L’Imagerie, d’Adrien Lioure

Salutations.

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L'Imagerie

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Mon résumé :

  Alix mène une vie de rêve : marié et père d’un petit garçon, il s’illustrait depuis des années comme cinéaste reconnu. En travail intensif sur son prochain film, il délaisse temporairement le quotidien de sa famille pour se concentrer sur son tournage ; s’il avait été plus présent, aurait-il pu empêcher la catastrophe ? Une fuite de gaz crée une explosion en plein centre-ville et tue son petit Max et sa chère Sophie. Plongé dans un chagrin sans nom, Alix ne trouve pas la force de continuer ; il se complaît dans son malheur et s’éteint peu à peu.
  Dolorius ne peut tolérer ce désastre.
  Dolorius est la Souffrance attitrée d’Alix : c’est lui qui régule l’intensité de ses peines au quotidien, quand Alix se blesse, regarde un film triste, perd ses proches dans une explosion de gaz…
  Mais Dolorius a beau faire, le désespoir de son protégé s’accroît avec le temps et menace sa vie. En dernier recours pour le tirer de ses abysses, il va tenter le tout pour le tout : aider Alix à retrouver Sophie et Max par-delà la mort, dans les méandres de l’Imagerie, ce lieu mystique qui accueille les âmes des défunts. Et ce, au mépris des règles élémentaires qui régissent la vie d’une Souffrance. Quelles en seront les conséquences ?

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Roman one-shot paru en 2017 en auto-édition, chez BoD Editions. Format poche, 243 pages. Egalement disponible en ligne au format numérique.

Coût : 9€.

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Comment j’ai découvert L’Imagerie :

  Il s’agit là d’un partenariat conclu avec Adrien Lioure, son auteur. Je le remercie d’avoir fait confiance au Monde Fantasyque, et je remercie également BoD Editions pour l’envoi du roman.

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Une petite mise en bouche…

  Qu’on ne me prenne pas pour une ordure, encore moins pour un sadique, non. Personne n’imagine à quel point je suis nécessaire. Beaucoup cherchent à me fuir. Justement. Sans moi, on n’aurait jamais le feu aux fesses. Voilà ce que je fais, je mets le feu aux fesses. Je rends la vie un tantinet palpitante. Je crée du danger. Je place des obstacles. Je fais de mes clients des aventuriers. Certes, la majorité de mes cas et de mes interventions sont moins romanesques. A vrai dire, c’est souvent même très ennuyeux. La plupart, surtout dans mon périmètre d’action, concernent les petits bobos. Le mioche qui tombe de son vélo, l’ado qui vient de se faire larguer, la mère qui se coupe en tranchant des tomates, le père qui se taillade dans le jardin à coup de tondeuse à gazon… Bon, je l’avoue, le dernier sort légèrement du lot. Cas exceptionnel. Exceptionnellement drôle. Rien que d’y repenser, je suis ému.

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Mon verdict :

  Deviner avec exactitude le genre de L’Imagerie s’avérait compliqué : roman fantastique, philosophique, allégorique ? Dolorius est nommé dès la quatrième de couverture mais sa qualité de Souffrance attendra que le roman soit bien commencé pour vraiment s’expliquer. Ça se comprend quand peu à peu, le complexe univers élaboré par l’auteur se dévoile aux yeux du lecteur. L’Imagerie est à la fois fantastique, philosophique et allégorique.
  Le background du roman est bien plus complexe que ce que laisse entrevoir la quatrième de couverture. Le métier de Souffrance s’ajoute à ceux de Passeur, de Marchand de sable, de Faucheur… Le tout régi par une société singulière mais pas tout à fait dénuée de ressemblance avec la nôtre. La dimension poétique du livre pourrait se perdre dans cette organisation méthodique, mais les personnages allégoriques contrebalancent suffisamment pour la conserver, avec un charme différent.
  Il y a beaucoup de personnages ; un peu trop, peut-être. On s’y perd un peu au début, quand ils apparaissent tous à la suite. Heureusement, leurs prénoms sont originaux et aident à les différencier. Coup de cœur pour Alix, le héros : c’est un prénom rare, qu’on connaît mais qu’on utilise peu. Et aussi pour Maurice le Faucheur. Je trouve ce prénom affreux mais le rapport avec son boulot m’a plu.
  Les narrateurs alternent régulièrement : des protagonistes, mais aussi des personnages complètement anecdotiques qui n’apparaissent que le temps d’un chapitre. Pour moi, c’était un pari risqué que de faire parler des êtres aussi secondaires : pour justifier cette originalité, il aurait fallu un appui technique conséquent. Aller jusqu’au bout de l’original, pour exploiter ce parti pris de donner la parole à tout le monde. Malheureusement, une certaine faiblesse de style quant à ces personnages peu travaillés se remarque et gâche un peu l’ensemble.
  Cette panoplie de protagonistes manque également cruellement de descriptions physiques. Je pense que le fait est voulu, dans le sens où en gardant leur apparence secrète, l’auteur conserve une aura de mystère autour d’eux, de leurs métiers et de leurs origines. Il peut tout aussi bien s’agir d’un défaut, je n’ai pas à chercher trop d’excuses ! Cela reste handicapant pour ceux qui ont besoin de visualiser les personnages afin de profiter de l’histoire. C’est mon cas, notamment.
  Par endroits, l’écriture de l’auteur se fait un peu faible : dialogues classiques, expressions reprises. Je pense qu’avec un chouia plus de style propre, le roman deviendrait encore meilleur. Mais ce n’est pas une entrave pour profiter de L’Imagerie. Pour moi, cela demeure anecdotique dans l’appréciation finale.
  Le moteur principal de l’intrigue n’est autre que la sombre détermination d’Alix à retrouver Sophie et Max. Il se refuse complètement à les abandonner et à accepter leur perte. Autour de son inébranlable volonté s’articulent tous les enjeux du roman. J’ai eu du mal à m’identifier à lui, certainement à cause de son caractère et de ses préoccupations particulières. Alix est fondamentalement pessimiste et un peu masochiste sur les bords ; cela risque de lui coûter cher. Heureusement, l’introspection et le développement de son personnage sont réussis et il évolue considérablement au fil des épreuves qu’il traverse. Je ne spoilerai pas la fin mais un type de catharsis s’accomplit finalement, pour exorciser tous les boulets que se trainait Alix le reste du temps ; boulets qu’il s’est lui-même mis aux pieds, d’ailleurs.
  Si on remonte un peu avant ladite catharsis, il y a aussi de l’action, pas que de la psychologie. Je ne pensais pas que l’intrigue irait aussi loin concernant les bouleversements qui perturbèrent l’équilibre de la société des Souffrances, mais soit ; ils se font à grande échelle et l’utilisation de l’Origine est adéquate.
  En parlant de l’Origine : si elle reste mystérieuse pendant une bonne partie du roman, son utilisation finale m’a beaucoup plu. Pour finir en beauté l’histoire d’Alix avec ses états d’âme si compliqués, rien de mieux qu’un peu de philosophie pour repartir sur une poésie plus basique. Après une narration complexe, l’histoire se détricote et nous offre une conclusion simple et agréable.

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Ma note :

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Points forts :

Univers complexe
Bin traitement des différentes phases de l’intrigue

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Points faibles :

Style littéraire un peu faible
Manque de description des personnages

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ShishiShishi heureux

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CQFD :

  L’Imagerie est typiquement le genre de roman qui justifie que je lise parfois de l’auto-édition. Un peu trop spécial pour l’édition traditionnelle, et encore un peu vert peut-être. Mais il y a là un potentiel certain et je ne peux qu’encourager ce genre de littérature.

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Si tu as aimé L’Imagerie, tu aimeras…

Le dernier songe de Lord Scriven, d’Eric Senabre
Urbik/Orbik, de Lorris Murail

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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