Phobie, de Sarah Cohen-Scali

Salutations.

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Phobie

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Mon résumé :

  Quand elle avait six ans, le père d’Anna l’a abandonnée en pleine nuit, seule dans sa maison, sans laisser ni traces ni explications. La petite, impressionnable et déjà sujette à des terreurs nocturnes, s’est persuadée que le croque-mitaine en personne est sorti de son placard et a dévoré son papa, disparu à jamais…
  Anna a désormais seize ans. Sa peur du noir ne l’a jamais quittée et s’y sont ajoutées une phobie des placards ou armoires dans sa chambre, une impossibilité chronique à dormir ailleurs que dans sa maison, et une attention démesurée portée à son poids : Anna ne veut pas grossir. Pour ne pas allécher le croque-mitaine qui, en quittant sa maison avec son papa dix ans plus tôt, a promis qu’il reviendrait pour la manger. Le soir d’Halloween, ses phobies de petite fille finissent par la rattraper : kidnappée et séquestrée dans un lieu inconnu, Anna doit faire face à ses craintes les plus profondes pour découvrir l’identité de son ravisseur…
  Le commissaire Ferreira est désigné pour mener l’enquête sur la mystérieuse disparition d’Anna. C’est aussi lui qui, dix ans auparavant, est arrivé en catastrophe dans sa maison pour la secourir après la disparition de son père. Il est plus déterminé que jamais à retrouver l’adolescente et à chasser définitivement les cauchemars qui la harcèlent depuis son enfance. Mais au cours de ses investigations, il risque de découvrir des secrets terribles sur le kidnappeur d’Anna et, surtout, sur ce qui s’est réellement passé lors de la fatale nuit où son père a disparu…

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Roman publié en février 2017 aux éditions Gulf Stream. One-shot. Format moyen. 401 pages.

Coût : 18€.

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Comment j’ai découvert Phobie :

  Il s’agit d’un service presse, que j’ai reçu par les éditions Gulf Stream. Je les remercie pour ce partenariat !

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Une petite mise en bouche…

  Les paroles des psychologues que j’ai consultés. Il y en a eu plusieurs, paraît-il. Je ne me souviens pas d’eux. A cinq ans, m’a dit ma mère, j’ai suivi une première psychothérapie. J’avais un sommeil agité, je faisais pipi au lit, j’avais du mal à me concentrer en classe. A sept ans, on m’a crue guérie. Mais ce n’était qu’une rémission, car un an après les cauchemars sont apparus. Le cauchemar.
  Les psychothérapies n’ont servi à rien. Les améliorations successives n’ont ps réglé le problème à fond. J’ai toujours aussi peur du noir. Je suis incapable de dormir ailleurs que chez moi. Jamais je n’ai passé la nuit chez une amie, de crainte de me couvrir de ridicule en demandant qu’on laisse la lumière allumée ou, pire, en mouillant les draps. Jamais je ne suis partie en voyage scolaire, pour les mêmes raisons. C’est tout juste si je supporte l’obscurité d’une salle de cinéma… Quant à mon poids, je le surveille avec un scrupule obsessionnel, et ce n’est pas de l’anorexie, comme on me l’a toujours affirmé. Je veille à ne pas avoir trop de chair sur l’os, pour ne pas régaler le croque-mitaine.

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Mon verdict :

  Phobie m’attirait énormément ; sa glaçante couverture et son résumé mystérieux annonçaient un thriller, un roman d’horreur entre réel et hallucinations pour la petite Anna au sombre passé… Sarah Cohen-Scali, grand nom de la littérature jeunesse (on lui connaît le terrible Max, une pure bombe) ne faisait qu’appuyer mes attentes : une superbe lecture s’annonçait. Sauf que, ballot, j’ai été plutôt déçue. Explications.
  Le premier tiers du roman, aucun souci. Les promesses sont tenues. Anna se réveille dans un environnement complètement étranger, les événements s’enchaînent sans que jamais elle parvienne clairement à déterminer les raisons de sa présence en ces lieux, certains passages sont à glacer le sang. Anna se retrouve en terrain inconnu, ses vieilles phobies la rattrapent, et son effroi se communique au lecteur sans difficulté aucune. Des allusions aux contes de fées qui ont rythmé notre propre enfanceau drôle de comportement du ravisseur de notre héroïne, tout est fai (et bien fait) pour nous faire frissonner d’horreur. La tension monte, les mystères se multiplient, et on n’attend plus qu’une chose, c’est que l’action aille crescendo jusqu’au dénouement… Sauf qu’alors, on n’en est encore qu’au premier tiers du roman. Et bientôt, on délaisse la tête d’Anna pour aller dans celle de Ferreira, policier zélé qui va tout faire pour remettre la main sur la gamine, portée disparue par sa mère.
  Quitter Anna à environ la moitié du roman, c’était briser l’ambiance du huis clos avec cette échappée du lecteur, de retour dans un monde qui lui est familier. Un pari risqué, me suis-je dit. Malheureusement, me concernant, la magie n’est pas revenue par la suite. En effet, les raisons de l’enlèvement d’Anna sont évoquées très rapidement ensuite, après une petite enquête policière avec deux-trois moments d’action comme tout thriller se doit d’en compter.
  Alors commence la seconde moitié du roman, et la déception pour moi. Je vais au maximum essayer de ne rien spoiler, mais quelques indices passeront forcément entre les mailles de mon filet. Si vraiment tu ne veux rien te gâcher, je t’invite à ne pas lire les paragraphes en italique, et on se retrouve juste après pour continuer ta lecture de cette chronique !
 
  La résolution de l’enlèvement d’Anna arrive cash… Et d’une façon extrêmement classique. C’est-à-dire, le roman portait les attentes de scènes lourdes de tension psychologiques, d’action peut-être, et l’une des clés de l’intrigue nous est livrée autour d’une table tandis que tous les protagonistes discutent du pourquoi et du comment de cet enlèvement. Seriamente. En plus de cela, cette fameuse scène dure très, très longtemps. Plus de cinquante pages ! Je veux bien que l’affaire soit complexe et que pour maintenir la crédibilité, de longues explications soient nécessaires, mais là c’est pousser le bouchon un peu loin. Personnellement, je n’étais pas loin de décrocher quand l’action est repartie. L’histoire est loin d’être inintéressante ! Mais la forme n’est pas toujours au service du fond, malheureusement. La seconde partie prend un tournant intéressant, mais nous sort complètement de l’ambiance de huis clos que vantait en premier lieu la quatrième de couverture.
  Il vaut mieux lire ce roman avec l’esprit libre et concentré ; l’intrigue est complexe, ça oui, et pas toujours facile à suivre. Mais prendre le temps de s’attarder dessus en vaut la peine : présent et passé se mêlent, de petits détails disséminés prennent une grande importance bref, une enquête policière menée avec brio. Dommage que certains de ses aspect ne paraissent pas assez vraisemblables pour vraiment convaincre le lecteur – je pense ici au rôle donné à Bernard Morel en relation avec Anna quand elle était enfant, qui me semble un peu tiré par les cheveux pour justifier les phobies de la petite.
  Et, dernier point qui me chiffonne, mais sur lequel je ne pourrai pas beaucoup développer : c’est un élément central de l’intrigue qu’il m’est impossible de spoiler. Pour parler à mots voilés : quand les personnages font l’expérience du cube immersif, ils oublient y être entrés pour « vivre pleinement » l’expérience en son sein. Mais comment est-ce possible ? Ferreira, comment s’est organisée la trame narrative à son sujet à la fin du roman ? J’ai beau relire les passages concernés, la solution ne vient pas. Si quelqu’un a trouvé comment s’organise l’intrigue avec ce qui ressemble fort à une ellipse providentielle pour passer sous silence des aspects inexplicables du roman, je l’invite à m’en parler, car personnellement, je sèche !
 
  A part ces quelques détails scénaristiques qui m’ont souvent fait grincer des dents (ça faisait longtemps), rien à redire sur le roman, même si j’en fais toute une montagne. Sarah Cohen-Scali a déjà prouvé ses talents d’autrice ; son écriture est efficace, imagée. Ses personnages sont attachants, Anna notamment ; difficile de s’identifier à elle à cause de son vécu et de sa psyché atypiques, mais je suis complètement tombée sous le charme de sa complexité. Ferreira, un peu moins ; je l’ai trouvé assez stéréotypé à vrai dire, néanmoins, ce n’est pas assez grave pour gâcher une lecture.

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Mes notes :

Le titre : 2/2
La mise en page : 2/3 La tranche du roman, comme tous ceux de la collection Electrogène des éditions Gulf Stream, est teinte d’une couleur pétante ; ici, du bleu royal. Très bel effet, quand je le lisais au lycée, tous mes copains s’en emparaient tour à tour pour l’examiner de plus près.
Le langage : 3/4
La nature : 1/2
Le thème : 2/3
Le genre : 1/2 Pour moi, le roman n’a pas été annoncé comme étant de genre policier, et en ce sens, il n’a pas tenu ses promesses de véritable thriller.
L’intrigue : 3/5
Les personnages : 3/3
Le style littéraire : 3/3
Le plaisir de la lecture : 2/3
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Total : 22/30.
//petit rappel : à mon sens, ce n’est pas vraiment le total qui compte, mais plutôt les notes par catégorie : il est plus intéressant et instructif de noter à quel endroit le livre a perdu des points, et pourquoi.//

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CQFD :

  Un roman qui traite d’une main de maître des sujets comme les phobies ou les traumatismes infantiles, une écriture qui dessert parfaitement l’ambiance horrifique de la première partie du roman, malgré une baisse de régime et des faiblesses scénaristiques par la suite.

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Si tu as aimé Phobie, tu aimeras…

 Memorex, de Cindy Van Wilder
Le bus, de Madeleine Robitaille

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Bonus :

Ma chronique de Max, de Sarah Cohen-Scali (attention les yeux, elle date un peu)
Les blogueuses Bob et Jean-Michel ont aussi lu Phobie : voici leur avis !

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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2 commentaires sur “Phobie, de Sarah Cohen-Scali

    • Là on décroche de l’ambiance du thriller, mais pas de l’intrigue. L’intrigue te tiendra jusqu’au bout, mais ça sera plus dans une ambiance de bon policier que de huis clos. A toi de voir :p et « Max » est un incontournable, trouvable dans toutes les biblis ! Je te le conseille très, très fortement.

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