Clémentine Beauvais

 

Clémentine Beauvais est une auteure de romans jeunesse dont le talent n’est plus à prouver. Comme des images, La pouilleuse, Les petites reines, Songe à la douceur, c’est elle…

Elle est née en 1989 (prétendument le même jour que Jeanne d’Arc, mais je n’ai pas trouvé sa date d’anniversaire. EDIT : Clémentine est venue à mon secours sur cette incertitude, je n’avais pas assez potassé Wikipédia… Son anniversaire, c’est le 6 janvier, pour l’Epiphanie !). Elle a vécu en France jusqu’à ses dix-sept ans, puis elle est partie en Angleterre étudier à l’université de Cambridge. Son voyage, d’une longueur prévue de trois ans, s’est transformé en séjour à long terme… Clémentine s’est bien plu en Angleterre. Et là-bas, elle a enchaîné une licence, un master, un doctorat et un post-doctorat… Quelle énergie ! Désormais et depuis cette année seulement, elle est, pour la citer : « enseignante-chercheuse en éducation et littérature anglaise à l’université de York. » Balèze.
  Mais elle ne brille pas que professionnellement : désormais, voici son parcours d’écrivaine.
  Clémentine envoie son premier manuscrit à l’âge de dix ans ; ça n’a pas marché, choquée déçue. Mais en 2010, soit alors qu’elle avait 21 ans, le succès arrive : elle est primée pour le Prix du Jeune Ecrivain avec sa nouvelle L’étrange cas des deux amours de Jean-Baptiste Robert. C’est le début d’une belle carrière…

 

Clémentine BeauvaisShishi est sous le charme de Songe à la douceur, son dernier roman…

 

Impossible de développer sur chacun de ses ouvrages, alors voici sa bibliographie sous forme de liste !

Samiha et les fantômes, a ux éditions Talents Hauts, en 2010
Les petites filles top-modèles, aux éditions Talents Hauts, en 2010
La plume de Marie, aux éditions Talents Hauts, en 2011
On n’a rien vu venir, aux éditions Alice, en 2012 ; roman co-écrit avec Sandrine Beau, Fanny Robin, Agnès Laroche, Annelise Heurtier, Anne-Gaelle Balpe et Séverine Vidal.
La pouilleuse, aux éditions Sarbacane, en 2012
La louve, aux éditions Alice, en 2013
Comme des images, aux éditions Sarbacane, en 2013
Les petites reines, aux éditions Sarbacane, en 2015
Lettres de mon hélicoptêtre, aux éditions Sarbacane, en 2015
Carambol’Ange, aux éditions Sarbacane, en 2015
Songe à la douceur, aux éditions Sarbacane, en 2016
Va jouer avec le petit garçon, aux éditions Sarbacane, en 2016

 

Et ses ouvrages en anglais :

Sesame Sead, aux éditions Hodders Children’s Books, trilogie à ce que j’ai compris
The Royal Babysitters, aux éditions Bloomsbury

 

  J’ai eu la chance de rencontrer Clémentine à deux reprises : lors du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil en 2015, et il y a à peine deux semaines, chez Mollat, ma librairie fétiche. A cette occasion, elle a parlé pendant près d’une heure avec Véronique Durand, libraire locale, de son nouveau roman Songe à la douceur ; une heure très intéressante et pleine d’humour, qui s’est conclue sur une séance de dédicaces bien sympathique (pour retrouver cet entretien, je vous invite à aller écouter le podcast réalisé pour l’occasion sur le site de Mollat !).

 

Clémentine Beauvais

 

Clémentine Beauvais

 

De Clémentine Beauvais, j’ai lu Les petites reines et Songe à la douceur. C’est une auteure que je garde à l’oeil désormais !

 

 

Et le voilà, le bonus promis ! Clémentine a bien voulu répondre à quelques questions exclusives pour le Monde Fantasyque. Yipee !

 

 

Vous écrivez en anglais comme en français. Avez-vous une préférence pour l’une de ces deux langues ?

Ca dépend pour quels textes, quel genre, quel ton. Ce qui est merveilleux en anglais pour l’écrivain, c’est deux choses en particulier. D’une part, la malléabilité du langage: tout se transforme et se recombine, un adjectif devient un verbe, un nom propre un nom commun, c’est une joyeuse orgie grammaticale. On peut beaucoup jouer et beaucoup inventer. D’autre part, les sonorités. Les mots anglais sont tellement évocateurs que c’en est presque ridicule parfois: des verbes-onomatopées (splash, bang, slam, whack!) aux adjectifs qui évoquent exactement les luminosités, textures, senteurs (moist, crackly, gloopy), l’anglais est la langue de l’enfance, peut-être par excellence… C’est génial d’écrire pour les tout-petits en anglais: il y a tellement de sons à exploiter, c’est tout un orchestre. A côté, le français est une langue très sérieuse, très rigoureuse, avec des sonorités assez répétitives, des mots longs, des -ment, -tude, -tion et autres suffixes et préfixes qui nous rappellent que c’est une grammaire en briques de lego. Mais il y a une majesté en français qu’il n’y a pas, je trouve, en anglais, et un plaisir de dénicher dans cette architecture linguistique très solide des interstices, des moments de liberté. Bref, j’aime les deux, pour différentes raisons.

 

Vous dites davantage vous identifier à Eugène qu’à Tatiana (héros de Songe à la douceur). Dès qu’on me parle d’Eugène, je pense à cette citation qui m’a beaucoup fait rire : « Eugène, à dix-sept ans, a tout compris sur tout : Et comme tout est rien, il ne fait rien du tout. » Alors je suis curieuse de savoir en quoi vous vous ressemblez, tous les deux ?

Je n’étais pas du tout nihiliste comme Eugène à l’adolescence, et même maintenant que je suis un peu plus relax, je ne le rejoins pas sur ce thème. Je ne pense pas être ‘comme’ Eugène. Mais j’ai plus de compassion et de tendresse pour lui que pour Tatiana, en cela qu’il est, pour moi, beaucoup plus perméable au monde autour, plus perdu, plus incertain, qu’elle. Tatiana regarde droit devant elle, et Eugène adulte est plus hésitant. C’est cela qui me fait me sentir plus en phase avec lui. 

 

Il me semble que jusqu’ici, vous avez essentiellement voire exclusivement écrit pour la jeunesse ; pensez-vous vous essayer un jour à la littérature adulte ?

Non, pas spécialement. Les idées qui me viennent sont toutes des idées qui ne peuvent fonctionner parfaitement qu’en jeunesse. Je n’ai aucune envie spécifique d’écrire pour les adultes et si ça vient un jour, ce sera parce que l’idée ne peut être traitée correctement qu’en littérature ‘adulte’. 

 

 

Vous êtes passionnée d’Harry Potter, c’est même en les lisant en VO que vous avez découvert les charmes de l’anglais, paraît-il. Des choses à rajouter pour les Potterheads avides de détails sur votre approche de la saga ?

Je pense qu’Harry Potter a offert à ma génération et, d’après ce que je vois, la suivante, une sorte de langage universel. Pas seulement des mots – même si tout le monde connaît les références, les objets, les personnages, etc – mais aussi un véritable langage moral. Ce sont nos choix, Harry, qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos capacités; etc. On peut trouver ça mièvre, grossièrement néolibéraliste, cliché, voire indoctrinant. Mais c’est extraordinaire de se dire que des centaines de millions d’enfants à travers le monde, dans des pays extrêmement différents, ont été ‘éduqués’ avec la même ‘grammaire morale’, pour ainsi dire. Je suis peut-être utopiste, mais je pense que les Potterheads se rejoignent encore aujourd’hui, adultes, autour de certaines valeurs partagées très fortes, comme la tolérance, l’ouverture aux autres et la méfiance face aux discours démagogiques. Les jeunes pour Trump n’ont sans doute pas lu Harry Potter.  

 

 

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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5 commentaires sur “Clémentine Beauvais

  1. Moi je dis, il n’y a que Clémentine Beauvais pour donner une interview tout en portant un haut PARFAITEMENT assorti au tableau derrière elle, aussi bien sur la forme que sur la couleur. Si ça c’est pas la classe, le sens du détail… Respect ! 😀

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