La balance brisée, de Lise Syven

Salutations.

 

La Balance Brisée

 

 

Mon résumé :

  Elie Sallenz vient de voir son quotidien d’adolescente bouleversée : ses parents ont trouvé la mort dans u accident de voiture en percutant un arbre sur une route pluvieuse. Elle vit désormais avec son grand frère Karl et la tante Magalie, leur nouvelle tutrice légale.
  Elie a déjà du mal à s’adapter à tous ces changements, mais  elle se sent de plus étrangement mise à l’écart sous son propre toit : Karl et Mag font des messes basses, lui cachent certaines de leurs activités… En écoutant aux portes – elle adore ça, la jeune fille croit même comprendre qu’ils soupçonnent la mort de leurs parents d’être un assassinat !
  A force de les espionner quotidiennement, elle accumule les indices et finit par entrevoir un fond de vérité. Si elle interprète correctement les obscurs chuchotis de Karl et Mag, sa famille serait une famille de magiciens, rien que ça. Ils disposeraient de pouvoirs d’illusion, de sublimation, transmis de parent en enfant depuis l’éternité.
  Alors qu’Elie se débrouille pour concilier ces nouveaux mystères et sa vie de collégienne, des apparences tombent dans son entourage et la situation se complique davantage encore. Pour tirer le vrai du faux, faire la différence entre tromperie et vérité, Elie va devoir user de ses dons à peine éclos et se fier à son propre sens de la justice…

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Roman publié en 2014 aux éditions Castelmore. Trilogie entièrement parue. Format poche. Tome 1 = 445 pages (mais c’est écrit très gros).

Coût : 10,90€ l’un.

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Comment j’ai découvert La Balance Brisée :

  Au salon du livre de Montreuil 2016, je me suis attardée plus que de raison au stand de Castelmore, et j’ai bloqué sur la couverture de La Balance Brisée. En plus, l’auteure était française ! Quand j’ai su de surcroît qu’elle serait en dédicace le lendemain, j’ai arrêté mon choix et j’ai pris le roman. Tête de mule, je l’ai oublié chez moi le jour suivant, mais j’ai apporté une feuille de papier à dédicacer pour la glisser ensuite dans le livre. C’est mieux que rien !

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Une petite mise en bouche…

  Juste à côté de la vitrine, un tableau est attaché au mur.  Il s’agit d’une reproduction d’une œuvre de Dali, avec des montres difformes et un échiquier biscornu. Alors que je le contemple, je remarque un élément étrange : le coin de la toile frissonne. Les muscles de mon cou se raidissent tandis que j’approche, intriguée.  Une brève ondulation me fait bondir en arrière. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine ; une nouvelle vague déforme le dessin. Je voudrais appeler à l’aide, mais mon cri meurt dans ma gorge nouée. Hypnotisée par le spectacle, j’assiste, impuissante, à la transformation du tableau. Cela ne dure qu’une minute. La surface se craquelle de lumière, s’effrite et se disperse sous forme de poussière. Apparaissent un visage fin, des lueurs dorées, une silhouette drapée, une épaule nue, et devant elle, une balance à l’axe brisé. Au final, je reconnais une carte de tarot familière : la Justice, identique à celle du jeu de papa.
  Dans mes veines, le sang s’emballe. Je suis prise de vertige, je me sens mal, je crois que je vais vomir. […] Je revois la scène encore et encore.
  Malgré mon refus d’y croire, l’évidence me frappe. C’était de la magie.

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Mon verdict :

  La Balance Brisée est un roman fantastique qui s’adresse majoritairement à des pré-ados, ou à de jeunes ados ; en cela l’héroïne est une collégienne, l’écriture à la première personne suit ses pensées de près et avec un ton assez oral. Ça m’étonne un peu que la trilogie soit éditée chez Castelmore, je pensais qu’ils s’orientaient davantage vers le young adult. Néanmoins, j’avais pressenti cette tranche d’âge rien qu’en lisant la quatrième de couverture, alors ça ne m’a pas surprise. Je m’attendais aussi à quelque chose d’un chouïa plus burlesque à cause de certains termes de ladite quatrième de couverture (canards en plastique, passion pour les badges…).

 

  Le roman s’inscrit parfaitement dans les normes des romans fantastiques pour pré-ados. Mais ça n’en fait pas une mauvaise lecture pour autant, sans quoi je ne l’aurais certainement pas chroniqué. Les aventures d’Elie et de sa famille (ou ce qu’il en reste, LOL) ont su me tenir en haleine tut au long du roman. Les premiers chapitres gardent une ambiance très mystérieuse, Elie peine quelque peu à faire lumière sur ce que sa tante et son frère lui cachent ; nous passons de ce suspense à celui des enjeux soulevés par ses découvertes, dans une très bonne transition. Impossible d’éviter la petite tirade qui dévoile enfin complètement la nature des subliminaux et leur histoire jusqu’à nos jours, elle est sempiternelle voire traditionnelle dans ce genre de romans… Mais même après que tout soit devenu à peu près clair dans la tête d’Elie, les cachotteries continuent, et la voilà qui repart à la chasse aux secrets ! Ce n’est pas répétitif, le rythme est tenu, la répartition entre l’action magique et le quotidien d’écolière est parfaite. Tout est lié sans le sembler, en bref, je pense que les lecteurs n’auront aucun mal à s’identifier à l’héroïne. Et puis, qui n’a jamais écouté les adultes aux portes ?
  L’univers des subliminaux tranche avec les types de magie qu’on retrouve le plus souvent dans les romans : ici, pas d’effets spéciaux du type éclairs éblouissants ou boules de feu, sinon un art discret et subtil qui met des années à être correctement maîtrisé. Ses limites sont clairement évoquées et Elie, bien que douée, n’a pas grand-chose d’un prodige. Elle se trouve constamment indécise, prise entre deux feux : que et qui croire dans un monde où tout pourrait parfaitement être fabriqué de toutes pièces pour la manipuler ? Je me suis très souvent posé la question, mais heureusement qu’Elie fut moins hésitante que moi : le roman aurait été long si elle avait douté de l’existence du moindre élément de son entourage, comme nous les lecteurs avec notre point de vue plus distant. Pour moi, cet univers manque encore un peu d’éléments matériels : les artefacts de Frédéric Sallenz seront-ils davantage développés dans les livres à venir ? Je l’espère. Une magie basée sur les illusions, c’est plaisant, mais ça manque encore trop de vieilles reliques à mon goût. J’adore les reliques.

 

  J’ai trouvé très belle la relation entre Fatou et Elie, je les aurais volontiers shipées si l’auteure n’avait pas autant insisté sur le caractère fraternel de leur relation. Fatou est un personnage que j’aime beaucoup et que j’ai hâte de retrouver dans le tome 2 de La Balance Brisée. Karl m’est resté assez antipathique, ainsi qu’Elie elle-même : trop fouineuse à mon goût, pas obéissante… Au moins a-t-elle une personnalité solide et peu commune, mais objectivement, ce n’est pas toujours une enfant modèle ! J’ai détesté Max : un jeune homme ténébreux et introverti, a priori sorti de nulle part, qui veut séduire l’héroïne… Non merci. Et un gros, gros coup de cœur pour Maître Dörst. J’adore ses tics de langage, son jargon.
  Du reste, beaucoup de mystères planent encore autour de l’Ordre ; au final, peut-on se fier à eux ? La question est omniprésente et prend un sens particulier dans ce roman où les illusions sont reines. Et ce n’est pas De Tresnay qui nous inspirera de la confiance à son égard…

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Mes notes :

Le titre : 1/2 « La Balance Brisée » ça marche, mais le sous-titre du tome 1, par pitié, « Subliminale »… Des adjectifs à l’accent exotique qualifiant l’héroïne, vraiment ? ça n’a pas un goût de déjà-vu ?
La mise en page : 2/3 Je trouve la police d’écriture un peu grosse. Les quelques illustrations qui ponctuent les fins de chapitre sont bien sympathiques.
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 1/2
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 23/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

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CQFD :

  Un roman qui ne prend pas trop de risques question originalité, mais qui garde assez d’identité pour nous promettre de belles heures de lecture. Un peu d’humour, un peu d’aventure et beaucoup de mystères, bienvenue dans le monde des subliminaux !

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Si tu as aimé La Balance Brisée, tu aimeras…

June, de Manon Fargetton
Le Livre de Saskia, de Marie Pavlenko
La trilogie des Charmettes, d’Eric Boisset

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Bonus :

Le site de Lise Syven

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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2 commentaires sur “La balance brisée, de Lise Syven

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