Dan Machi, de Fujino Omori

Salutations.

 

Dan-Machi

 

Mon résumé :

  Bell Cranel a quatorze ans. Il a quitté sa campagne profonde pour vivre à Orario, une ville millénaire à la grande renommée, après la mort de son grand-père. Là-bas, il compte devenir aventurier. Les aventuriers sont des combattants qui, chaque jour, mettent leur vie en danger en explorant le Donjon, un gigantesque réseau de grottes souterraines qui recèle mille monstres et trésors. La majorité d’entre eux appartiennent à des Familias ; une Familia est une sorte de guilde fondée par un dieu descendu dans le monde des humains. Les membres d’une Familia doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rapporter de l’argent à leur dieu (sympa), ce qui explique le succès de la carrière d’aventurier, malgré le taux de mortalité élevé parmi les débutants.
  Débarqué en ville et sans contacts, Bell entre au service d’Hestia, une déesse impopulaire tout juste arrivée dans le monde humain. C’est simple, Bell est l’unique membre de sa Familia à peine fondée ! Chaque jour, il s’aventure donc dans les premiers étages du Donjon dans l’espoir d’y dénicher des pierres magiques, à échanger contre de l’argent. Bell, en se rendant à Orario, caressait l’espoir de devenir aventurier mais, aussi et surtout, le doux rêve de rencontrer de jolies filles au cours de ses missions… Il a vite regretté cette motivation puérile, le métier est difficile et il n’a guère le temps de conter fleurette aux demoiselles entre deux gobelins à égorger. Un jour seulement, attaqué par un monstre venu des étages inférieurs et beaucoup trop puissant pour lui, Bell est sauvé de justesse par Aiz Wallenstein, une mystérieuse jeune femme membre d’une Familia reconnue, la Familia de Loki.
  C’en est fini de Bell : le voilà amoureux fou de la guerrière, et il n’a plus qu’une idée en tête : devenir plus fort pour atteindre son niveau et lui prouver sa valeur !

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Roman publié aux éditions Ofelbe. Format moyen. Série en cours. Traduit par marie-Saskia Raynal. 297 pages.

Coût : 12, 95€.

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Comment j’ai découvert Dan-Machi :

  Les éditions Ofelbe avaient un stand au salon du livre de Montreuil. Je suivais leur actualité depuis quelques mois et le concept des light novels directement importés du Japon me séduisait de plus en plus. J’ai fini par sauter le pas en achetant le tome 1 de Dan-Machi.

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Une petite mise en bouche…

  Le garçon ouvre grand les yeux et roule les épaules, comme s’il se souvenait de quelque chose, comme s’il exhumait une promesse qu’il s’était faite, puis il baisse son regard, plongeant en lui-même.
  Le silence s’installe alors, si pesant qu’il semble durer une éternité.
  – C’est promis ! répond Bell en relevant la tête.
  Ses yeux sont pleins de larmes, et une expression à la fois pénitente, heureuse et soulagée se lit sur son visage.
  Son sourire sincère est bien plus parlant et digne de confiance que tous les discours.
  Hestia est réconfortée dans la certitude que le garçon qui se tient devant elle tiendra parole.
  – Je ferai attention, continue-t-il sur sa lancée. J’ai bien l’intention d’essayer de toutes mes forces d’avancer et de devenir plus puissant. Je jure de ne jamais vous abandonner et de ne plus vous inquiéter.
  – Je suis contente de te l’entendre dire, lui répond Hestia tout en se faisant violence pour ne pas se blottir contre lui.

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Mon verdict :

  Je vous préviens d’ores et déjà, je ne chercherai pas à chroniquer Dan-Machi comme un roman ordinaire. Je vous rappelle déjà qu’il vient du JAPON (c’est peu équivoque) et en plus, il s’agit d’un light novel, c’est-à-dire que c’est un genre de roman qui s’apparente largement plus à du divertissement populaire qu’à une littérature qui se prend au sérieux. Je ne m’y attendais pas et je suis vraiment tombée des nues en découvrant le niveau de langage ; je suis désolée de le dire comme ça, mais vraiment, ça vole très bas pour le style, et j’y suis très très attachée, moi, au style. Je ne pense pas que la traduction soit en faute, au contraire, traduire Dan-Machi n’a pas dû être facile. Mais je serais bien en peine de chroniquer un light novel avec la même rigueur qu’un roman plus classique.
  Un light novel comme Dan-Machi, assez proche des shônens, semble mettre l’accent en priorité sur les aventures d’un héros en suivant des codes bien précis, avec du fan service en quantité (de jeunes femmes à belles formes de partout dans Dan-Machi), parfois au détriment d’une certaine qualité, je l’affirme sans prendre trop de risques. J’ai lu le début de quelques autres light novels des éditions Ofelbe et effectivement, l’écriture est assez semblable dans tous, aussi je peux soutenir mes affirmations ci-dessus (sauf pour SPice and Wolf, qui de toute manière a des thèmes plus sérieux).
  Dan-Machi compte beaucoup de passages descriptifs car l’univers est complexe et compte nombre de subtilités : des détails à justifier pour conserver une certaine crédibilité, les secrets du Donjon, les relations entre les personnages qui ont parfois besoin d’être expliquées plus en détail… Cela permet de saisir toutes les nuances de l’univers et de l’explorer à fond, en revanche, souvent ces passages durent plusieurs paragraphes et pour le coup, ça casse complètement le rythme de l’action. C’est nécessaire mais c’est dommage, je pense que certains auraient pu être évités en montrant les choses plutôt qu’en les décrivant. Il aurait fallu faire davantage confiance au lecteur, le laisser deviner tout seul parfois, mais c’est un peu idiot de reprocher ça à un light novel alors que c’est le même genre de littérature que les mangas. Et que dans les mangas, justement, le lecteur est complètement guidé, surtout dans les intrigues amoureuses, où tout est prévisible des kilomètres à l’avance, c’est le but. C’est donc un défaut qui n’en est pas un, et ce genre de défaut, on risque d’en retrouver pas mal dans cette chronique, parce qu’il s’agit de « faux reproches » faits au roman, qui se justifient par son genre.
  Le Donjon a tout d’une parodie de jeu vidéo : des items à récolter, des statistiques qui grimpent à l’œil nu, des niveaux de compétence et des monstres dont le rang dépend de l’étage auquel ils vivent. Tant que c’est assumé, ça marche ; difficile de passer à côté de cet aspect très « gamer » du roman, mais en tant que gameuse, je ne peux qu’approuver.
  Pour le reste, j’ai adoré Orario et ses méandres, le background tient parfaitement la route. C’est par ce point qu’un manga se différencie de ses semblables quand il conserve beaucoup de normes en commun avec eux ; normal que Dan-Machi joue aussi dessus pour se démarquer. Les monstres sont assez peu développés, mais j’imagine qu’ils deviendront de plus en plus intéressants au fur et à mesure que Bell descendra les étages du Donjon ; on passera des gobelins à des Minotaures, Doargents et autres joyeusetés pleines de griffes, de cornes et de crocs.
 
  Revenons sur les personnages ! Comme je l’ai évoqué plus haut, ça a tout du fan service, le modèle du harem à vrai dire ; cela, j’ignore si c’est récurrent dans tous les light novels, parce que franchement, pour la subtilité on repassera. Il y a au moins quinze personnages, protagonistes et secondaires ; facilement 80% de femmes, et quasiment que des demoiselles dont on souligne les belles formes, c’est-à-dire une silhouette svelte et une énorme poitrine. (Un seul personnage échappe à la règle, on insiste plutôt sur sa quasi-absence de seins, et la femme a justement un complexe par rapport à ça.) Les féministes remballez vos remarques acerbes, c’est japonais je vous le rappelle, et à ce titre le roman suit des codes relativement différents des nôtres en matière de personnages féminins. Quand ici on valorise les femmes indépendantes qui soutiennent des valeurs fortes, le light novel préfère le fan service qui s’assume. Un héros dont toutes les dames tombent amoureuses en dépit de son caractère soi-disant quelconque, qui ne s’aperçoit de rien parce qu’il est obnubilé par son objectif à atteindre (soit devenir le plus fort de son pays/monde/royaume), ça court les rues dans ce genre de littérature, et ce n’est pas un reproche, juste un détail à prendre en compte si on veut apprécier le roman à sa juste valeur. Oui, ça m’a pas mal gênée par moments, mais il faut savoir passer outre : je suis persuadée que l’auteur n’a pas écrit ça avec un but réducteur, au contraire. Je le souligne car retrouver ce genre de codes que je pensais typiques des mangas m’a sacrément surprise, et je n’ai pas envie que d’autres lâchent l’affaire à cause de ça ou le prennent mal. J’ai failli le prendre mal mais j’ai fait des efforts pour ne pas le voir au premier degré (à cause du poster disponible au début du roman surtout, je ne m’y attendais pas… C’est carrément du ecchi !).
  Ainsi, quand il y a énormément de femmes, les hommes se sont faits très rares, trois ou quatre à peine ont une certaine importance. Mon personnage préféré d’ailleurs, c’est Ganesh, un dieu. Il est génial, celui-là, dommage qu’on parle si peu de lui. J’espère que par la suite il gagnera en présence !
 
  Pour le reste, l’écriture prend beaucoup de facilités : des participes présents à foison, qui résultent peut-être de la traduction (mais j’ignore s’il existe des participes présent en japonais), des « donc » en connecteurs de propositions qui me hérissent le poil à chaque fois, et diantre, ces pronoms démonstratifs pour introduire une périphrase ! Je passe pour une maniaque, mais je vous jure, ce genre de choses me tient à cœur ! Si on essayait de publier un roman écrit de la sorte directement en France, niveau style, ça ne passerait pas, j’en mets ma main à couper. Ça m’a un peu bloquée dans ma lecture, je grinçais souvent des dents, mais j’ai plus ou moins fini par m’y faire. J’ai par contre trouvé deux « grosses » fautes d’orthographe vers la fin du roman, ça reste compréhensible mais ça pique un peu les yeux : avidement écrit « avidemment » et « pause » au lieu de « pose » (« Hestia, étalée dans une pause vraiment bizarre au pied du lit »). Ce n’est pas la mort qui tue non plus, des fautes d’inattention, mais en tant qu’obsédée d’orthographe je voulais tout de même le mentionner. Encore une fois, il suffit de l’accepter et de passer outre pour apprécier le roman malgré ces facilités. Comme je suis un peu rigide avec ça, j’ai eu du mal, mais que ça ne vous effraie pas surtout, il est tout à fait possible de ne pas y accorder plus d’attention que nécessaire même si j’en fais tout un foin.
 
  Sinon l’intrigue tient clairement la route, il y a des retournements de situation rocambolesques à tous les coins de page même si beaucoup demeurent prévisibles. Les combats sont soignés, le suspense est au rendez-vous, bref, le roman se rattrape largement sur ces points. L’aspect fight est crucial, ça se comprend dès la première scène, où nous voyons Bell en difficulté face à un Minotaure bien trop puissant pour lui. Peut-être une petite réserve supplémentaire sur l’abondance d’onomatopées pour faire parler les monstres, mais on s’en fiche un peu.

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Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 3/3 Je souligne les illustrations de Suzuhito Yasuda qui apportent beaucoup au roman, même si certains personnages ne ressemblaient pas du tout à ce que j’avais imaginé (Freya surtout).
Le langage : 2/4
La nature : 2/2
Le thème : 2/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 1/3
Le style littéraire : 1/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 21/30. Pas trop mal !
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

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CQFD :

  Mes réflexions partagées sur Dan-Machi tiennent principalement du fait que c’est mon tout premier light novel et que je ne pouvais pas laisser passer toutes ces petites remarques sur ce genre si particulier. Mais si vous êtes habitués aux mangas, passer aux light novels ne vous posera aucun problème, au contraire. L’influence de l’univers que je croyais typique des mangas est omniprésente dans Dan-Machi et ravira les otakus. Je ne le conseillerais peut-être pas, par contre, aux amoureux de la langue qui ne jurent que par l’objet littéraire. Ou alors préparez-vous bien et ne venez pas pleurer après.

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Si tu as aimé Dan-Machi, tu aimeras…

Guin Saga, roman de Kaoru Kurimoto (ce n’est pas un light novel)
Seven Deadly Sins, manga de Nakaba Suzuki

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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