100 000 canards par un doux soir d’orage, de Thomas Carreras

 

100 000 canards par un doux soir d'orage

 

Anatidaephobia (n.f) : peur panique à l’idée d’être observé par des canards.

 

  Les connaisseurs l’auront compris, aujourd’hui je vais vous parler de l’un des meilleurs romans d’horreur que j’aie jamais lu : 100 000 canards par un doux soir d’orage, de Thomas Carreras, qui figure dans mes très restreints coups de cœur absolus.

 

 

 

Mon résumé :

  Ginger est une jeune Américaine autonome et sans-gêne qui débarque un beau jour dans le pluvieux village anglais de Merrywaters. La raison de sa venue ? Un mythique festival de musique nommé Nightfest qui aura lieu près de la forêt voisine dans une dizaine de jours, et qui rassemblera toutes les grosses têtes du rock’n roll. Les Village People, Stevie Wonder, les Cranberries, les Heavy Whale… Dommage que le Nightfest se traîne une aussi mauvaise réputation, comme quoi des cérémonies sataniques auraient lieu durant sa célébration…
  Ginger est arrivée sans le sou, mais elle a su se faire embaucher – en forçant un peu la main du propriétaire, il est vrai – dans un café appelé Black Lion, pour se garantir un logis en attendant le fameux festival. Seulement, bien vite, elle s’aperçoit que quelque chose ne tourne pas rond à Merrywaters : ce sont les canards.
  Les canards la suivent. Les canards l’observent. L’un d’eux, que le grand-père du dirigeant du Black Lion a appelé le Désosseur, semble particulièrement… humain. Il y a une intelligence troublante dans son regard de simple anatidé.
  Les jours passent et le Nightfest va débuter. Ginger a l’impression de devenir folle : ces putains de canards sont partout ! Pourtant autour d’elle personne ne la croit. Hallucine-t-elle ?
  A minuit pile, le Nightfest commence. L’enfer commence. Les canards entrent en action.

 

 

 

Publié aux éditions Sarbacane. 300 pages, en format moyen.

Coût : 16 €.

 

 

 

Une mise en bouche…

Postée près de la porte donnant sur la cour, j’observe les volatiles responsables de ma migraine naissante. Ils vaquent à leurs occupations en silence. En silence ? Ils me narguent ou quoi ?!
J’ouvre la porte. Ils braquent leurs regards sur moi.
Euh ?
Je fais un pas vers eux. Ils sont environ dix, et ils ne me lâchent pas des yeux. C’est dingue, leur concentration est presque… palpable. Ils sont tarés, ces canards. J’agite le seau bourré de graines, escomptant une réaction.
Que dalle. Ils ne bronchent même pas.
C’est un peu flippant, alors je renverse le seau par terre. Enfin, ils rompent leur formation et accourent vers les graines, qu’ils picorent goulûment.
Tous sauf un, qui continue à m’observer. Il est bizarre, celui-là. Avec sa cicatrice badass qui va du sourcil au bec. Et quelque part, au fond de ses pupilles semblables à deux pierres tombales, il y a quelque chose… Une lueur d’intelligence absolument malsaine.
Merde, faut que j’arrête de mater des films d’horreur.

 

 

 

Mon verdict :

  Ce thriller est un véritable petit bijou de littérature française. Le style est à vrai dire assez cru, et l’histoire est plutôt gore, un peu dégoûtante parfois… Mais c’est voulu, c’est réaliste, et au final on se régale.
  Ginger ne fait pas dans la dentelle : elle est sûre d’elle, a un franc-parler à toute épreuve, et le lecteur s’attache beaucoup à elle… néanmoins il lui arrive très vite quelque chose de plutôt traumatisant. Je ne vous en dis pas plus, mais pour sûr cela choque… Impossible de le prévoir à l’avance, mais moi on me l’avait spoilé avant ma lecture, je n’imagine pas la réaction que j’aurais eue si je n’avais pas été au courant !
  Le récit est tout bonnement haletant, et jusqu’au dernier moment le suspense est tenu… Quand on voit ce dont a été capable l’auteur avant la « bataille finale », on se dit que l’issue de tout le roman peut finir bien comme atrocement mal ! Les fans de vieille musique seront servis : on côtoie de très près les artistes de rock dont j’ai parlé plus haut. Pour un peu, j’aurais été chercher leurs morceaux sur Youtube par curiosité, moi qui ai une si pauvre culture musicale…
Suspense, le lecteur flippe pour les protagonistes, il y a des rebondissements ; ils semblent sortis d’affaire mais le lecteur n’y croit pas vraiment… Il se doute que l’horreur va revenir ! Le livre restera certainement scotché à vos mains jusqu’à ce que vous ayez lu la toute dernière page. Addictif !
  L’écriture est une vraie bombe. Franche, coupante, et assaisonnée d’un humour à toute épreuve. Malgré toutes les horreurs décrites, je me suis marré un nombre incalculable de fois au cours de ma lecture.
  Le seul truc qui va peut-être en décourager certains, c’est bien sûr le côté gore. L’horreur est omniprésente, aussi ne lisez pas ce livre si vous n’avez pas l’estomac bien accroché. Mais si vous n’avez pas peur, et que vous êtes prêts à cauchemarder de canards pour le restant de vos jours, jetez-vous sur 100 000 canards par un doux soir d’orage !
Nota Bene : un ami à qui j’avais prêté le livre m’a dit avoir été déboussolé par les nombreux changements de narrateurs dans la seconde partie du roman. Je n’ai pas eu de mal à naviguer entre les protagonistes, quitte à changer très souvent de point de vue, mais si vous êtes mal à l’aise avec ça sachez que ça peut facilement perdre un lecteur non averti.

 

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 3/3
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 5/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 28/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

 

  //Election officielle de 100 000 canards par un doux soir d’orage comme étant l’un de mes coups de cœur absolus//

 

 

 

CQFD :

  Tous les lecteurs de ce livre vous le diront : une fois que vous l’aurez terminé, vous ne pourrez plus jamais regarder un canard de la même façon… J’ai développé une variante assez bizarre de l’anatidaephobia : moi, j’ai peur des pigeons qui peuplent les toits de Bordeaux, sans logique aucune, depuis que j’ai lu ce bouquin. Leur regard fixe et vide me fait flipper. Ça doit être parce qu’il n’y a pas trop de canards de par chez nous, mon esprit compense…

 

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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