Les Elémentaires, de Nadia Coste

Salutations.

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Les Elementaires

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Mon résumé :

  Depuis sa naissance, la vie de Cassandra est un véritable calvaire, pour elle comme pour son entourage. Mage de feu victime de très graves dérèglements hormonaux, elle s’enflamme presque instantanément dès qu’elle quitte les bassins d’eau fraîche dans lesquelles elle barbote à longueur de journée. Fille de duc de Plaivice mais honte de sa famille, elle se désole de voir que sa tare ne disparaît pas avec l’âge et qu’elle n’est pas prête de pouvoir mener une vie normale. Pour elle, impossible de porter des vêtements de tissu, de sortir du palais ducal, impossible même de toucher qui que ce soit sans le brûler dans la seconde… Sa mère et son oncle sont déjà handicapés à vie à cause d’elle, son père la déteste et elle ne peut compter que sur sa demoiselle de compagnie, mage d’eau, grâce à qui Cassandra a réussi l’exploit de faire pousser ses cheveux jusqu’aux épaules sans les consumer à la moindre de ses crises.
  Mais alors qu’elle approche des dix-huit ans, une solution se profile enfin à l’horizon : une cure à l’eau de source, fort onéreuse et située à l’autre bout du pays, mais qui serait peut-être en mesure de changer définitivement sa vie… Cassandra supplie ses parents de l’y envoyer, malgré les risques que comporte le voyage jusqu’à la source.
  Accompagnée de son oncle, de sa petite cousine et de deux aventuriers engagés par son père, Cassandra va traverser le pays au fond d’un chariot, immergée dans un baquet d’eau pour éviter toute combustion intempestive. Pour ne rien arranger à la dangerosité de l’expédition, des embuscades de brigands, des attaques d’animaux élémentaires et un complot à grande échelle s’opposeront à sa potentielle guérison…

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Roman publié en mars 2017 aux éditions Castelmore. One-shot. Format moyen, 379 pages.
Coût :  16, 90€.

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Comment j’ai découvert Les Elémentaires :

  Je suis l’actualité de Nadia Coste et elle m’a parlé des Elémentaires au salon du livre de Montreuil, en décembre dernier. Vu qu’à ses dires, il s’agissait de fantasy burlesque, j’ai attendu sa date de sortie avec impatience, pour me le faire offrir à mon anniversaire !

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Une petite mise en bouche…

  Depuis la demeure de ses parents, elle n’avait perçu que des fragments de tout cela, comme si elle avait grandi dans un brouillard diffus qui s’éclaircissait à présent. Les gens du commun, qu’elle observait parfois à la dérobée depuis l’un des étages, prenaient une consistance, devenaient réels. Rien que leurs voix les faisaient exister. Frêles poupées qui déambulaient sous ses fenêtres, comme disposées dans cette rue pour son seul divertissement. Mais, depuis son baquet, Cassandra réalisa que tous ces gens avaient une vie. Et qu’ils ignoraient la sienne.
  Combien étaient-ils ? Des dizaines ? Des centaines ? Cette foule l’oppressait.
  Cassandra sentit que tout serait différent, à présent. Même si elle rentrait chez elle après la cure sans être guérie, elle n’imaginerait plus l’extérieur de la même façon. Elle ne se sentait pas prête à affronter la réalité. Il y avait trop de choses. Trop de tout. Son baquet lui sembla soudain l’endroit le plus sûr du monde : elle s’y serait engloutie pour assourdir à nouveau les bruits du dehors.
  – Viens voir, Cassie !

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Mon verdict :

  Avec Les Elémentaires, je m’attendais à découvrir un roman de fantasy burlesque, entre littérature jeunesse et YA. Le résultat n’est pas exactement conforme à mes prédictions.
  En effet, la dimension burlesque est beaucoup moins importante que ce que j’avais envisagé. Elle est davantage là en sous-couche, comme un clin d’œil au genre sans oser complètement se l’approprier. Des détails amusants ici et là, mais rien de plus ; j’en attendais un petit peu plus pour classer le roman en burlesque. L’unique détail qui penche vraiment dans cette direction, c’est les acronymes, mais j’y reviendrai.

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  L’univers du roman présente une certaine profondeur, malgré quelques lacunes plus anecdotiques que véritablement problématiques. Basé sur le contrôle des quatre éléments par les humains et les animaux, il a une véritable autonomie au niveau de la vie quotidienne de ses habitants, ce qui est fort appréciable étant donné que les protagonistes vont directement se confronter aux différents aspects de cette routine. Et plus particulièrement Cassandra, qui découvre son propre royaume avec des yeux neufs. Les détails terre-à-terre foisonnent et donnent un certain réalisme au roman et au périple de nos héros ; un avantage considérable, parce que des voyages initiatiques, on en a vu et revu en littérature jeunesse. Ici, l’héroïne affronte les dangers de l’inconnu depuis son baquet d’eau… Pittoresque sur le principe et pragmatique dans l’adaptation dudit principe.
  Concernant les défauts évoqués plus haut, je retiendrai surtout le cruel manque d’une carte géographique, qui n’aurait pas été du luxe pour suivre les avancées de Cassandra de sa maison à sa cure salvatrice. Le royaume qui forme le terrain de l’histoire ne connaît aucune limite claire, la reine à sa tête est brièvement évoquée pour les soins de l’intrigue, mais guère développée. Nous avons ici affaire à un univers qui reste dans le vague quant à ses frontières et sa construction, mais qui abonde en précision dans des domaines préétablis ; c’est un parti pris en accord avec l’atmosphère du roman, mais qui me laisse un peu sur ma faim. L’univers affiche sa complexité, mais ce beau monde manque de cadrage. Le classique de la magie élémentaire est repris avec succès tant et si bien que le manque d’originalité se fait à peine ressentir. Les termes réguliers de « mage d’eau », « mage de feu » m’ont parfois fait grincer des dents, mais c’est plus par habitude que par réelle objectivité.  
  L’aspect du roman qui m’a le plus gênée n’est pas un élément tangible du livre, sinon un ensemble de petits détails qui, mis bout à bout, ont dérangé la lecture. Pour faire simple, le roman a un peu le cul entre deux chaises. Littérature jeunesse ou Young Adult ? Il y a moyen de faire un mix pour plaire à tout le monde mais ici, la tentative de mix me laisse un goût amer. Le côté pittoresque et voyage initiatique dans sa plus pure tradition tire vers la jeunesse, quand les quelques scènes de sexe et les détails sur la vie féminine de Cassandra et Kiana suffisent à instaurer une frontière interne au roman. J’ai l’air de faire la prude en parlant de ça, mais je trouve qu’il y a un réel décalage entre, disons, quelques facilités d’écriture et la gravité de certaines problématiques. Rien de trop grave, rassure-toi, sinon un malaise diffus et une sensation d’inadéquat qui m’ont bien embêtée par moments. Je trouve que cela limite le niveau de lecture pour les plus jeunes, bien que lesdits thèmes problématiques – selon moi – soient exposés avec beaucoup de simplicité.
  A l’instar d’un autre blogueur, dont j’ai lu la chronique sur Internet mais dont je serais bien incapable de retrouver le nom, j’ai trouvé que les acronymes qui parsèment le roman cassaient un peu les normes de l’univers. Ce qui devrait être un clin d’œil au monde réel devient une attache trop présente à notre société et nous sort involontairement de la magie du roman à chaque apparition. Par exemple, nous avons les CRS (Contrôleurs Royaux des Sorts), les TGV (Transports de la Guilde des Vents), le BEP (Brevet Elémentaire de Ponant)… Parfois même l’acronyme semble forcé, comme avec le SAMU, alias Sauveurs Accrédités Médecins Utiles. Je reste dubitative sur ce point, j’ai été incapable de passer outre.

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  Mais je râle, je râle, et on dirait que je n’ai pas apprécié ma lecture ! Alors que, diantre, je me suis plutôt bien accrochée au roman (lu en deux jours…). A côté de ces quelques soucis, Nadia Coste assure carrément. L’héroïne évolue énormément, avec beaucoup de justesse, tant grâce à ses camarades de route que par maturité naturelle ou confrontation à des dangers multiples. L’intrigue nous surprend, et le jeu des suspicions des personnages les uns envers les autres ajoute beaucoup de piquant au voyage. Car un proche de Cassandra en veut à sa vie, ça devient vite évident ! Mais qui est véritablement le coupable ? Entre les indices, les quiproquos et les révélations en chaîne, pas le temps de s’ennuyer. Le dénouement m’a paru un peu tiré par les cheveux, et il y a trop d’explications scénaristiques en même temps : impossible de soupçonner la fin, mais nous n’avions vraiment pas toutes les cartes en main. Cette fin rocambolesque, justement, tire plus clairement le roman vers la littérature jeunesse que YA. Les personnages forment une galerie amusante et variée, bien que le choix des prénoms m’ait parfois laissée perplexe (Adélaïde, Christian, Grégoire ?). L’action et la psychologie des personnages, bien dosées, rattrapent aisément les quelques défauts évoqués plus haut.
  Pour finir, juste un mot sur Cassandra, parce que tout de même, c’est elle l’héroïne et elle mérite le détour. La narration est interne et oscille entre plusieurs personnages, surtout entre Grégoire, Cassandra et Kiana, mais Cassandra reste ma préférée. Sa vie n’a pas été facile, et si son handicap a quelque chose d’irréaliste, même dans son univers, le côté pratique de la chose est correctement travaillé par l’autrice pour que le lecteur s’attache à elle. Après tant d’épreuves traversées depuis sa naissance, elle mérite bien une guérison, Cassandra ! Mais y aura-t-elle vraiment droit ? Qui sait.

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Ma note :

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Points forts :

Galerie de personnages
Action rocambolesque
Détails pragmatiques du monde imaginaire
Originalité physique de l’héroïne

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Points faibles :

Roman incapable de se décider complètement entre Jeunesse et YA
Le monde imaginaire manque de barrières claires

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ShishiShishi heureux. Coup de coeur modéré, très bon moment de lecture mais pas assez emballée pour le retenir sur le très long terme.

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CQFD :

  Je portais de hautes attentes sur Les Elémentaires : normal que le roman s’avère un peu moins bon que ce que j’escomptais. Un ressenti de lecture mitigé, mais les bons côtés de l’histoire gardent toutefois le dessus sur les mauvais. Une lecture sans prise de tête, pour les jeunes et un chouia moins jeunes, mais attention au choc des moyennes d’âge. Pour l’instant, mon roman préféré de Nadia Coste reste incontestablement Le Premier, très différent des Elémentaires : Le Premier, lui, a clairement choisi entre Jeunesse et YA…

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Si tu as aimé Les Elémentaires, tu aimeras…

Zalim, de Carina Rozenfeld
De cape et de mots, de Flore Vesco

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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