Max, de Sarah Cohen-Scali

Max, de Sarah Cohen-Scali

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Mon résumé :

  Konrad  von Kebnersol est né le 20 avril 1936, à minuit et une seconde précisément. Il a des cheveux blonds, des yeux bleus. Il est grand, fort, dur, coriace. Konrad a effacé très tôt le mot « maman » de son esprit ; sa mère, c’est la patrie, son père, c’est le Führer.
  Konrad est le premier-né de l’opération Lebensborn, qui permettra à l’Allemagne de prospérer grâce à des enfants étant de purs aryens, conçus par des hommes et des femmes étant eux-mêmes de purs aryens depuis des générations. Des enfants sans sentiments qui n’auront peur de rien, des enfants voraces et cruels. Ils seront des dizaines, puis des centaines, puis des milliers. Ils sont le sang jeune et l’avenir de l’Allemagne. Heil Hitler ! 
  La mère de Konrad, Frau Inge, a accepté de donner au Führer un enfant par an. Elle est fière d’être une aryenne parfaite et estimée de tous, de remplir son devoir de femme allemande… Et pourtant, elle a commis une erreur, une seule : son petit Konrad, la fierté du Führer en personne, elle a pris l’habitude de l’appeler, durant les premiers mois de sa vie, Max.
  Max. Ce prénom va suivre et hanter Konrad durant toute son enfance au service du IIIème Reich. Lui permettra-t-il, à cet enfant programmé dès sa naissance pour blesser et haïr, de changer sa vision du monde et de découvrir lui-même où se trouve réellement la justice ?

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Publié aux éditions Gallimard en 2012. 469 pages en format moyen (mais le roman existe en tous formats).

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Une petite mise en bouche…

  – As-tu conscience, Konrad, que tu as couru un grand danger ?
  Quel danger ? j’ai demandé d’un simple regard, en croisant le sien, levant vers lui mes grands yeux bleus pleins d’innocence. J’espérais par la même occasion, au cas où il prévoirait tout de même une petite vérification de l’évolution de mon appartenance à la race nordique avec la croissance, qu’il se rendrait compte que mes yeux étaent toujours aussi clairs. (Je vérifie régulièrement moi-même, dès que je trouve un miroir, que mes yeux ne foncent pas.)
  – On aurait pu te confondre avec un enfant polonais. Une simple erreur d’innatention, cela peut arriver, et… (Il a claqué des doigts) tu partais pour Auschwitz.
  – C’est quoi, Auschwitz ? je lui ai demandé, tout aiss innocemment alors que je sais, mais je voulais des précisions.
  – Un endroit où les enfants polonais travaillent.
  Sa phrase sentait le langage codé à plein nez. Je n’ai eu auucne difficulté à la traduire. « Endroit » = camp. « où les enfants travaillent » = où ils sont exterminés.

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Mon verdict :

Max est un roman-bombe. Il ne se classe absolument pas dans la fantasy ou l’imaginaire, mais je ne pouvais pas ne pas en parler dans une chronique. Il est profond, perturbant… et terriblement réaliste. L’opération Lebensborn a vraiment existé. Et s’il avait existé aussi, le petit Konrad que l’on suit dans sa découverte du monde ? Nous ne pouvons pas le savoir, et cela rend notre lecture plus intense encore.
  Max est une vraie mine d’informations sur l’organisation nazie lors de la 2ème Guerre Mondiale. A la fois un roman pour la jeunesse et très impliqué historiquement parlant ; j’aime ces romans qui me captivent tout en m’instruisant. J’en lis de plus en plus et s’ils sont bien faits, on emmagasine les connaissances nouvelles presque sans s’en rendre compte. Joindre l’utile à l’agréable, en somme.
  Nous sommes dans les coulisse de la 2ème Guerre Mondiale, nous découvrons un autre aspect du conflit tout aussi terrifiant que les camps d’extermination : la sélection des aryens pour la gloire de l’Allemagne, leur conception même. Mon professeur d’histoire nous l’a dit et répété en cours : le plus effrayant dans la guerre 39-45, c’est de voir à quel point les nazis étaient organisés. Toutes les horreurs qu’ils perpétuaient avec une froideur machinale, robotique. Cela est très bien retranscrit dans Max, quand nous voyons les examens passés par sa mère avant d’être jugée « apte à concevoir », dans les écoles spéciales où Konrad se rend, dans lesquelles on fait subir des lavages de cerveau à de petits Polonais blonds aux yeux bleus pour les transformer en parfaits aryens.
  Konrad, avant même de naître, alors qu’il était à peine un fœtus nous dit-il, savait déjà qu’il consacrerait sa vie au Führer. Nous sentons, tout au long de notre lecture, la volonté qui l’anime d’être le plus dévoué et le plus cruel possible, sa haine des « races inférieures ». Le lecteur, lui, sait bien que le sens de l’éthique de notre héros est complètement faussé, mais il est effrayant de se dire que des hommes et des femmes pensaient réellement comme Konrad dans les années 30-40.
  L’écriture est très subjective, d’un point de vue totalement interne car à la première personne. Des mots-codés entre guillemets, des passages en lettres capitales ou en italique, tout est fait pour rendre la lecture la plus intense possible, et ça marche. Une fois que vous aurez commencé Max, vous ne pourrez plus le lâcher avant d’être arrivé à la dernière page. On entre facilement et totalement dans l’histoire, et on en ressort grandi, quel que soit notre âge je suppose. Le roman a beau être classé dans la littérature jeunesse, je pense que des adultes y trouveront autant d’intérêt que des adolescents.

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Ma note :

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Points forts :

Réalisme grâce à la grande documentation
Absence de manichéisme
Psychologie de Konrad

 

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Points faibles :

Inadapté aux lecteurs sensibles

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ShishiShishi enchanté.Coup de coeur qui emballe presque à la perfection. Quasiment dans mon élite !

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CQFD :

Max n’est certainement pas le roman qui illuminera votre journée de par sa joie et sa gaieté, mais il n’a que du bon à vous transmettre. Un documentaire mis en forme de roman qui apportera gros à votre vision du nazisme.

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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