Assassination Classroom, de Yusei Matsui

 

Salutations.

 

Assassination Classroom

 

 

Mon résumé :

  Un événement sans précédent vient de mettre la société humaine en panique : 70% de la Lune ont été réduits à néant, le satellite affiche désormais un éternel croissant dans le ciel ! Et la singulière créature responsable du désastre a posé un ultimatum aux gouvernements terriens : si ces derniers ne parviennent pas à la tuer d’ici mars (soit la fin de l’année scolaire au Japon), elle détruira également la Terre. La créature, une espèce de poulpe géant, jaune et au sourire fixe, a également exigé de devenir le professeur principal de la classe 3-E de l’établissement japonais Kunugigaoka, pour des raisons connues de lui seul… Panique à bord chez les humains, mais on a accédé à sa requête sans protester.

 

Assassination ClassroomVoici donc les élèves de la 3-E chargés de parvenir, d’ici la fin de l’année scolaire, à assassiner leur professeur, rien de moins.

 

  Mais le fameux poulpe, baptisé Koro-sensei* par leurs soins, a plus d’un tour dans son sac : il se déplace à Mach 20, soit 20 fois la vitesse du son, et son corps est à l’épreuve des balles. Seules des armes spécialement conçues pour le tuer sont capables de le blesser. A cela s’ajoutent ses indéniables qualités d’enseignant, et la bienveillance dont il déborde à l’égard de ses élèves : il les cajôle à longueur de journée et leur fait cours avec un sérieux à toute épreuve, en les faisant progresser de surcroît.
  Les élèves de la 3-E ne sont pas des assassins, sinon de simples collégiens entraînés à tuer pour assurer la sauvegarde de l’humanité. Parviendront-ils à épingler leur professeur avant la fin de l’année scolaire, malgré ses capacités hors du commun et l’amour si étrange qu’il semble avoir développé à leur égard ?
 
*en japonais, « korosen » veut dire « immortel », et « sensei » veut dire « professeur ».

 

 

Assassination Classroom

 

 

Série publiée aux éditions Kana depuis 2013 (première publication au Japon en 2012). 13 tomes déjà parus, le 14ème sortira le 7 octobre.

 

 

Comment j’ai découvert Assassination Classroom :

  C’est un manga modeste mais qui dispose d’une certaine renommée, et le scénario est assez original, aussi j’ai fini par les emprunter à la bibliothèque jusqu’au tome 7.

 

 

Mon verdict :

  Je précise d’ores et déjà que comme je n’ai lu que les sept premiers tomes du manga, je ne peux parler ici des éléments qui surviendront dans les aventures à venir ; lecteurs d’Assassination Classroom, ne spoilez rien je vous prie…
  Dès les premiers chapitres du manga, le décalage entre les aspects scolaire et criminel de l’intrigue est mis en valeur : une trentaine de collégiens sortent brusquement des armes de sous leurs tables et noient leur professeur, en train de faire l’appel, sous un tir nourri et meurtrier… Ce contraste est un point d’originalité indéniable pour l’histoire, et il sera largement exploité : dans tous les autres mangas alliant un milieu scolaire et des personnages assassins, l’atmosphère est au contraire sombre, assez sérieuse, et laisse la part belle aux effusions de sang. Ici, personne ne se blesse (c’est un peu le problème de nos héros d’ailleurs) et l’ambiance est bon enfant, toujours encline à déraper et à changer les enjeux importants en une bonne tranche de rigolade. Le sujet même du manga est complètement farfelu, et le personnage principal, Koro-sensei, prête bien plus à la dérision qu’à la gravité…

 

Assassination ClassroomRegardez-moi cette tronche, sérieusement…

 

Koro est un véritable poème à lui tout seul. Alors qu’il menace de réduire l’humanité à néant au terme de l’année scolaire, il se comporte avec ses élèves comme un simple professeur un peu bêta et très bienveillant. Entre son physique singulier et ses habitudes douteuses, il est pour moi le meilleur protagoniste de la série (c’est le préféré du fandom de toute manière). Il y a un constant décalage entre ses réactions parfois idiotes ou mal placées, et ses capacités hors normes, tant physiques qu’intellectuelles, qui donnent un côté fantaisiste à l’histoire tout en rappelant avec justesse qu’il est largement capable d’anéantir la Terre comme il l’a promis, malgré son apparente gentillesse… Une heure de pause ? Koro va s’acheter un thé en Chine. Il va regarder un match de baseball aux Etats-Unis. Et en été, lorsque la chaleur l’accable, il passe son temps libre au sommet de l’Everest… Tout dans la démesure, mais c’est aussi ça qui fait son charme.
Assassination Classroom« Ne t’ai-je pas demandé de ne pas laisser vos projets d’assassinat perturber vos études ? » dixit Koro agacé d’avoir failli se prendre une balle. (scène tirée de l’anime)
  Koro est toujours sous les feux de la rampe, mais les autres personnages ne sont pas moins profonds en conséquence, au contraire. Nous avons toute une classe de collégiens à découvrir, qui partagent le quotidien de Koro, et chacun d’eux sera exploité le moment venu, selon les aléas de l’intrigue et ses caractéristiques personnelles. Certains ont des rôles récurrents, Karma et Nagisa par exemple, mais comme il était bien trop difficile de maintenir constamment trente héros sur le devant de la scène sans perdre le lecteur, Yusei Matsui a trouvé une parade efficace pour modérer le nombre de protagonistes tout en se laissant une confortable réserve de caractères à développer au besoin. Le fait de découvrir ces adolescents au fur et à mesure que l’intrigue avance aide aussi à s’attacher à eux petit à petit et à garder un constant goût de nouveauté au fil des tomes. C’est que les scènes peuvent devenir un peu répétitives à la longue, certains schémas se répètent : un nouvel élève ou un nouveau professeur envoyé par l’Etat vient tenter de tuer Koro, la 3-E met au point un nouveau plan pour l’assassiner, un voyage scolaire s’annonce, ou bien on rentre en période d’examens… Mais les personnages se succédant au premier plan permettent un renouvellement continuel, empêchent la lassitude, et mine de rien, l’intrigue progresse doucement.
  Koro est un être nimbé de mystères et on en apprend davantage sur lui très lentement, mais sûrement. Quelle est sa nature profonde, le secret de sa puissance, d’où est-il originaire, pourquoi avoir voulu être professeur de la 3-E ? Autant de secrets qui s’éclairent peu à peu, par touches très rapides et discrètes : à peine une allusion dans une conversation, ou bien un dessin flash-back. De quoi faire durer efficacement une histoire qui, par sa construction de base, pouvait redouter d’ennuyer rapidement son public.
Assassination ClassroomLes différentes expressions faciales de Koro-sensei, unique moyen de décrypter ses émotions…
  Et enfin, parlons un peu du dessin. Je n’ai pas grand-chose à dire dessus : simple et dynamique, il néglige souvent les arrière-plans au profit de banals fonds blancs, mais c’est relativement peu dérangeant puisque la narration et les rebonds de l’intrigue sont, dans ce manga, bien plus importants que les décors. Du tome 1 au tome 7, le coup de crayon de l’auteur a peu évolué, mais c’est plutôt normal : Koro est un personnage très facile à dessiner et dont les caractéristiques seraient dures à changer. Quant aux autres personnages, ils apparaissent assez peu individuellement, aussi l’auteur ne prend pas assez « l’habitude » de les dessiner pour que leur design se modifie trop ; du moins, c’est ma théorie.

 

Mes notes :

La forme : 4/6 Je ne peux juger les jaquettes car j’ai des exemplaires empruntés à la bibliothèque, et donc plastifiés. Les couvertures sont très minimalistes mais efficaces. Quant à l’organisation des pages, fort est de reconnaître que le rythme est assez intense : les cases sont pour la plupart petites et s’enchaînent dans un ordre pas toujours facile à suivre.
L’intrigue : 8/8 Rien à redire, pour moi c’est une intrigue de choc.
Les personnages : 6/8
Le dessin : 7/8
 
Total : 25/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

CQFD :

  Un manga drôle et original que je recommande sans hésiter. Je suis bien contente de l’avoir découvert après tant de temps à le suivre de loin sans jamais assez m’y intéresser.

 

Bonus :

  Un anime a aussi été produit autour de ce manga : deux saisons sont sorties, respectivement en 2015 et en 2016, plus deux OAV, soit deux histoires supplémentaires exclusives. La saison 1 est apparemment disponible sur Netflix pour les intéressés.
Assassination ClassroomPar contre faudra m’expliquer pourquoi dans l’anime, Nagisa se retrouve avec des cheveux bleus…

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

 

Assassination Classroom

 

Publicités

3 commentaires sur “Assassination Classroom, de Yusei Matsui

  1. J’ai récemment vu la première saison de l’anime ; c’est vraiment sympa, bien que le schéma du prof hors du commun et des élèves à la ramasse soit du déjà vu et donc sans grande surprise de ce côté-là. En revanche, l’idée des élèves qui doivent tuer leur prof extraterrestre, c’est vraiment original !

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s