Le roi des fauves, d’Aurélie Wellenstein

 

Salutations.

Le roi des fauves

Mon résumé :

  Ivar, Kaya et Oswald vivent dans un petit village campagnard. Voici l’hiver qui arrive, et une famine terrible sévit chez eux… Les trois adolescents se décident, pour assurer la survie de leurs familles, à aller braconner sur les terres d’un seigneur voisin, le Jarl. Ivar est forgeron, Kaya couturière et Oswald herboriste ; malgré leurs compétences hétérogènes, ils espèrent bien dénicher quelque gibier pour se remplir le ventre, et ce sans se faire repérer par le seigneur. Les braconniers sont punis par une sentence de mort…
  Evidemment, leur aventure ne se conclura pas comme ils l’avaient espéré : surpris la main dans le sac, par des circonstances malheureuses, ils sont condamnés à un sort… pire que la mort.
  Dans les armées et les maisons nobles, on a coutume d’employer – ou plutôt d’exploiter – des créatures ignobles connues sous le nom de berserkirs. Ces êtres contre-nature sont des chimères sans équilibre, des humains qu’on a forcés à ingurgiter un lehrling, un parasite aux origines obscures. E l’espace de sept jours, sous l’emprise du ver maléfique, les malheureux se transforment en des monstres mi-hommes mi-animaux livrés à leurs instincts et dominés par leur partie bestiale. Alors leurs tortionnaires les couvrent de gris-gris ensorcelés pour anéantir les vestiges de leur libre arbitre et faire d’eux des marionnettes à leurs ordres.
  Ivar, Oswald et Kaya sont condamnés à devenir des berserkirs. Après avoir ingéré le lehrling, ils sont abandonnés dans les terres d’Hadarfell, contrées sauvages et magiques, avec d’autres détenus ; on reviendra les chercher une fois leur métamorphose achevée. Abandonnés de tous, ils font front tous les trois contre le destin qu’on leur impose. Pris de visions dans son sommeil, Ivar guide ses amis vers un être mystérieux, appelé roi des fauves, qui vit au fin fond des terres d’Hadarfell. Le roi des fauves prétend pouvoir les sauver de leur future existence de berserkir…

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Roman publié en 2015 aux éditions Scrinéo. One-shot. Format moyen. 284 pages.

Coût : 16,90€.

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Comment j’ai découvert Le roi des fauves :

  Ce roman a remporté le prix des Halliennales en 2015 ; je l’avais repéré à l’occasion en participant au concours d’écriture du salon du livre, lié au prix. Un an plus tard, je l’achetai au salon du livre de Montreuil avec une dédicace de l’auteure.

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Une petite mise en bouche…

 – Kaya ? demanda-t-il. Est-ce que ça va maintenant ?
  Elle se détacha de lui, l’air hagard. Ses yeux injectés de sang cherchèrent d’instinct le corps ; Ivar se plaça entre eux pour faire obstacle. Frustrée, les traits de Kaya se déformèrent sous l’effet de la colère. Ivar vit très nettement que ses canines s’étaient allongées. Il la saisit brutalement par les épaules et la secoua.
  – ça suffit ! ordonna-t-il. Reste avec nous !
  Les reflets métalliques de son regard se muèrent en une expression égarée. Elle s’amollit entre ses mains.
  – Qu’est-ce que j’ai ? murmura-t-elle, déconcertée.
  – On part. Tout de suite.
  La prenant par le coude, il l’entraîna à sa suite d’un pas rapide et elle se laissa faire, trébuchant sur ses talons. Oswald suivit sans mot dire.

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Mon verdict :

  J’ai trouvé à ce roman quelques similitudes avec Le Premier, de Nadia Coste, paru également chez Scrinéo en 2014 : un univers de dark fantasy, des créatures fantastiques… J’avais adoré Le Premier, j’ai adoré Le roi des fauves.
  L’action met du temps à démarrer, et on ne sait où nous mène l’histoire que grâce à la 4ème de couverture au moins jusqu’à la 70ème page. C’est un peu déstabilisant mais ainsi, l’auteure développe mieux ses protagonistes avant de les plonger dans les plus importants enjeux de l’intrigue. Nous suivons l’histoire du point de vue d’Ivar et en ce sens, même si les trois adolescents ont un rôle de choix, il se démarque des deux autres tant grâce à la complicité du point de vue interne que par le destin particulier qu’on entrevoit rapidement pour lui. Je ne vous en dis pas plus, mais j’ai trouvé la fin originale, même si je l’avais envisagée assez tôt dans ma lecture. Je tiens à préciser qu’aucun triangle amoureux ne vient ternir leur amitié, alors que la chose a dû être tentante ; c’est appréciable que l’auteure ait choisi de conserver une relation amicale dans leur trio.
  L’action n’est pas située géographiquement parlant, nous connaissons seulement Donnerheim, le village de Kaya, Ivar et Oswald (ce serait prétendument une commune du Grand Est français), ainsi que les terres d’Hadarfell, qui sont purement fictives. L’univers ressemble à de la fantasy historique mais la présence d’Hadarfell a fini par me persuader que malgré le cadre strictement médiéval,, le royaume du Haut-roi est bel et bien imaginaire.
  Je m’attendais, au vu du titre, à un roman plus poétique ; je ne pensais pas qu’il s’agirait de dark fantasy, en fait, or Le roi des fauves compte bien plus de passages d’ores que d’odes à la nature (mais il y en a quelques-unes, je vous l’accorde). Rien que l’idée du lehrling (avaler un ver géant sorti d’un cadavre oklm) annonce la couleur, et ça ne va pas en s’arrangeant. Du sang à foison, des berserkirs qui s’entre-dévorent, quel plaisir ! ça a son charme, c’est bien écrit, mais heureusement que le roman ne se résume pas à ça et que, non content de nous proposer des scènes d’action de qualité, il comporte également de grands enjeux psychologiques.
  En effet, les terres d’Hadarfell deviennent rapidement un véritable huis clos… avec une échéance, la fameuse semaine que nos héros mettront à se transformer en berserkirs. En luttant contre la fatalité qui les menace, ils tenteront tout pour survivre… et le lehrling en action va peu à peu influencer leur personnalité. D’un trio soudé, ils vont devenir un groupe fragile et plus vulnérable face aux épreuves qui se dresseront sur leur route vers le roi des fauves. Nous constatons la lente dégradation de leur relation et les nouveaux réflexes qu’ils acquièrent…
  Parlons-en, du roi des fauves ! Je l’ai adoré. Des mystères qui l’entourent à sa personnalité, toutes les qualités étaient au rendez-vous pour faire de lui mon personnage préféré du roman. Et mentionnons aussi le spectre de bouc, à mots voilés bien sûr ; lui, il m’a énormément fait penser à Vaïn, du roman Le premier, et pour cause… (aussi, je visualise toujours Falko avec des bois sur la tête, sûrement à cause de l’illustration couverture).
  Les berserks, dans la mythologie nordique, sont des guerriers à demi ours qui, lors de leurs combats, entrent dans une phase de rage bestiale qui leur permet de tout détruire sur leur passage, ami ou ennemi. La mythologie nordique revient à la mode dans la littérature et les œuvres culturelles en général ; ici, les berserkirs accusent quelques différences avec leurs originels, mais ils deviennent des êtres plus complexes, des sortes de lycanthropes en constante transformation dont il est instructif de décrypter la nature profonde, l’éthique et le comportement.
  Le principal défaut de Le roi des fauves reste pour moi ses dialogues, qui manquent souvent de force. Des phrases stéréotypées aux mots faciles, en passant par les virgules qui sonnent faux, je suis parfois restée perplexe en lisant certains passages. J’ai vu pire, certes, mais ça casse un peu l’ambiance des scènes importantes, sauf dans des scènes particulières ou cette franchise qui ne s’embarrasse pas des formes prend toute son utilité (je citerais bien quelques exemples, mais ça se finirait fatalement en spoil). Au moins les dialogues demeurent assez fluides. Les écritures descriptive et narrative sont efficaces et imagées, tout en conservant il est vrai une certaine simplicité qui se démarque dans les dialogues.

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Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3 J’insiste sur la couverture, elle est magnifique.
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 24/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

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CQFD :

  Le roi des fauves mérite bien son prix des Halliennales : l’histoire est originale même si elle met du temps à démarrer, les personnages sont construits avec savoir-faire. A peine une petite faiblesse dans les dialogues qu’il y a juste lieu de souligner.

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Le roi des fauvesAurélie Wellenstein a dessiné un petit Shishi sur ma dédicace. N’est-il pas mignon ?

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Si tu as aimé Le roi des fauves, tu aimeras…

Le Premier, de Nadia Coste
Les Traqueurs, d’Antoine Bombrun

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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