Alchimia, de Miya et Samantha Bailly

Salutations.

Alchimia

La jaquette du manga est réversible. Nous pouvons la changer de sens pour choisir la couverture qui nous plaît le plus. Ingénieux, non ?

Alchimia

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Mon résumé :

  Saë est une alchimiste des mots : elle est née avec un étrange symbole sur le front, qui lui confère des dons extraordinaires. En effet, elle est capable de recueillir les souvenirs d’autrui et de les transformer en une substance appelée memoria : des souvenirs liquides ! Elle conserve des dizaines de memorias différents pour sauvegarder la mémoire de son peuple, les Alchimiens.

Alchimia

Un mignon chibi de Saë ! Un chibi est un personnage caricaturé dont la tête fait près de la moitié de la taille du corps. C’est un type de portrait d’origine japonaise, comme le manga.
Tous les chibis de cette chronique proviennent de la page Facebook d’Alchimia. Et tous les dessins présentés ici sont de la plume de Miya, la dessinatrice d’Alchimia.
  Saë et ses compagnons alchimistes voyagent à travers le pays à bord de l’Atelier, une fantastique maison flottante sur laquelle ils sont quatre à vivre. Ils font régulièrement escale pour proposer leurs services aux citoyens d’Alchimia. A bord de l’Atelier, il y a trois alchimistes des mots, et un seul alchimiste des âmes? Ethiel ; jeune homme mystérieux qui n’a pas fini de surprendre Saë…
  Mais depuis quelques temps, des tensions se créent entre Alchimia et Ifen, un royaume voisin : les Ifeniens ont interdit la pratique de l’alchimie sur leur territoire voici plusieurs années, car ils considèrent cela comme une atteinte à leurs croyances ; la Nature est reine de toute chose, et l’alchimie briserait cet ordre préétabli. Ils cherchent désormais à la faire complètement disparaître, même en Alchimia. Le temps est à la guerre…
  Lors d’une escale pour se ravitailler et offrir leurs services, Saë et ses amis sont attaqués par l’armée ifenienne, qui détruit et massacre tous les partisans de l’alchimie qu’ils croisent. Perdue dans la ville, Saë se retrouve face à Idan, un soldat ifenien… qui l’épargne au dernier moment, sans que Saë sache pourquoi. Elle ne s’interroge pas et fuit la ville avec ses compagnons miraculeusement retrouvés. Mais elle n’est pas au bout de ses peines : Idan, accusé de trahison, a déserté l’armée pour survivre. Son chemin et celui de Saë n’ont pas fini de se croiser…
AlchimiaIdan…                  Alchimia… et Ethiel !

 

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Manga publié en octobre 2016 aux éditions Pika. Série en cours, deuxième tome prévu pour 2017.

Coût : 7, 50€.

 

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Comment j’ai découvert Alchimia :

  Je suis avec soin le parcours de Samantha Bailly, la scénariste. J’ai sauté au plafond quand j’ai appris qu’elle allait sortir son premier manga ! Aussi je l’ai acheté dès le jour de sa sortie. Et je ne le regrette pas…
AlchimiaUn mignon chibi de Samantha Bailly, la scénariste

 

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Mon verdict :

  J’avais quelques a priori en commençant Alchimia, et pour cause : c’est un shôjo, c’est-à-dire un manga avec une histoire d’amour au premier plan. Pire, un triangle amoureux ! Je déteste les triangles amoureux, les exceptions rencontrées dans mon parcours de lecture se comptent sur les doigts d’une main… Heureusement, Alchimia s’en est très bien sorti.
  Dès la première double-page (en couleurs et papier glacé, une beauté…) nous voilà transportés dans un univers exotique et rafraîchissant, les douces contrées d’Alchimia… Les caractéristiques de cet univers m’ont beaucoup rappelé Enfenia, le monde de Souvenirs perdus, autre roman de Samantha Bailly. Je ne parle pas là d’un quelconque manque d’originalité, sinon d’une signature véritable dans l’élaboration de ses background : les mondes qu’elle crée ont un je ne sais quoi qui me charme à tous les coups, une certaine fraîcheur, une liberté dans les influences… Je me permets de répéter ici ce que j’avais déjà dit dans ma chronique sur Souvenirs perdus : Samantha Bailly respecte les codes basiques du genre de la fantasy (peuplades en guerre, atmosphère fantastico-médiévale sur les bords…) mais elle parvient à donner à ses créations un petit goût unique, quelque chose qui s’affranchit du reste et s’en détache. Deux ans après ma lecture de Souvenirs perdus, je n’arrive toujours pas à l’identifier avec certitude, ce quelque chose « en plus », mais ce qui est sûr, c’est que ça marche toujours aussi bien avec moi.
  J’ai eu un petit coup de mou voici quelques mois en découvrant qu’Alchimia serait un shôjo et qu’un triangle amoureux y occuperait une place de choix ; vous savez, les histoires d’amour et moi, ça n’a jamais donné grand-chose, alors les triangles amoureux je ne vous raconte pas… Mais celui-ci ne m’a pas trop rebutée, au contraire : il s’esquisse à peine, c’est mignon. Quand les auteures en ont fait la promo, elles ont mis le paquet, opposition du garçon et des idéaux politiques, double-jaquette pour choisir son prétendant préféré, pour cela je craignais le pire ! Miya et Samantha ont su garder une mesure modeste pour ce premier tome, et amener ce futur conflit amoureux avec subtilité pour qu’il ne devienne pas redondant dès le début de l’histoire (je n’aime pas les shôjos mais j’en ai déjà lu, c’est un risque à prendre de faire un triangle amoureux qui éclipse l’intrigue, même en manga). Et histoire de jouer le jeu j’ai mentalement débattu après ma lecture pour déterminer quel garçon je préférais. Mon verdict est sans appel : je les aime tous les deux. Je change la jaquette du manga plusieurs fois par jour (je ne le ferai pas longtemps, ça l’abîmerait trop), et je pense que je ne serai pas la seule : il y a du niveau, autant par la beauté que par la profondeur des personnages ! Dur de trancher.
  Généralement, les personnages fictifs blonds ont plus facilement ma préférence. Ici, Idan a su tenir la comparaison…
AlchimiaSaë est aux petits soins avec lui…
  Pour finir sur l’intrigue, je m’exprimerai sur le rythme de l’action : il m’a surprise. Sans être complètement passionnée de mangas, j’en lis tout de même de belles quantités, et j’ai trouvé que du point de vue de l’avancement de l’intrigue par l’action, Alchimia se démarquait clairement de ses collègues. Je m’explique : deux scènes de bataille dès le premier tome, beaucoup de violence quand Alchimia nous conte tout de même les péripéties poétiques d’un groupe d’alchimistes sur leur atelier flottant. Ce n’est pas vraiment un reproche, mais j’aurais aimé passer plus de temps sur Vidanno et Rubis (ce sont mes deux persos préférés !), qui sont rapidement laissés de côté : entre les bastons et la mise en place du triangle amoureux, il ne reste plus beaucoup de place pour eux. Je laisse échapper l’hypothèse qu’on aurait logiquement trouvé dans ce tome 1 une introduction plus poussée dans le quotidien des alchimistes, un meilleur développement de la « famille » de l’Atelier, et peut-être un suspense avec l’apparition d’Idan et le fait qu’il épargne mystérieusement Saë. L’inquiétude de Saë à leur sujet lors de la première attaque aurait peut-être eu plus d’impact encore si on avait davantage insisté sur sa relation avec eux. Mais je m’égare, ce n’est pas moi la scénariste, et quelle nécessité d’exposer ainsi mes préférences, quand l’intrigue se débrouille tout à fait sans ces longueurs ? Je le répète, j’ai été surprise, mais en rien déçue. Samantha Bailly aura préféré adopter un rythme plus proche de celui d’un roman, dans lequel l’élément perturbateur survient certes plus lentement que dans un manga, mais influencera beaucoup plus vite l’intrigue, sans plus permettre un développement des personnages comme lors de la situation initiale, quand on en est encore à planter le décor. Je m’embrouille, je m’embrouille ! Et maintenant, parlons du dessin.
AlchimiaRubis, capitaine de l’Atelier… Alchimi… et Vidanno le cuisinier
  Quand j’ai vu la couverture d’Alchimia pour la première fois, j’ai tout de suite été marquée par les couleurs : quelles jolies teintes ! Et j’insiste sur la double-page au tout début du manga, c’est magique, cette nuit étoilée avec l’Atelier au milieu du fleuve…
  Concernant le coup de crayon, il est d’une grande finesse. Une certaine tendance à mettre du rouge aux joues de Saë, qui devient un peu agaçante à force (ça doit être subjectif comme remarque, puisque cela traduit une gêne romantique), mais c’est minime comme élément ! J’ai surtout apprécié les détails dans les tenues des personnages, la diversité desdites tenues, et même si beaucoup de décors sont restés blancs, les fonds dessinés sont également minutieux et détaillés. Je n’accroche pas trop à la morphologie d’Idan et Ethiel, je leur trouve des visages très allongés et des mentons pointus (c’est peut-être voulu ceci dit), mais ça n’empêche pas que ce sont des beaux gosses, normal pour un shôjo. Les formes des cases sont fantaisistes, varient beaucoup d’une page à l’autre, sans pour autant devenir illisible : c’est très agréable à lire.

Alchimia

  Et enfin, quelques mots sur les dialogues : attachée à la qualité d’une plume même en manga, je suis souvent déçue par la pauvreté de certains échanges lors de mes précédentes lectures. Dans Alchimia, une bonne surprise encore une fois ! La justesse et la richesse sont au rendez-vous, j’ai très rarement grincé des dents comme ça m’arrive souvent en lisant des shôjos, quand je trouve qu’un dialogue sonne faux, qu’il est « surjoué ».

 

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Mes notes :

Points forts :

Trait de dessin particulier
Qualité des dialogues
Univers de fantasy original

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Points faibles :

Intrigue construite comme celle d’un roman

 

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ShishiShishi heureux.

 

 

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CQFD :

   Avec Alchimia, Samantha Bailly et Miya signent enfin leur première véritable œuvre collective (par le passé, Miya dessinait certaines couvertures des romans de Samantha). Leur longue complicité se sent, le mix mangaka-romancière donne un résultat particulièrement travaillé, original et dans les lignes des bons shôjos de fantasy. Que du bon. Je voudrais pas vous mettre la pression les filles, mais moi, j’attends le tome 2 de pied ferme…

Alchimia

 

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Si tu as aimé Alchimia, tu aimeras :

Souvenirs perdus, roman de Samantha Bailly
Princesse Sakura, manga d’Arina Tanemura
Kamisama Hajimemashita aussi connu sous le nom Divine Nanami, manga de Julietta Suzuki

 

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Bonus :

Ma chronique de Nos âmes jumelles, de Samantha Bailly…

Ma chronique de Souvenirs perdus, de Samantha Bailly…

Le site de Samantha Bailly

Une petite chronique (pas de moi) sur Vis-à-vis, le premier manga de Miya, la dessinatrice

AlchimiaSamantha Bailly lors du SLPJ 2015, qui pose avec Shishi !

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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