Un palais d’épines et de roses, de Sarah J. Maas

Salutations.

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Corte de rosas y espinasCet exemplaire du roman est en espagnol mais n’aie crainte, il a été traduit en français !

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Mon résumé :

  Suite à une guerre sanguinaire, le continent de Prythian s’est scindé en deux en son milieu : au sud du mur magique, les humains. Au nord, les peuples immortels, faes et bêtes sauvages. Voici cinq cents ans que la frontière existe et les rares personnes qui osèrent la traverser en payèrent le prix fort…
  Feyre est humaine, benjamine de sa fratrie composée de trois sœurs. Elles vivent avec leur père dans une pauvre masure à peine assez grande pour eux quatre. Famille noble mais déchue, ils ne survivent que grâce à Feyre, chasseuse de talent, qui passe ses journées à abattre du gibier en forêt ou à faire du troc avec les fermiers des alentours. Mais cet hiver est beaucoup plus rude que les précédents : le gibier a déserté les bois et Feyre ne trouve presque plus rien pour assurer la survie de sa famille. Jusqu’à ce qu’elle tombe, dans une zone particulièrement dangereuse, sur un loup monstrueux sur le point de dévorer une biche… En tuant le loup, en récupérant sa viande et sa peau pour nourrir et vêtir les siens, Feyre a sans le savoir transgressé un interdit capital du traité qui assure une paix relative entre les humains et les immortels. Ce loup était un immortel, et l’un de ses semblables retrouve la trace de Feyre pour l’emmener de force de l’autre côté du mur en guise de punition. Telle est la sanction imposée par le traité : un humain osant s’en prendre à un immortel sera condamné à vivre parmi eux jusqu’à la fin de ses jours.
  Mais à la Cour du Printemps, royaume immortel dans lequel elle est emprisonnée, Feyre découvre une société bien éloignée des rumeurs qui courent chez les humains : plutôt que des bêtes sanguinaires et sans manières, elle a affaire à des êtres courtois et civilisés, qui lui offrent une vie de princesse sur un plateau. Malheureusement, les apparences tombent vite et Feyre comprend qu’un mal sans précédent menace le royaume des faes. Comment peut-elle y remédier, elle qui a le combat dans le sang ? Et si ce mal funeste parvenait jusqu’aux terres humaines ?

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Roman publié en février 2017 aux éditions La Martinière, mais initialement publié aux USA en mai 2015. Traduit de l’anglais états-unien au français par Anne-Judith Descombey.

Coût : 18,90€.

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Comment j’ai découvert Un palais de roses et d’épines :

  La précédente série de l’autrice, alias Sarah J. Maas, était l’un de mes plaisirs coupables en littérature de fantasy : tous les amateurs disaient de Keleana que c’était de la fantasy mal ficelée et détestable, alors que moi j’avais adoré la lire. Bref. En suivant son actualité, j’ai découvert que sa série suivante venait d’être traduite en français : il s’agissait donc du Palais d’épines et de roses. Seul frein à mon achat, le prix du bouquin, qui sans être exorbitant pour un roman gros format, me faisait quand même un peu peur. Mais j’ai trouvé comment contourner ce barrage éthique : en le découvrant dans une librairie espagnole. Le lire en espagnol va me faire travailler la langue, non ? Alors j’ai fini par craquer… Je ne pense pas que le fait de le lire en espagnol ait trop impacté mon ressenti.

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Mon verdict :

  Je le confesse d’ores et déjà : à l’image de Keleana, ce roman est clairement pour moi un plaisir coupable. Parce que j’ai beaucoup apprécié ma lecture bien qu’il ne s’agisse pas de fantasy de qualité.
  Nous retrouvons ici le schéma très classique de l’héroïne séquestrée – séquestrée est un bien grand mot pour la « détention » de Feyre – par un ravisseur mystérieux, qui va s’avérer incroyablement sexy et la séduire malgré elle. Alors qu’elle s’attendait à mener une existence misérable chez les immortels, torturée par une bête sauvage, elle se retrouve dans des terres féériques et débute une vie de princesse. Evidemment, c’est la successeuse de Keleana dans la bibliographie de Sarah J. Maas, alors elle est teigneuse au possible et commence par refuser en bloc toutes les petites attentions de Tamlin, son séduisant ravisseur, pour essayer de s’armer, de le liquider en cas de problème, d’échafauder un plan pour retourner sur les terres humaines… Keleana était moins futée mais au moins savait-elle se comporter en société avec un minimum de décence. Feyre est une chasseuse sans manières, aux émotions très pures, d’autant plus puissantes qu’elle s’environne d’immortels tous plus mystérieux les uns que les autres. Néanmoins, elle reste un type de personnage que je ne peux pas blairer, à l’image de beaucoup de lecteurs avertis : une Mary-Sue. Une Mary-Sue, c’est quoi ? C’est un personnage tellement parfait qu’il s’agit généralement d’une version fantasmée de l’autrice dans sa propre histoire (no joke). C’est un personnage qui se trouve laid alors qu’il est à tomber, qui a des soi-disant défauts alors que jamais ils ne lui porteront vraiment préjudice. Feyre désobéit à Tamlin et se lance dans des aventures abracadabrantesques qui devraient fatalement lui coûter la vie ? Hop, deus ex machina, un immortel passait par là et lui sauve la mise, ou un élément du décor lui permet miraculeusement de survivre comme une chasseuse surdouée. Arrêtons de nous mentir : dans les terres immortelles de Prythian, Feyre était condamnée à mort, et chanter les louanges de ses talents de pistage dans chaque situation difficile ne suffira pas à rendre ses échappées crédibles. Feyre se retrouve blâmée de tous parce qu’elle était censée accomplir quelque chose pour sauver Tamlin pendant son séjour dans sa Cour et qu’elle n’a strictement rien fait ? Médiocre tentative de lui créer un sentiment de culpabilité. Vu la situation et l’intrigue complètement tirée par les cheveux, encore une fois, jamais elle n’aurait pu deviner toute seule ce qu’on attendait d’elle, et la voir s’accabler sur son sort énervera plus le lecteur qu’autre chose.
  Parlons-en, de l’intrigue. On dirait que l’autrice l’a créée au fur et à mesure sans jamais se préoccuper de la cohérence de l’ensemble, juste pour assouvir ses envies progressives de dramatiser le personnage de Tamlin ou pour justifier un élément scénaristique dont elle voulait se débarrasser. En parler plus en détail s’avère délicat car il s’agit de spoil, mais essayons tout de même : la « plaie » dont souffrent les immortels, tournée de cette manière par l’intrigue ? Sérieusement ? Les raisons de la mort d’Andras, de la venue de Feyre sur les terres de Tamlin ? Et même toute l’histoire d’Amarantha, diantre, fallait faire un effort quoi. C’est écœurant tellement c’est mal ficelé. Pour faire tenir debout une intrigue aussi complexe que celle d’Amarantha, il fallait le planifier beaucoup, beaucoup plus tôt dans le schéma narratif du roman. La révélation arrive dans un climax de plein d’autres révélations et elle est tellement grosse qu’elle déséquilibre tout. Le lecteur n’y trouve qu’un trop-plein de retournements de situation et la surprise y perd tout son charme. Passer onze pages à enchaîner les révélations qui bouleversent tous les repères du lecteur, c’est trop, désolée. Ça redynamise confortablement un roman qui a mis plus de 200 pages à véritablement démarrer, mais c’est trop.
  Ah oui, parce que pendant les 300 pages précédant ce climax de révélations, c’est le vide en matière d’action. Il n’y a que de longs passages introspectifs de Feyre, de longs paragraphes pour des actions qui devraient prendre dix lignes, ou des dialogues plein de futilités entre Feyre, Tamlin et Lucien. Un remake de « La Belle et la Bête » un peu raté, dans lequel la courageuse héroïne humaine va apprendre à voir le cœur d’or derrière ses préjugés et les masques de ses courtisans masculins.
  Avec un poids pareil sur ses épaules – j’en parle toujours à mots voilés pour ne rien cacher à d’éventuels lecteurs – Tamlin aurait pu la jouer beaucoup plus fine pour arriver à ses fins. Il se comporte comme un imbécile de première – surtout à la fin des 300 premières pages – visiblement juste pour que l’intrigue puisse poursuivre son cours normalement. Quelques mots de plus avec Feyre et il sauvait tous les personnages de douloureuses prolongations avec l’histoire d’Amarantha. Mais avec un tel paquet bourratif à déballer juste après, pourquoi accorder trop de place à la crédibilité, hum ?
  Je ne reviendrai pas trop en détails sur la romance, très stéréotypée, sur laquelle je cracherai moins que d’habitude étant donné que par son caractère, Feyre arrive à apporter un minimum de nouveauté dans le développement de ses relations avec l’élu de son cœur. La relation est travaillée et se conclue plutôt bien, je trouve, bien que sans surprise. Au moins un aspect du roman qui prend une tournure acceptable.
 
  Mais depuis tout à l’heure, je le démonte, ce roman. Alors que, je l’ai dit plus haut, bien qu’en lecture coupable, je l’ai apprécié ! Pourquoi donc ? Il ne peut pas être si mauvais.
  Déjà, les personnages ne sont pas si nombreux que ça pour un roman de fantasy. On ne s’y perd pas et ils entretiennent des relations d’une certaine complexité (avant que l’ouragan Amarantha vienne gâcher tout le beau travail de subtilité, mais passons). Les terres immortelles sont ensorceleuses et les paysages, d’une manière plus générale, ont une consistance particulière. Malgré l’intrigue abracadabrantesque, je me suis laissée emporter dans les suspenses successifs et j’en ai tiré un vif plaisir dans le dénouement de tous les enjeux du roman. Malgré une résolution douteuse avec une énigme à deux balles qui servira de deus ex machina, mais cessons de cracher dans la soupe voyons.
  Feyre, si elle a des caractéristiques de Mary-Sue, a au moins le mérite de se démarquer des autres héroïnes de romance fantastique par son côté très teigneux et un peu sauvage sur les bords. Il fallait la faire un peu plus laide (et pas « je me trouve laide mais je suis une bombe ») et je l’aurais carrément complimentée pour son originalité.
  Un mot sur la fin du roman ? Trop parfait. Ça manque de dommages collatéraux. Feyre accède à l’accomplissement final de toute Mary-Sue qui se respecte, au passage. Pour moi, l’histoire pourrait presque s’arrêter là, mais grâce à Amarantha et ses liens avec Hybern (cf la carte au début du livre), l’autrice va pouvoir nous pondre une trilogie à vendre à prix d’or, gros format, dans toutes les bonnes librairies. S’il y avait moyen de corriger quelques défauts du roman pour en faire de la fantasy respectable au passage, ma foi je ne dirais pas non.

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Ma note :

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Points forts :

Personnages intéressants
Jolis paysages

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Points faibles :

Intrigue qui ne tient pas debout
Cliché romantique
Héroïne trop parfaite pour être attachante

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ShishiShishi mitigé. Bonne lecture, mais des défauts qui ternissent l’ensemble.

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CQFD :

  Un roman acceptable qui se démarque surtout par le succès de la précédente série de l’autrice. Néanmoins, qu’on se le dise, je ne lirais la suite que si un coup du destin me la met sous le nez.

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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