Dans l’ombre… [recueil collectif]

 

Salutations.

 

Dans l'ombre...

 

Mon résumé :

  Dans l’ombre… est un recueil de nouvelles collectif sur le thème de l’horreur fantastique. Du satanisme à l’exorcisme en passant par les mythes oubliés, les six auteurs représentés ici se sont démenés pour vous coller les plus malins des frissons. Entre réalité et illusion, espoir et fatalité, chaque nouvelle nous entraîne dans un contexte historique différent et nous prouve finalement que, quelle que soit notre époque, le mal sera toujours présent et qu’il trouvera de pauvres hères à torturer…

 

 

Recueil de nouvelles publié en février 2016 aux édiitons Elenya. Format moyen, 208 pages (divisées en six histoires).

Coût : 13€.

 

 

Comment j’ai découvert Dans l’ombre… :

  Je suis depuis longtemps le parcours de l’un des auteurs de ce recueil, Patrick McSpare (l’auteur de La maison des araignées). C’est pour lire sa nouvelle que j’ai acheté le livre. Cela m’a permis de découvrir cinq nouvelles plumes.

 

Pas d’extrait cette fois-ci. Pas envie de sélectionner une nouvelle à mettre en avant au détriment des autres, et pas envie de mettre six extraits différents non plus…

 

 

Mon verdict :

  Il serait bien dur de faire un verdict d’une seule partie alors que ce recueil contient six histoires différentes. Ainsi, je vais donner mon avis sur chacune des nouvelles séparément, puis conclure avec ma pensée globale sur l’ouvrage. Je les présente dans mon ordre de lecture.

 

 

Un chant dans la lagune, d’O’scaryne

  Une nouvelle relativement courte, avec peu de dialogues, qui ne m’a pas vraiment faite frissonner. J’ai trouvé que l’atmosphère était bien présentée mais qu’on ne la ressentait pas assez, je n’ai pas été prise d’inquiétude pour l’héroïne comme j’aurais dû l’être. Par contre, découvrir ce mythe des terres vénitiennes m’a plu, c’est une idée originale.

 

Créature(s), de David Artero

  Cette nouvelle ne comporte aucun dialogue ; j’ai souvent du mal avec la narration indirecte, mais j’ai tout de même pu apprécier l’enquête de notre protagoniste, même si on devine très vite qu’elle finira mal. Le satanisme et ses dérivés ont une place de choix dans les sujets pour l’instant. L’action a mis du temps à décoller, mais les dernières scènes sont prenantes et la fin excellente. Je vois mal le rapport entre le texte et le titre, par contre.

 

Il faudrait être fou pour être fou de vous…, de Carine Roucan

  Ma préférée pour le moment ! Des protagonistes attachants et une chute inattendue. Je suis juste un peu déçue de constater que les moments forts de la nouvelle sont racontés après-coup et non dans le feu de l’action, je pense que les conter en temps réel aurait pu rajouter de l’horreur à l’ensemble. Un peu d’amour pour sublimer le tout, ça reste sous mon seuil de tolérance disons (mes histoires d’amour et moi, c’est une histoire très, très compliquée). La narration de Barthélémy, à l’indirect libre, est très plaisante à lire. Et il y a des dialogues à la fin !

 

Le portraitiste, de John Steelwood

  Une très bonne nouvelle, j’ai beaucoup aimé l’idée et les dialogues entre les deux protagonistes. Il y a un peu plus de personnages que dans les autres nouvelles, ça apporte une certaine diversité sans surcharger le décor, car pour la plupart ils restent assez discrets pour servir l’intrigue sans l’envahir. La petite chute finale est bien trouvée, une petite surprise pour bien conclure le texte. En revanche, je trouve que Le portraitiste ne fait pas bien peur pour une nouvelle horrifique… Plutôt du pur fantastique pour celle-là, je dirais.

 

Vivre et appâter, d’Anthony Boulanger

  Une histoire un peu plus contemporaine pour conclure le recueil. Des protagonistes rendus plus « vivants » par l’emploi fréquent des dialogues, une vraie horreur qui surgit dans les scènes tendues, plus que dans les textes précédents. La courte phrase finale achève de nous donner des frissons, pile ce qu’il faut. L’horreur est moins expliquée et cela fait aussi son mystère, et donc son côté effrayant. Mais j’ai eu du mal à comprendre la situation finale à cause des phrases explicatives un peu trop alambiquées, j’ai dû m’y reprendre à quatre fois pour les relire et leur trouver un sens.

 

La maison des araignées, de Patrick McSpare

  C’est la première nouvelle du recueil, mais je l’ai lue en dernier car je connaissais déjà son thème et son auteur : je voulais garder un maximum de suspense. Dans La maison des araignées, Patrick McSpare développe un couple de personnages apparus dans une autre de ses œuvres, la trilogie Les Héritiers de l’Aube parue aux éditions Scrinéo. Le thème promettait à coup sûr de m’effrayer (les araignées me dégoûtent, de même que les myriapodes en général), et ces personnages étaient mes grands préférés de la trilogie, bien qu’intervenant peu au final…
  L’histoire commence doucement, et lire la nouvelle tout en connaissant la véritable nature de Lord Glasdow et son rôle dans Les Héritiers de l’Aube donne davantage de puissance au texte. Néanmoins, sachez bien que La maison des araignées risque de vous spoiler deux-trois détails sur le couple Glasdow…
  La nouvelle s’étale sur une plus grande période temporelle, la décadence grandissante du personnage se ressent bien et les interventions des Glasdow m’ont enchantée (je les a-dore). Les révélations sur la nature des Fomoré casse un peu le côté fantastique de la nouvelle en donnant une explication claire et concise sur les forces obscures en œuvre dans la nouvelle, et ne me semblaient pas absolument nécessaires pour son déroulement, mais ainsi, comme le dit si bien Lady Glasdow, « il nous plaît de savoir à quelle puissance on se soumet »…
  Dommage que le final fasse ainsi retomber la pression, mais l’aspect angoissant de la nouvelle demeure et c’est le principal.

 

 

Le recueil Dans l’ombre…, avis global

  Je lis très peu de recueils de nouvelles, je privilégie généralement les romans par habitude.
  Je m’attendais à davantage frissonner au cours de ma lecture ; il faut croire que je ne suis plus aussi impressionnable que jadis. Les ingrédients du contexte horrifique sont là, je les ai bien repérés, seulement ils n’ont pas réussi à correctement m’embarquer. Mais j’ai apprécié les nouvelles malgré tout bien sûr ! La diversité des contextes historiques donne une touche d’originalité à chaque texte malgré les thèmes récurrents : le satanisme, les vermines… ça manquait un peu d’horreur psychologique je trouve, à part dans La maison des araignées et aussi dans Le portraitiste. Peut-être aussi qu’en tant d’adolescente, amatrice de jeux vidéo d’horreur de surcroît, je n’ai pas les mêmes attentes d’un recueil de nouvelles horrifiques que le public auquel est prédestinée cette œuvre, à savoir des adultes fans de fantastique… Et c’est fort certainement une direction prise sciemment par les éditeurs pour éviter de trop grands écarts entre les différents types de nouvelles. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, tout simplement.
  Le fait que la plupart des narrations soient à l’indirect ou à l’indirect libre m’a aussi rebutée : je « vis » mieux l’action avec une narration au style direct, et l’indirect m’a fait prendre un certain recul par rapport à l’intrigue, qui m’aura peut-être trop refroidie.
  Selon moi, le principal point commun de ces nouvelles est lié à cette phrase de la quatrième de couverture : « Ne cherchez pas à discuter avec les démons ou les fantômes, car ce sont eux qui auront le dernier mot. » Après ma lecture, j’ai redécouvert cette phrase, et elle est interprétée différemment par chaque texte, à sa propre sauce. C’est un rapport un peu moins évident que ceux qu’on pourrait soupçonner au premier abord, tels que le satanisme, les forces occultes, la folie des personnages… C’est une espèce de fatalité qui nous est présentée avant même qu’on ait commencé le livre, et qu’on ne réalise vraiment qu’une fois le recueil refermé. Même les héros qui parviennent à s’échapper d’entre les griffes des êtres cauchemardesques qui les assaillent ne ressortent pas indemnes de leur aventure. Si vous êtes confrontés à des puissances mauvaises, dans l’ombre mystérieuse qui est leur sanctuaire de prédilection, vous n’en ressortirez jamais en un seul morceau…

 

  (Eh, petit hors-sujet qui me tourmente : y a-t-il une différence fondamentale entre un recueil de nouvelles collectif et une anthologie ? Ou sont-ce juste deux termes qui désignent la même chose ?)

 

Pas de notes pour un recueil de nouvelles !
Je tiens tout de même à vanter les mérites de la couverture, qui est su-blime. De plus, chaque nouvelle est agrémentée d’une illustration du même dessinateur que pour la couverture (Jimmy Rogon, pour les curieux).

 

CQFD :

  Une très bonne lecture qui satisfera même les plus blasés de l’horreur.

 

Bonus :

Ma chronique de Victor London, roman de Patrick McSpare

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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5 commentaires sur “Dans l’ombre… [recueil collectif]

  1. En gros :
    Une antologie recueille tout (ou partie) ce qui a été écrit sur un sujet (ou pendant une période ou par un mouvement …) donné en principe. (ex : l’antologie de la nouvelle fantastique 2002)
    Un recueil collectif rassemble des textes écrits spécialement pour figurer dans le bouquin en question, sur un thème donné, en général…
    .)

    Aimé par 1 personne

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