Clara des Tempêtes, de Daniel Pagès

 

 

 

Mon résumé :

  Laura est une jeune femme de vingt ans, passionnée de dessin ; sur les côtes sur de la Méditerranée où elle vit, à Port-Vendres, à quelques heures de l’Espagne, elle croque tout ce qu’elle trouve beau et les paysages, les gens ou les bateaux sont fort flattés par son exceptionnel coup de crayon. Elle et Alexandre, son ami d’enfance, étudient dans des établissements désormais éloignés l’un de l’autre, néanmoins chaque été ils se retrouvent sur leurs plages fétiches, comme au bon vieux temps.
  Mais cet été-là pourrait bien s’avérer un peu spécial comparé aux autres.
  Il existe une petite crique isolée qui, depuis toujours, est la propriété officieuse de Laura ; Alex est la seule personne autorisée à l’y accompagner. Elle y va presque tous les soirs pour s’y baigner et se détendre, lors du coucher de soleil. Mais depuis quelques jours, un étrange phénomène a lieu dans « sa baie » : une belle goélette blanche apparaît à la tombée de la nuit quand le phare s’allume, sortir de nulle part. Et là n’est pas le plus singulier : c’est qu’après quelques minutes à flotter dans les vagues, elle disparaît sans qu’on l’ait vue partir, évaporée dans l’air marin…
  Laura est très intriguée par cette goélette. Avec Alex, ils décident de tenter de monter à bord pour percer ses secrets. Ils sont loin de se douter de l’importance de ce qu’ils vont y découvrir…

 

 

Publié aux éditions L’ametlièr en 2011. Disponible en ebook, 138 pages. 180 pages au format papier ; 16 €.

 

 

Une petite mise en bouche :

  Ils arrivèrent bientôt sous l’écoutille vitrée et s’effacèrent pour laisser le Capitaine ouvrir sa porte. Une simple pression sur la poignée suffit. Les regards des jeunes gens se rencontrèrent furtivement. Pas plus difficile que ça ! pensait Laura. On va enfin savoir… disaient les yeux d’Alex.
  La pièce était plus exiguë que la chambre d’en face. Une vraie cabine de marin. Le strict minimum pour vivre en mer dans le spires conditions. Elle ne comportait qu’une couchette étroite encastrée dans la cloison, sous une petite bibliothèque remplie de livres reliés de cuir, serrés les uns contre les autres.
  Un large bureau, identique à la table à cartes, était arrimé au sol par une chaîne tendue.
  Sur les panneaux de bois qui recevaient la belle lumière dispensée par l’unique hublot cerclé de métal doré, cinq dessins sobrement encadrés étaient exposés.
  Laura sut avant de s’en approcher qu’elle allait y retrouver Clara.

 

 

 

Comment j’ai connu Clara des Tempêtes :

  J’ai rencontré Daniel Pagès, l’auteur de Clara des Tempêtes, sur Facebook, alors que sur un groupe nous débattions de la visibilité de la littérature jeunesse auprès des enfants et des adolescents ; il m’a contactée en privé et nous avons pas mal parlé. Finalement, il m’a communiqué son premier ouvrage pour que je découvre mieux sa plume.

 

 

Mon verdict :

  Je ne savais pas trop à quoi m’attendre : de l’historique, du fantastique ? Un petit zeste des deux, même si aucun n’est le genre principal du roman. Clara des Tempêtes, c’est une aventure touchante de par sa poésie et, à mon grand dam, son intrigue amoureuse.
  Ainsi, de mon point de vue fort subjectif, le roman a un gros point fort et un gros point faible : d’un côté l’enchantement de la goélette et du voyage intemporel qu’on y fait, de l’autre les amours balbutiantes de deux ados en fleur, amours béates et apparemment inévitables qui m’ont pas mal déçue, moi qui ai ce genre de choses en horreur.
  Je vais développer sur le positif d’abord. J’avais appris que Daniel Pagès était un amoureux de la mer ; sur ce point le lecteur est gâté ! Rien que dans le cadre de l’histoire : les côtes méditerranéennes au début de l’été, dans une zone en cours d’urbanisation mais encore préservée… Mr Pagès parvient à faire passer dans son roman tout son amour de ce décor, et on s’y croit : j’insiste là-dessus parce que j’ai lu le bouquin début janvier 2016. Début janvier 2016, un mois froid et pluvieux à souhait, moche au possible. Et bien tous les matins et tous les soirs, je prenais une ration de soleil et d’air marin en lisant Clara des Tempêtes. Saisissant, je vous dis, ça remonte le moral. L’histoire est gentillette, pas compliquée à suivre, et plutôt prenante, l’idéal pour reprendre son souffle et refaire le plein de félicité entre deux lectures plus dures.
  Après cet éloge, abordons la question de l’amour… Si vous êtes un tantinet habitués aux amours adolescentes stéréotypées, vous devinerez sans doute possible qui sont les deux fameux tourtereaux qui m’agacent tant. C’est simple, l’histoire partait bien, une complicité vieille de plusieurs années solide comme du roc (je songe notamment à la scène du pique-nique, où ils fêtent leur amitié, juste par-faite), puis l’amour leur arrive dessus comme un chien dans un jeu de quilles. Le carnage, mes aïeux. Moi qui me réjouissait à l’idée de suivre ces deux bons protagonistes, je vois mon enthousiasme douché par la loi naturelle qui fait que deux amis garçon/fille de longue date sont obligés de passer par la case amour. C’est le choix de l’auteur bien sûr, pas d’objection, m’enfin je trouve dommage d’avoir bâti une si belle amitié pour ensuite la faire se conclure ainsi. En plus c’est amené d’une façon… ! Un paragraphe du point de vue du garçon pour expliquer pourquoi ses sentiments envers la fille ont évolué, le procédé inverse quelques chapitres plus loin, emballé c’est pesé. Ouaip, je suis dure, mais les habitués du blog savent combien je suis accoutumée à cracher mon venin sur les romances de ce type. Ça doit être mon côté adolescente difficile qui me donne cette fougue, hum ?
  Enfin, on ne va pas conclure sur une note négative. J’ai gardé des louanges en réserve. Je parle bien sûr du contexte de l’histoire ; le milieu marin, la culture méditerranéenne. Ces deux idées, cruciales, sont développées de manière à faire corps avec l’intrigue ; c’est plutôt difficile à expliquer. Le jargon technique de la navigation est omniprésent, un peu déroutant parfois, mais des notes explicatives sont disponibles à la fin du livre pour les non-initiés. Et la cuisine méditerranéenne ! On en parle tout le temps, ça fait envie, ça donne faim. Pareil pour les noms de lieu (Béar, le cap de Creus, j’en passe), ils sont précis et montrent que l’auteur connaît ses thèmes sur le bout des doigts. Mr Pagès a écrit Clara des Tempêtes avec son cœur !
  Pour finir, je vais parler vite fait de l’intrigue en elle-même, c’est important quand même. Il y a un petit côté fantastique c’est vrai, mais c’est vraiment un détail, davantage un outil pour mettre le reste de l’intrigue en place qu’une caractéristique à part entière. L’histoire reste à dominante émotionnelle, sans importantes scènes d’action, avec un brin d’historique, pour pimenter un peu. On traverse les siècles avec Laura et Alex dans la simplicité et la poésie, malgré l’amour mielleux qu’ils se portent.

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3
Le langage : 3/4
La nature : 1/2 Je suis normalement peu adepte de ce type de lecture. Et l’histoire d’amour fait perdre des points.
Le thème : 2/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 4/5 A mon sens, ça manque un peu d’action.
Les personnages : 1/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 23/30.

 

 

CQFD :

  Une lecture plaisante qui remonte le moral, même si je n’ai pas apprécié à 100%.

 

 

Bonus :

Le site de l’auteur est disponible ici !
Etonnés par mon système de notation ? Voci un petit article explicatif

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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