qu’on a eu une expérience super semblable avec Tara… Pas grand-choses à rajouter, tu as tout dit, et tu l’as si bien dit ! Les amourettes de Tara et le concours de WTF dans les inventions de Mourmur, très peu pour nous… Vive les ex-taraddicts qui s’assument ! Et si Dame Sam crache encore son venin, nous serons prêts… D’ailleurs, je vais probablement la rencontrer à lors d’un salon du Livre en décembre. Je ferai dédicacer mon tome 1, en mémoire des belles années^^

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      • Ahah merci 🙂 C’est une version un peu modifiée par rapport à la toute première parue, j’avais changé deux-trois détails suite aux réactions (bienveillantes^^) de quelques taraddicts. Tu as eu du courage de la relire, même moi je n’arrive pas à finir une relecture de l’article quand je m’y mets xD

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  4. Alors là bravo, et surtout merci.

    Il y a six mois, cherchant un livre pour mon adolescente de fille qui n’aime pas vraiment lire, j’étais tombé sur Tara Duncan à la bibliothèque. J’ai commencé le lendemain soir, et lorsque j’ai refermé le livre, je me suis rendu compte, non seulement que c’était le matin, mais qu’en plus je l’avais fini. Tellement bien écrit, tellement dynamique et passionnant, que je l’avais dévoré avec délectation. Au point même de retourner le jour même à la bibliothèque.
    Bref, à la fin de la semaine j’ai été déçu, ces idiots de la bibliothèque n’avaient que les trois premiers tomes ! La question n’était pas, « qu’allais-je lire maintenant », mais plutôt « pouvais-je vivre sans cette drogue ». Du coup, j’avais décidé de m’offrir la série pour Noël (14 tomes c’est quand même une dépense). Et là, les cherchant sur internet, voilà que je tombe sur ta critique…

    Des critiques négatives, l’on en trouve toujours, quelque soit le sujet, mais la tienne présente quelques particularité beaucoup plus rares. Non seulement elle est bien écrite et construite, mais en plus elle est assez bien argumentée. Tu ne te contentes pas de dire que tu n’aimes pas, tu expliques pourquoi, et tu le fais en t’appuyant majoritairement sur l’oeuvre elle-même ; je dis « majoritairement », parce qu’il y a quand même un petit fond de rancoeur personnelle vis-à-vis de l’auteure. Mais, mieux encore que cela, tu n’hésites pas à faire ton mea-culpa, à reconnaitre que tu as d’abord été fan inconditionnelle, ce qui se comprend. J’ai, à plus de 40 ans, passé l’âge d’être un fan-boy, mais ne pas aimer ces livres lorsque l’on aime la littérature, c’est difficile, si ce n’est impossible.
    Seulement voilà, l’admiratrice que tu es se sent trahie, et trahie dans ce qu’il y a de plus important pour les jeunes, trahie dans ses rêves ! Ce qui m’a amené à m’interroger… J’ai donc commencé à creuser. Es-tu la seule ? La réponse est « non », même si tu sembles en douter. As-tu raison ? Il semble bien que oui, et sur toute la ligne. Au final, si la série change à ce point, c’est bel et bien à cause du changement de maison d’édition.

    Seuil et Flammarion sont des professionnels de la littérature, des grands noms qui publient de grandes oeuvres. Leurs relecteurs ne se contentent pas de corriger les fautes d’orthographes, ils corrigent aussi les défauts de l’auteur. Ce ne sont évidement pas eux qui écrivent le livre, mais ils savent voir derrière les défauts, pointer ce qui doit être gommé, souligner ce qui doit être sublimé. Bref, pour parler familièrement, ils savent « pousser au cul » l’auteur, pour qu’il donne le meilleur de son oeuvre.
    Mais voilà, ce n’est pas le cas de XO, maison d’édition qui n’existe que pour faire du chiffre. Du coup, maintenant ce que l’on voit c’est, à peu de chose prêt, ce à quoi l’on a échappé pendant la première moitié de la série, Tara Duncan vu par son auteure. Et là je suis partagé entre colère et admiration vis-à-vis tant de Seuil que de Flammarion. Colère pour avoir laissé partir Tara (l’auteure ne mérite rien, la série par contre…), et admiration pour avoir offert aux jeunes 5 tomes merveilleux.

    Je dis « aux jeunes », parce que pour ma part, je m’arrêterais à 3 tomes. Ta critique et ce que j’ai trouvé en creusant un peu plus profondément le sujet, m’ont mis dans l’embaras : Que vais-je bien pouvoir m’offrir pour Noël, étant entendu qu’il est tout simplement hors de question que ce soit Tara Duncan ? Un jour peut-être la bibliothèque de ma ville aura-t-elle les tomes suivants, ou alors déménagerais-je pour une ville dont la bibliothèque est mieux fournies. En tout état de cause, je ne mettrais pas mon argent dedans, il y a des millions de meilleures dépensent qu’engraisser la maison d’édition autant que l’auteure.

    Donc oui, bravo pour cette critique si bien écrite, et merci pour l’argent que tu me fais économiser autant que pour la déception que tu me permets d’éviter.

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    • Merci beaucoup pour ce commentaire, passant de passage ! Je suis touchée par votre témoignage.
      Je ne peux que vous suggérer d’aller voir dans d’autres bibliothèques, si vous le pouvez et le souhaitez bien sûr, si les autres tomes sont disponibles, : ils sont assez répandus dans ces structures et malgré l’éloge que vous faites de ma critique (merci encore, ça me va droit au coeur !) il est toujours préférable de se faire sa propre idée.
      Pour anecdote, ce week-end j’ai justement revu l’auteure lors d’une séance de dédicace (j’y suis allée en fausse taraddict, avec un vieux tome 1, pour l’émotion), et voilà ce qu’elle m’a appris : XO a réédité son tome 1, mais ce n’est plus le même ouvrage qu’aux éditions du Seuil. En effet, Le Seuil avait poussé Dame Sam à changer le début de son histoire, et elle a remis « son » début dans la version d’XO. Elle a même qualifié les éditeurs du Seuil, devant nous ses lecteurs, de crétins ! C’est dire…
      Concernant vos futures dépenses, je peux si vous voulez vous aiguiller vers quelques séries coup de coeur : « Les Eveilleurs », de Pauline Alphen (série en 7 tomes dont 4 parus) ; « La Passe-Miroir », ENORME coup de coeur, de Christelle Dabos (série en 4 tomes dont 2 parus). Ce sont, selon moi, des valeurs sûres, surtout concernant « La Passe-Miroir » qui fait quasiment l’unanimité depuis sa sortie, et ce chez tous les publics qui s’y sont essayés.
      Sur ce, encore merci pour ce message, et au plaisir de vous revoir sur le Monde Fantasyque !

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  5. Salut,
    J’ai lu Tara Duncan au tout début, ma tante m’avait offert le premier tome dédicacé qu’elle avait trouvé dans un salon. C’était pour mes 9 ans en 2004, et il n’y avait qu’un seul tome de sorti à cette époque (ou comment paraître vieille en une seule expression !). J’ai ensuite attendu patiemment chaque année de pouvoir acheter le tome suivant que je dévorais en à peine 2 jours. Puis j’ai grandi, et mon attrait pour la fantasy et la littérature jeunesse s’est arrêté au collège. Peut-être aussi que la série ne s’est pas adapté à ses lecteurs grandissants, comme je crois que Harry Potter a su le faire (je n’ai lu que le tome 1 sans vraiment accrocher, donc je ne serais juger véritablement). Mon seul regret était de ne pas savoir qui était Magister, tout de même. Du coup, je me suis dit, tiens, je vais chercher sur Google pour savoir de qui il s’agit, même si je ne me rappelle plus trop des personnages. Et j’apprends qu’on ne c’est toujours pas qui c’est, j’avoue que c’est plus que dommage… D’ailleurs, dans mon souvenir je crois (mais j’ai peut-être tord) qu’il y avait initialement 10 tomes de prévu et non 12, enfin.
    Toujours est-il que c’est bien dommage, et que j’aurais aimé me replonger dans mes souvenirs d’enfance autrement ! En tout cas, j’ai apprécié une critique très bien construite, argumentée et bien écrite. Je ne repasserai sans doute pas par ici étant donné que je ne suis plus une adepte de fantasy, mais je vous souhaite une très bonne continuation !

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    • En effet, dix tomes étaient initialement prévus et quand Dame Sam est passée chez XO Editions, ils ont rallongé à douze tomes… Les fans ont beaucoup râlé d’ailleurs.
      Dommage de se replonger dans vos souvenirs d’enfance de cette façon, mais sachez tout de même que les soupçons quasiment officialisés sur l’identité de Magister visent l’ancien mari de Lisbeth, genre « D’aaril », son nom exact m’échappe.
      Une fan de toute première heure ! C’est rare 🙂 Bonne continuation à vous aussi !

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  6. Ah ma mémoire ne me jouait pas des tours alors ! Merci pour cette précision ! Dans mon souvenir il était très dur d’avoir une idée de son identité, mais c’était à la moitié de la série. En tout cas merci pour votre réponse, j’aurais aimé avoir trouvé un blog d’une telle qualité lorsque c’était en accord avec mes lectures 😉

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      • Au passage, j’ai jeté un coup d’oeil furtif aux autres chroniques voire si quelque chose d’autres me rappelaient des souvenirs, je ne sais pas si tu as lu les séries Pierre Bottero, mais j’aimais autant que Tara Duncan ;). Sinon, il faut que je le relise, mais La nuit des temps de Barjavel est un des livres de fantasy qui m’a le plus marqué je pense 🙂

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      • J’ai lu presque tous les Bottero je crois, mais j’étais trop jeune pour en faire des chroniques 😉 je brûle de les relire, mais le temps me manque… Je retiens La nuit des temps, ce n’est pas la première fois que j’en entends parler ! Parmi mes gros favoris de fantasy, je compte aussi « La Horde du Contrevent » de Damasio, un pur bonheur ❤

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  7. Waaaaa mais t’as passé combien de siècles à écrire ça?? Bon je t’avoue j’ai sauté un ou deux passages qui m’intéressaient moins … ^^
    J’ai lu Tara Duncan (jusqu’au 9 où j’en ai eu ma claque) quand j’étais au collège, en gros 6e/5e. Et pareil vers les tomes 7 ou 8 je crois j’ai commencé à observer cette descente de Tara Duncan. Ce que j’ai principalement reproché à la série a été qu’à ce moment là, j’avais l’impression que SAM rajoutais des planètes etc pour continuer son histoire « Ah au fait j’ai oublié de vous dire mais y’a une planète où vivent des […] et c’est la merde alors Tara y va pour sauver le monde » j’exagère évidement, et 7 ans sont passés par là alors je m’en souviens plus très bien. Et aussi ces personnages qui perdaient de leur intérêt, devenaient clichés… Déception. Avec du recul, je me demande comment j’ai tenu jusqu’au 9 inclus ^^
    C’était en tous cas un article très intéressant, on ne pourra pas te reprocher de ne pas avoir été constructive!

    Aimé par 1 personne

    • ça m’a pris deux semaines de l’écrire :p je pense le mettre à jour avec les derniers tomes prochainement, mais une de ces flemmes…
      Exactement, elle faisait tout pour rallonger son histoire. Que ce soit pour l’argent ou pour nier la fin de l’aventure de Tara, c’est condamnable, et la majorité des fans ne s’y sont pas trompés. Dommage, alors qu’elle partait si bien…

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