La Brigade de l’ombre, de Vincent Villeminot

 

 

Banque d'images 1

 

 

Mon résumé :

  Le commissaire Markowicz est à la tête de la Brigade de l’ombre, une brigade spéciale détachée du reste de la police, basée sur Rennes. Lui et ses ouailles sont spécialisés dans la chasse aux goules ; les goules, ce sont les victimes d’une espèce de virus récemment apparu, qui se transforment de manière cyclique en monstres décharnés et assoiffés de sang. Les goules sont des citoyens ordinaires, mais à cause des amnésies causées par leurs transformations, ils ignorent parfois être contaminés. Le boulot de Markowicz, c’est d’identifier les cadavres qui ont été attaqués par des goules, et de traquer ces dernières afin de limiter leurs dégâts.
  Le lieutenant Jobert, femme sanguine aux trop nombreux écarts, vient d’être rattachée à la Brigade de l’ombre en guise de dernière chance dans le milieu policier.
  Elle arrive à temps pour une nouvelle affaire, et pas des moindres : un cadavre a été retrouvé rue des Artistes et Markowicz est formel, ce n’est pas une victime de goule, même si le corps fut travaillé pour en donner l’illusion. Même, il semble penser que ce crime tient lieu d’avertissement à son intention, et que le tueur pourrait bien appartenir à son propre passé…

 

 

 

Publié aux éditions Casterman. Tome 1 : La prochaine fois, ce sera toi.

 

 

 

Comment j’ai découvert La prochaine fois, ce sera toi :

Grâce à l’un des clubs lecture auxquels je participe, j’ai pu obtenir les épreuves non corrigées du roman. Le nouveau roman de Vincent Villeminot, c’est là un livre de choix. Je l’ai dévoré dès que je l’ai eu et je confirme d’ores et déjà, c’est du grand Villeminot.

 

 

 

Une petite mise en bouche…

  – Jimi ? Je peux te parler ?
Jimi prenait le thé, seul dans le fumoir. Il suspendit un instant sa partie de dames chinoises blitz contre lui-même, mais ne leva pas les yeux du plateau. En général, quand le Patron avait quelque chose à dire, il ne demandait pas l’autorisation.
  – Un problème, commissaire ?
  – Bosco m’a transmis le compte-rendu de Diane.
  La voix ne laissait aucune place au doute : le commissaire était en colère. Ou contrarié. Ou suspicieux. Ou à bout de nerfs.
  – Ah ? fit Jimi en déplaçant consécutivement deux pions opposés. Et alors ? C’est pas fameux ?
  – Alors c’est un faux. Et tu es le seul type capable d’oser faire un faux pour m’abuser, dans cette Brigade.
  Jimi siffla deux mesures de All along the Watchower, tricha avec les rouges pour battre les verts en onze coups, puis se tourna vers Markowicz.
  – Et alors ?
  – Donne-moi l’original, dit le commissaire en tendant la main. Tout de suite.
  Jimi marqua une pause, puis demanda :
  – Si je ne le fais pas, il se passera quoi ?
  Il défiait le Godfather des yeux.
  – Je pourrais te dire que je te vire, répondit Markowicz. Mais tu ne me croirais pas.
  – Non.
  – Alors, je vais te dire que je demanderai le compte-rendu à Bosco. Et qu’il me le donnera, lui.
  – Ah.
  Jimi haussa les épaules. Dans ce cas…

 

 

 

Mon verdict :

  Je n’ai pas eu pour La prochaine fois, ce sera toi le même engouement que pour Réseau(x) (du même auteur), mais si je compare ici ces deux romans, c’est parce que j’ai retrouvé en eux des atmosphères semblables, et l’écriture de Vincent Villeminot, décidément, se plaît fort dans le polar…
  Dès les premières pages de La prochaine fois, ce sera toi, on se retrouve projeté dans un univers singulier, qui n’est autre que notre réalité agrémentée d’un concept surnaturel, à savoir : la présence des goules qui, depuis quelques années, hantent les villes pleines d’innocents comme les Loup-Garous de Thiercelieux (je devais la caser, celle-là, le rapport me plaît bien…). A ce titre, la police tient un rôle de choix dans l’histoire, et les choses ne sont pas faites à moitié : le quotidien des agents de terrain ou la rigueur de la brigade scientifique n’auront plus de secrets pour vous après cette lecture, car l’auteur est bien documenté. Le roman fait partie de ceux qu’on loue pour leur capacité à distiller leur savoir de manière indirecte, implicite, via de petits détails dans la narration ou les dialogues, pour que le lecteur s’immerge rapidement et facilement dans l’histoire tout en acquérant le savoir et les codes nécessaires pour apprécier au mieux l’aventure. J’avais déjà constaté ça avec Réseau(x) et ­­U4 – Stéphane, c’est dû à la plume de Mr Villeminot, au point de vue interne qu’il adopte dans son écriture. Pas de paragraphes descriptifs, ou alors si peu ! L’action est soutenue mais la documentation n’est pas délaissée pour autant. Un travail de pro.
  J’ai adoré les personnages : c’est à mon sens le meilleur point du roman. Leurs psychologies respectives sont très importantes et leurs relations sont complexes, d’autant plus que la plupart du temps nous les voyons par l’œil du lieutenant Jobert. Ainsi, ils conservent tous leur part d’ombre. La prochaine fois, ce sera toi n’est que le premier tome de la trilogie de La Brigade de l’ombre. On peut donc espérer que tous révéleront peu à peu leurs secrets dans les livres suivants : les antécédents de Jobert dans la police, « l’Accident » de Markowicz…
  Markowicz m’a beaucoup fait penser à son créateur, pour la description de sa force tranquille, de son amour pour la lecture… Je ne sais pas d’où me vient ce parallélisme, mais je me devais de le signaler. Vincent Villeminot doit quand même, à mon avis, être bien moins torturé que Markowicz ! Je l’adore, ce commissaire, à un détail près : les policiers badass qui ont un passé sombre, ça commence à bien faire, tout de même. La mention de « l’Accident » de Markowicz m’a pas mal refroidie quant à son originalité, parce que c’est quelque chose que je vois systématiquement dans les romans policiers que je lis. Est-ce que je ne tombe que sur des héros torturés, ou est-ce réellement un code trop récurrent dans ce genre de livres ?
  L’équipe de la Brigade de l’ombre m’a totalement conquise. C’est un beau ramassis de farfelus, et chacun a son charme bien à lui. Entre Gimli, les trois Parques, Jimi Hendrix et Diane de Moitié, l’auteur s’est fait plaisir pour leurs surnoms et leurs styles ! J’espère que dans les tomes suivants, nous en apprendrons plus sur les Parques, parce qu’à part concernant Willa, elles n’ont pas été très présentes dans La prochaine fois, ce sera toi.
  Mes petits préférés sont Jimi et Adélaïde. J’ai d’ailleurs trouvé qu’Adélaïde ressemblait un peu à Sarouchka, du roman illustré Ma famille normale contre les zombies, du même auteur. (Peut-on alors comparer Fleur à Madoloup, l’héroïne de cet autre roman… ?) Et Jimi, il est juste dingue… Délicieusement dingue ! Il m’était assez antipathique au début du roman, mais il s’est nettement rattrapé sur la fin. Ceux qui ont déjà lu le livre comprendront comment… Adélaïde est le personnage qui m’a donné le plus de fous rires, et il n’est pas facile pour un roman de me faire rire… (« Vous vous embrassâtes ? Puis vous vous dévêtîtes et… ? »)
  Finalement, il n’y a pas d’idées particulièrement novatrices dans La prochaine fois, ce sera toi : le roman se case plus dans la catégorie du bon vieux polar qu’on apprécie au coin du feu par mauvais temps. Les schémas classiques des romans policiers sont entrés en résonnance avec les personnages charismatiques et l’écriture si particulière de Vincent Villeminot pour un combo explosif qui ravira ses fans, mais aussi les fans du policier en général.
  L’humour est toujours très présent, mais attention, il est très noir – pour mon plus grand plaisir… Le style de Vincent Villeminot a un je-ne-sais-quoi de nonchalant, une fluidité et des mots parfois bien fleuris qui me séduisent à tous les coups. Un délice, vous dis-je.
  Et pour finir, je vais vous parler à mots voilés du dénouement du roman. C’est la deuxième fois que je trouve, dans des livres de Vincent Villeminot, des allusions à la saga « Hannibal Lecter ». La première fois, c’était dans le tome 2 de Réseau(x), d’une manière complètement assumée même, vu que le chapitre en question s’appelait « Clarisse Starling ». Dans La prochaine fois, ce sera toi, je n’ai pu m’empêcher de remarquer que, décidément, à partir du chapitre 51, l’action me rappelait énormément Le silence des agneaux… Fait involontaire, clin d’œil prémédité ? Toujours est-il que j’ai lu la fin du roman avec cette image en tête, et que le parallélisme ne m’étonne guère, connaissant la personnalité de l’auteur.

 

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2
La mise en page : 2/3
Le langage : 4/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 2/3 La similitude de certains avec des protagonistes d’autres romans du même auteur a parfois un peu gâché mon plaisir.
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 23/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

 

CQFD :

  Un très bon roman qui s’inscrit parfaitement dans la continuité des autres œuvres de Vincent Villeminot : il a su y appliquer sa patte caractéristique tout en innovant juste ce qu’il faut. Le premier tome de La Brigade de l’ombre sort le 1er juin, soit ce mercredi.

 

 

 

Bonus :

 

Banque d'images 1Vincent Villeminot au SLPJ 2015 !

 

Ma chronique d’U4 – Stéphane, du même auteur…

 

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

 

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