L’Ecole des Mauvais Méchants, de Stephanie S. Sanders

 

Salutations.

 

L'Ecole des Mauvais Méchants

 

Mon résumé :

  Rune Drexler est élève au Centre de Redressement pour Méchants Récalcitrants, école spéciale pour éduquer les futurs Méchants de nos contes de fées qui auraient, au moins une fois dans leur vie, fait une bonne action pour leur prochain. Comportement inadmissible pour tout Méchant qui se respecte, bien sûr, d’où leur scolarité dans cet établissement spécial visant à effacer toute trace de gentillesse de leur esprit.
  Rune est le fils du directeur, le diabolique Obscuro, Maître de l’Epouvante. Mais il n’est pas très travailleur… Pour le motiver, Obscuro lui pose un terrible ultimatum : Rune doit réussir un « complot », soit une quête pour Méchants, sans quoi il sera renvoyé du Centre. Et s’il est obligé de quitter le Centre, il peut dire adieu à son avenir…
  Pour accomplir son complot, Rune devra, en une semaine maximum : kidnapper une princesse, voler un bébé, trouver un homme de main pour en faire son esclave, et renverser un royaume pour mettre sur le trône le souverain de son choix. Que d’épreuves maléfiques ! Pour l’assister dans sa tâche, il peut sélectionner deux comploteurs alliés ; son choix se porte sur Loup, le fils du Grand Méchant Loup, et Jezebel, la fille du Comte Dracula. Un trio de choc qui donnera le meilleur de lui-même pour rester dans le Centre, et qui devra faire face à bien plus de soucis que prévu…

 

 

Publié en 2014 aux éditions Nathan. Traduit de l’anglais états-unien par Lilas Nord. Deux tomes parus, série finie. Format moyen. Tome 1 = 253 pages. Tome 2 = 248 pages.

Coût d’un tome : 12,90€.

 

 

Comment j’ai découvert L’Ecole des Mauvais Méchants :

  Dans les étagères d’une bibliothèque, tout simplement. La couverture m’a tapé dans l’œil, le titre a achevé de me charmer.

 

Cette lecture s’inscrit dans la Coupe des 4 Maisons, pour l’item « Duel de sorciers » !

 

 

Une petite mise en bouche…

Je m’attarde un peu, vérifie que personne ne me regarde puis sors quelques bonshommes biscuits de mes poches. Je les glisse aux Filous.
  – Prenez, ils saignent quand on les décapitent !
  – Génial !
  Le plus petit s’essuie les yeux d’un revers de manche et me sourit.
  Soyons clairs : je n’ai pas agi par gentillesse. Pour qui vous me prenez ? Mais je ne pouvais quand même pas les laisser inonder le couloir de larmes. Ç’aurait été encore plus dangereux que de la bave [de limace]. Les Méchants ne sont pas gentils avec les enfants. On nous a même forcés à regarder un documentaire là-dessus l’année dernière. Ça s’appelait : Crétins de gredins ! Les enfants ne sont bons qu’à être mangés !

 

 

Mon verdict :

  Vous l’aurez remarqué en lisant l’extrait plus haut, L’Ecole des Mauvais Méchants est un roman jeunesse, destiné à des enfants de primaire, ou bien à peine des premières années de collège. Je l’ai compris dès que j’ai lu sa quatrième de couverture, mais diantre, j’avais envie d’un peu de fraîcheur dans mon programme de lecture, et puis je me suis dit que ça ferait du bien au Monde Fantasyque de traiter de fantasy vraiment jeunesse pour une fois. Ça lui apportera un petit coup de frais… Je vais être davantage clémente avec ce diptyque qu’avec d’autres séries de fantasy, parce qu’il est évident que j’ai dépassé l’âge idéal pour le lire, et je dois donc le critiquer en priorité pour les lecteurs directement ciblés.
  Pour le coup, la trame scénaristique est respectée à la lettre : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement et situation finale… En même temps, L’Ecole des Mauvais Méchants est inspiré du folklore des contes de fées, donc je ne pense pas que ce minutieux respect des normes lui porte préjudice. Certaines blagues ou aventures sont un peu faciles, un peu trop peut-être pour vraiment amuser le lecteur quel que soit son niveau de lecture, mais c’est raccord avec l’atmosphère générale, alors ça ne passe pas trop mal…
  Les protagonistes sont originaux : ils respectent les normes du genre tout en apportant une petite touche personnelle qui les fait sortir du lot. Les personnages stéréotypés sont souvent un problème en fantasy jeunesse, mais ici ils ont parfaitement su tirer leur épingle du jeu. Rune le petit méchant charismatique, Jezebel la jeune comtesse orgueilleuse à la langue bien pendue – mais on devine d’ores et déjà une amourette qui se profile pour la malheureuse unique fille du trio principal – et Loup, presque plus animal qu’humain, qui est peut-être moins présent dans l’histoire mais qui est tout de même important et attachant.
  Je pense que c’est une lecture, à son niveau, assez pédagogique : à l’inverse de la majorité des romans de fantasy jeunesse, elle ne prône pas le manichéisme lumière/ténèbres à tout prix, au contraire. Elle montre qu’il peut y avoir du bon même chez ceux dont l’apparence et l’ascendance incline naturellement vers la malignité. Bien évidemment, pas de héros foncièrement méchant ici, on reste sur de belles morales et une happy end tout ce qu’il y a de plus classique, mais vu le niveau de lecture attendu, je n’en attendais pas tant pour L’Ecole des Mauvais Méchants : la subtilité de l’éthique présentée me suffit largement pour chanter ses louanges. Un « manichéisme renversé » qui donne un charisme certain aux comportements clichés des méchants enfantins, tout en leur donnant une nature foncièrement bénéfique pour donner une espèce de leçon subtile sur la politique des apparences. Je vais peut-être chercher un peu loin, mais telle est mon impression.
  La série n’a visiblement pas cherché à abuser de son succès – si succès elle a eu ceci dit : deux tomes seulement, qui se complètent parfaitement l’un l’autre. Quand le tome 1 met les Méchants à l’honneur, le 2 développe les Héros dont on parle à peine, vaguement, au début. Et oui, si Méchants il y a, il faut bien des Héros pour rééquilibrer la balance… Un suspense sur la mère de Rune est maintenu tout au long des deux tomes, mais franchement, ça crève les yeux et on comprend bien vite le fin mot de l’histoire. Mais peu importe, ça ne gâche pas la lecture.
  Ensuite, le défaut majeur du diptyque ; et croyez-moi, il n’est pas des moindres. Il s’agit de la crédibilité sous toutes ses formes : de l’intrigue aux menus détails spatiaux ou temporels, c’est à s’en taper la tête contre les murs. Des téléportations de personnages aux distances capricieuses entre les lieux jusqu’aux deus ex machinas parfois spectaculaires, c’est une avalanche de mauvais raccords qui gâchent largement le plaisir du lecteur. Un peu d’irréalisme par-ci par-là je veux bien, ce n’est pas un drame, seulement L’Ecole des Mauvais Méchants a largement dépassé mon seuil de tolérance… C’est bien triste, avec un peu plus de travail en amont, je suis certaine qu’on aurait largement pu éviter le souci. Je ne comprends pas trop comment l’éditeur a laissé passer ça, c’est quand même assez flagrant, et  le roman y perd beaucoup je trouve…
  L’écriture est très simple et concise : on en reste au sujet+verbe+complément, avec pas mal de participes présent certainement issus de la traduction depuis l’anglais. Pas un inconvénient majeur, la narration épurée sert bien au style de l’histoire. Rien à y redire.

 

 

Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3 De très belles couvertures pour la version française.
Le langage : 2/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 1/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 21/30. La crédibilité est pour beaucoup dans la chute des points.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

 

CQFD :

  Une bonne lecture malgré quelques menus défauts de narration. J’ai néanmoins peur que certains ne puissent pas l’apprécier à cause de sa prédestination à un public bien plus jeune. Je décline toute responsabilité suite à d’éventuelles déceptions sur les aventures de Rune et ses amis…

 

 

Si tu as aimé L’Ecole des Mauvais Méchants, tu aimeras…

L’île des sorciers, d’Anthony Horowitz
L’Epouvanteur, de Joseph Delaney

 

L’avis du blog Le Souffle des Mots sur L’Ecole des Mauvais Méchants

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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