Chimères, de Xian Moriarty

 

 

Chimères

 

 

Mon résumé :

  Mai 1610. La France se remet à peine de l’assassinat du roi Henry IV dans les rues de Paris, tué par un fanatique catholique. Le peuple gronde, la décadence s’accroît et les rues sont peu sûres…
  Hector, fils de fermiers, a quitté le logis familial : les siens sont pauvres, et il est parti chercher fortune pour assurer leur subsistance. Mais, de retour aux sources après des années passées sur les routes, il découvre un funeste spectacle : leur ferme est en ruines, son père est mort, ses deux jeunes sœurs ont été enlevées ; et sa mère, pauvre et affamée, s’est retrouvée abandonnée, avec un nourrisson sur les bras.
  Sitôt revenu chez lui, Hector repart, assoiffé de vengeance pour sa famille détruite. Son unique but désormais : retrouver la trace des ignobles individus qui ont kidnappé ses sœurs, et leur faire payer cet affront. Il ignore encore l’envergure de l’affaire et l’importance de sa quête : s’y mêleront de sensibles secrets d’Etat, et surtout, les dangereuses sciences occultes…

 

 

Publié en juin 2014 aux éditions Flammèche. Uniquement disponible en format numérique. 21 pages.

Coût : 0,99€.

 

ChimèresJe vous rajoute un aperçu de la couverture en couleurs, c’est quand même plus agréable pour apprécier le travail de l’illustrateur.

 

 

Comment j’ai découvert Chimères :

  Il y a de cela quelques semaines, les éditions Flammèche ont lancé un appel à partenariat sur les réseaux sociaux : j’ai répondu présente ! J’ai choisi Chimères dans leur catalogue car j’ai trouvé la couverture assez belle, et le titre de la nouvelle me rappelait mon prénom… Bref. Ce fut un choix au feeling, mais j’ai eu du flair.
Merci, éditions Flammèche, pour ce partenariat !

 

Une petite mise en bouche…

  A l’affût au coin d’une ruelle d’Angers, Hector attendait. Un vent froid soufflait dans cette nuit déjà fraîche. Le mois d’octobre s’annonçait bien moins clément que septembre. Le bretteur en souffrait. Il avait mal appréhendé la chute des températures. Mais cela n’ébrécha pas sa détermination. Il souhaitait rencontrer un maître tapissier à l’honnêteté douteuse. Faire de riches donations à sa paroisse n’était pas suffisant pour se racheter une conduite. Surtout si celle-ci s’avérait criminelle.

 

 

Mon verdict :

  Chimères oscille entre historique et fantastique. Le mix est subtil et l’ambiance de la nouvelle se prête aux deux genres, au point qu’ils en deviennent, dans le texte, complètement mêlés. Je ne parlerais pas d’uchronie de fantasy, même si je pensais que tel était le genre littéraire de Chimères avant de l’entamer. Généralement, dans ce cas de figure, je suis déçue de me retrouver avec du fantastique à la place de la fantasy espérée. Mais ici, l’historique et le fantastique forment un combo idéal et finalement, je suis bien contente d’avoir eu une surprise.
  Les dialogues sont plutôt rares, les passages narratifs et descriptifs prédominent : explications de la situation politique des années 1600, r       appel de l’histoire d’Hector, et j’en passe. La nouvelle a un rythme assez lent, marqué par ses passages, et même si c’est un texte avec de l’action et un réel suspense, le dénouement est patiemment préparé et on n’a toutes les cartes en main que juste avant la dernière scène. Un  bon moyen, dans une nouvelle, de conserver l’attention du lecteur jusqu’au bout en ne lui distribuant les informations qu’au compte-gouttes, et sans paraître pour autant les rationner : il y en a beaucoup, des informations, et Xian Moriarty prend le temps de les exposer avec méthode et clarté. C’est vraiment cette patience que j’ai ressentie au cours de ma lecture : on a fort envie de découvrir le fin mot de l’histoire, mais le décor est planté avec une tranquillité qui nous fait savourer notre lecture, même si elle est courte et qu’on veut connaître la fin.
  Concernant l’écriture, j’ai trouvé que l’auteure utilisait trop les périphrases et que parfois, cela enlevait de la crédibilité au texte. Mais c’est un petit défaut, qui ne vous gâchera pas la lecture, loin de là. Sans quoi le style est bon ; j’ai un avis assez neutre dessus. Il ne m’aura pas marquée plus que ça.
  Hector est finalement le seul personnage de la nouvelle dont on connaît l’histoire, le physique ou le caractère. Il a un langage assez châtié, un accent de paysan, qui contraste avec l’allure de dangereux bretteur que lui donne la narration. Mais ce n’est pas illogique, loin de là : ces deux facettes du personnage s’accordent très bien, et ça en fait justement un héros qui sort des sentiers battus. Entre le guerrier omnipotent et le fermier bête inculte, Hector se pose là, en parfait équilibre, et il casse les clichés liés à ces deux types de protagonistes…
  La fin est sans contexte le moment le plus intense de la nouvelle. J’ai intérêt à ne rien vous spoiler, mais en parler me démange. La fin est inattendue (je m’attendais à autre chose en tout cas), et le fin mot de l’histoire n’est pas vraiment donné : le lecteur reste dans un flou relatif, une espèce de conclusion ouverte. Je trouve que cela se prête très bien au reste de la nouvelle : le texte est court, et se lancer dans des explications du pourquoi du comment à la fin aurait justement cassé le rythme de l’intrigue, ce rythme précieux qui s’est si bien conservé quelle que soit la nature de l’écriture tout au long du récit.

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3 Très belle couverture.
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 2/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 5/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3 Un petit point en moins pour les périphrases…
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 25/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

Chimères se lit d’une traite et pourtant, se savoure. Comme vous avez pu le voir, la nouvelle n’est pas du genre à me provoquer un coup de cœur, et pourtant elle n’a pas de défaut majeur. Une très bonne expérience en perspective, donc.

 

 

Bonus :

Le blog/site de Xian Moriarty
Explications sur mon système de notation

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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