U4 – Koridwen, d’Yves Grevet

 

Book Haul de Mars 2016

 

 

Mon résumé :

  Le virus U4 (Utrecht – 4ème génération) sévit depuis dix jours désormais. Nausées, fièvres, saignées mortelles… Quand on contracte U4, on en meurt en quarante heures. Seuls les jeunes de 15 à 18 ans sont, pour la plupart, mystérieusement épargnés par l’épidémie.
  90% de la population mondiale a déjà été décimée. L’électricité est aléatoire, Internet et l’eau courante se sont coupés faute d’entretien. Les grandes villes se sont transformées en immenses charniers, en cités-fantômes parcourues par de rares survivants. La déchéance planétaire.
  Juste avant qu’Internet ne lâche définitivement, un message a été envoyé à tous les joueurs Experts du jeu en ligne « WOT », « Warriors of Time ». L’expéditeur en est Khronos, l’administrateur du site. Il appelle tous ses Experts à un grand rassemblement le 24 décembre, « sous la plus vieille horloge de Paris », dans le but sibyllin de « remonter le temps » pour échapper à U4. Partout en France lesdits joueurs se préparent donc à rencontrer, pour la première fois, le mystérieux Khronos.
  Koridwen Le Guennec est une adolescente bretonne de seize ans. Elle vivait dans un petit village très isolé et en est maintenant la dernière survivante. Fermière dans l’âme et bercée toute son enfance par les légendes bretonnes, elle décide de prendre son destin en main suite à la découverte d’un héritage singulier que lui a laissé sa grand-mère, morte un an auparavant. Elle choisit de se rendre à Paris avec le tracteur de son père ; 550 kilomètres, ça ne lui fait pas peur ! Accompagnée de son cousin Max, elle part à la découverte de la capitale, dans l’espoir de pouvoir y survivre jusqu’au 24 décembre pour assister au rendez-vous donné par Khronos ; car évidemment Koridwen est une Experte… Dans sa quête se mêlent épreuves, amitiés factices, et coïncidences troublantes entre la réalité et les légendes contées par sa grand-mère…

 

 

 

Publié aux éditions Syros et Nathan – partenariat exceptionnel. 375 pages, gros format.

Coût : 16,90 €.

 

 

Une petite mise en bouche :

Je ne trouve pas tout de suite le sommeil. Les dernières paroles de Jules m’ont remis en mémoire les images de mon expédition à la tour de l’Horloge, en particulier celles qui ont précédé le moment où j’ai presque perdu connaissance. C’est comme si le lieu avait voulu me dire : « C’est là, Koridwen. C’est comme dans ton rêve. Tu as trouvé l’endroit. C’est là que ça se passera. Tu seras seule à ce moment-là. Sans personne pour te guider. Toi seule, Koridwen, toi seule. » Mon corps est parcouru de frissons et mon coeur s’emballe. je contemple Jules qui s’est endormi. Je l’envie.

 

 

 

Présentons mieux U4 !

 

U4 - Jules, de Carole Trébor

 

  U4 est une collection composée de quatre ouvrages : Stéphane, Yannis, Koridwen et Jules, écrits respectivement par Vincent Villeminot, Florence Hinckel, Yves Grevet et Carole Trébor. On y suit quatre jeunes, rescapés de l’épidémie, dont les parcours divergent certes pais qui poursuivent un même but, et dont les existences se mêleront à Paris.
  Les auteurs s’étaient lancé ce défi : leurs héros devaient se retrouver en duo, puis tous ensemble, au cours de leurs aventures. Ce qui impose bien sûr de se mettre d’accord sur les actions et les dialogues, qui seront écrits de deux voire de quatre points de vue différents… Pour cela ils ont passé une semaine dans une maison d’écrivains, ont échangé plus de 2 500 mails et SMS… Et il est sidérant, au cours de la lecture, de constater à quel point les vies des personnages s’entremêlent. J’ai désormais hâte de découvrir Stéphane sous la plume des autres écrivains. C’est là que réside l’un des principaux intérêts de ce travail à quatre : chacun s’est un peu approprié les personnages des autres, le temps de l’écriture, et cette donnée apporte à la lecture de chacun, selon l’ordre dans lequel on découvre U4. Chaque ouvrage fait écho aux autres.

 

 

 

Mon verdict :

Koridwen est mon dernier U4.
Et oui, l’aventure va s’arrêter pour moi ! On m’a conseillé de garder Koridwen en dernière lecture pour une histoire de suspense à conserver. Je suis restée plutôt dubitative sur la question jusqu’à ma lecture de Jules : là, j’ai mieux compris les réactions d’autrui.
Contrairement à Yannis et Stéphane, Jules et Koridwen, même s’ils fonctionnent en paire, sont bien plus distants l’un de l’autre. Koridwen est une jeune fille très solitaire et prisonnière d’un devoir, d’un secret, qu’elle n’ose révéler à ses camarades de peur de passer pour une folle. Compréhensible. Je viens de terminer le roman quand j’écris ces mots et je suis encore un peu sous le choc de la fin. Le suspense la concernant est maintenu jusqu’au dernier moment, c’est excellent !
Contrairement aux autres héros d’U4, pour Koridwen, l’enjeu du rendez-vous du 24 décembre n’est pas la rencontre de Khronos : elle se destine à une tout autre aventure, et ce très tôt dans l’histoire. Elle n’est pas faite du même bois que les autres : elle est un savant mélange de dureté, la froideur qu’elle exprime en public, et de la détresse profonde qu’on découvre en elle quand elle est seule. Koridwen a vécu des choses difficiles, mais elle cache ses plaies et percevoir cette différence entre son comportement avec les autres et ce qu’elle ressent vraiment est très touchant pour le lecteur. On pourrait pour cela la comparer à Stéphane, mais chez Stéphane cette froideur n’est pas une illusion. Elle fonctionne réellement ainsi, quand Koridwen stimule cette distance pour mieux se préserver.
Koridwen, du fait de sa nature solitaire, a finalement été en contact avec plus de personnages « hors U4 », des personnages guère importants pour l’intrigue liée des quatre romans, et qu’on ne retrouve que dans son histoire à elle. C’est sûrement parce qu’elle était seule et cherchait donc plus de compagnie du côté d’autres solitaires, quand Yannis et Stéphane se sont vite rejoints sur la route de Paris, et que Jules a rapidement intégré sa « communauté ».
A vrai dire, Koridwen n’évolue pas exactement seule : elle est accompagnée de Max, son grand cousin. Max a des retards mentaux qui sont peu détaillés, mais qui rendent parfois la cohabitation difficile entre sa cousine et lui, malgré leur grande complicité. C’est un personnage très important et émouvant, tant lui et Koridwen se ressemblent peu, alors qu’ils s’entendent si bien.
Le point de Koridwen qui m’a le plus charmée, c’est sans doute aucun la culture bretonne qui est discrètement insérée dans le récit ; de petits allusions sont distillées au compte-gouttes tout au long du roman, et la destinée que Koridwen croit suivre est directement liée à cette culture, à ces légendes. Koridwen est le seul roman U4 qui intègre ainsi des éléments fantastiques à sa narration, et cela surprend, dans un milieu aussi dur et réaliste qu’est notre monde dévasté par le filovirus ; mais derrière ses airs terre-à-terre, cette héroïne-là cache un grand amour du folklore et on s’en accommode bien. Pour moi, ces détails de légendes lointaines sont presque une bouffée d’air frais dans l’univers des U4. Je suis avant tout une fan de fantastique et de magie !
Un détail en particulier m’a marquée dans U4 – Koridwen, il s’agit du fameux passage dans lequel nous retrouvons tous les héros d’U4, réunis dans la misère et le danger. Beaucoup, beaucoup de dialogues sont occultés dans la narration de Koridwen, ils sont décrits au style indirect au lieu d’être retranscrits. Je trouve ça dommage, mais comme j’ai lu tous les autres U4 avant, cette absence de détails ne m’a pas désavantagée. J’imagine que c’est un choix, pour se démarquer des autres narrations, ou plutôt qu’Yves Grevet avait trop de choses à écrire sur sa Koridwen et qu’il a préféré raccourcir ces passages pour gagner de la place.

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3
Le langage : 4/4
La nature : 1/2 Du fait de sa solitude, Koridwen a peu de dialogues. Malheureusement, le manque de retour à la ligne lors des passages narratifs m’a souvent ennuyée.
Le thème 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 5/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 26/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

C’est avec Koridwen que j’achève mon aventure U4 et je ne regrette pas d’avoir terminé par ce volume-ci, qui se démarque clairement des trois autres, autant pour sa fin – dont je ne parlerai pas en détail évidemment ! – que pour son ambiance globale.

 

Je me permets, maintenant que j’ai lu les quatre romans, de faire un petit classement avec mes préférés.

Nul autre U4 n’a réussi à enlever Stéphane de la première place de mon podium personnel, place que je prévoyais pour lui dès le début de ma lecture.

Koridwen arrive en deuxième, pour sa fin principalement.

Jules en troisième, même si je pensais qu’il serait une place plus haut.

…Et Yannis en bon dernier. Pas parce que je ne l’ai pas aimé, mais plutôt parce que j’ai préféré les autres… Les U4 sont tous géniaux, alors on valorise les meilleurs au lieu de descendre les moins bons !

 

 

Bonus :

Ici, je parle de Stéphane…
Ici, je parle de Yannis…
Ici, je parle de Jules…

 

U4 - Jules, de Carole TréborTous les auteurs d’U4 au SLPJ 2015, posant avec Shishi… Je peux mourir en paix.
(De gauche à droite, Yves Grevet, Florence Hinckel, Vincent Villeminot et Carole Trébor.)

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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