Anthologie Blessures

Salutations.

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Blessures

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Mon résumé :

  L’anthologie Blessures rassemble des morceaux des vies de Luka, Yasuko, le loup aux esprits, Alphonse, Théo, Eline, Bérénice, Amata, Esteban et Lucas. Ces dix personnages ont un seul point commun : leur différence.
  Rejetés par leurs semblables à cause de leur comportement inhabituel ou de leur nature profonde, ils se battent au quotidien pour se faire accepter. A l’écart de la société ou cherchant désespérément à y entrer, qu’ils soient loup-garou, handicapé, métamorphe, alien, migrant, Muse ou homosexuel, leur combat est le même pour prôner la tolérance et tenter d’élargir l’esprit de leurs bourreaux.
  Seront-ils capables, avec leurs maigres moyens contre la pensée de groupe, de conserver leurs droits et de faire entendre leur voix ?

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Anthologie de nouvelles parue en mai 2017, pour le moment uniquement accessible par la campagne Ulule visant à sa création (campagne désormais terminée), mais on peut s’attendre à une sortie officielle dans les mois à venir. Parue aux éditions Flammèche. Format moyen, 228 pages. Contient 10 nouvelles.

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Comment j’ai découvert Blessures :

   Je suis l’actualité des éditions Flammèche, j’ai même déjà conclu un partenariat avec eux par le passé (cf Chimères, de Xian Moriarty). L’annonce de leur campagne Ulule pour la réalisation de cette anthologie m’a beaucoup enthousiasmée et c’est tout naturellement que j’y ai participé. J’ai reçu l’ouvrage par la poste début mai, accompagné d’un marque-page et d’une carte postale à son effigie ! La carte postale a directement fini fixée sur l’un de mes murs.

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Une petite mise en bouche…

  Depuis des millénaires, l’être humain classifie, organise, rassemble tout ce qui l’entoure, y compris les êtres vivants, y compris ses semblables. Nous avons créé des petites boîtes, des mots, des concepts, comme des béquilles pour nous aider à comprendre le monde et transmettre nos savoirs, de génération en génération. Tout ça en espérant pouvoir un jour répondre à ces questions qui nous tourmentent tou-te-s : « Qui suis-je ? » et « Pourquoi ? ». Je suis moi, en opposition à cet autre qui est différent-e de moi.
Extrait de la géniale préface de Mx Cordélia.

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Mon verdict :

  Comme il s’agit d’un recueil de nouvelles, je vais donner mon avis sur chaque nouvelle séparément, avant de faire un bilan de l’anthologie.

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Le calvaire de Zouara, de Geoffrey Legrand

  Le recueil commence avec une nouvelle très réaliste et ancrée dans l’actualité : ses héros sont des migrants africains, confrontés aux difficultés d’un voyage vers une Europe idéalisée. En escale temporaire dans la ville de Zouara, en Lybie, ils sont confrontés au racisme des autochtones envers les nomades en quête d’un avenir meilleur. Récit intense, attention aux cœurs sensibles. Un mini-aspect fantastique qui m’a bien plu, mais cette nouvelle reste trop ancrée dans la réalité pour véritablement me toucher – je suis trop axée imaginaire !

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Bessei, de Camille Courtain

  Véritable plongeon dans la culture japonaise ; ici peu d’action, mais une réflexion plus subtile sur des conflits sociétaux. Le talent du héros justifie à lui seul le reste de la nouvelle et j’ai trouvé ça un peu dommage : il s’agit d’un pouvoir hors du commun qui, finalement, ne lui sert quasiment pas. Alors qu’il y a énormément à faire avec un tel talent. Dommage qu’il ne soit qu’un prétexte pour l’histoire, qui finalement aurait peut-être pu s’en passer pour fonctionner.

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Le nom de la mort est solitude, de Karine Rennberg

  Déjà, faute de frappe sur le recueil, qui annonce « La nom de la mort est solitude ». Chapeau, les gars.
  Sinon, cette nouvelle figure parmi mes préférées. Très sensorielle, elle nous fait découvrir l’univers d’un loup-garou rejeté par les siens à cause d’une particularité d’apparence. Chassé par les autres meutes et des êtres mystérieux vêtus de noir et d’argent, il erre sans repères et sans avenir.
 Les loups vivent en meute et la nouvelle fait parfaitement ressentir ce besoin de lien social qui étreint notre héros haï de tous. Entre homme et bête, il n’a même pas de nom, et il n’y a qu’une seule ligne de dialogue dans toute la nouvelle : description, narration surtout, d’où la force des sensations retransmises.

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Sous leurs yeux, d’Ophélie Hervet

  Ici est abordé, pour la première fois du recueil, le thème de l’homosexualité. Il reviendra plusieurs fois par la suite, mais d’une façon secondaire ; dans Sous leurs yeux, c’est la principale différence qui justifiera la discrimination du protagoniste. Aucune dimension surnaturelle dans cette nouvelle, sinon l’aspect moyen-âgeux. Le thème est classique mais correctement traité. Finalement, un texte peu original, mais il en fallait au moins un dans le lot.

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L’ombre du cerf, de Dana B. Chalys

  Cette nouvelle aussi est l’une de mes préférées. Elle m’a beaucoup rappelé le roman Le songe d’Adam, de Sébastien Péguin. Le héros cumule deux différences pour le prix d’une ; nous avons même droit à une petite romance sur fond d’ode à la nature. Cette nouvelle s’inscrit apparemment dans un univers imaginaire plus large créé par l’autrice (autrice qui se gargarise un peu trop dudit univers dans sa mini-bio en début de nouvelle, mais je ne suis pas là pour lui jeter la pierre). Univers prometteur sur lequel j’irai me renseigner à l’occasion.

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Envie d’enfants, de Sorane Begaro

  Une nouvelle à la fin déroutante, que j’ai trouvé un peu trop précipitée. A part cela, les personnages et le décor sont plantés avec délicatesse et beaucoup de justesse. Par une multitude de petits détails anodins, le lecteur s’attache aux protagonistes et s’y identifie presque. La « différence » d’Eline paraît moins évidente et moins destructrice que les autres, mais elle la fait tout autant souffrir.

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Mnemoric Instinct, de Betti Piccioli

  Une nouvelle courte et percutante, à l’image de son personnage principal. Personnage sur qui on en saura bien peu, finalement. Le dénouement appelle à une suite, suite que je lirais avec plaisir si elle existait. Le texte se compose principalement de dialogues, et découvrir peu à peu la complexité du personnage de Bérénice s’est avéré particulièrement prenant. Je souligne la présence d’une dimension fantastique qui reste inexpliquée, mais qui pimente énormément l’histoire.

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Du bout des doigts, de Manon Bousquet

  Cette nouvelle-là est profondément ancrée dans le réel. La relation de Lou et Amata est exposée puis développée avec brio. Emotion au rendez-vous. Pour une fois que j’aime un texte avec une romance au centre de l’intrigue, ça se précise.

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A la lumière du jour, de Samantha Chauderon

  Des accents philosophiques sur les bords, je trouve. En tout cas, ce texte est empreint d’une poésie bienvenue, alors que le background aurait pu nous présenter une ambiance beaucoup plus dure. Le personnage d’Esteban est véritablement une oasis de pacifisme dans l’univers discriminatoire de la nouvelle ; là est tout son intérêt, mais par sa fraîcheur, il influence à la fois l’intrigue et l’atmosphère du texte. Cette nouvelle ne présente pas la différence d’un être en particulier, sinon celle de toute une race. Je trouve les caractéristiques de cette « race » assez peu vraisemblables, pour des raisons évidentes quand on s’y connaît un minimum en matière de vie extraterrestre. Mais là n’est pas l’intérêt du texte, heureusement, alors cette incohérence n’est pas très importante.

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La couleur des mots, de Marlène Charine

  Un texte parfaitement adapté à la clôture du recueil. Le livre se finit avec une note gaie, optimiste, après l’exposition de toutes ces fragilités si différentes mais en écho les unes avec les autres. Un cadre moins adulte que les précédentes nouvelles, un léger goût d’enfance et de candeur.

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Verdict général sur Blessures

  J’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de ces plumes si différentes les unes des autres. Je reprocherais juste à l’anthologie de s’auto-qualifier de recueil SFFF, car sont présents quelques textes ancrés dans le réel et sans élément fantastique intégré. Un bien faible reproche ! Les nouvelles sont complémentaires et leur répartition au sein du livre n’est pas dûe au hasard. Elles forment un tout presque indissociable et abordent, par des chemins détournés ou volontairement révoltants, des différences auxquelles le lecteur ne s’attend pas forcément. Big up à Mx Cordélia pour sa préface si juste au sujet de la différence et des discriminations à travers le monde. Et à son utilisation des accords neutres, si rares encore dans la littérature francophone !

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Ma note :

ShishiShishi à l’aise. Bonne lecture, sans ressenti dominant : un bon bouquin qui entre dans la norme. Ou qui est trop spécial pour être davantage apprécié, c’est selon.

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CQFD :

  Si cette anthologie venait à être commercialisée à plus grande échelle – elle est d’ores et déjà disponible à la commande sur le site des éditions Flammèche –, je ne peux que t’encourager à te la procurer. Diversité, exotisme et dépaysement avec pour ligne directrice une très belle leçon de tolérance. C’était là l’atmosphère recherchée lors de l’élaboration de ce livre : le but est atteint.

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Bonus :

Le site des éditions Flammèche
La chaîne Youtube de Mx Cordélia

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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