La mémoire de Babel, de Christelle Dabos

Attention.
Cette mini-chronique traite du troisième tome de la série de La Passe-Miroir : gare aux spoils sur les deux tomes précédents, je ne m’en priverai pas !

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La mémoire de BabelPour cette mini-chronique passionnée, Shishi a enfilé sa plus belle écharpe et ses lunettes à la Thorn…

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Mon résumé :

  Deux ans et sept mois ont passé depuis les funestes événements survenus au Pôle. De retour sur Anima, Ophélie a retrouvé son quotidien sous l’œil vigilant des Doyennes. Néanmoins elle continue secrètement de s’inquiéter pour Thorn, qui s’est enfui à travers un miroir pour échapper au courroux de Dieu…
  Ophélie a conservé sa montre à gousset, qui refuse de se remettre en marche depuis leur séparation. Elle a attendu. Et attendu. Mais pendant deux ans et sept mois, Thorn n’est pas réapparu.
  Enfin, alors qu’elle perdait espoir, Archibald vient la chercher sur Anima. Beaucoup de choses se sont passées au Pôle pendant son absence, pour le meilleur et pour le pire. Pour poursuivre son enquête sur les origines du monde et retrouver la trace de Thorn, Ophélie s’aventure sur l’arche de Babel, dirigée par les Esprits Pollux et Hélène. Elle s’y rend seule, à ses risques et périls, car Babel ne ressemble pas du tout à Anima, et les sbires de Dieu sont sur ses talons.
  Pour mener à bien ses objectifs, Ophélie devra concéder à bien plus de sacrifices qu’au Pôle. S’écraser, accepter l’humiliation, l’insignifiance et rester elle-même, plus que jamais, pour découvrir la vérité…

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Roman publié aux éditions Gallimard Jeunesse en juin 2017. Gros format, 483 pages.

Coût : 18€.

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Mon verdict :

  Le tome 3 de La Passe-Miroir, en dépit de sa sortie hors rentrée littéraire, était attendu par des centaines de personnes depuis des mois, que dis-je ? Plus d’un an. Rarissime avec la littérature jeunesse francophone. Avec l’arrivée des premiers services presse chez les blogueurs et quelques privilégiés, Internet a même connu quelques dramas générés par des lecteurs jaloux et déçus de devoir attendre la date de publication officielle. Heureusement, maintenant qu’on peut tous l’avoir entre les mains, plus de bisbille qui tienne, on attend tous le tome 4 à égalité…
  A l’instar de ses prédécesseurs, La Mémoire de Babel a défrayé la chronique littéraire.
  Après avoir clos l’arc du Pôle, un renouveau s’imposait pour la série. Renouveau parfaitement dosé avec la découverte de Babel, radicalement différente de notre Arche polaire préférée ! Encore une fois, un travail impressionnant a été effectué sur l’histoire de Babel, son architecture et ses mœurs. Tout sur Babel est codifié par des lois vestimentaires et comportementales très strictes ; dépaysement garanti. En lisant ce roman, tu te garantis un voyage exotique vers un monde à l’environnement et à l’éthique radicalement différents de ceux du nôtre. Après la culture nordique au Pôle, à Babel se célèbrent le bon goût britannique, la météo équatoriale et une flopée de petits éléments arrachés à leur géographie terrienne.
  Une nouvelle galerie de personnages fait son entrée. Les Babéliens sont aussi hauts en couleurs que les natifs du Pôle (cela compensera la quasi-disparition de mon petit préféré, alias le divin Sieur Farouk…). Christelle Dabos prouve de nouveau son formidable talent de création avec des designs et des caractères qui surpassent les stéréotypes pour créer une alchimie unique en son genre. Ophélie va avoir à faire, entourée d’autant d’énergumènes qui ne veulent pas tous son bien. Mon favori de la nouvelle fournée ? Mediana me plaît beaucoup, mais pas au point de détrôner le Sieur Farouk.
  La relation entre Thorn et Ophélie, qui me laissait sceptique depuis le tome 2 (les fangirls, tapez pas.), ne va pas en s’arrangeant de mon point de vue subjectif. Certes, ils évoluent considérablement chacun de leur côté et parviennent à un travail psychologique commun assez remarquable, mais cet amour qui apparaît entre eux dans le tome 2, n’est-ce pas une facilité (ou fatalité) narrative condamnable ? Alors que l’originalité première de la série tenait justement à l’absence d’attirance dans leur couple forcé ? Cet aspect me déçoit parce qu’à mon avis, ils fonctionneraient tout aussi bien en camarades inséparables, avec une relation amicale mais complexe, et cela irait dans la continuité originale de l’univers.
  Ophélie, plus encore que les autres, va énormément progresser dans son cheminement personnel. Larguée seule sur une Arche inconnue, elle va découvrir les joies de l’indépendance forcée, à ses risques et dépens. Une héroïne qui risque de devenir le modèle de beaucoup de gens : personnage de roman mais si juste et touchante, c’est rare. Ophélie fait des erreurs, en pâtit, mais elle fait aussi preuve d’un courage exceptionnel quand les circonstances l’exigent. Elle découvre avec le lecteur ses émotions profondes et, peu à peu, le secret que renferme son pouvoir de passe-miroir…
  Après un long tome d’introduction et un bon de géant dans l’intrigue avec le second livre, le troisième reste dans la continuation du précédent. Les révélations continuent de se distiller au compte-gouttes, avec un climax sur la fin et un nouveau coup de boule dans tes certitudes scénaristiques. La décadence est en marche ; le quatrième et dernier tome s’annonce spectaculaire. Et tous les fans de la Passe-Miroir de se tordre de frustration sachant qu’il y aura, au bas mot, deux ans avant sa sortie (Cricri va prendre une pause dans son écriture et le processus éditorial sera sans doute assez long)…
  Que les fans du Pôle ne grincent pas trop des dents : Archibald, Bérénilde et compagnie sont toujours au rendez-vous, quoiqu’au second plan. D’ailleurs, je ne vais pas parler de Victoire. Non il ne faut pas. Sinon je vais me perdre dans mon fangirlisme. Et dans ce tome, le Sieur Farouk. Diantre, le Sieur Farouk… Quelle intervention brillante, quel courage admirable, quel instinct paternel… Je ne puis en dire plus !

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Ma note :

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Points forts :

Renouveau dans l’univers
Personnages aussi travaillés que ceux du Pôle
L’intrigue avance toujours, à son rythme
Style littéraire de qualité

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Points faibles :

Relation Ophélie/Thorn ambigüe dans son développement
ON NE VOIT PRESQUE PLUS LE SIEUR FAROUK

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ShishiShishi enchanté. Coup de coeur qui emballe presque à la perfection. Quasiment dans mon élite !
 

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CQFD :

  Que dire que je n’ai pas déjà dit dans ma chronique du tome 1 ? Ecriture poétique et teintée d’humour, une grande sensibilité sans s’encombrer de formules trop complexes. Un univers original qui bouleverse les codes de la fantasy. Un véritable OVNI littéraire qui mérite sa médiatisation sans précédents et sa renommée grandissante par-delà les frontières.
Pour l’anecdote, j’essaie de me procurer le tome 1 traduit en colombien. Oui, en colombien. En espagnol de Colombie. C’est un peu à l’autre bout de la planète, ils seraient pas fichus de le vendre en Espagne aussi ?!

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Bonus :

Ma chronique des premiers tomes

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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