Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

 

Salutations.

 

Songe à la douceur

 

 

Mon résumé :

  En 2006 se rencontrèrent Eugène et Tatiana.
  Tatiana avait alors quatorze ans ; adolescente renfermée et timorée, elle passait sa vie à lire et relire les  classiques de littérature, en imaginant naïvement mille et une intrigues amoureuses dont elle serait l’héroïne, intrigues à l’eau de rose inspirées de ses romans.
  « Eugène, à dix-sept ans, a tout compris sur tout : Et comme tout est rien, il ne fait rien du tout. » Cette belle citation résume très bien le personnage d’alors, jeune homme blasé qui se fiche de tout et ne s’intéresse à rien.
  Eugène et Tatiana se rencontrent en 2006 ; le courant passe entre eux mais, pour des raisons diverses et compliquées, jamais leur amour n’a éclos, et ils se sont séparés avec un goût d’inachevé.
  Dix ans plus tard, ils se retrouvent au hasard dans une rame du métro ; tous deux ont bien changé depuis leurs années d’adolescence. Rattraperont-ils le temps perdu et bâtiront-ils, cette fois-ci, un amour véritable ?

 

 

Roman publié en 2016 aux éditions Sarbacane, collection Exprim’. Format moyen, 239 pages.
Coût : 15,50€.

 

 

Comment j’ai découvert Songe à la douceur :

  Difficile de passer à côté du phénomène quand on fréquente un minimum la blogosphère. Cela fait des semaines que tout le monde s’émeut autour de Songe à la douceur, en lançant des louanges à tout va pour ce roman atypique…  Les histoires d’amour, très peu pour moi, c’est pas nouveau. Mais pour le coup, ma curiosité s’est trouvée terriblement titillée… Une âme charitable (Véronique, ne rougit pas, toi à qui je dois tant) m’a prêté le fameux ouvrage, et me voici plongée dans les amours poétiques d’Eugène et Tatiana !

 

 

Une petite mise en bouche…

  Je vous livre, par facilité mais pas que, deux pages trouvées sur le site de Sarbacane ; c’est que choisir moi-même un extrait s’avèrerait compliqué, et la mise ne page singulière du roman apparaît bien mieux ici :

 

Extrait de Songe à la douceur

 

 

Mon verdict :

  Je ne savais comment j’allais apprécier Songe à la douceur : tout le monde le glorifie, mais c’est le genre de roman qui me laisse souvent de marbre. Les histoires d’amour romanesques parviennent très, très rarement à me charmer ; malheureusement, Songe à la douceur n’a pas fait exception à la règle. Je suis restée insensible à ses promesses d’amours miraculeuses, bien qu’elles soient alléchantes et merveilleusement formulées. Je suis ainsi, les amours poétiques qui prennent la totalité d’une histoire ne m’attirent jamais dans leurs filets… Néanmoins, c’est une lecture incroyable que Songe à la douceur, et son intrigue amoureuse (mais comment lui en vouloir ?) est l’unique point que j’ai à lui reprocher…
  Commençons par le plus important, un point qu’il faut à tout prix préciser : Songe à la douceur est inspiré d’Eugène Onéguine, roman datant de 1831, écrit par le russe Alexandre Pouchkine. Je n’ai pas lu l’original, mais cela m’a tout l’air d’un remake très bien dosé, qui a sa propre indépendance avec quelques flagrants clins d’œil à sa source.
  Tout comme Eugène Onéguine fut écrit en vers, Songe à la douceur est entièrement écrit en vers libres. Un exercice intéressant, novateur, et qui ne pouvait que bien tomber avec la plume de Clémentine Beauvais… L’écriture balance entre le style indirect, le fil de pensée, les lignes abracadabrantesques… Quoi de mieux pour bien s’immerger dans l’histoire ? Une fois lancée dans les premières pages, impossible de m’arrêter, on est pris dans le rythme, la cadence des mots qui se suivent quasiment sans points. Et un travail tout particulier a été mené sur la mise en page – l’auteure a dû s’en arracher les cheveux ! – qui favorise davantage encore l’immersion et la force du récit. Les émotions des protagonistes sont retranscrites avec une justesse et une délicatesse exceptionnelles ; ces émotions, le lecteur va les chercher dans le cœur, au fond de la pudeur secrète de la pensée du personnage, et il découvre des sentiments que les héros eux-mêmes ignorent éprouver. L’écriture rebondit entre émotions et humour, un humour fin et astucieux qui fera retomber la pression, ou rendra plus supportable une scène trop dure, comme une espèce de médiateur utilisé sans excès par petites touches toujours efficaces.
  A cet humour se mêle la poésie des petites scènes du quotidien, souvent en grand contraste avec la fougue de l’amour que se portent les deux héros : ils subviennent aux besoins de la vie de tous les jours, travaillent et mangent et sortent entre amis et rendent visite à la famille, sans jamais se détacher complètement de cette atmosphère passionnée qui embaume tout le roman. Par moments il n’est plus question que de leur vie journalière, puis on ne parle plus que de leur relation, mais à chaque ligne du roman les deux thèmes se côtoient et se mêlent plus ou moins étroitement, laissant davantage de champ libre à l’un ou à l’autre, sans jamais complètement se séparer.
 
  Le narrateur de l’histoire est externe : c’est une personne inconnue (l’auteure je pense, c’est le plus vraisemblable) qui nous conte tout, de manière plus ou moins ambigüe : parfois sa présence est quasi-invisible, parfois elle dialogue carrément avec les personnages… Un autre moyen de nous faire prendre un peu de distance par rapport au récit, ou d’apporter un peu d’humour bien placé. C’est un procédé inhabituel et osé qui trouve tout son sens dans l’OVNI qu’est Songe à la douceur.
 
  Les défauts que j’ai trouvés à l’histoire, maintenant… Il n’y en a pas beaucoup, mon léger manque d’engouement étant majoritairement dû à la romance de l’histoire, et ce n’est pas un défaut, sinon un problème de goût. J’ai trouvé le final un peu brusque, une conclusion si rapide après toute l’intensité du dénouement, lourd de suspense, m’a un peu frustrée. Et par moments, la candeur de la romance m’a parue un peu exagérée, un peu trop « belle pour être vraie » ; peut-être était-ce le but, ce soupçon d’irréel pour donner plus de charme aux tourtereaux. Mais cet amour béat qui est parfois décrit m’a plus agacée que charmée.

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 3/3
Le langage : 3/4
La nature : 1/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 25/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

  Songe à la douceur est une ode aux belles amours et à la délicatesse des passions adolescentes. Toute cette jolie alchimie sublimée par la force des vers libres, c’est un cocktail à goûter absolument…

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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