Harry Potter et L’Enfant Maudit, de Jack Thorne et John Tiffany

Salutations.

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Harry Potter

 

Attention !

Cette chronique traite d’un ouvrage racontant des événements postérieurs à l’histoire de la série principale Harry Potter ; des spoilers de cette série apparaissent dès les lignes suivantes. Si tu n’as pas lu la série, je te déconseille donc fortement de consulter cette chronique pour le moment. Va plutôt lire HP, espèce d’inculte.

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Mon résumé :

  Dix-neuf ans après la grande bataille de Poudlard et la défaite de Lord Voldemort et de ses sbires, la paix est revenue dans le monde des sorciers. Harry Potter et Ginny Weasley ont eu trois enfants : du plus jeune au plus âgé, Lily, Albus et James Potter. Voici venu pour Albus le moment de commencer sa scolarité à Poudlard !
  Albus se sent prisonnier de la réputation de son père : il est le fils du célèbre sorcier à la cicatrice et son nom de famille lui pèse beaucoup au quotidien. Pour ne rien arranger, le Choixpeau l’envoie non pas à Griffondor, comme son père, son grand-père et son grand frère avant lui, mais à Serpentard… Là-bas, il fera la connaissance de Scorpius, le fils unique de Draco Malefoy ; les autres élèves ne se gênent pas pour médire sur leur amitié. De surcroît, de mauvaises rumeurs courent sur le compte de Draco : il serait le fils caché de Voldemort, conçu au moyen d’un Retourneur de Temps avant la mort du Seigneur des Ténèbres. Rumeurs démenties au possible par son père, mais les ragots ne se laissent pas étouffer par la simple parole d’un ancien Mangemort, et le petit Scorpius en pâtit.
  Désormais, Albus va commencer sa quatrième année d’étude à Poudlard. Peu avant la rentrée, il surprend une importante conversation entre son père et Amos Diggory ; Amos est le père de Cédric, le jeune homme qui fut tué par Voldemort lors du Tournoi des Trois Sorciers (cf : Harry Potter et la Coupe de Feu), et il demande à Harry de le laisser utiliser un Retourneur de Temps secrètement gardé par le Ministère de la Magie pour retourner dans le passé et sauver son fils. Harry refuse. En revanche Albus, déterminé à réparer par lui-même les erreurs de son père, va tenter l’aventure avec Scorpius en essayant de voler ledit Retourneur de Temps.
  Les deux apprentis sorciers se retrouvent à jongler avec les secrets du passé et les paradoxes temporels, pour le meilleur et pour le pire…

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Pièce de théâtre parue en 2016 aux éditions Little, Brown and Company (Gallimard Jeunesse en français). Une seule édition disponible pour l’instant, gros format et couverture rigide, très bel objet littéraire. 330 pages dans la version anglaise, 360 dans la version française.

Coût : 21€.

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Comment j’ai découvert Harry Potter et l’Enfant Maudit :

  Absolument tout le monde a entendu parler de la sortie de cette pièce de théâtre, si souvent  qualifiée de « huitième histoire » de l’univers d’Harry Potter par les médias. Personnellement, à cause du prix du bouquin, j’ai attendu Noël pour me le faire offrir, et en VO de surcroît.

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Mon verdict :

  Comme la majorité des Potterheads (si on ignore le pourcentage de rageux habituels qui médisent sur toute forme de nouveauté), j’en attendais pas mal de cette pièce de théâtre ; J. K. Rowling a participé à son élaboration, les médias nous teasaient dessus depuis des mois. Il n’y a qu’à voir le succès phénoménal qu’a eu le livre une fois sorti !
  Les fans ont des avis assez partagés sur le sujet ; certains ont adoré, mais la majorité a été déçue. Personnellement, je me situe à peu près au milieu, mais davantage, il est vrai, vers la déception que vers le coup de cœur.
  Retrouver Harry, Ron, Hermione, Ginny et quelques-uns de leurs camarades d’école, après ces années d’absence, est très réconfortant pour les Potterheads. Néanmoins, j’ai eu la sensation que nos héros, avec l’âge, avaient complètement changé de personnalité… Pas étonnant si on considère que dix-neuf ans les séparent de la bataille de Poudlard, mais le fossé qui se crée entre l’œuvre de J. K. Rowling et cette pièce de théâtre à cause de ce genre de détails nous donne le sentiment d’avoir perdu nos anciens héros en cours de route. Leur aventure est certes terminée, place à Albus et Scorpius désormais, Harry  en particulier m’est apparu comme complètement étranger au jeune homme attachant de la saga principale. Mal à l’aise dans son rôle de père, il sort des énormités et s’en fait une montagne ; les relations psychologiques entretenues avec Albus font ainsi très peu professionnel. « Je lui ai dit que j’aurais voulu ne jamais l’avoir comme fils, ohlàlà ça crée un gouffre entre lui et moi… » Je ne m’attendais pas à trouver d’élément perturbateur relationnel aussi cliché dans un livre Harry Potter. Mais soit. Excepté pour ce genre de coup d’éclat un peu trop stéréotypé à mon goût, le livre a su sauvegarder ce qui faisait, en partie, la richesse de la saga : des personnages touchants, avec une identité bien définie – exercice d’autant plus complexe qu’il s’agit ici d’une pièce de théâtre et non d’un roman, avec des didascalies en nombre limité. Le duo Albus-Scorpius fait des merveilles, je les aime beaucoup ; chacun d’eux va suivre une évolution différente, ils passent ainsi d’adolescents introvertis et/ou trop naïfs à des individus, fortifiés par les épreuves traversées, bien plus solides psychologiquement parlant. Des deux, Scorpius est mon préféré, pour son caractère gentillet qui lui jouera plus d’un tour, et ses répliques candides qui détendent les scènes les plus lourdes.
  Je ne vais pas revenir sur le débat des Retourneurs de Temps (visiblement une faille de l’intrigue de tout Harry Potter, cet objet est tellement cheaté qu’en deux-trois coups de sablier on aurait certainement pu sauver le monde dès le départ), mais en faire la clé de voûte de toute l’intrigue était un pari risqué. Jouer avec le temps est rarement une bonne idée, Albus et Scorpius vont l’apprendre à leurs dépens ; cela pour le plus grand plaisir des yeux des lecteurs, qui découvrent un florilège de possibilités scénaristiques à base de « Et si… » quant à l’univers et les conséquences de la mort de Cédric. Comme pour la relation Harry/Albus, certaines ficelles se voient un peu et on devine aisément que quelques éléments ont été accentués pour plaire au public, mais rien de trop grave.
  L’aspect prédominant de la pièce, qui a été pointé du doigt par énormément de fans, c’est que cette œuvre-là a absolument tout d’une bonne fanfiction. Bonne, certes (y a de tout sur Internet à propos de HP, je pense notamment à My Immortal ahah), mais fanfiction malgré tout. Et je ne pense pas que les scénaristes aient recherché ce but en écrivant L’Enfant Maudit. Il ne fallait pas s’attendre à retrouver la plume de J. K. Rowling, mais l’opinion publique désignant ce spin-off comme « la huitième histoire », une suite directe à la série principale, beaucoup ont été sacrément déçus par le résultat. Je m’attendais à des techniques alternatives à celles de JKR pour traiter de l’histoire et de cet univers si spécifique, la déception reste la même. Et soyons francs, sans l’ombre de Harry Potter qui plane sur cette pièce de théâtre, aurait-elle rencontré, non pas un succès mondial tout de même, mais au moins un public assez motivé pour la porter vers les sommets ? Je ne pense pas. J’ai lu la version anglaise alors je ne peux garantir avoir compris l’ensemble du style littéraire comme pour une œuvre française, mais tout de même, on est loin d’un chef-d’œuvre absolu qui aurait fait l’unanimité indépendamment. Et ça doit être impossible à monter ! Comprenez ; je n’ai pas vu la pièce représentée, mais les didascalies ne ménagent pas le metteur en scène : voyages dans le temps, utilisation de Polynectar (rappel, il s’agit d’une potion pour emprunter l’apparence de quelqu’un d’autre…), sorts lancés en pagaille, et des décors tels qu’un lac, une église… Un véritable casse-tête, j’imagine !
  Enfin, quelques mots sur le rebondissement final. Je me le suis spoilé toute seule, comme une abrutie, en regardant une critique Booktube, qui prévenait des risques de spoils en plus. Mais bref. Franchement, c’est une idée qui me plaît énormément, bien que je n’aie pas exactement compris le pourquoi du comment à cause de mes difficultés à suivre les détails les plus subtils de l’intrigue en langue anglaise. Mais encore une fois, ça tient tellement plus du fanservice que d’une révélation tangible… Ceux qui connaissent d’ores et déjà la fin, et le personnage-traître (appelons-le comme ça), avez-vous eu le même ressenti que moi ? Une idée en or massif pour hyper les fans, mais une crédibilité qui laisse à désirer ?

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Je n’ai pas de barème établi pour noter une pièce de théâtre, alors on se passera de la        rubrique « Notes » pour cette fois.

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CQFD :

  Pour moi, Harry Potter et l’Enfant Maudit n’est pas à la hauteur de la série principale, mais le livre reste agréable à lire. Malgré beaucoup de fanservice, le format de la pièce de théâtre apporte une touche de fraîcheur à un univers tellement imaginatif qu’il aurait été dommage de se cantonner au simple format du roman.

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Si tu as aimé Harry Potter et l’Enfant Maudit, tu aimeras…

La série Harry Potter de JKR, mais si tu es arrivé à ce stade de la chronique, j’imagine que tu l’as déjà lue depuis longtemps.
Oksa Pollock, d’Anne Plichota et Cendrine Wolf
Les étranges sœurs Wilcox, de Fabrice Colin
Tara Dunca *tousse*

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Bonus :

Christine Jones, la metteuse en scène de la pièce de théâtre, nous montre quelques aperçus du montage de la pièce… (attention, c’est en anglais)

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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2 commentaires sur “Harry Potter et L’Enfant Maudit, de Jack Thorne et John Tiffany

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