Urbik/Orbik, de Lorris Murail

Urbik/Orbik

 

 

 

Mon résumé :

Phil et Maury sont des inventeurs de génie : ils ont créé les micro-mondes, des univers parallèles qu’ils peuplent avec les histoires et les personnages dont parle Phil dans les romans qu’il écrit. Les micro-mondes sont devenus de véritables attractions touristiques et l’argent coule à flots pour Micro World.Inc, leur entreprise.
  Mais le Gouvernement se mêle de leurs affaires, et tout ce qu’ils ont construit s’écroule : ils sont condamnés pour avoir mis en péril l’équilibre thermique de l’univers. En effet, leurs micro-mondes généreraient des fluctuations mauvaises qui pourraient même entraîner sa mort thermique.
  Maury est emprisonné en cuve, dans un état de semi-mort, quand Phil écope seulement d’une peine d’isolement, assigné à domicile, et est soumis à un programme de Redressement Moral pour expier ses fautes. Seul, impuissant, il ne conserve que trois tours dans son sac : une visite hebdomadaire de son ex-femme, une seule entrevue autorisée avec Maury, et le portique d’accès d’un micro-monde, caché dans son appartement…

 

 

 

Publié aux éditiond Griffe d’Encre en 2012. Format poche. 107 pages.

Coût : 9€.

Texte écrit à la demande de la compagnie théâtrale Haut et Court, en vue d’une adaptation à la scène.

 

 

 

Une petite mise en bouche…

  « Salut, Phil. »
  Pris était là. Etait-ce le jour convenu ? Etaient-ils seulement convenus d’un jour ? Ou ces choses-là ne relevaient-elles pas uniquement d’un obscur règlement ? Une fois par semaine, non ? La dernière fois, cela faisait donc déjà une semaine ? Bref, Pris était là et, ce coup-ci, plus aucun doute, il sut qu’il avait commis non pas une erreur, mais une énorme connerie. Il connaissait Pris. Il n’allait pas s’en débarrasser comme ça. Le temps de répondre… :
  « Salut, Pris. »
  … sa décision était prise. C’était cuit. Il laissa tomber. Maury, ce serait pour une autre fois. Et les comprimés, ce serait pour supporter Pris. Comme pour bien retourner le couteau dans la plaie, elle ne trouva pas mieux à lui demander que :
  « Est-ce que tu sais où est Maury ? »
  A croire qu’elle n’était venue que pour lui poser cette question.
  « Voyons, Pris, enfin, tu sais bien… »

 

 

 

Mon verdict :

  La quatrième de couverture d’Urbik/Orbik est assez dense et je n’y avais pas piné grand-chose, sinon que ça s’annonçait comme de la bonne science-fiction dans les règles de l’art. Peut-être est-ce dû au fait que je ne suis pas habituée à lire de la SF. La première scène est d’ailleurs assez confuse et le lecteur doit tout deviner lui-même. Passe pour un amateur de SF. Mais concernant ceux qui, comme moi, n’ont pas déjà acquis tous les codes du genre, il est assez compliqué d’entrer aussi vite dans l’univers du roman. On rame un peu pendant les premiers chapitres, mais heureusement les efforts à fournir s’allègent dès que toutes les clés de l’univers et de l’intrigue sont saisies. On peut alors apprécier au mieux les deux points forts du texte : son atmosphère si particulière et son écriture.
  Urbik/Orbik est un huis clos un peu spécial. Phil, notre héros, est enfermé chez lui, et n’a droit qu’à une seule sortie au cours de sa détention : une visite à Maury, son complice. Phil mise beaucoup dessus ; saura-t-il l’utiliser correctement pour parvenir à y voir plus clair dans sa propre situation juridique ? Car Maury et lui sont persuadés d’avoir été condamnés injustement, et que les accusations du Gouvernement n’étaient destinées qu’à lui permettre de récupérer Micro World.Inc et ses bénéfices sans avoir à débourser un sou. Pourtant, je m’attendais à trouver davantage de soif de vengeance dans le coeur de Phil ; il semble préférer s’apitoyer sur son sort et songer à la triste semi-vie que mène son compagnon dans sa cuve plutôt que de chercher à toutprix comment se sortir de ce pétrin. Pareil concernant sa visite à Maury, les motivations qui le poussent à le revoir ne sont pas clairement énoncées. A moins que sa vengeance ne soit exprimée qu’implicitement, et que pour cela je ne l’ai pas trouvée assez appuyée.
  Le texte a été adapté à la scène, il a même été écrit dans ce but, et même en prose, l’influence est nettement perceptible. Les lieux de l’action restreints, le peu de personnages… Néanmoins, beaucoup d’informations passent hors des dialogues, dans des passages récurrents où Phil s’interroge ou réfléchit seul à sa situation. Comment ces données-là ont-elles été retranscrites au théâtre ? Je serais curieuse de le savoir, mais Urbik/Orbik a été écrit en 2011, aussi je pense que la pièce ne se joue plus désormais.
  J’ai eu, pendant toute ma lecture, une sensation bizarre au cœur ; l’impression que la réalité du texte est faussée, déformée, que la perception de Phil brouillait toutes les nôtres. Le point de vue est interne et c’est là le principal outil de l’auteur pour ainsi nous introduire dans un état d’esprit particulier ; prendre du recul vis-à-vis du narrateur devient difficile quand la réalité présentée nous est à ce point étrangère. Le lecteur est obligé de se fier à Phil et à ses impressions douteuses, à ces peurs et ses tourments, à ses addictions aussi. L’atmosphère nous trompe, nous manipule, et pourtant on est incapable de faire la différence entre le réel et les illusions que se crée Phil. D’autant plus qu’on apprend rapidement que Phil est toxicomane, il y a de quoi s’interroger…
  Le texte fait une centaine de pages mais j’ai trouvé dedans un important suspense, et la sensation que quelque chose se prépare, qu’une catastrophe est imminente sans qu’on puisse vraiment la préparer. C’est un sentiment diffus, et j’ignore si l’effet est voulu, mais j’y ai été très réceptive, et ça accroît l’envie d’aller jusqu’au cours de la lecture, pour constater si les pressentiments ressentis s’avéreront fondés…

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2 Pour sûr, c’est un titre original, mais même après avoir fait des recherches dessus, je n’ai pas trouvé sa signification…
La mise en page : 2/3 Un peu bizarre, la couverture…
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 2/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 2/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 21/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

 

CQFD :

  Urbik/Orbik demande une certaine connaissance du milieu de la SF pour pouvoir vraiment profiter de sa lecture. Je l’ai quand même apprécié pour le style de Lorris Murail, que je voulais découvrir depuis longtemps, et son intrigue qui, je ne sais pourquoi, m’a rappelé des classiques tels que Farenheit 451 ou encore Matin brun… Pour l’espèce de dystopie présentée, la complicité entre Phil et Maury ?

 

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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