Les Pluies, de Vincent Villeminot

 

Les Pluies

 

Mon résumé :

  Depuis des mois, la Terre est noyée sous des pluies diluviennes, incessantes, qui jamais ne cessent et font craindre le pire aux spécialistes. On ignore d’où elle vient, ce qui l’a causée, mais les conséquences ne se font pas attendre…
  Kosh est amoureux de Lou, et Lou est amoureuse de Kosh. Pourtant, ils ne se sont jamais touchés, jamais embrassés. Depuis six mois qu’ils se connaissent, ils n’ont fait que se parler et pourtant, l’amour est une certitude pour eux ; un sentiment inexplicable, une connexion entre leurs âmes, qui les fait se sentir liés pour le meilleur comme pour le pire.
  Mais le pire survient, les Pluies font déborder rivières, fleuves et mers : Kosh et son jeune frère, Lou et son petit frère et sa petite sœur de huit mois, ils doivent abandonner leur village, et fuir vers l’inconnu pour espérer survivre sans savoir où ils trouveront le salut. Sur un quai bondé, alors qu’ils tentent de monter à bord d’un bateau pour s’échapper des villes détruites, Lou et Kosh sont séparés. Désormais, deux seules choses leur importent : prendre soin de leurs fratries déchirées, et se retrouver, quel qu’en soit le prix.

 

 

Publié aux éditions Fleurus en septembre 2016. Format moyen, 356 pages en épreuves non corrigées. Il y aura au moins deux tomes.

Coût : 14,90€.

 

 

Comment j’ai découvert Les Pluies :

  En juillet je crois, Vincent Villeminot a organisé des concours-éclairs sur sa page Facebook : des questions posées en direct, et les plus rapides gagnaient un exemplaire de son prochain roman ! J’étais motivée, et j’ai réussi à me démarquer. J’ai reçu mon exemplaire par la Poste, ça a d’ailleurs été ma seule acquisition littéraire de juillet…

 

 

Une petite mise en bouche…

 Il se leva, alla au parapet, sa couverture sur les épaules.
  Les rafales le fouettèrent. Maudites pluies.
  Les arbres émergeaient encore, les maisons au-dessus des fenêtres de rez-de-chaussée. Mais plus rien d’autre. Plus de champs. Plus de routes. Plus de voitures. Plus de magasins, plus d’école bientôt, plus de car scolaire, plus de terrain de foot pour les matchs du mercredi – plus de Nhattan. Une surface brune à peine tumultueuse, vague après vague, comme une marée. Il aurait voulu brandir le poing vers le ciel et vers ces nuages noirs. Mais il n’en avait pas la force. Même pas de colère, de révolte. Juste un profond, un immense, un existentiel découragement. Il baissa la tête, vaincu.
  Il sentit une présence dans son dos, ne se retourna pas. Lou ?

 

 

Mon verdict :

  J’ai trouvé dans Les Pluies un attrait poétique que je n’aurais pas soupçonné dans la plume de Vincent Villeminot. Habituée au policier très sérieux et l’anticipation plutôt sombre dans ses livres, j’ai été agréablement surprise par ma lecture. Car Mr Villeminot est visiblement sorti de ses sentiers habituels et il s’en est merveilleusement bien tiré.
  Dans Les Pluies, nous retrouvons une dystopie – que je ne pourrai m’empêcher de comparer à U4 par la suite. Des pluies sans fin qui tombent du ciel six mois durant, c’est irréel, c’est poétique, mais décrit avec assez de crédibilité pour qu’on redoute, nous aussi, pareil fléau ; c’est notre propre société qui se retrouve en proie à ce malheur, et nos réactions seraient identiques aux siennes. C’est là le savant mélange d’irrationnel et de réalisme qui fait tout le charme du background du roman. Personnellement, j’ai mentalement comparé la catastrophe au Déluge biblique, dans une idée de purification de la Terre, mais je ne crois pas que cela soit évoqué dans Les Pluies, même si je ne doute pas que l’auteur aura fait le rapprochement, voire s’en sera directement inspiré. Un monde apocalyptique, un drame impossible à enrayer qui a déjà beaucoup tué et qui aura certainement de graves conséquences ; et pourtant, cette sensation onirique qui subsiste, cet enchantement dans les Pluies qui nous ferait presque croire à une illusion, un simple rêve d’angoisse…
  Dans Les Pluies, il y a une histoire d’amour. Et j’appréhende tout particulièrement les histoires d’amour adolescentes au centre de l’intrigue puisque généralement, j’ai horreur de ça. Je m’attendais soit à ce qu’elle s’avère bien ficelée et ne prenne pas trop de place dans le roman, soit à ce qu’elle devienne trop maladroite au fil des pages et qu’elle me lasse, un peu comme dans la trilogie Instinct, du même auteur. Heureusement, ma première hypothèse s’est confirmée, et j’ai réussi à apprécier l’amour chaste, presque un secret de Polichinelle pour eux-mêmes, que se portent nos deux héros. Ils s’aiment mais ne se sont jamais embrassés, ne se le sont jamais dit, à peine ont-ils dû se tenir la main une ou deux fois. Un modèle de retenue. Ce qui a aidé aussi, c’est que c’est un couple « coup de foudre », l’un des cas de figure amoureux que je supporte mieux que les autres en littérature jeunesse : un amour direct et immédiat, sans fioritures longues de plusieurs paragraphes pendant lesquelles les tourtereaux se tournent autour sans s’avouer leurs sentiments. Là, leurs sentiments sont clairs même s’ils font un peu les timides, j’apprécie. Et encore une fois, il y a une certaine poésie dans leur relation, qui entre en résonance avec celle du background pour un lien intrigue/décor assez subtil, une ambiance omniprésente en conséquence. Que du plaisir, que vous aimiez l’apocalyptique ou l’émotion, vous serez servis.
Concernant les protagonistes en général, ils ont été choisis avec soin : deux fratries aux liens bien particuliers, obligées de se côtoyer voire de se séparer les uns des autres… J’ai adoré découvrir leurs relations et les voir évoluer au fil des épreuves. C’est un petit groupe solide et très attachant, des enfants livrés à eux-mêmes à la merci du destin ou d’adultes avec moins de scrupules qu’eux. Considérer leur amitié qui demeure malgré les malheurs est assez optimiste malgré l’ambiance très sombre du reste du roman.
  Les caractéristiques du monde apocalyptique et la construction de l’intrigue autour m’ont beaucoup rappelé la trame d’U4 : en effet, ici aussi, les causes de la catastrophe ne sont pas données, et le principal intérêt de l’histoire, c’est de voir comment vont se débrouiller les survivants, et comment ils vont tenter de reconstruire un monde sur leurs ruines. C’est moins un avertissement quant à un danger existant pour notre société qu’un hymne d’espoir subtil, avec des adolescents pour protagonistes. Presque une manière de parler aux jeunes adultes et de leur donner quelque leçon d’une façon détournée.
  Quant au style de Vincent Villeminot : comme je l’ai dit plus haut, il a dévoilé via Les Pluies une nouvelle facette de son écriture, un aspect plus poétique mais toujours aussi efficace. Allier poésie et concision avec efficacité, voilà un talent précieux pour un écrivain de sa trempe, et si j’ose dire, il s’est bonifié avec le temps. Je vois une grosse différence entre ses derniers livres et sa trilogie Instinct, qui a 5 ans maintenant…

 

 

Mes notes :

Le titre : 1/2
La mise en page : Je ne juge pas la mise en page pour l’instant, car je ne dispose que des épreuves non corrigées. Quand Les Pluies seront sorties en librairie, j’irai voir à quoi elles ressemblent pour compléter la notation.
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 22/27.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

  Les Pluies allient poésie et réalisme, onirisme et gravité. Un travail tout en finesse qui, sans se classer dans mes coups de cœur, m’a complètement embarquée dans son univers, et pour mon grand plaisir.

 

 

Bonus :

 

Banque d'images 1Vincent Villeminot au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, 2015 !

 

Ici, je parle d’Instinct
Ici, je parle d’U4 – Stéphane

Un rappel sur mon système de notation des romans…

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s