Le projet Starpoint, de Marie-Lorna Vaconsin

Salutations.

Le projet Starpoint

Mon résumé :

  Pythagore Luchon est entré en seconde cette année ; jeune homme rêveur et facile à vivre, il porte pourtant le poids d’un quotidien difficile… Voici trois ans, son père s’est fait agresser en pleine rue et il est toujours dans le coma. Sa mère est professeur de mathématiques dans son lycée et on le sait, ce genre de situation met toujours un adolescent mal à l’aise…
  Absent plusieurs jours pour des raisons de santé, Pyth est très surpris, à son retour, de trouver sa meilleure amie, Louise, en bien étrange compagnie : une jeune fille aux cheveux rouges, aux allures de sauvageonne, qui répond au prénom singulier de Foresta. Les deux amies ne se quittent plus, disparaissent régulièrement de la vue de tous pour des raisons obscures et Louise refuse d’en toucher le moindre mot à Pythagore. Celui-ci se sent bien délaissé, quand sa camarade de toujours lui fait des cachotteries…
  Mais tard un soir, Foresta vient le voir. C’est une urgence : Louise a disparu. Foresta va initier Pyth à l’un des secrets les mieux gardés du monde : en passant par l’angle mort d’un miroir, il est possible d’accéder à une dimension parallèle pleine de mystères et de surprises. C’est là-bas que se trouve Louise ; pour la sauver, Pyth bravera plus d’un danger…

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Roman à paraître le 2 mars 2017 aux éditions de La Belle Colère. Format moyen. 374 pages en épreuves non corrigées.

Coût : inconnu pour l’instant.

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Comment j’ai découvert Le projet Starpoint :

  Une libraire m’a prêté un exemplaire des épreuves non corrigées de ce roman. Dévoré en une semaine, une merveille.

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Une petite mise en bouche…

  Depuis deux nuits, Pythagore rêve de Foresta Erivan. Toujours le même rêve, qui commence au centre commercial de Petit-Château. Foresta se tient de dos ; il n’entrevoit que ses cheveux rouges à cause des allées et venues des passants.
  Soudain, des silhouettes s’approchent d’elle et la menacent. Elle se tourne et se met à les gifler. Une fois, deux fois, trois fois, avec des bruits de coups qui font mal à la tête ; quatre fois, cinq fois, six fois, jusqu’à ce que Pythagore se réveille en sursaut.
  Son lit est posté dans la cour de l’école, juste sous la statue du cardinal Pichon de Bury.
  Foresta Erivan apparaît. […] Pythagore essaie de se réveiller, pour de bon ; il ouvre les yeux, retrouve son lit.
  Mais son lit est encore dans la cour des Prophètes ; et Foresta s’est approchée de lui.
  Elle avance un peu plus à chaque fois que la boucle du rêve recommence. […] Ce manège le rend fou et le conduit invariablement à commettre quelque chose d’absurde – soit il se met à gifler la statue du cardinal Pichon de Bury, de la même façon qu’elle a giflé Maxence Vidal-Daguerre ; soit il retire ses vêtements en plein milieu de la cour et les cache sous son lit ; soit il se recouche avec Mme Solilaisse et se réveille pour de bon.

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Mon verdict :

  La libraire qui m’a prêté ce roman m’en a dit beaucoup de bien, aussi je m’attendais à une excellente lecture. Ce fut le cas, malgré quelques légères déceptions, assez subjectives je dois dire.
  L’intrigue mêle avec habileté les singularités du monde parallèle au nôtre, qui n’a pas de nom spécifique (nous l’appellerons l’autre-Terre) et les scènes de vie quotidienne dans notre propre dimension. Les protagonistes en sont les premiers surpris : entre aventures palpitantes d’un côté et routine de lycéens de l’autre, il y a de quoi être déconcerté. Le réalisme de l’univers scolaire est d’ailleurs saisissant, pour moi qui suis encore immergée dedans : la diversité des élèves, les examens blancs, et une multitude de petits détails croustillants. J’ai trouvé original l’emploi des noms de famille à tous bouts de champ, pour désigner les élèves dans une classe nombreuse pour comme tics oraux des personnages. ça surprend au début, puis on s’y fait et cela donne une sonorité particulière aux dialogues. Même si question nom de famille, notre héros n’est pas gâté : Luchon. Il s’appelle Pythagore Luchon. Comment coller un prénom aussi classe à un nom de famille pareil ? (et je m’excuse d’avance pour tous les gens qui s’appellent Luchon, je suis sûre que vous êtes super sympas.) Les prénoms, dans Le projet Starpoint, c’est tout un poème, et un délice pour moi qui raffole des mots à coucher dehors. Pythagore, Attila (mes coups de coeur <3), Foresta, Jordanie, j’en passe et des meilleures, côtoient des Louise, Lucien. ça représente parfaitement la diversité des prénoms de nos jours, entre les grands classiques et les innovations bizarres qui font taches sur les listes d’appel. Un aspect de l’histoire qui m’a directement embarquée dès les premières pages donc, ça commençait bien.
La découverte de l’autre-Terre m’a laissée un peu perplexe : une multitude d’informations sont données en même temps, puis l’intrigue revient dessus progressivement, pour les éclaircir une à une avec davantage de détails. Soit, mais sur le coup, l’histoire est très confuse ! C’est justifié par la confusion du héros même ; le pauvre Pythagore est dans un état second en s’aventurant pour la première fois dans l’autre dimension. J’y reviendrai. Effectivement, l’autre-Terre dispose d’une technologie bien distincte de la nôtre : tout un univers qui a évolué parallèlement à nous avec une géographie et une culture dignes d’un bon roman de fantasy, quoiqu’un peu compliquées à intégrer même à long terme pour moi. Une ambiance de steampunk indéniable, un vrai régal pour les amateurs du genre. La physique quantique et ses mystères ont une grande importance ici et même pour moi qui normalement y suis complètement allergique, c’est passé comme une lettre à la poste (comme pour Louis Pasteur contre les loups-garous et son amour de la chimie). L’auteure a le souci de rendre ce domaine accessible à tous ses lecteurs ; cette précaution se ressent dans la façon dont ses personnages utilisent des termes simples pour « vulgariser » des concepts, quand Lucien Luchon l’expliquait à son fils, par exemple. Et pour des fans habitués au monde littéraire, ces explications ne sont pas du luxe !
  L’intrigue bouge, entre les deux Terres donc, et si les scènes de pure action se font assez rares, la tension et le suspense ne manquent pas. De nombreux mystères demeurent inexpliqués à la fin de ce tome 1 et donnent l’impression d’un fil rouge à multiples facettes, avec des tas de petits nœuds divers qui s’additionnent ou se dénouent au fur et à mesure que l’histoire avance. Une intrigue prête à l’avance et qui sait parfaitement où elle va, en somme, que du bonheur.
  Marie-Lorna Vaconsin a une façon bien à elle de traduire la personnalité de ses personnages ; je n’avais jamais ressenti ça par le passé. Je veux dire, il y a une pudeur et une simplicité que je ne sais comment décrire quand nous suivons le point de vue interne de notre héros. S’identifier à Pythagore est très facile, pourtant il n’est généralement décrit que par un ensemble de détails plus ou moins ostentatoires dans la narration. Un adolescent aux préoccupations ordinaires qui découvre toutes ces aventures avec un étonnement teinté de rêverie, que le lecteur apprivoise petit à petit au fil des pages ; une connivence se crée entre eux. C’est magique. Le contraste entre son univers et l’autre-Terre se gère d’autant mieux que le réalisme est au rendez-vous : des noms de rue aux événements locaux, le petit monde de Pythagore s’ancre profondément dans notre réalité. Changez le nom de deux ou trois éléments et vous pourrez tout à fait l’adapter à votre chez-vous, c’est criant de crédibilité. Et se documenter de la sorte n’a pas dû être aisé pour l’auteure !
  Mais, passons à mon principal regret quant au Projet Starpoint ; les habitués, vous me sentez venir ? Oui. L’histoire d’amour, mes aïeux.
  On n’avait pas dit qu’on arrêtait, les relations amoureuses qui se sentent à des kilomètres et qui mettent des centaines de pages à se résoudre en parasitant au passage l’intrigue principale ? Non ? Va falloir faire quelque chose pourtant… Et encore j’exagère, dans Le projet Starpoint, le parasitage est moindre, juste un petit peu tape-nerfs dans quelques passages plus descriptifs. Par contre la fatalité du héros qui tombe amoureux, ça, je suis terriblement déçue… Je la shipais avec quelqu’un d’autre, la fille dont Pyth s’éprend, et lui aussi la shipait au départ, je signale ! Il y avait là un grand potentiel d’amour original qui ne s’est pas exploité. Personnellement je prie en secret pour que la situation se retourne dans les tomes à venir, mais bon, les probabilités sont faibles.

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Ma note :

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Points forts :

Ecriture sensuelle
Personnages avec une identité décrite subtilement, avec justesse
Diversité du background de l’autre-Terre

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Points faibles :

Intrigue amoureuse décevante, mais point sous réserve de voir la suite

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ShishiShishi enchanté. Coup de coeur qui emballe presque à la perfection. Quasiment dans mon élite !

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CQFD :

  Dans la lignée des Mystères de Larispem voire de La Passe-Miroir (mais ne nous emballons pas), Le projet Starpoint trace d’ores et déjà sa route dans les bons romans de l’imaginaire français qu’il vaut mieux suivre sous peine de rater un coup de cœur.

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Si tu as aimé Le projet Starpoint, tu aimeras…

Les mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot
Jonah, de Taï-Marc Le Thanh
La Balance Brisée, de Lise Syven (pour un public un chouia plus jeune)

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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4 commentaires sur “Le projet Starpoint, de Marie-Lorna Vaconsin

  1. Je n’avais pas entendu parler de cette sortie à venir, mais tu m’intrigues ! Et effectivement, la couverture est magnifique !
    (Par contre, désolée, mais Pythagore, c’est quand même too much comme prénom, et fils de petites de maths, encore plus ^^)

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    • C’est le premier roma jeunesse de cette maison d’éditions, mais il est très prometteur ! Perso j’adooore les prénoms « too much », plus c’est spécial plus ça me plaît 🙂 c’est vrai que sa mère n’a pas cherché très loin vu son job ahah

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