La ballade de Trash, de Jeanne-A. Débats

 

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Mon résumé :

  Au début du XXIIème siècle, le monde que nous connaissons a bien évolué, et pas en bien : le nouveau Paris est divisé entre les Bulles où vivent les bourgeois privilégiés, et la banlieue en ruines où des gangs de réfugiés tentent de subsister. Un terrible virus sévit, le Nada4, qui se transmet par morsure : il annihile certaines zones du cerveau de manière à ôter aux contaminés toute capacité à ressentir des émotions, et la mort s’ensuit.
  Dans cet enfer survit un gang pas comme les autres : les Tramps, dirigés par la charismatique Trash. Contrairement aux autres gangboys, ils ne sont pas versés dans le trafic de drogue, d’armes ou la prostitution : ils entretiennent au maximum leur autarcie et ne pratiquent que le commerce des outils technologiques, les ordinateurs par exemple, ce qui leur vaut une mauvaise réputation parmi leurs confrères.
  Trash est malade. Elle est atteinte du Nada4 depuis trois ans déjà. Seul Junk, son Second, est au courant. Elle sent sa fin proche, mais veille comme une mère sur ses Tramps et prend garde à ce que pas un ne se doute de sa maladie. Elle n’a pas conscience des tourments de Junk, qu’elle a chargé de l’éliminer quand elle ne sera plus capable de se contrôler, et qu’elle tentera de mordre son entourage…
  Markus, le chef du gang le plus influent de Paris, a lancé un appel à la trêve à tous les autres gangs de la région. L’affaire pue le traquenard, mais Junk et Trash rassemble néanmoins quelques Tramps pour se rendre au point de rendez-vous. Cette décision aura des répercussions sans précédent sur leur quotidien, mais ils l’ignorent encore…
  Dans les méandres de la ville, leur expédition rencontre une jeune albinos, répondant au singulier nom de Seize, qui s’avère dotée d’empathie et même d’une forme instinctive de télépathie. Celle-ci les incite fiévreusement à faire demi-tour, pourtant ils s’obstinent. Cela va leur coûter cher.

 

Publié aux éditions Syros en 2010, dans la collection Soon. Format moyen.

Coût : 16,20 €.

 

[pas d’extrait car je n’ai plus le livre sous la main. Je m’en excuse. Je m’en occuperai prochainement.]

 

Mon verdict :

  J’ai relu La ballade de Trash spécialement pour faire cette critique : je ne voulais vraiment pas la rater. Je me souvenais de l’intrigue dans des détails un peu flous, mais elle m’avait réellement marquée, et jamais le roman n’avait disparu de mon esprit. En retombant par hasard dessus dans les étagères de ma bibliothèque municipale, je me suis dit que c’était l’occasion rêvée pour le relire et vous en faire profiter. Je relis très peu en général, mais j’ai réussi à complètement retrouver ce qui m’avait déjà, par le passé, tant plu dans ce bouquin.
  Ce qui se démarque le plus dans ce roman, c’est indéniablement la personnalité de Trash. C’est une héroïne incroyable, charismatique à souhait. Sa personnalité et sa façon d’être sont complexes, pleines de détails croustillants. Comme le dit si bien l’auteure, Trash, c’est « quarante kilos de muscles qui imposent une discipline de fer à une cinquantaine de Tramps ». Un bout de femme dur et autonome, qui ne perd rien en charme et en coquetterie pour autant, un personnage féminin très fort, à l’instar de Solfé, une adolescente sans-gêne d’un autre ouvrage de Jeanne-A Débats. Surtout que la narration, même si elle prend Trash comme héroïne, est toujours menée du point de vue d’un autre personnage : tout tourne autour de Trash, mais nous n’avons jamais clairement son ressenti. Cela sert aussi le fait que, infectée par le Nada4, elle n’est plus apte à ressentir normalement les émotions les plus élémentaires. Aussi, quand nous la voyons réagir à une situation qui demande d’exprimer un sentiment personnel, nous ne pouvons que nous demander, à l’instar du narrateur : Trash ressent-elle vraiment cette émotion, ou est-ce qu’elle la simule pour cacher sa maladie ? Cela en fait un protagoniste à la fois mystérieux et très attachant, surtout quand on apprend tout ce qu’elle a vécu. Elle a surmonté un nombre incroyable d’épreuves mais continue de vivre comme les autres gangboys, mieux, elle leur sert de guide, de « mère ».
  L’autre aspect marquant de ce livre est la démonstration des conditions de vie des gens hors des Bulles. Le soleil brûle gravement la peau, l’air est vicié, l’eau polluée, tout leur environnement grouille de germes et de maladies : le Nada4, le choléra… Je continue ? Cette désolation est montrée plutôt brutalement, dès les premières pages. C’est quelque chose qui va être omniprésent dans le livre : l’intrigue est parsemée de détails sur les dures conditions de vie, si bien qu’on ne perd jamais de vue que les adolescents que l’on suit dans ces péripéties évoluent dans un univers vraiment dystopique. Les protagonistes ont un courage sans limite : qui, parmi nous, serait capable de survivre dans pareil enfer ? D’aller se nourrir dans les décharges, de renoncer à se laver, de disputer sa nourriture à des chiens errants prêts à tuer pour manger ? Même si Trash ressort vraiment, tous les personnages principaux sont à retenir pour ce qu’ils endurent au quotidien et qui, malheureusement, risque de devenir notre quotidien un jour.
  L’écriture de Jeanne-A Débats est franche et dure, un peu trop peut-être dans La ballade de Trash : bien que le vocabulaire familier soit très bien employé et nous fait efficacement rentrer dans les actions, il y a beaucoup de « salopards » et de « putain » dans le texte, la répétition quasi-systématique de ces deux mots assortis à n’importe quel nom enlève un peu de charme au tout. Je dirais que ça se veut un peu trop vulgaire du coup. Mais c’est bien là le seule reproche que j’ai vraiment à faire sur le vocabulaire, le reste est crédible. Les punchlines de Trash et Junk sont délicieuses.
  Les états d’âme de Junk au début de l’histoire – l’expression de sa gêne vis-à-vis de Trash par exemple – m’ont paru un peu longs, mais il n’y en a plus eu ensuite, et au final ils servaient juste à nous faire entrer en douceur dans l’ambiance, donc rien à redire.
  Je dois absolument vous parler de la fin, mais comment le faire sans spoiler ? Pour faire efficace, disons que c’est, il me semble, le seul livre qui m’ait amenée presque au bord des larmes. Sincèrement ; en plus j’ai une sensibilité quasi nulle normalement. D’autant plus que je l’ai relu et que je me souvenais de la fin, parce qu’il faut l’avouer elle a une sacrée classe… On ne pouvait pas trouver une meilleure fin. C’est elle qui a contribué à imprimer ce livre au fer rouge dans ma mémoire.

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3 Avouez-le, la couverture est juste hyper top… Coup de cœur total, l’illustrateur a assuré…
Le langage : 3/4 Un petit point en moins pour lesdits « putains » et « salopards »…
La nature : 2/2
Le genre : 2/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3 Carrément que j’ai ressenti des émotions. La fin est terrible !
 
Total : 23/30. Je m’attendais tout de même à meilleure note.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.// 

 

CQFD :

  J’hésite à faire rentrer La ballade de Trash dans ma catégorie « coups de cœur absolus ». Disons qu’il est en stand-by, mais plutôt bien parti !

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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2 commentaires sur “La ballade de Trash, de Jeanne-A. Débats

  1. Je ne connaissais pas mais ta chronique me fait vraiment très envie. J’aimerais bien me faire un avis sur Trash qui m’a l’air d’être un personnage très intéressant et très bien construit
    Merci pour la découverte ^^

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