Animale, de Victor Dixen

Salutations.

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Animale

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Mon résumé :

1837, France.
  Blonde a passé sa vie au couvent de Sainte-Ursule ; on l’y a placée alors qu’elle n’avait encore que quelques mois, avec de quoi couvrir ses frais de vie jusqu’à la fin de ses jours. Aujourd’hui elle a dix-sept ans, une personnalité effacée et les plus beaux cheveux du monde, des boucles dorées qui font la jalousie de toutes les autres pensionnaires de Sainte-Ursule. Blonde est destinée à devenir religieuse, mais elle n’en a guère envie… Heureusement – ou pas ? – ses origines la rattrapent et un mystérieux vieillard lui communique des documents cruciaux sur la famille qui l’a abandonnée.
  Blonde doit faire face à l’aspect le plus sombre et primitif de son ascendance : son sang renferme une bestialité qui risque de s’avérer fatale autant pour elle que pour son entourage si elle ne trouve pas assez tôt le remède à sa malédiction. La voilà partie sur les routes, à ses risques et périls ; la malédiction de Boucle d’or gagne du terrain sur son humanité et bien des ennemis se dresseront sur son chemin…

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Roman publié en 2013 aux éditions Gallimard Jeunesse. Diptyque, tous tomes parus. Gros format, 437 pages.

Coût : 17, 90€.

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Comment j’ai découvert Animale – La malédiction de Boucle d’or :

  J’ai lu ce roman en prévision de ma rencontre avec Victor Dixen, son auteur, la semaine suivante à la librairie Mollat. Emprunté en bibliothèque.

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Une petite mise en bouche…

  Lorsque Blonde revint à elle, elle était perchée sur le toit du couvent.
  La vision du sol tout en bas faillit lui faire perdre l’équilibre ; elle vacilla sur les tuiles glissantes, se rattrapa de justesse à la cheminée.
  Après la vue, tous ses sens se réactivèrent un par un.
  D’abord, une odeur douce et piquante vint lui chatouiller les narines : le tout premier parfum des toutes premières fleurs. Puis elle sentit le goût du sang contre sa langue, et elle se remit à entendre. La première chose qu’elle perçut fut les cris des pensionnaires agglutinées dans le jardin inondé de soleil ; les sœurs s’efforçaient de les faire rentrer dans le couvent pour les soustraire au spectacle.

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Mon verdict :

  On m’avait dit beaucoup de bien d’Animale, malgré quelques réserves sur la couverture – un peu spéciale, il est vrai, c’est surtout le croissant de lune en fond qui me gêne personnellement. L’histoire de Blonde m’a captivée du début à la fin du roman, mais il ne s’agit pas d’un coup de cœur comme  ça a pu l’être pour d’autres. Je pense que ça tient surtout au fait que le genre du roman est assez commun : une adolescente orpheline qui se découvre des origines surnaturelles, avec son prince charmant qui apparaît dans les trente premières pages et dont elle tombe instantanément amoureuse… Toujours est-il que ce genre de scénario ne fonctionne pas à tous les coups avec moi. Mais j’y reviendrai.
  Je me suis longtemps tenue loin des romans de Victor Dixen parce qu’il vit aux Etats-Unis et que j’étais persuadée que ses romans se traduisaient de l’anglais. Grossière erreur, il écrit bel et bien en français ! Et il a une jolie plume, bingo. Des phrases fluides, une variation intéressante dans les points de vue. Le travail sur Animale elle-même (importante dans l’histoire, les lecteurs comprendront) et sa façon de s’exprimer quand on la suit de manière interne m’a beaucoup plu.
  Il faut dire que l’action met du temps à démarrer : Blonde, dans son chaste couvent, va petit à petit se réveiller et comprendre le pourquoi du comment des révélations qui lui tombent d’un coup sur le coin de la tête. ça prend du temps, mais question de réalisme, j’approuve : Blonde va enquêter elle aussi, retrouver des vieux dossiers, faire des recoupements, et deviner des faits à l’avance, contrairement à d’autres héroïnes de Young Adult qui n’ont visiblement jamais les yeux en face des trous dès il s’agit de ménager le suspense au lecteur. Question espace, plutôt qu’une action centrée à chaque fois sur un lieu qui change en suivant le schéma narratif, dans Animale les adresses se croisent autant que les points de vue, les personnages vont et viennent, le lecteur ne se lasse pas de les voir faire de grandes avancées ou des aller-retours entre les destinations-clés. Toujours concernant l’enquête de Blonde sur ses origines, je mentionne également les flash-backs camouflés en lettres manuscrites retrouvées par l’héroïne au cours de ses aventures : plus originales qu’un flash-back classique, comme pour Blonde elle-même le lecteur se retrouve sans difficulté transporté des années en arrière par leur lecture. L’aspect historique de l’histoire, aussi, se mêle efficacement à la trame fantastique et l’influence directement.
  Le personnage de Blonde suit une réelle évolution au cours du roman, tant physique (ahah) que mentale, au fur et à mesure qu’elle s’affranchit des normes du couvent où elle a grandi, bien différentes de celles du monde réel. Elle a une véritable personnalité et est très attachante ; pas facile de vivre avec ce qu’elle traverse. Contre toute attente, j’ai aussi apprécié Bérénice, pour son caractère de peste un peu ambigu : dans le rôle qu’elle a joué à un moment vis-à-vis de Blonde, où commence vraiment la vérité ? Loin de la peste sans consistance habituellement balancée comme antagoniste pour l’héroïne, celle-ci a une vraie profondeur et j’espère bien la retrouver dans le tome 2.
  Animale se base, on l’aura deviné à son sous-titre, sur le conte de Boucle d’or et des trois Ours, d’origine anonyme mais popularisé par Robert Southey en 1909 – ça a son importance… Les remakes de contes deviennent de plus en plus courants en littérature YA ; après la mode de la mythologie grecque, on attaque celle des contes et de la mythologie nordique. Animale en est un très bon exemple, quoiqu’ici, plutôt que de réécrire le conte, Victor Dixen ait préféré lui trouver une suite. Il faut dire que si on suppose rapidement que l’histoire rejoindra tôt ou tard celle de Boucle d’or, le lien n’est pas directement établi, surtout par rapport à Blonde ; en cela, l’intrigue l’amène avec subtilité et surprend le lecteur quand même il se doutait du rapprochement qui allait être fait.
  Finalement, l’unique chose que je reproche vraiment à Animale, c’est son intrigue amoureuse, pas originale pour un sou et qui m’a éprouvé les nerfs à chaque fois que l’un des deux tourtereaux pensait secrètement à sa moitié, tout ému à l’idée de leur prochaine rencontre. Ils s’aiment, ils se sont aimés au premier regard, fort bien fort bien, pas très palpitant tout ça. Déception dans mon grand cœur d’insensible.

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Ma note :

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Points forts :

Une écriture sensitive et efficace
Evolution de l’héroïne
Organisation de l’intrigue à travers l’action et les flash-backs
Un travail sur le conte de « Boucle d’Or et les Trois Ours » remarquablement réussi

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Points faibles :

Une intrigue amoureuse trop prévisible

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Conclusion :

ShishiDeux étoiles : un Shishi à l’aise. Lecture satisfaisante, ressenti positif, mais pas de défaut majeur ni de qualité qui ressort plus qu’à l’ordinaire.

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CQFD :

  Pas un coup de cœur mais assurément un très bon moment de lecture. Malgré des bases de littérature YA assez classiques, le roman se démarque par son héroïne et son remake du conte de Boucle d’or, avec une interprétation originale. Et une écriture au taquet.

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Si tu as aimé Animale, tu aimeras…

Chroniques lunaires, de Marissa Meyer
La Voie des Oracles, d’Estelle Faye

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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