Bakuman, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

 

Salutations.

 

Bakuman

 

 

Aujourd’hui, on ne parle pas romans sur le Monde Fantasyque, mais mangas ! C’est la deuxième chronique de manga que je publie ici. J’espère que les otakus y trouveront leur compte et que les autres – qui sait ! – seront séduits par ma présentation et tenteront, peut-être, la lecture…

 

BakumanUn nouveau Shishi ! C’est le Shishi spécial manga. Comment vous le trouvez ?

 

 

Mon résumé :

  Mashiro Moritaka est collégien et déjà passionné par le dessin de manga. Il s’entraîne au quotidien et a un coup de crayon impressionnant pour son jeune âge. Un jour de classe proche de la fin d’année, il rencontre Takagi Akito, élève marginal et qui, malgré ses notes excellentes et son profil d’étudiant trop sérieux, est en réalité un grand fan de culture otaku. Il propose à Mashiro un projet fou : former un duo de mangakas, l’un scénariste et l’autre dessinateur.
  Mashiro accepte et les voilà lancés dans le dur parcours de la professionnalisation… Mais un événement supplémentaire va motiver Mashiro à gravir les échelons du manga : la fille qu’il aime lui a promis que quand il aurait une série et que celle-ci serait adaptée en anime, elle accepterait de l’épouser…

 

 

Série terminée, en 20 tomes tous parus en France. Débutée en 2008. Publiée en France aux éditions Kana.

Coût : 6,50€ l’un.

 

 

Comment j’ai découvert Bakuman :

  J’ai découvert les premiers tomes de Bakuman dans les étagères de ma bibliothèque municipale. Je les emprunte encore en bibliothèque d’ailleurs, c’est pourquoi sur la photo ci-dessus il manque les tomes 3 et 4 : ils n’étaient pas disponibles à l’emprunt quand je les ai tous récupérés pour préparer ma chronique.

 

BakumanA gauche c’est Takagi, et à droite, c’est Mashiro !

 

 

Petite mise au point :

J’ai écrit cette chronique en utilisant des mots du jargon otaku, des termes spécifiques qui vous seront certainement inconnus. Pour plus de clarté, je vous donne ici les définitions de ceux que j’ai le plus utilisés :
Le shônen est un genre de manga. Littéralement « manga pour jeunes garçons ». Ce sont des mangas de baston, de magie, d’humour parfois lourd, tels que One Piece, Bleach, Fairy Tail, Soul Eater, et j’en passe… C’est mon genre de prédilection.
Le seinen est aussi un genre de manga. C’est un genre plus mature, qui s’adresse plutôt aux adultes, bien que les adolescents en soient aussi friands. On y trouve des intrigues plus matures, psychologiques, des personnages plus travaillés et complexes.
Et enfin, le shôjo. Littéralement « mangas pour jeunes filles ». Ces mangas-là racontent des histoires d’amour, souvent dans un cadre scolaire ; on peut y retrouver le sous-genre des magical girls, des guerrières féminines qui ne rentrent pas dans le genre shônen à cause de caractéristiques particulières (design trop éloigné de celui du shônen par exemple). On y trouve souvent de l’humour, pas très subtil non plus, mais toujours plus que celui des shônen. Les shôjos regorgent de triangles amoureux, de folles passions innocentes, d’arrière-plans plein de paillettes et de fleurs, bref… J’aime pas les shôjos, à deux-trois exceptions près. Ce n’est vraiment pas ma tasse de thé.

 

 

Mon verdict :

  Les auteurs Tsugumi Ohba et Takeshi Obata sont surtout connus pour leur précédente série Death Note, un grand succès international. Aussi je vais me retrouver à pas mal comparer Death Note et Bakuman dans cette chronique.
  Bakuman relate donc l’histoire de deux jeunes garçons qui se lancent, par passion, dans la professionnalisation du manga. Leurs motivations peuvent sembler dérisoires : Mashiro qui rêve d’épouser sa dulcinée une fois le succès atteint ? ça fait très conte de fées. Mais c’est cet aspect particulièrement niais de l’histoire qui va contrebalancer avec le reste : une touche de mignonnerie dans un univers dynamique et déjanté.
  Le dessin de Takeshi Obata est très reconnaissable ; il reste à peu près le même entre ses différentes œuvres, si on excepte la hausse de qualité dans les traits des personnages, qui s’opère au fur et à mesure qu’il se familiarise avec. Néanmoins, il y a une différence subtile Death Note et Bakuman : quand dans le premier le dessin d’Obata se calque parfaitement avec l’atmosphère sombre et froide du manga, dans le second, ledit dessin parvient à nous faire ressentir l’ambiance bon enfant, et le froid devient fraîcheur. Il reste une certaine rigidité dans son coup de crayon, un manque de détails ou des mimiques typiques, mais je ne sais comment (des expressions plus farfelues, l’agencement des cases et des dialogues ?) avec un style très semblable à celui de Death Note, on se retrouve quand même avec une atmosphère sensiblement différente, et tout aussi intéressante. J’aime beaucoup son style de dessin, qui ne ressemble à aucun autre. C’est là son point fort, entre shônen et seinen, tout en présentant parfois des héroïnes aux traits beaucoup plus doux (comme des traits de shôjo en fait !), il est touche-à-tout et ne s’enferme dans aucune catégorie, ça lui promet un panel de genres très large, il pourrait faire de tout.
  Tout comme dans Death Note, les pages ont généralement des cases petites mais nombreuses, et de très, très nombreux dialogues.

 

BakumanUn exemple provenant du tome 1. D’autres seraient plus parlants, certains passages sont bien plus chargés, mais j’ai voulu vous éviter des spoils : il est très, très facile de se spoiler Bakuman en lisant des bouts de l’histoire au hasard.
  C’est indéniablement un malus pour le manga, mais en même temps, il serait difficile de faire autrement : l’un des intérêts majeurs de Bakuman est de permettre d’en apprendre plus sur l’univers de l’édition grâce à des tas d’informations ou d’anecdotes sur le milieu, qui sont disséminées tout le long de l’histoire. Avec pareil sujet à traiter, et pareille expérience de la part des auteurs, pas étonnant que la lecture soit aussi dense : ils en ont, des choses à raconter. Pour cela, le manga peut se vanter d’être une véritable mine d’or pour les mangakas en herbe, car il traite de tous les aspects de l’édition, et avec une précision qui force l’admiration. Si on s’était trouvé avec un manga se targuant d’expliquer l’univers de l’édition, mais en moins précis que Bakuman, on aurait plutôt trouvé que l’œuvre ne pouvait pas satisfaire les attentes suscitées. La lecture est compliquée et demande une attention de tous les instants si on veut en saisir les moindres nuances, mais au moins, c’est le parfait manuel de l’apprenti mangaka qui veut se professionnaliser. Et j’imagine que Bakuman a déjà aidé plus d’un jeune ambitieux à prendre confiance en lui et à mieux appréhender ce qu’est le métier de mangaka.

 

BakumanUn exemple des informations diverses et variées délivrées dès le tome 1…
  L’une des subtilités de Bakuman est que ce manga mêle un décor de seinen avec des personnages et une intrigue de shônen. Des protagonistes adolescents et un peu barges sur les bords, des adversaires, de la compétition, le désir de nos héros de devenir les maîtres absolus dans leur domaine de prédilection… On a même droit au « sombre passé » concernant Mashiro – mais je n’en dis pas plus, ça relèverait du spoil. Les blagues ou les mimiques qu’on appréciait beaucoup dans Death Note malgré leur rareté, on les retrouve à chaque page de Bakuman : un humour toujours frais et des personnages aux comportements cocasses pour caser leur série dans un style purement shônen malgré un cadre réaliste et parfois assez dur. Mashiro et Takagi, je ne vous le cache pas, enchaîneront succès comme défaites, mais n’en repartiront que plus motivés. Le rythme est effréné, le stress que subissent les mangakas au quotidien pour rendre leurs mangas dans les temps ou par rapport au fait que leur succès peut s’arrêter n’importe quand est très bien retranscrit. Quand on lit un Bakuman, on en peut plus le lâcher avant de l’avoir fini. Et, cerise sur le gâteau, il y a un bon cliffhanger à la fin de chaque tome ou presque : rien de mieux pour inciter le lecteur à suivre la série pour voir si Mashiro et Takagi atteindront finalement leur rêve. Certes, on peut se dire que des cliffhangers, il y en a à la fin de chaque manga, et les shônens en particulier. Mais à intrigue atypique, cliffhanger atypique : Bakuman nous tient en haleine avec des éléments spécifiques, inhabituels, avec lesquels on n’est pas habitués à prendre du recul comme avec les autres shônens. Les rebondissements sont originaux et il est impossible de les prévoir à l’avance tant le milieu mangaka est fait de hauts et de bas, d’opportunités, de coups de chance. Tout peut basculer à chaque instant et cette impression de précarité nous fait ressentir beaucoup de compassion à l’égard de nos pauvres héros malmenés. L’aventure peut sembler répétitive, mais cette fameuse précarité nous tient suffisamment en haleine pour qu’on passe outre ce cadre réaliste et qu’on poursuive notre lecture.
  Pour finir, je veux parler de deux points précis  mais anecdotiques du manga. Déjà, il y a très peu de personnages féminins. Sexisme ? Je ne pense pas : les dames ne sont pas totalement absentes, et le pourcentage de femmes mangakas est très bas. C’est réaliste, plutôt. C’est donc un défaut qui n’en est pas vraiment un si on s’attache à la crédibilité de l’histoire.
  Et puis, Eiji. Je l’a-dore. C’est mon personnage préféré. Eh bien, il ressemble beaucoup à L, protagoniste de Death Note, dans son caractère de petit génie, l’antagonisme qui est entretenu entre lui et nos héros, et puis ses poses, ses mimiques… Mais ce n’est pas handicapant, c’est presque un clin d’œil à Death Note. L et Eiji sont aussi savoureux l’un que l’autre en tant que « méchants » de leurs séries respectives.

 

Bakuman Avouez, il a carrément des airs d’L !

 

 

Mes notes :

La forme : 3/6
L’intrigue : 7/8
Les personnages : 7/8
Le dessin : 7/8
 
Total : 24/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total des points qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//
(venez donc découvrir ma grille de notation pour les mangas…)

 

BakumanUn petit Eiji pour le plaisir…

 

 

 

CQFD :

  Bakuman est un très bon manga que je recommande particulièrement aux lecteurs qui sont intéressés par le milieu de l’édition du shônen au Japon, ou aux futurs mangakas qui veulent en apprendre plus sur la professionnalisation et ses exigences. Même moi, qui m’intéresse surtout à l’édition romanesque, j’y ai trouvé mon compte. La qualité de Bakuman malgré ses nombreuses différences avec Death Note montre bien le talent des senseis Ohba et Obata : ils sont bons en seinen comme en shônen.
  D’ailleurs, ils viennent de commencer une nouvelle série, Platinum End : un shônen plus sombre avec des histoires d’anges et de démons, il me semble. Ça se rapproche plus de Death Note. A découvrir…

 

 

Bonus :

  Après quelques recherches, je suis en mesure de vous affirmer que « baku » signifie, en japonais, « explosion » ou « exclamation ». Le suffixe –man vient-il de l’anglais, ou est-ce le mot japonais pour « dix mille » ? Le titre Bakuman signifierait alors quelque chose comme « des milliers d’explosions, d’exclamations »… Pour décrire le caractère joyeux et explosif du manga ? Le mystère reste entier. (je suis sûre d’être à côté de la laque de toute façon.)

 

Bakuman

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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3 commentaires sur “Bakuman, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

  1. Rebonjour c’est moiiiiiiii (promis j’arrete de crier) XD
    Tu as fait du bon travail avec ta critique par contre si ça ne te dérange pas je ne suis pas d’accord avec toi concernant la partie du « sexisme ». Pour moi il y en a . Deja une fille qui promet de se marier avec un gars si il ait son propre manga et anime? Euh, okkkk…. L’amour ça se passe pas comme ça. Je pense que Ohba et obata ( je pense qu’il s’agit de la même personne mais chuut, ce n’est que l’une de mes hypothèses le concernant ….) ont un serieux problème avec les persos feminins comme dans Death Note Les filles tombent amoureuse d’un gars sans aucune raison( Comme Misa avec Light) ou alors reste avec eux bien qu’il rabaissent leur sexe( Naomi et Raye). D’ailleurs les filles mangaka talentueuses dans la vraie vie existent comme Rumiko Takashi, Hiromu Arakawa, Hoshino l’auteur de Blue Exorcist,etc… Donc ça aurait été réaliste de mettre des filles mangaka. Mais peut être ont ils du mal à développer un persos féminin. SUrtout que je me rapelle que dans l’animé de Bakuman une fille voulait devenir mangaka ou auteur de roman mais a arrêté en voyant qu’elle avait du mal au lieu de se battre contre cet « handicap ». C’est vraiment dommage car on voit que les auteurs foirent en persos feminins. Si ils n’arrivent pas en développer un correctement , ce ‘est pas grave mais autant n’en faire aucun . Ah et oui la phrase qui tue « les hommes ont des rêves que les femmes ne peuvent pas comprendre ». Ca c’est comme même matcho.
    Désolée d’avoir fait un long paragraphe sur ça et ne le prend pas mal surtout ce n’est que mon opinion mais sinon je suis pratiquement d’accord avec toi pour dire que le manga est très bien.

    Aimé par 1 personne

    • Mais je les aime, tes longs paragraphes 😀 Si j’ai dit que je ne pensais pas qu’il y avait du sexisme, c’est parce que je me suis renseignée sur le pourcentage de femmes mangakas et que malgré les quelques succès que tu as cités, ben malheureusement elles sont largement minoritaires… Mais c’est vrai que le parallélisme avec Death Note prend tout son sens, et là tes arguments sont intéressants et je les appuie volontiers, je n’avais pas envisagé les choses comme ça ! Les personnages féminins sont particulièrement effacés dans les oeuvres de ces mangakas, c’est un fait, j’avais envie de coller des claques H24 à Misa en lisant Death Note^^
      Et « les hommes ont des rêves que les femmes ne peuvent pas comprendre », effectivement, c’est juste SUPER MACHO, je ne m’en souvenais pas du tout, mais la relire l’a ramenée à la surface de ma mémoire.
      Merci pour tes remarques éclairées !

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      • Re!! 🙂
        Ah si tu le dis je te fais confiance pour les femmes mangaka et je te fais confiance 😉
        Ha enfin je trouve enfin quelq’un qui voulait mettre des tartes à Misa. Moi perso je prefere en faire un punching ball ça me défoule trop X)
        Ha oui super effrayante cette phrase (je ne me rapelle plus si c’est le fils qui sort ça ou le père mais à la place de la mère j’aurais pété un cable)
        Mais merci à toi toi aussi tu as des remarques qui m’ont fait apprendre des choses
        🙂

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