Lumière – Le voyage de Svetlana, de Carole Trébor

 

Salutations.

 

Book Haul d'octobre 2016

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Mon résumé :

Paris, 18ème siècle.
  Svetlana Horville est une jeune fille de quinze ans qui vit seule avec son père adoptif ; sa mère adoptive est morte d’une mauvaise grippe voici deux ans. Svetlana est originaire de Russie, mais elle ignore tout de ses origines. Elle sait uniquement que si ses parents biologiques l’ont abandonnée, ce ne fut pas de gaieté de cœur, mais parce qu’ils y furent forcés…
  Son père dépérit peu à peu, enfermé dans son travail, plus mort que vivant depuis la disparition de sa femme. L’argent se fait rare et Svetlana s’inquiète pour leur avenir. En fouillant leur grenier à la recherche des tableaux de Jeanne Horville, qui fut une célèbre peintre, elle tombe sur une lettre écrite à son intention : dedans, Jeanne la pousse à renouer avec ses « parents russes ». Une vraie révélation pour la jeune fille.
C’est décidé : Svetlana va entreprendre un périlleux voyage jusqu’en Russie, sa terre natale, pour retrouver ses parents biologiques et percer les secrets de ses origines. Elle se fera accompagner de son père adoptif et de Guy, un gardien de musée de ses amis ; jusqu’où les mènera leur périple ? D’où vient vraiment Svetlana, que représente-t-elle pour le peuple russe ? Et si les mythologies locales s’en mêlaient, pour le meilleur et pour le pire… ?

 

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Roman publié en septembre 2016 aux éditions Rageot.  Grand format. 334 pages, plus un dossier de 40 pages sur la culture russe et de nombreux bonus.

Coût : 14, 90€.

 

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Comment j’ai découvert Lumière – Le voyage de Svetlana :

  Je remercie les éditions Rageot et Babelio pour l’opération Masse Critique qui me permit d’acquérir ce roman ! J’ai été tirée au sort pour recevoir Lumière gratuitement en échange d’une chronique sur le site Babelio.com.

 

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Une petite mise en bouche…

  La salle est envahie d’une fumée si dense qu’à peine entrée, je suis secouée d’une quinte de toux, l’odeur du tabac me dégoûte. Assis près d’un fourneau, autour d’une grande table éclairée d’une multitude de chandelles, les clients fument de longues pipes comme je n’en ai jamais vu en France. Ils parlent fort, en levant leurs verres de vin. Certains sont ivres, avachis, leurs vestes déboutonnées. Une servante m’apostrophe :
  – Qu’est-ce qu’elle veut, la petite dame ?
[…]
  Alors que je bafouille laborieusement, je les vois apparaître tous les deux à travers l’épaisse fumée. Je suis certaine que ce sont eux, je ne pourrais expliquer pourquoi, c’est comme si je les reconnaissais, comme si je les avais déjà rencontrés et qu’ils faisaient déjà partie de ma vie. Et tandis qu’ils s’approchent, leurs visages se teintent tour à tour d’une multitude d’expressions – incompréhension, stupeur, joie.

 

 

Mon verdict :

  Jusqu’ici, je ne connaissais Carole Trébor que grâce à la saga U4, dont elle est l’un des auteurs. Difficile de véritablement découvrir la plume d’un écrivain avec un U4 : le cadre est restreint, imposé. Et force est de constater que dans un roman en solo, Carole Trébor semble préférer l’historique et les mythologies au post-apocalyptique.
  Je pense que Lumière s’adresse à des lecteurs un peu plus jeunes que moi, jusqu’à quinze ans environ. Mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture, loin de là.
  Lumière commence dans un cadre historique très réaliste : les parents adoptifs de Svetlana sont adeptes de la philosophie des Lumières et notre héroïne adhère complètement à ce mode de pensée ; alors, difficile de croire en l’existence des forces surnaturelles qu’elle va rencontrer au cours de son voyage. Pourtant, elle devra bien se résoudre à leur accorder le crédit qu’elles méritent, surtout qu’elles sont directement liées à son propre destin. Autant l’arrivée du fantastique dans le récit m’a un peu fait l’effet d’un chien dans un jeu de quilles (ça arrive assez brutalement et ce n’est pas très crédible au début), autant par la suite il s’intègre parfaitement à l’intrigue. En fait, nous suivons l’état d’esprit de Svetlana : d’un début réaliste et très terre-à-terre nous passons au rejet logique d’une dimension surnaturelle soudainement abordée et, par la force des choses, nous finissons par l’accepter. Le côté un peu « facile » de l’histoire vient peut-être aussi du public visé (je passerai sur la lettre miraculeusement retrouvée dans le grenier et qui poussera Svetlana à entreprendre son périple, c’est un schéma récurrent dans ce genre de romans…).
  Côté historique, rien à redire. Le roman est très bien renseigné, quel que soit le milieu dans lequel évoluent les protagonistes. Les architectures de Saint-Pétersbourg vendent du rêve, le froid mordant de l’hiver russe est omniprésent et donne une ambiance particulière au récit. Une très bonne immersion. Certaines illustres personnalités de l’époque apparaissent dans le roman : Diderot le philosophe, Catherine II la tsarine de Russie… L’auteure a réussi à leur donner une réelle consistance, un grain unique dans son œuvre, en s’inspirant de faits avérés tout en leur conférant quelques traits de caractère issus de sa propre imagination. Je souligne la présence, à la fin du roman, de quelques quarante pages documentaires sur les contextes politique et culturel de la Russie du XVIIIème siècle. Il y a de tout dedans : des cartes géographiques, des explications clarifiées, des extraits de textes écrits par Diderot même… Un bonus indéniable, et très parlant quant à l’implication de l’auteure dans son projet. Je vous déconseille néanmoins de le feuilleter avant d’avoir fini le roman, cela pourrait vous gâcher quelques surprises.
  Je m’attendais, après avoir lu la quatrième de couverture, à ce que le voyage de Svetlana soit plus long, plus périlleux. Mais ce n’est pas un malus pour l’histoire, malgré cette petite déconvenue, elle a su me surprendre.
  Côté fantastique, que du bon également, bien qu’un petit peu moins développé que l’aspect historique. Evidemment, nous avons ici affaire à la mythologie scandinave, mais l’intrigue se centre particulièrement – presque exclusivement – sur les divinités. L’aspect fantastique se calque et se mêle rapidement à l’historique, ils fonctionnent en tandem sur toute la fin du roman. C’est pour cela que la magie s’est trouvée, en un sens, « simplifiée » : plus assez de temps ni de place pour la développer à loisir. Mais ce n’est qu’une hypothèse, bien sûr. J’ai tout de même apprécié la diversité des dieux, leur répartition en castes – je n’en dis pas plus pour ne rien spoiler. Ici aussi, l’auteure en a inventé certains, quand d’autres sont issus de véritables mythes scandinaves.
  C’est ce mélange de réel et de fiction qui donne un aussi bon résultat : un roman auquel on peut se fier pour enrichir sa culture, mais qui a su tirer son épingle du jeu en proposant du contenu inédit. L’occasion est rare, de surcroît, d’explorer la culture russe au travers d’un roman.
  Parlons de l’histoire en elle-même, désormais. Dans l’ensemble, je me suis facilement prise au jeu, et j’ai suivi avec plaisir les aventures de Svetlana. Mais j’ai quelques détails à relever.
  Ce qui m’a le plus bloquée dans ma lecture, on s’en doute… c’est l’histoire d’amour, CQFD. Dans un roman pour plus jeunes que moi, en plus, ce fut encore pire… Je ne m’attarderai pas trop dessus parce que c’est évidemment du spoil, et je ne vous révélerai pas le nom de l’heureux courtisan de Svetlana, mais croyez-moi, ça se voit à des kilomètres. C’est pas simple formalité que je ne le nomme pas ici. Mais la conclusion de leur amourette tristement prévisible m’a complètement gâché la fin du roman.
  Et la brusque idylle de Svetlana pour Boris, on en parle ? Non, on n’en parle pas, ça vaut mieux. Même schéma : idée cliché, final trop prévisible. Aucun roman n’est parfait, et je sais que je suis dure, mais les histoires d’amour, rien à faire, je ne peux pas les blairer…
  Pour finir, petite mention à la première scène violente du roman aux alentours du chapitre 10 ; scène à évoquer avec un luxe de précautions car les risques de spoil sont élevés. C’est l’élément scénaristique que j’ai trouvé le plus étrange, pas un deus ex machina non plus mais je l’ai jugé… trop facile. Dur à prendre au sérieux. Dommage, parce qu’il est lourd de conséquences, mais je pense qu’il est arrivé « trop tôt » pour avoir un réel impact sur les émotions du lecteur. Ceux qui ont lu – ou qui liront – Lumière comprendront.

 

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Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 3/3 Le roman comporte de très belle illustrations au fil des pages.
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 2/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 1/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 24/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

 

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CQFD :

  Un background de qualité mais des relations inter-personnages un peu trop stéréotypées, tel est mon avis global sur Lumière – Le voyage de Svetlana. Dans tout les cas, c’est une excellente lecture.

 

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Si tu as aimé Lumière – Le voyage de Svetlana, tu aimeras…

Les Haut-Conteurs, de Patrick McSpare et Oliver Peru

Les Eveilleurs, de Pauline Alphen

La Voie des Oracles, d’Estelle Faye

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Bonus :

Ma chronique d’U4 – Jules, de la même auteure

 

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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