1, 2, 3… Foulard, d’Eric Sanvoisin

 

Salutations.

 

1, 2, 3... Foulard

 

Mon résumé :

  Charlotte a douze ans ; cette année, elle fait sa rentrée au collège. De nature assez anxieuse et pas très sociable, elle redoute son année de 6ème… Heureusement, elle retrouve une connaissance de primaire dans sa classe ; au moins une copine pour affronter la nouveauté !
  Toutes deux vont entrer dans un cercle d’amis un peu particulier : dirigées par Jordan –  jeune homme un peu louche qui a déjà redoublé deux fois, elles vont être initiées au « jeu des étoiles filantes ». D’autres appellent ça le « jeu du foulard », mais le principe est le même : se faire étrangler jusqu’à l’inconscience pour avoir des sortes d’hallucinations. Un peu glauque, mais Charlotte ne se méfie pas, et les beaux yeux de Jordan ne sont pas étrangers à son intérêt. Alors que sa vie familiale connaît de grands bouleversements, elle se réfugie dans le jeu des étoiles filantes pour évacuer ses soucis et se rapproche de Jordan. Elle ignore encore jusqu’où la mènera cette aventure empoisonnée…

 

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Roman publié aux éditions Gründ en 2014. Format moyen, 149 pages.

Coût : 8, 95€.

 

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Comment j’ai découvert 1, 2, 3… Foulard :

  On m’a donné ce roman l’année dernière, lors du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil 2015. En effet, comme j’étais mineure, j’ai pu bénéficier d’un vestiaire gratuit et d’un roman en cadeau ! Pratique, non ? 1, 2, 3… Foulard est resté quasiment un an dans ma PAL : j’avais toujours plus urgent à lire… Mais en octobre 2016, son auteur, Eric Sanvoisin, était au salon Lire en Poche : je l’ai rencontré, et cela m’a motivée pour enfin m’attaquer au roman.

 

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Une petite mise en bouche…

  – C’est un truc de gosses !
  – Pas du tout. Certains l’appellent le jeu du foulard. Nous, on préfère le jeu des étoiles filantes. C’est plus fidèle à la réalité. Car des étoiles, on en voit des tonnes !
  Coraline s’est tout de suite énervée. Jordan la dépassait d’une bonne tête mais elle ne s’est pas laissé impressionner.
  – Tu sais très bien que c’est un jeu dangereux !
  – Non, pas avec nous. Les risques sont calculés. Mais il ne faut jamais faire ça tout seul. C’est la règle. Je suis le chef des étoiles filantes. Vous devez m’obéir. En échange, je vous propose de vous initier. Pour commencer, vous devez vous engager à ne rien dire à personne, et aussi à ne pas pratiquer le jeu en dehors de nous.
  Jordan avait de l’aplomb. Coraline n’a plus su quoi dire. En panne d’arguments, elle a lentement hoché la tête.
  – Je veux bien essayer. Je jure de ne rien dire.
  Le visage de Jordan s’est illuminé.
  – Charlotte ?
  – Moi aussi. Je ferai tout ce que tu veux !
  J’avais déjà entendu parler du jeu du foulard mais, pour moi, c’était un truc lointain qui ne me concernait pas. Maintenant que j’y étais confrontée, j’appréhendais un peu. Mais c’était quand même excitant !

 

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Mon verdict :

  1, 2, 3… Foulard attirera, je pense, un public majoritairement collégien. Dans son thème ou son écriture, c’est à cette tranche d’âge qu’il correspond le plus. Mais l’histoire qu’il conte n’en est pas moins très sérieuse et a mérité toute mon attention…
  Charlotte est une jeune fille comme on en retrouve beaucoup dans les collèges : de ces personnes discrètes qui rêvent de popularité sans avoir les moyens d’y accéder. Et ses pensées, son évolution m’ont semblé parfaitement crédibles. Le collège n’est pas encore très loin pour moi, j’y étais voici deux ans encore, et l’atmosphère du roman, les salles de classe ou les comportements des autres élèves m’ont rappelé bien des souvenirs. Un professeur nous a dit une fois qu’il ne connaissait pas de milieu plus cruel qu’une cour d’école primaire, mais je pense que les cours de collège sont pires encore. Il n’y a qu’à voir ce qui est arrivé à Charlotte, et plus généralement, les histoires de harcèlement macabres qui font régulièrement la une des actualités.
  Je dois dire que pendant toutes mes années de collège, pas une seule fois je n’ai été confrontée, directement ou pas, au jeu du foulard. Est-ce que je ne me trouvais jamais au bon endroit au bon moment, ou est-ce que mon établissement s’est trouvé miraculeusement préservé du fléau ? Peut-être qui suite à la campagne de prévention contre ce phénomène (parce que la campagne, par contre, je l’ai vue passer), il a fini par s’étouffer tout seul – la bonne blague glauque – et n’est plus un souci depuis des années. Je suis indécise, mais je n’irai pas jusqu’à mener ma petite enquête sur le sujet. D’autres le feront bien mieux que moi.
  Mais si je me trompe, si le problème du jeu du foulard est toujours actuel, ce roman aidera à coup sûr à le combattre. Le style de l’auteur nous plonge complètement dans le quotidien de Charlotte et, même si nous savons objectivement qu’elle s’engage les yeux fermés sur une pente très dangereuse, son enthousiasme n’est pas simulé. Cette lecture ouvrira peut-être les yeux de certains adolescents mal engagés.
  Malheureusement, je doute que la crédibilité d’1, 2, 3… Foulard ne soit due qu’au talent de l’auteur. Si cette histoire secoue autant et reste dans les mémoires, c’est certainement parce qu’on peut s’y reconnaître, quel que soit le personnage auquel on s’identifie.
  Du reste, le roman compte d’autres thématiques : Charlotte vit avec des parents adoptifs, car sa mère fut jugée inapte à l’élever quand elle était petite. Cette mère que Charlotte veut effacer de son esprit ressurgit soudain, prête à tout pour retrouver sa garde… Ce poids psychologique supplémentaire poussera justement Charlotte à s’impliquer davantage dans le jeu des étoiles filantes. Mais quand elle maudit sa mère biologique et veut absolument lui échapper, nous lecteur avons plus de mal à trancher sur la question : sa mère a fait beaucoup d’efforts pour pouvoir la retrouver et améliorer son train de vie. Nous avons d’un côté la fureur aveugle de Charlotte qui reste complètement braquée, et de l’autre notre éthique personnelle qui ne sait pas vers où se tourner. C’est intéressant et apporte beaucoup à l’histoire.
  Le personnage de Jordan est intrigant. On devine un jeune homme au quotidien compliqué, difficile à cerner, d’autant plus que le point de vue interne de Charlotte ne nous facilite pas les choses. Au final, je l’ai vu comme un garçon amateur de sensations et de reconnaissance, qui a fini par s’embarquer dans quelque chose de trop complexe pour lui. C’est un protagoniste central, sa relation avec Charlotte s’avère cruciale pour l’évolution de cette dernière, que ce soit en bien ou en mal. Je pense que c’est le type de personnage, parmi le panel proposé par 1, 2, 3… Foulard, qu’on parviendra le mieux à identifier dans la vraie vie.
  Je dois parler de la fin, même si c’est à mots voilés. Dès le début du roman, tout le récit nous est présenté comme une série de flash-backs, aussi nous avons notre petite idée sur le dénouement… c’est quitte ou double. Et la dernière page d’1, 2, 3… Foulard m’a beaucoup marquée.

 

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Mes notes :

Le titre : 2/2 Une connotation enfantine, une espèce de chute à même le titre, je ne peux qu’approuver.
La mise en page : 2/3
Le langage : 3/4
La nature : 1/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 24/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

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CQFD :

  1, 2, 3… Foulard fera l’unanimité dans les collèges (il le fait déjà, je crois). Le réalisme de l’histoire et sa gravité font tout son intérêt. Une bonne lecture qui, sans illuminer votre journée, risque fort de vous enrichir – et de vous rendre triste, aussi.

 

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Si tu as aimé 1, 2, 3… Foulard, tu aimeras…

Harcèlement !, roman de Guy Jimenes.

Dysfonctionnelle, roman d’Axl Cendres.

 

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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