Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski

Salutations.

rr

Gganer la guerre

rr

Ceci est une mini-chronique

 Le principe d’une mini-chronique ? C’est la même chose qu’une chronique normale, avec des parties en moins (pas de citation, ni de notes) et un verdict plus court. J’ai ajouté ce format au Monde Fantasyque car la majorité des chroniques me demandent beaucoup de temps du fait de leur longueur ; certains livres ne me motivent pas assez pour que je passe beaucoup de temps dessus. Raccourcir l’ensemble me permet de leur consacrer un article sans forcer mon écriture ! Je posterai aussi de vieilles chroniques incomplètes qui traînaient dans mes archives et que je n’ai pas le coeur de jeter sans vous les avoir fait découvrir.

rr

rr

Mon résumé :

  Dans Gagner la guerre, nous suivons les hauts et les bas de la vie active de Don Benvenuto Gesufal. Benvenuto est un homme d’armes de Don Leonide Ducatore, célèbre politicien qui œuvre depuis des années pour gravir les échelons hiérarchiques de la République de Ciudalia. Suite à une guerre avec l’empire de Ressine, que Ciudalia a gagnée, notre héros est envoyé loin de son supérieur pour accomplir quelques missions à l’éthique douteuse… Mais Don Benvenuto n’en est pas à son coup d’essai ; les magouilles de tous types, il connaît. Entre les passages à tabac et les cascades à travers toits, il est prêt à tout pour sauver sa peau et prouver sa loyauté à son patron – accessoirement.

 rr

rr

Roman initialement publié en 2009 mais réédité ensuite. One-shot. Format poche, 979 pages. Disponible au grand format.

Coût : 12,50€ au format poche, autour de 18€ en grand format.

 rr

rr

Comment j’ai découvert Gagner la guerre :

  Son nom m’est familier depuis plusieurs années, car il s’agit d’un grand classique de fantasy francophone. Mon professeur de français – fan d’imaginaire, alléluia – me l’a conseillé voici quelques mois et j’ai fini par l’emprunter à la médiathèque. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant ce joli pavé de presque mille pages !

 rr

rr

Mon petit verdict :

  Comme tu l’as remarqué, mon résumé adopte un point de vue assez distant du héros par rapport à d’habitude. Il faut dire qu’écrire quelque chose de plus intrusif paraissait compliqué au vu du nombre d’actions différentes qui se déroulent dans le roman. En même temps avec autant de pages au compteur (et en papier-Bible, s’il vous plaît), encore heureux qu’on ne s’ennuie pas. Car je ne me suis pas ennuyée, pas une seule seconde ! Les aventures de Don Benvenuto m’ont accrochée du début à la fin. Nous suivons son point de vue interne à la première personne du singulier et l’écriture donne à ses pensées un piquant particulier : ironie, humour tout court, il a toujours le mot qu’il faut et un recul sur lui-même qui laisse à réfléchir. Un héros en or massif, cabossé de partout mais plus vaillant que jamais, le genre que je préfère. Il garantit une très bonne immersion dans l’histoire et je n’aurais pu rêver de meilleur narrateur.
  L’histoire apparaît comme très complexe au début du roman : des travers politiques à n’en plus finir, des noms de sénateurs, podestats et patrices en pagaille… Un joyeux bordel que je n’ai pas cherché à tirer au clair dans les premières dizaines de pages, l’alchimie s’est opérée toute seule ensuite. Si tu aimes tout saisir dès les premières phrases d’un roman, il va falloir carburer davantage que d’ordinaire, mais si comme moi tu préfères te laisser porter et voir si l’intrigue va s’éclairer toute seule (si tu es flemmard, en somme), ne t’inquiète pas, ça marche aussi. Même si au départ, ça ne semble pas gagné-gagné, j’avoue.
  Découvrir le monde politique avec Benvenuto est très instructif : homme d’armes plutôt que de sciences, outil générique dans les intrigues des puissants, il est plus malin qu’il n’en a l’air. Il déjoue certains coups montés contre lui, en accepte d’autres par profit… et explique de long en large chaque manipulation qu’il repère à son lecteur dépassé. Ses paragraphes explicatifs peuvent s’avérer atrocement longs comme terriblement amusants, c’est selon, et on ne sait jamais s’il nous faut admirer Benvenuto ou le détester pour son cynisme. Ce qui est sûr, c’est que son parcours extraordinaire lui vaut bien un pavé de 1000 pages.
  L’univers a une véritable originalité culturelle : en mêlant les caractéristiques de plein d’ethnies différentes, on se retrouve avec des codes moraux, architecturaux, vestimentaires typiques et exotiques. C’est essentiel pour un bon monde de fantasy et ici, le challenge est parfaitement réussi.
  Ce que je reproche principalement à Gagner la guerre, c’est son machisme. Parce que comparer Ciudalia à une prostituée à chaque fois que la ville est décrite, ça va cinq minutes, mais ça devient vite lassant. De plus, à part Lusinga et Clarissima, aucun personnage féminin n’a vraiment d’importance ; et encore, si ces demoiselles-là ont une certaine classe et une indépendance, elles ne se battent quasiment pas et restent en minorité écrasante. Invoquer la crédibilité de l’univers pour justifier ça, car il est inspiré de la Renaissance et se veut machiste comme à cette époque ? Le roman date de 2009, ce genre de travers était moins dénoncé à l’époque : j’accepte. Mais maintenant, on arrête un peu de justifier le machisme par une crédibilité historique, s’il vous plaît. Ce n’est agréable ni pour l’auteur ni pour ses lecteurs.
  Autre mise en garde : Benvenuto va en voir de toutes les couleurs au cours de ses aventures, et il perdra plus d’une dent dans des combats ou des passages à tabac dans les règles de l’art. Si tu as trop d’empathie et un peu de mal avec les chairs à vif, les plaies recousues avec des épingles (véridique) et autres joyeusetés sanguinolentes, méfie-toi de ce roman. Il ne fait pas dans la dentelle, c’est tout à son honneur d’ailleurs, mais les âmes sensibles le sentiront passer.

 rr

rr

Ma note :

 rr

Points forts :

Héros agréable à suivre
En mille pages, on ne s’ennuie pas
Univers très complexe et bien construit

 rr

Points faibles :

Machisme assez présent
Une certaine complexité politique
Paragraphes explicatifs parfois trop longs

 rr

ShishiShishi enchanté. Coup de coeur qui emballe presque à la perfection. Quasiment dans mon élite !

 

 rr

rr

CQFD :

  Gagner la guerre n’est pas un roman facile à aborder mais si tu es suffisamment déterminé pour le lire jusqu’au bout, sois sûr que ça en vaudra la peine. C’est un classique de la fantasy francophone et ce titre n’est pas usurpé.

 rr

rr

Si tu as aimé Gagner la guerre, tu aimeras…

La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio
L’Echiquier du Mal, de Dan Simmons

 rr

rr

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s