Stabat Murder, de Sylvie Allouche

Salutations.

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Stabat Murder

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Mon résumé :

  Sacha, Matthis, Mia et Valentin sont quatre adolescents réunis autour d’une seule et même passion : le piano. Ils préparent ensemble un concours international qui sera décisif pour leur future carrière de musiciens. Le concours a lieu dans un mois, tous les quatre multiplient les cours avec leur professeur commun et les entraînements chez eux. Rien ne semble pouvoir se mettre en travers de leur détermination…
  Mais du jour au lendemain, Sacha, Matthis, Mia et Valentin disparaissent dans la nature.
  Leurs familles sont impuissantes : aucun mobile, aucune piste. Ce sont des enfants modèles qui ne les ont jamais habitués au moindre écart disciplinaire. Les jours passent et la commissaire chargée de l’affaire, Clara Di Lazio, fait chou blanc.
  Ailleurs, les quatre jeunes musiciens sont détenus dans une pièce exiguë et sans lumière. Sans connaître leur ravisseur, en attendant un improbable secours de l’extérieur, ils essaient de survivre sans devenir fous…

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Roman publié en mars 2017 aux éditions Syros. One shot. Gros format. 301 pages (c’est écrit gros).

Coût : 15, 95€.

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Comment j’ai découvert Stabat Murder :

  C’est un partenariat avec les éditions Syros ! Je les remercie pour cet envoi.

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Une petite mise en bouche…

  Valentin s’apprête à gratter l’allumette.
  – Attends ! dit Mia. Il y en a combien ?
  – Je ne sais pas.
  Du bout des doigts, il tâte les petites pointes de soufre.
  – Neuf, je crois.
  – Réfléchissons.
  – Réfléchir à quoi ? s’énerve Mathis. On a tous envie de voir où on est enfermés, non ?
  – OK, OK. Calme-toi. Nous allons essayer de mémoriser le maximum de choses. Vas-y, Valentin.
  Sa main tremble. Il ne doit pas rater son coup. Incroyable comme un geste habituellement anodin peut prendre une importance capitale dans certaines circonstances.
  Et la lueur fut.
  Ils tournent la tête dans tous les sens, enregistrent tout ce qu’ils peuvent. La pièce, environ soixante mètres carrés. Des murs peints en noir. Tout comme le plafond et le sol. Un vasistas tout en haut près du plafond, à peu près trois mètres. Dans un coin, un paravent. Ils ne peuvent pas deviner la porte, noire, qui se fond dans le mur et qui, de toute façon, ne s’ouvre que de l’extérieur.
  La minuscule flamme vacille puis s’éteint.

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Mon verdict :

  Stabat Murder fut une bonne surprise ! Après ma dernière déception sur Phobie, de Sarah Cohen-Scali, je me méfie un peu des romans policiers, mais celui-ci a su me plaire.
  Comme pour Phobie, nous suivons parallèlement l’aventure des adolescents séquestrés et l’enquête des forces de police responsables de l’affaire. Ici, nous comptons en plus des flash-backs qui relatent la vie des adolescents juste avant leur disparition ; ces flash-backs s’arrêtent assez vite pour que le roman se concentre davantage sur l’intrigue. Le suspense est bien géré, les indices se multiplient à un rythme satisfaisant pour tenir le lecteur en haleine. Même le dénouement se fait avec la tension qui avait tant manqué à Phobie : jusqu’au bout le doute demeure, le danger est palpable. Pas de véritable mise en danger des forces policières : l’enquête contient plus de réflexion et de chasse aux indices que d’affrontements véritables.
  Mon principal reproche à Stabat Murder tient au fait que son intrigue, parfois, a quelque chose de très superficiel. Déjà, tenter du romancé en policier, c’est risqué : le lecteur peut facilement sortir de l’ambiance, trouver un détail surfait ou une réaction surjouée. Ce fut le cas ici, notamment lorsque le véritable coupable est découvert. Personnellement, je ne m’y attendais pas trop, mais ce n’est pas crédible, juste théâtral. Il manque des détails pour que cette fin soit crédible : des indices moins sélectionnés, des justifications supplémentaires quant au mobile du coupable. Du point de vue de l’action et des péripéties finales pour nos héros, tout roule, mais concernant le coupable, je ne suis décidément pas satisfaite, et je ne suis point la seule, puisque j’ai rencontré une autre lectrice du livre qui a été pareillement déçue. Elle avait même deviné la fin et ne la trouvait pas terrible, tiens.
  Aussi, la commissaire Di Lazio est terriblement cliché. Je ne pige pas trop le délire des auteurs à donner à leurs commissaires des noms de famille connotés espagnol, italien ou portugais, mais j’en vois pas mal et ça m’agace. Passons sur son sombre passé qui, évidemment, donne pour elle une tout autre résonance à l’affaire des adolescents disparus, et va la pousser à donner ses tripes pour résoudre l’enquête, en mémoire des mauvais souvenirs qui la hantent. Son caractère u peu grande-gueule rattrape le coup, mais son manque d’originalité m’a fait tiquer plus d’une fois dans ma lecture. Par contre, concernant sa fine équipe, rien à redire : est-ce que j’ai échappé aux clichés parce que je ne lis pas beaucoup de policier, ou est-ce qu’il n’y avait aucun cliché cette fois-ci ? Louise, Nathan, Clément et Lucas diversifient suffisamment le paysage à eux quatre pour effacer les stéréotypes de leur patronne.
  Les suspects sont nombreux et le jeu d’apparences que tient le roman autour d’eux est réussi. Tous ont la part d’ombre réglementaire qui permet aux policiers de les soupçonner, et certains plus que d’autres, évidemment ; mais qui aura une part d’ombre suffisante pour s’en prendre à nos héros ? Cela tourne principalement autour de leurs parents, principaux concernés par leur disparition. Heureusement, le roman n’a pas eu recours à un deus ex machina pour se résoudre et, à défaut de trouver un mobile valable à son coupable, au moins il ne l’a pas tiré de nulle part pour surprendre le lecteur.
  Enfin, les fameux : Mia, Sacha, Matthis et Valentin. Ils vivent pour la musique et cet aspect du roman n’est pas du tout délaissé au profit de l’enquête policière : leur passion pour le piano transparaît régulièrement dans la narration, par des allusions à des morceaux de musique connus ou par la poésie de la musique elle-même qui est évoquée. Je respecte le roman pour cela : il a réussi à mêler une intrigue policière avec une dimension artistique primordiale aux yeux de ses personnages. En somme, l’inquiétude permanente dans laquelle ils vivent cette histoire ne suffit pas à les détourner de ce qui régit leur vie : la musique. Et l’angoisse de leur fameux concours décisif qui continue d’approcher, malgré leur enlèvement…

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Ma note :

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Points forts :

Sensibilité musicale qui se ressent
Personnages variés
Bonne organisation des différents points de vue narratifs

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Points faibles :

Aspect superficiel de l’intrigue
Commissaire stéréotypée
Coupable au mobile trop peu argumenté

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ShishiShishi heureux. Coup de coeur modéré, très bon moment de lecture mais pas assez emballée pour le retenir sur le très long terme.

 

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CQFD :

  Stabat Murder, malgré quelques faiblesses, est un bon roman de policier jeunesse. Idéal pour passer un bon moment sans trop se prendre la tête.

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Si tu as aimé Stabat Murder, tu aimeras…

Phobie, de Sarah Cohen-Scali
Comment je suis devenue flic, d’Anne Rambach

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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