Miss Peregrine et les enfants particuliers, de Ransom Riggs

Salutations.

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers

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Mon résumé :

  Depuis sa plus tendre enfance, Jacob Portman est bercé par les fantastiques histoires que lui raconte Abe, son grand-père : pendant la guerre, il aurait été recueilli dans un orphelinat très… particulier. Dirigé par Miss Peregrine Faucon, il serait peuplé d’enfants aux capacités toutes plus fantastiques les unes que les autres : un garçon invisible, des jumeaux à la force surhumaine, une fille capable de voler, une autre qui a une deuxième bouche derrière la tête… Que d’extravagance ! Mais les histoires du vieux Portman avaient aussi leur lot de cauchemars. Selon lui, des monstres assoiffés de sang poursuivraient les gamins, prêts à tout pour leur mettre la main dessus et se repaître de leur chair. Le petit Jacob, complètement emporté par ces récits, a longtemps eu du mal à s’endormir le soir, mais avec l’âge, il a peu à peu cessé d’y croire. Lui et ses parents ont commencé à traiter son grand-père comme un pauvre homme dépassé par les horreurs vécues à la guerre, qui aurait compensé son mal-être avec des inventions abracadabrantesques.
  Jacob a maintenant seize ans. Quand il retrouve Abe mort dans les sous-bois près de chez lui, et qu’il croit entrapercevoir l’un des terribles monstres de son enfance sur les lieux du crime, il hésite entre se penser fou ou accepter de croire, de nouveau, aux élucubrations de feu son aïeul. En quête de vérité, Jacob voyage jusqu’à la petite île de Cairnholm, au large du pays de Galles : là-bas se trouverait encore l’orphelinat qui a accueilli son grand-père jusqu’en 1940. Il espère y trouver des réponses pour se rassurer sur sa propre santé mentale mise à mal.
  Quand l’orphelinat finit par lui délivrer tous ses secrets, Jacob se retrouve confronté à un dilemme des plus cruels : que choisir, entre sa vie d’adolescent ordinaire et le don que lui a légué son grand-père ? Serait-il possible de concilier les deux ?
  Pour ne rien arranger à sa situation, ceux qui ont assassiné son grand-père ont retrouvé sa trace, et ils sont bien décidés à faire du zèle avec lui…

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Roman premièrement publié en 2011 aux éditions Bayard. Mon exemplaire date de 2016, c’est une édition augmentée avec des photographies du film adapté qui vient de sortir. Il est en grand format. Trilogie, tous tomes parus. 432 pages.

Coût : 15,90€.

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Comment j’ai découvert Miss Peregrine et les enfants particuliers :

  Miss Peregrine est l’un de mes cadeaux de Noël 2016. C’est ma petite cousine qui me l’a offert ! ça me démangeait de voir le film mais je voulais absolument lire le livre avant… Autrement dit, ma cousine n’aurait pas pu mieux choisir.

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Une petite mise en bouche…

  Sous ces photos, j’en ai découvert cinq autres que Grandpa ne m’avait jamais montrées. J’ai compris pourquoi en les examinant de plus près. Trois d’entre elles comportaient des trucages si évidents que même un enfant ne s’y serait pas laissé prendre : une surimpression cocasse montrant une fillette prisonnière d’une bouteille ; un bébé qui « lévitait », probablement tenu en l’air par un individu caché dans l’embrasure d’une porte ; un grossier photomontage dont le résultat était un chien au visage de garçon. Et, comme si ce n’était pas assez bizarre, les deux dernières semblaient tout droit sorties d’un cauchemar de David Lynch. Une jeune contorsionniste boudeuse en train d’exécuter une figure effrayante et des jumeaux inquiétants, vêtus de costumes étranges.
  Agenouillé sur le sol poussiéreux, les photos dans les mains, je me suis rappelé le sentiment de trahison que j’avais éprouvé le jour où j’avais compris que les histoires de Grandpa étaient fictives.

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Mon verdict :

  L’histoire met du temps à démarrer. Elle s’introduit lentement avec de longues descriptions des merveilles racontées par Abe. Mais c’est un vrai plaisir d’être immergé de la sorte dans l’univers du roman ; toutes ses subtilités sont expliquées sous le couvert du conte pour enfant. Le lecteur, lui, sait très bien reconnaître ce qui deviendra plus tard le cœur de l’intrigue. Les informations sur les pensionnaires particuliers de l’orphelinat de Cairnholm, les caractéristiques des hideuses créatures qui les pourchassent… Au début il est dur pour nous de faire la part des choses, comme pour Jacob. Abe dit-il la vérité, affabule-t-il, exagère-t-il ? De nombreuses photos défilent au fil des pages, dans mon édition en tout cas. Elles représentent des personnages, des scènes, et toutes les photos sont en même temps évoquées dans l’histoire. Elles datent du XXème siècle et à quelques exceptions près, toues sont authentiques, ou truquées depuis l’époque où elles ont été prises ! Ce support visuel apporte énormément au roman et contribue à créer l’atmosphère sombre, angoissante mais enchanteresse qui le caractérise. Je comprends mieux pourquoi Tim Burton s’est intéressé à l’œuvre, il a senti le potentiel à exploiter.
 
  Le personnage d’Emma m’est resté très antipathique. Je l’ai trouvée trop stéréotypée, et ses sentiments, damn… Jacob a raison, on n’est pas loin de l’inceste, là ! C’est malsain !
  Les quelques passages entrevus du film m’ont fait porter de hautes attentes sur Miss Peregrine, mais le résultat s’avère décevant dans le roman. Loin de la jeune femme charismatique omniprésente sur les affiches – je comprends, c’est un parti pris du film d’autant modifier son design – Peregrine Faucon est finalement peu décrite physiquement. On entend davantage parler d’elle par ses pupilles qu’au style direct ; je trouve son personnage important mais trop peu exploité concernant son caractère, ses habitudes de vie. Et puis c’est un faucon diantre, pas un vulgaire pigeon ! Sa qualité d’ombrune (terme à découvrir dans le roman) aurait pu donner un parallélisme très intéressant entre son moi humain et son moi oiseau, des influences de cette animalité sur son comportement, par exemple ? Je trouve décevant qu’elle se confine autant dans son rôle de directrice et e chaperonne plutôt que de gagner davantage de substance. Elle est auréolée de mystères dans le premier tiers du roman, mais ce suspense est, pour moi, mal récompensé.
  La galerie de personnages secondaires a un charme certain, surtout les pensionnaires de Cairnholm, très différents les uns des autres car majoritairement esquissés par les caractéristiques de leurs pouvoirs. Jacob connaît l’étendue de leurs dons avant de découvrir leur personnalité. Mais une fois ce cap passé ils développent des psychés variées ; c’est-à-dire qu’ils ne se limitent pas à leurs pouvoirs. Leur qualité d’enfant malgré leur âge (vous comprendrez) ne m’a pas vraiment convaincue, je trouve ça un peu fort de café, mais on va voir comment l’élément est exploité dans les tomes à venir, maintenant que les protagonistes sont en quelque sorte sortis de leur zone de confort.
 
  L’intrigue m’a tenue en haleine d’un bout à l’autre, des premières investigations de Jacob au dénouement lourd en suspenses. La fin est un peu triste je dois dire, mais je trouve surprenant – et agréable – que pour une fois, un premier tome se finisse sur une situation aussi désespérée avec des pertes réelles, et un horizon nouveau qui s’ouvre. Je ne suis pas amatrice des fins ouvertes mais celle-ci m’a interpellée. Entre fin ouverte et cliffhanger, c’est intrigant…
  Le personnage de Jacob évolue sensiblement : d’un jeune homme plein de questionnements, il est devenu presque un leader ! La phase de dépression par laquelle il passe dans le premier tiers du roman après le décès de son grand-père est pour moi très bien décrite ; pile assez de distance, pas trop larmoyant. Un héros attachant auquel on s’identifie facilement.
  J’ai hâte de lire le tome suivant ; car je le lirai sans hésiter, l’histoire a su m’embarquer. J’ai lu Miss Peregrine et les enfants particuliers en vingt-quatre heures chrono, le reste de la trilogie ne me fait pas peur.
 
  J’aurais du mal à juger l’écriture comme il s’agit d’une traduction mais de plus, elle ne m’a pas particulièrement marquée ; efficace, riche certes, mais rien de vraiment spécial à mon sens. Juste une qualité suffisante pour être qualifiée d’assez bonne, mais il manque un peu le petit « truc en plus » qu’on certains styles et qui les démarquent des autres romans ; je pense à J. K. Rowling, Eoin Colfer, Brandon Sanderson, pour ne citer que des auteurs anglophones.

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Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 3/3
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3
Le genre : 2/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
 
Total : 26/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

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CQFD :

  Miss Peregrine et les enfants particuliers se démarque par son ambiance et la diversité de ses personnages. Une histoire qui prend son temps pour démarrer mais qui devrait, je l’espère, gagner en force dans les prochains tomes.

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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