Le dernier songe de Lord Scriven, d’Eric Senabre

 

Le dernier songe de Lord Scriven, d'Eric Senabre

 

Mon résumé :

Londres, 1906.
  Christopher Carandini, dit Toph, était un célèbre journaliste au London Star ; il dénonçait la part d’ombre des plus puissants Lords, et cela faisait sa renommée. Puis il y eut, pour le citer, « le coup de trop » : il s’est attaqué à un industriel trop influent, et les conséquences furent terribles. Privé de logis et de gagne-pain, Toph a été contraint de passer une nuit à la belle étoile sur un banc, quelle disgrâce… Heureusement la chance a vite tourné, et lui a de nouveau souri.
  Toph trouve, dans un journal, une annonce fort singulière : « Gentleman cherche secrétaire particulier pour surveiller son sommeil. Se présenter au 30, Portobello Road et demander une théière. » C’est là la seule échappatoire que le destin semble vouloir lui offrir, aussi il se rend sans hésiter au lieu proposé.
  Au 30 Portobello Road, Toph va faire l’une des rencontres les plus importantes de sa vie…
  Arjuna Banerjee, le fameux gentleman à la recherche d’un assistant pour « veiller sur son sommeil », est en fait un détective charismatique et aux méthodes très atypiques : il mène ses enquêtes… dans ses rêves ! En effet, d’origine indienne, il tient de son pays des techniques singulières : en se plongeant dans un semi-sommeil, il clarifie les indices obtenus auparavant pour, grâce aux rêves que lui envoie son subconscient, résoudre son affaire. Seulement, pour des raisons de sécurité, ses rêves ne doivent pas excéder 26 minutes ; d’où le rôle de son assistant, qui a pour mission de toujours le réveiller à temps.
  Toph se fait volontiers engager ; et commencent les croustillantes énigmes à résoudre, même s’il n’y joue qu’un rôle mineur. Jusqu’à ce que survienne un mystère à la fois terriblement ardu et jubilatoire, l’affaire de Lord Scriven…
  Lord Scriven s’est fait assassiner. Pourtant, il vient lui-même, dans un autre corps, demander à Toph et Banerjee d’enquêter sur son propre assassinat…

 

 

Publié aux éditions Didier Jeunesse en février 2016. Format moyen, 252 pages en épreuves non corrigées.

 

 

Une petite mise en bouche :

  Je crois qu’avant cette rencontre, je n’avais jamais croisé le moindre individu dont le caractère pût s’en approcher de près ou de loin. Arjuna Banerjee dégageait bien davantage qu’un simple charme exotique : j’avais tout simplement l’impression qu’il n’était pas de ce monde. Il abordait la vie avec un mélange de sagesse et de naïveté pour le moins déconcertant. Sa compréhension des mécanismes qui régissent les rapports entre les individus me paraissait sans limite : en revanche, il accordait spontanément une telle confiance à qui que ce soit que bien des fois, je me demandai par quel miracle un escroc ne l’avait pas encore dépossédé de tous ses biens.

 

 

Comment j’ai découvert Le dernier songe de Lord Scriven :

  Au Salon du Livre de Montreuil 2015, j’avais pas mal traîné autour du stand de Didier Jeunesse, et une éditrice m’avait donné les épreuves non corrigées du premier tome des aventures d’Arjuna Banerjee.

 

 

Mon verdict :

  Le dernier songe de Lord Scriven est donc un roman policier au XXème siècle. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre : réaliste ou fantastique ? Finalement, beaucoup du premier et un peu du second. Je m’explique.
  L’histoire se déroule dans le Londres d’époque, avec les références du genre ; pas trop quand même, il y en a moins que dans d’autres romans du même genre. C’est reposant. On réserve une plus grande place à l’action qu’à la documentation, et même si on apprend donc moins de choses sur l’époque explorée dans le roman, ça reste instructif.
  Et encore, une grande place à l’action… ! Disons plutôt à la narration. En effet, l’intrigue se découpe en plusieurs grandes parties (la rencontre de Banerjee, la visite aux Scriven, l’infiltration… je n’en dis pas plus !) et chaque partie semble suivre une mini-intrigue, avec son lot de personnages, de songes et de résolutions… Chacune de ces séquences construira l’histoire principale, elles font partie d’un grand tout savamment construit. D’habitude, je remarque plutôt ce genre de fonctionnement dans des films, quand il nous semble que chaque mini-intrigue découlera directement sur la scène finale ; une influence d’Eric Senabre, un scénario plus cinématographique que littéraire, sans s’en rendre compte peut-être ? J’ai adoré. ça change des normes classiques des romans policiers, que l’intrigue ne soit pas longue et parsemée d’indices, mais plutôt ainsi découpée. En plus, il y a des pauses régulières : rien ne presse, et on peut savourer à son rythme ce roman policier pas comme les autres.
  Car pour sûr, c’est un roman original ! Banerjee, le fameux détective, enquête dans ses rêves : une fois qu’il a suffisamment travaillé sur son affaire, il se plonge dans un sommeil particulier, et le rêve qu’il fera, même s’il semble sans queue ni tête, lui révélera le fin mot de l’histoire. Un peu trop simple comme technique ? Ça aurait pu, mais les conditions d’utilisation sont assez strictes pour restreindre les facilités scénaristiques. C’est donc un détail original, mais pas « cheaté ».
  Mais revenons à Banerjee. Il est d’origine indienne : il apporte un indéniable exotisme du roman, de par son physique et ses manières atypiques, son assurance à toute épreuve, et bien sûr, ses méthodes de travail. Néanmoins, je dois dire que je m’attendais à davantage de références quant à sa culture natale. Mêler des ambiances londonienne et indienne aurait pu être intéressant, mais je pressens que cela se fera peut-être dans de prochains tomes. Car oui j’attends la suite moi, il y a du suspense à la fin du Dernier songe de Lord Scriven. Super final quoi, la référence pour « dans huit ans »… Chapeau. En plus comme tout bon détective charismatique, Banerjee semble avoir un passé à secrets…
  La narration est complètement externe à Banerjee ; cela sert fort son côté mystérieux. Impossible de deviner ce qui lui passe par la tête !
  Christopher, notre narrateur, a la pensée agile : le concernant, c’est un point de vue bien interne que nous avons, à la première personne du singulier. Toph est un personnage très imparfait, avec des défauts bien tangibles – qui lui ont coûté sa carrière d’ailleurs. Il fourre son nez partout et surtout là où il ne faut pas, ainsi il forme avec Banerjee un duo de choc. Pour cela, on peut à la fois le trouver admirable et agaçant.
  J’ai été déçue par deux aspects de l’histoire, pas cruciaux heureusement : tout d’abord, l’ultime rebondissement final, dans le dernier chapitre. Je l’avais carrément senti venir, zéro surprise, dommage. Ensuite, le titre du roman. Le dernier songe de Lord Scriven, c’est beau, original, poétique, évocateur ; mais soit je suis passée à côté de la référence, soit il ne fait que rassembler des mots-clés de l’histoire sans qu’il y ait de réel lien entre eux.

 

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2
La mise en page : 3/3 J’ai eu les épreuves non corrigées, alors à la base ma note n’était pas super, mais je suis allée en librairie pour voir un vrai exemplaire et je peux désormais vous dire que… la couverture a une texture particulière, des rabats et des citations du roman… Alors maintenant les trois points de mise en page sont mérités
Le langage : 4/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 2/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 22/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

  Un charisme certain, des manières atypiques (ce mot je l’ai dit un tas de fois dans cette chronique, mais il correspond si bien au roman !) et des énigmes oniriques font d’Arjuna Banerjee l’un de mes détectives préférés.

 

 

Bonus :

Le site d’Eric Senabre, c’est par ici, bien que j’aie l’impression qu’il n’y ait plus rien posté depuis des lustres…
Et ici le site officiel dédié aux aventures d’Arjuna Banerjee ! En plus il y a plein d’infos intéressantes, commes des descriptions ou anecdotes sur les personnages, sur le monde des rêves…

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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