Les Outrepasseurs – Ferenusia, de Cindy Van Wilder

Mise en garde !

Ferenusia est en fait le quatrième et dernier tome de la série des Outrepasseurs : si tu n’as pas lu les opus précédents, sache que tu seras très rapidement spoilé sur la fin du tome 3 et tous les enjeux qui vont avec.
Bonne lecture quand même.

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Ferenusia

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Mon résumé :

  La décadence des Outrepasseurs a laissé le monde féérique sans dessus-dessous : tous les Premiers-Nés sont morts, les Outrepasseurs encore en vie tentent vainement de reconstruire leur empire vieux de plusieurs siècles, et les Ferreux emprisonnés dans leurs essaims se retrouvent soudain sans maîtres auxquels obéir.
  Après des siècles de souffrance et de silence, les Ferreux ont décidé de dévoiler leur existence au monde humain. Une entreprise qui leur demandera beaucoup de foi et de courage, et surtout, de sacrifices. Car les Outrepasseurs décadents ne comptent pas les laisser faire, et la terre tremble de nouveau dans les souterrains de Malpertuis…
  Heureusement, Peter l’ex-goupil et Smokey la demi-Ferreuse sont volontaires pour leur prêter main-forte. Même si, pour eux deux, cela signifie aussi remuer le passé et exhumer des ennuis qu’ils croyaient ensevelis à jamais…

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Roman paru en mai 2017 aux éditions Gulf Stream. Quatrième et dernier tome de la série des Outrepasseurs. Gros format, 342 pages, plus une nouvelle en bonus, Tsimoka, auparavant parue dans une anthologie.

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Comment j’ai découvert Ferenusia :

  Cela fait des mois que l’autrice mène un teasing d’enfer sur les réseaux sociaux et lors des dédicaces, sur ce roman mi-suite, mi-spin-off de sa série-phare. Forcément, je n’ai pas raté l’occasion de l’avoir en Service Presse par Gulf Stream, avec qui je suis partenaire.
Merci Gulf Stream pour cet envoi !

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Une petite mise en bouche…

  Bien des histoires ont couru sur l’origine de Ferenusia, mais le principe est resté le même – des hommes, des femmes qui nous avaient rencontrés, avec qui nous avions collaboré, et qui, face aux Outrepasseurs, disaient non.
  Non à l’oubli.
  Non à l’abandon.
  Oui à la solidarité.
  Une main tendue vers nous, Ferreux.
  Un réseau de résistance, d’entraide, de soutien, d’écoute aussi. Des portes qui s’ouvraient devant nous, des mains qui pansaient nos blessures, des esprits à qui transmettre notre histoire.
  On évoqua même un sanctuaire, une ville où nous pourrions tous nous réfugier.
  Le prix à payer pour ces rêves fut très élevé.
[…]
  Ferenusia tint bon – du moins un temps.
  Suffisamment longtemps pour préserver notre héritage, mettre à l’abri nos créations, conserver nos noms dans des registres.
  Quand j’y pense, je vous en suis reconnaissant.

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Mon verdict :

  On commence fort : pour moi, Ferenusia est clairement le meilleur tome de la série des Outrepasseurs et heureusement que Cindy Van Wilder l’a écrit, parce que cela en vaut carrément la peine et complète parfaitement l’histoire de base.
  Ce tome se démarque des autres par l’histoire qu’il raconte : finis, les faux-semblants des Outrepasseurs qui donnaient à l’intrigue ce double-fond parfois un peu dérangeant. Les héros et le lecteur ne tâtonnent plus dans le noir à la recherche de la vérité, en exhumant autant d’indices que de contre-exemples… Désormais les faits sont clairs : bien que chaque camp ait ses torts et ses raisons, les méchants, ce sont les Outrepasseurs. A peine avais-je compris leur rôle dans l’histoire (il est assez ambigu tout de même) qu’on découvre son mal-fondé. Je redoutais un peu le tome 4 pour ça, cette atmosphère d’illusions qui mettaient régulièrement ma cervelle-premier-degré-de-lecture à rude épreuve, mais la vérité est tout autre : avec cet aspect de l’histoire qui se trouve réglé à la fin du tome 3, enfin nous abordons l’action avec une vision très claire et des objectifs plus précis pour les protagonistes – ce changement survient peut-être au cours du tome 3 et non à sa fin, mais je ne m’en souviens plus exactement et je n’ai pas ledit tome 3 sous la main pour vérifier –. Après trois livres avec cette ambiance, ça fait du bien d’enfin y voir clair. J’ignore si tous les lecteurs l’ont ressenti comme moi, mais personnellement par moments j’ai vraiment eu du mal, d’autant plus que l’écriture de Cindy Van Wilder est très immersive et juge parfois inutile d’expliciter certaines spécificités de son univers. Le fait que ces romans mêlent notre univers et une dimension fantastique dans une alchimie plus complexe que la normale, contrairement aux romans de fantasy, m’a posé problème pour en intégrer certaines normes. Mais ça va mieux, rassure-toi !

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  Auparavant, la lecture poussait simplement le lecteur à vouloir comprendre la vérité au sujet des Outrepasseurs à travers le personnage de Peter ; désormais, elle véhicule aussi et surtout des messages humanitaires d’une grande importance : l’acceptation de son prochain à travers l’histoire des Ferreux, la quête identitaire qui se poursuit pour Peter et Shirley, bien qu’à une échelle différente. Ferenusia se déroule réellement après le climax de la série et sert d’étape « situation finale » de longue haleine, avec quelques nouveaux enjeux comme les Ferreux. Notons que le premier tome servait également de complète introduction à la série ! On aime commencer et finir une histoire dans les grandes largeurs, Cindy ? Perso, j’aime beaucoup.
  Comme dans les tomes précédents, les narrateurs changent au fil des chapitres et donnent une vision plus complète des différents plans d’action du roman. Anciennement, cela nous permettait surtout de découvrir la vision du monde des Outrepasseurs, pour accentuer ou nuancer le point de vue de Peter ; désormais que tous les personnages sont à peu près d’accord sur leurs objectifs, cela sera surtout à suivre les aventures des protagonistes à travers le monde, car ils sont dispersés entre Londres, la France, l’Australie… Le lecteur voyage.
  J’avais reproché aux trois premiers tomes d’avoir beaucoup de personnages et de perdre le lecteur. Ici, les rangs des Outrepasseurs se sont clairement clairsemés, et le nombre de Ferreux apparaissant reste raisonnable. Un souci de réglé, en somme.

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  Passons à l’aspect humain du roman. Parce qu’à ce stade, même moi je ne peux pas faire impasse dessus. Je vais essayer d’en parler sans trop spoiler, mais je ne garantis pas un mystère total quant aux petits couples qui vont se former dans Ferenusia
  C’est simple, presque tout le monde se maque. Si mignon. On en arrive au stade de l’histoire ou les différents personnages se retrouvent après les épreuves traversées, ou se découvrent sous de nouveaux aspects et finissent par se tomber dans les bras les uns des autres. J’aurais davantage gueulé après cette tendance si le couple que je shipais depuis… au moins le tome 2 n’avait pas ENFIN fini par se former. Mon petit cœur de granit a fondu comme neige au soleil quand ces deux-là ont enfin échangé leur premier baiser… Mais je ne dirai rien ! Va donc lire pour en savoir plus !
  De manière plus générale, j’ai été très agréablement surprise par le nombre de couple LGBT+ du roman. On a tendance à parler de « minorité représentée » quand un couple gay ou lesbien apparaît dans une fiction et, malheureusement, c’est souvent le fond de pensée – inconscient – de l’auteur. Un couple homo ça va, deux faut pas abuser, ils sont pas si nombreux que ça quand même ?! J’ironise, évidemment, j’encourage la façon qu’a Cindy Van Wilder d’autant banaliser la chose, c’est magnifique. Et ça change énormément d’autres romans ados qui font de l’homosexualité leur thème principal. Ici, nulle embrouille, c’est normal et jamais contesté. De plus, des « couples » déjà existants sont retravaillés, se séparent, découvrent des choses sur eux-mêmes et leur évolution. Je dois dire que l’un des personnages que je shipais était déjà en couple et que pour cela, je craignais de ne jamais voir mon rêve se réaliser. Mais au diable les conventions sentimentales dans le roman ado, on bouscule un peu pour gagner en crédibilité et en émotion ! (Tu aurais dû me voir quand je lisais ce fameux passage du baiser. Je me tordais de joie, on aurait dit une lectrice de Twilight.)
  Pour finir sur les détails, je ne pouvais pas ne pas parler de S., un personnage non-binaire. Gros coup de cœur, la meilleure découverte, damn, que rajouter ? En découvrant l’utilisation du pronom neutre dans la narration, pronom neutre que moi-même j’utilise régulièrement et dont on a plusieurs fois voulu contester l’existence en ma présence, j’ai directement senti que j’allais adorer Ferenusia pour son côté engagé. Pourtant je dis « engagé », mais l’autrice n’essaie pas vraiment de faire passer un message au travers de son roman. Elle ne fait qu’utiliser l’extraordinaire diversité d’identités humaines pour nous proposer une palette de personnages plus variés, et c’est tout à son honneur. S. est confronté à du scepticisme de la part de son entourage, mais encore une fois ce n’est pas poussé jusqu’à devenir l’un des thèmes du roman. Subtilité et juste mesure sont les maîtres-mots.
  Et comme mot de la fin, j’aimerais insister sur l’importance de la nouvelle qui se situe après la fin de Ferenusia, intitulée Tsimoka. Elle est facultative mais élucide certains points secondaires du roman, qui restaient en suspense. Une lecture fort utile, et je ne peux que remercier l’autrice et les éditeurs de l’avoir rajoutée au livre.

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Ma note :

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Points forts :

Importance des personnages LGBT+
Intrigue éclaircie par rapport aux tomes précédents
Evolution des intrigues amoureuses

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Points faibles :

Tome très éloigné de l’intrigue-clé des Outrepasseurs

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ShishiShishi enchanté. Coup de coeur qui emballe presque à la perfection. Quasiment dans mon élite !
 

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CQFD :

  Pour conclure, Ferenusia apporte énormément de choses à la série des Outrepasseurs, tant du point de vue de l’intrigue que par l’aspect sentimental et humain. Une fin définitive – Cindy l’a promis ! – qui rallonge agréablement le voyage, et nous permet de mieux dire adieu aux Outrepasseurs qu’avec la fin du tome 3, plus abrupte.

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Si tu as aimé Les Outrepasseurs – Ferenusia, tu aimeras…

Memorex, de Cindy Van Wilder
Animale, de Victor Dixen
Miss Peregrine et les enfants particuliers, de Ransom Riggs

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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