Zalim, de Carina Rozenfeld

Salutations.

 

Zalim

 

Mon résumé :

  Depuis cinq siècles, les royaumes de Rakeshin et d’Arensdaal se déchirent dans des guerres régulières, qui tiendraient à force presque de la tradition. Rakeshin, avide de nouveaux territoires, n’a de cesse d’attaquer Arensdaal et d’enchaîner les défaites… mais cette fois-ci, les généraux militaires ont joué ruse, stratégie, innovation et détermination : jamais leurs troupes n’ont été aussi proches de Limsdal, la capitale de l’ennemi. A l’abri de la ville fortifiée, le peuple tremble et les têtes pensantes commencent à envisager une solution de dernier recours… LE réveiller pour qu’il sauve Arensdaal d’une fin terrible. C’est une décision difficile à prendre car IL dévaste tout sur son passage, assoiffé de sang, sans faire de distinction entre ceux qui l’ont appelé et leurs adversaires. Disparu depuis dix ans, on parle de LUI comme d’une légende destructrice, une entité surpuissante qui tient plus du cauchemar que de l’arme secrète. Pour agir dans le monde des hommes, il s’incarne dans un hôte de chair et prend possession de son corps selon son bon plaisir, en puisant peu à peu dans ses réserves de vie. Cet hôte, la plupart du temps, l’héberge à son insu et ne se souvient d’aucune de ses prises de contrôle. L’unique moyen de contenir SA puissance une fois qu’IL est devenu inutile, c’est donc de mettre la main sur son hôte et de le droguer pour le restant de ses jours. Une multitude de précautions à prendre donc, que les dirigeants de Limsdal ne sont pas certains de pouvoir assumer…
  Dans le château presque assiégé et dans la campagne environnante, bien des mentalités s’affrontent : Yalmar, le roi d’Arensdaal, qui n’a de roi que le titre et passe ses journées à procrastiner ; Ederinn Maley, le vrai cerveau du royaume, déchiré par ses obligations et pétri d’amour pour son peuple ; Elyana, princesse rebelle, qui ne rêve que d’une chose, enfin se rendre utile et sauver les siens d’une défaite imminente ; Lucia, guérisseuse aux dons mystérieux, qui œuvre sur le front ; ou encore Jad, soldat Rakeshin qui va se retrouver aux prises avec sa propre éthique et sera contraint de douter des convictions qu’on lui a inculquées…
  Qui remportera cette guerre centenaire ? Et surtout, qu’adviendra-t-il d’eux tous une fois que LUI, le terrible Zalim, sera réveillé, et qui choisira-t-IL comme hôte pour ses agissements macabres ?

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Roman publié aux éditions Scrinéo en octobre 2016. Format moyen. 349 pages. Premier tome d’une série.

Coût : 16, 90€.

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Comment j’ai découvert Zalim :

  Je suis l’actualité de Carina Rozenfeld de loin : c’est une auteure que j’estime mais la majorité de ses romans tourne autour d’histoires amoureuses, autrement dit, clairement pas ma tasse de thé. Mais quand j’ai appris qu’elle signait une nouvelle série de fantasy chez Scrinéo… Comment aurais-je pu résister ? Je me suis procuré Zalim lors du salon du livre de Montreuil 2016, avec une jolie dédicace en prime, forcément. Il fait partie des bouquins que je mourais d’envie de dévorer dès sa sortie ; je l’ai attendu jusqu’en décembre pour l’acheter sur place et ne pas surcharger ma valise à l’allée au salon.

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Une petite mise en bouche…

  Ederinn attrapa la main de la jeune femme entre ses doigts longs et secs et les serra avec affection.
  – Je sais que tout cela est difficile à accepter. Cruel même. Mais il en va de notre avenir. Tous ces soldats au front qui luttent contre l’ennemi… Savez-vous combien ont déjà perdu la vie ? Des milliers. Des milliers de fils qui ne reviendront jamais chez eux, qui n’auront même pas l’occasion de voir grandir leurs enfants ou d’en avoir, même. Et c’est la même chose du côté des hommes de Rakeshin. Des morts, des blessés, des mutilés, des disparus, tout ce gâchis, pour rien. Cette guerre n’est bonne pour personne.
  – Vous dites que si on le réveille, il causera certes quelques pertes, mais il permettra au conflit de s’arrêter plus vite ?
  Ederinn se tut quelques instants. Son regard se perdit dans la contemplation de la vue du fjord Majeur. […] Il inspira longuement, attrapant dans ses poumons l’air frais et piquant du matin, qui charriait des parfums de forêt humide et de vent marin.
  – Je ne peux pas en être certain à coup sûr, Ely. Je ne possède pas de boule de cristal et je ne fais que me référer à notre histoire passée pour tenter de deviner l’histoire future, mais je pense que oui. Je pense que ça vaut le coup d’essayer.

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Mon verdict :

  D’habitude, Carina Rozenfeld est plutôt adepte de fantastique ou d’univers parallèles à la Terre. Ici, rien de tout ça, c’est de la fantasy pure et dure ! ça fait du bien. Autant à ses lecteurs qu’à elle, j’ai l’impression. J’avais plus ou moins cessé de lire ses romans par manque d’intérêt, mais damn, quelle bouffée d’oxygène Zalim a dû lui faire par rapport à son écriture de prédilection ! Elle s’est éclatée, Carina, et ça se sent. Le royaume d’Arensdaal et ses fjords titanesques, les tentes volantes qui servent de dortoir aux armées, les robes de bal et les charmes de Limsdal… Tu feras de la fantasy plus souvent à l’avenir, dis, Carina ? ça serait dommage de passer à côté de pareille créativité. Certes les stéréotypes de la fantasy sont bien présents (la princesse rebelle surtout, et les mœurs des royaumes en guerre, enfin, je vous passe l’analyse que j’ai menée sur leurs noms respectifs), mais l’imagination est là, l’originalité aussi, et le combo des deux donne un roman comme, je dois bien l’avouer, je n’en espérais pas vraiment de ta part. En commençant Zalim, je m’attendais à un background moins développé, davantage de relations amoureuses entre les personnages (l’habitude que voulez-vous), et plus de présence de la part de Zalim, qui finalement intervient assez tard dans l’histoire. Finalement, certes il y a de l’amour, et certes il m’a tapé sur les nerfs comme toujours, mais l’histoire ne se limite pas à ça !
  Sur le plan psychologique et par la complexité de leurs interactions, les personnages m’ont complètement charmée ; ils se méfient les uns des autres, les non-dits règnent, la guerre approchant les pousse dans les limites de leur endurance. Coup de cœur pour Ederinn, le premier ministre, même si en plus d’être sacrément beau gosse (lui prêter un « visage étroit » ne suffit pas à ternir son image), il est décidément parfois à la limite du Garry-Stu niveau comportement et qualité de mentor. De manière générale, à part le roi Yalmar qui est dépeint comme un être repoussant autant mentalement que physiquement, tous les protagonistes sont apparemment d’une beauté remarquable, identique à leur beauté intérieure, cela va de soi. Mais je chipote. Coup de cœur pour Ederinn donc, pour son caractère torturé, les responsabilités qui pèsent sur ses épaules musclées et son sens du sacrifice affiché. Je dois bien reconnaître que lui et Lucia sont bien mignons.
  J’ai moins apprécié Elyana, premièrement à cause de son prénom. Ça peut paraître tout bête, mais des héroïnes de fantasy qui s’appellent Elyana, ou Eliana, ou Heliana, ou Eriana… J’arrête, vous avez saisi ? J’en vois passer dans mes lectures tous les quatre matins, ça n’aide pas pour s’attacher à un personnage. Son côté princesse-rebelle est gênant quand on prend de la distance par rapport au livre, mais quand on a le nez dans le guidon ça ne gêne pas outre-mesure : elle va beaucoup évoluer, la chétive demoiselle, pour répondre aux attentes de son peuple que son incapable de père ne peut combler. Par contre, j’aurais bien aimé avoir le fichier de texte du roman sous la main, faire Ctrl+F et voir combien de fois l’expression « future reine » apparaît dans tout le livre. C’est fou, elle est partout cette périphrase ! « Princesse » encore je comprends, mais « future reine », c’est plus spécifique, et parfois un peu tape-nerfs quand ça apparaît dès qu’on mentionne les responsabilités d’Elyana, comme pour insister implicitement sur son brillant avenir.
Chipoter sur les petits détails, c’est ma spécialité. J’en mentionne encore un puis je passe à autre chose, ça marche ?
  Niveau écriture, Carina Rozenfeld a déjà prouvé sa valeur. Je souligne juste l’abondance de participes présents ; plus j’en vois en littérature, plus j’ai du mal à les apprécier. Sauf quand ils sont bien employés, évidemment, mais il me semble que dans le cas présent, on en abuse souvent pour des usages discutables, quand un point-virgule ou un petit « en » juste avant aurait donné plus de fluidité à la phrase. Les participes présent ne s’utilisent pas de la même façon en français qu’en anglais, malheureusement, et si on essaie de nous y convertir, moi je bloque ! Il est à noter que Carina, avant d’écrire Zalim, travaillait sur une série anglophone, The Secret Fire, ou Le Feu Secret en français. Une influence de la forme anglaise be+ing dont on nous rebat les oreilles à l’école, peut-être, qui se sera incrustée à son écriture francophone ?
Voilà, j’arrête avec les petits détails, promis
  J’avais une crainte en particulier, c’est que Zalim ne soit qu’une force brute sans véritable indépendance intellectuelle ; petit spoil, ce n’est pas le cas ! Il réfléchit, le bougre, et plus que Rakeshin, c’est bien lui le méchant de l’histoire pour l’instant (je dis bien pour l’instant). Même si la guerre est présentée comme quelque chose d’affreux et de néfaste pour les deux royaumes, il y a un indéniable parti pris pour Arensdaal, que ce soit par les actions des soldats de Rakeshin que par leurs idéaux belliqueux soulignés, ou encore par les caractéristiques de leurs noms respectifs – pas d’analyse, on a dit. Concernant l’hôte de Zalim, je dois avouer que sa révélation n’est pas si étonnante que ça. Pas de personnage sorti de derrière les fagots pour surprendre le lecteur au dernier moment, sinon quelque chose de cohérent et qui se soupçonne aisément. Mais comme il y a beaucoup de protagonistes à soupçonner, la surprise reste intacte.
  J’ai été agréablement surprise par les modestes proportions qu’a su garder l’intrigue amoureuse dans Zalim, même si on est évidemment passés par la phase d’admiration secrète que les tourtereaux ont l’un pour l’autre, et qui n’a pas manqué de me hérisser d’indignation. Le suspense final vaut la peine de poursuivre la série, même si le fait de voir l’héroïne « changer de chemin » de la sorte me déplaît un peu – je ne spoile rien, mais j’aurais aimé qu’elle suive une voie, disons, plus conventionnelle. Les amours secondaires ont un charme évident, mais je ne dévoile rien des paires formées ! Allez de vous-mêmes vous extasier devant en les découvrant au fil de votre lecture. Je n’ai pas de couple favori, à part le couple principal je les aime tous.

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Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3 Gros coup de cœur sur la couverture, les contrastes de blanc et de noir, le dessin… Du grand art ! Scrinéo tape toujours fort pour ses illustrations, à quelques exceptions près que je ne citerais pas
Le langage : 3/4
La nature : 2/2
Le thème : 3/3 La répartition entre les enjeux, à la fois ceux de la guerre et ceux de Zailm, est superbement gérée
Le genre : 1/2
L’intrigue : 4/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 2/3
Le plaisir de la lecture : 3/3
 
Total : 25/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

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CQFD :

  Carina Rozenfeld se met à la fantasy et damn, que c’est bon. Des personnages complexes, une bonne vieille guerre centenaire entre deux royaumes comme on les aime, et un démon qui va renverser la balance… Un presque sans-faute pour moi. Je me jetterai sur le tome 2.

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Si tu as aimé Zalim, tu aimeras…

La Passe-Miroir, de Christelle Dabos
Doregon, de Carina Rozenfeld
Le roi des fauves, d’Aurélie Wellenstein
Les Traqueurs, d’Antoine Bombrun

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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2 commentaires sur “Zalim, de Carina Rozenfeld

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