E.V.E, de Carina Rozenfeld

Salutations.

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E.V.E

 

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Mon résumé :

  Les habitants de Citypolis sont surveillés vingt-quatre heures sur vingt-quatre via des puces intégrées à leur nuque. Ou qu’ils soient, quoi qu’ils fassent, tout ce qu’ils voient est transmis en temps réel à des E.V.E, des intelligences artificielles surdéveloppées capables d’alerter les autorités à la moindre activité suspecte détectée. E.V.E pour Entité, Vigilance et Enquête. Elles sont une vingtaine, robots dénués de sentiments, qui travaillent d’arrache-pied pour garantir la sécurité de tous à Citypolis.
  L’une de ces E.V.E, néanmoins, se retrouve confrontée à une situation sans précédent. Pour la première fois depuis sa création, elle est témoin d’un meurtre à travers les yeux de la victime, et échoue à retrouver le coupable. Quand elle cherche son identité, nulle image ne lui parvient : le criminel parvient mystérieusement à se soustraire à son omniscience…
  Tandis que les autorités humaines s’affolent et que ce genre d’incidents se multiplie à travers Citypolis, l’E.V.E prend une décision lourde de conséquences : pour mener l’enquête de son côté et justifier son utilité, elle transfère momentanément son esprit dans le corps de la morte. Ainsi Eva Lewis, assassinée et impunie, se réveille à l’hôpital en dépit de ses blessures graves et reprend sa vie d’avant.
  Tous ignorent que la vraie Eva ne reviendra jamais à la vie, et que son corps est parasité par une Intelligence Artificielle qui prend de plus en plus goût à la vie humaine…

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Roman publié en juin 2017 aux éditions Syros. Gros format, 382 pages – la police d’écriture est insolemment grosse.

Coût : 16, 95€.

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Comment j’ai découvert E.V.E :

  Il s’agit d’un partenariat avec les éditions Syros. Je les remercie pour cet envoi ! Et un grand merci supplémentaire à Carina Rozenfeld, l’autrice, qui a dédicacé tous les romans de service presse avant envoi ❤

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Une petite mise en bouche…

  Des millions d’images défilaient en permanence dans mes connexions, des scènes de la vie des habitants de Citypolis. Des actions du quotidien : des gens qui se levaient, en cette matinée de fin de l’été. Ils se préparaient pour aller au travail, ou à l’école, pour les plus jeunes.
  A travers leurs yeux, je les voyais quitter leur lit, se doucher, avaler leur petit déjeuner, s’habiller, sortir de chez eux, prendre les transports en commun, l’Hyperloop, ou leur véhicule particulier pour se rendre à leur travail.
  D’autres restaient chez eux : les personnes âgées ou malades, celles qui travaillaient de nuit ou dormaient encore.
  Je passais rapidement sur tous ces flux qui circulaient dans mes systèmes. Ces images ne présentaient aucun intérêt. Quand les gens n’étaient pas victimes de crimes, je ne m’arrêtais pas sur chaque minute de leur vie.

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Mon verdict :

  La spécialité de Carina Rozenfeld, c’est les romans d’amour. A toutes les sauces : fantasy, fantastique, dystopique… Mais l’amour néanmoins, l’amour encore et toujours. Personnellement, l’amour en littérature a tendance à me faire fuir. Mais Carina Rozenfeld figure parmi les auteurs que je suis depuis un sacré bout de temps, et ses romans à elle ne font que rarement de l’amour le point central de l’intrigue. Ce ne fut pas le cas pour E.V.E, notamment et heureusement.
  E.V.E se concentre sur deux fils rouges : l’enquête policière qui remet en question tout le système des E.V.E et la nouvelle vie d’Eve/Eva dans son corps d’humaine. Un moyen efficace de mettre en place une intrigue à suspense avec une dimension émotionnelle importante. Les deux fils directeurs s’alternent ou s’entrecroisent : leurs agencements démontrent la grande expérience de l’autrice en matière de construction d’intrigue.
  Ainsi Eve partage-t-elle sa vie entre deux environnements distincts : sa vie humaine dans le corps de feu Eva, et sa vie d’E.V.E dans un bâtiment du gouvernement. Evidemment, personne ne doit apprendre sa double-identité : E.V.E serait bonne pour la désactivation pure et simple, et la mort certaine. Ici revient le thème, souvent abordé, des Intelligences Artificielles : sont-elles capables de gagner en autonomie au point de commencer à penser comme de véritables êtres humains ? A voir Eve, ça semble tout à fait plausible. Néanmoins, à mon sens, le roman triche un peu sur le sujet. Je ne détaillerais pas mon idée car il s’agirait d’un spoil majeur, qui concerne les dernières pages du roman. Mais nous n’avons pas affaire à des IA « comme les autres » avec ces E.V.E…
  Eve est confondante de candeur. Elle découvre avec de véritables sensations ce qu’elle a tant de fois expérimenté uniquement en tant que spectatrice, via les puces des citoyens : l’immensité du ciel, le vacarme d’une rue à l’heure de pointe, une tasse de thé, une bise à un ami. Dans l’obligation de masquer ses réactions disproportionnées au quotidien, elle est très introspective dans sa façon d’agir et de narrer. Le décalage qu’elle remarque progressivement entre sa vie humaine et sa vie d’IA s’exprime graduellement, avec crédibilité.
  Ainsi, histoire d’amour il y a, mais rien de trop pesant : l’intrigue policière passe clairement au premier plan et limite ses ravages. La fin est très prévisible, évidemment (même pour la partie concernant le Prince, que j’ai trouvé très décevant…), mais ça ne gâche en rien le plaisir de la lecture : E.V.E n’est pas de ces romans qu’on lit pour se surprendre. Ici, le but n’a pas tant d’importance que le chemin parcouru pour l’atteindre : les rebondissements de l’enquête policière, et les évolutions progressives de l’E.V.E devenue Eva.
  Le roman est classé en jeunesse, et d’ailleurs il a une écriture très typée « jeunesse » – le terme est souvent utilisé comme adjectif sans s’accorder. Des personnages peu approfondis – à part l’héroïne –, une histoire dont on devine la fin dès les premiers chapitres, une simplification du background à la limite du défaut… Néanmoins, au vu de ses thématiques et de ses fils rouges, je pense qu’il aurait parfaitement sa place en littérature de l’imaginaire adulte. Il suffirait d’approfondir un petit peu tout ça, d’amputer au roman de sa naïveté parfois trop prononcée, et de créer autour de l’histoire un véritable univers de science-fiction dystopique. Parce qu’une ville qui s’appelle Citypolis, ça m’a un peu frustrée sur le coup.
  Non pas que cette simplicité dans la construction du roman rende sa lecture moins agréable ; ainsi, il est accessible à un public plus large. Mais voir tout le potentiel de pareille histoire frustre un chouïa les amateurs.

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Ma note :

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Points forts :

Héroïne développée
Binarité des intrigues psychologique et policière qui fonctionne
Aisance dans le style d’écriture

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Points faibles :

Simplicité parfois handicapante
Fin prévisible

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ShishiShishi à l’aise. Bonne lecture, sans ressenti dominant : un bon bouquin qui entre dans la norme. Ou qui est trop spécial pour être davantage apprécié, c’est selon.
 

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CQFD :

  E.V.E n’est pas le meilleur roman de Carina Rozenfeld que j’ai lu : en tête de mon classement se pavanent toujours la trilogie Doregon et le premier tome de Zalim. Néanmoins, il vient agréablement diversifier l’éventail des genres littéraires auxquels elle s’essaye. Un roman facile à lire qui divertira efficacement les plus jeunes – mettons, à partir de onze ans – et qui satisfera malgré tout les fans plus âgés de l’autrice.

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Si tu as aimé E.V.E, tu aimeras…

Un monde pour Clara, de Jean-Luc Marcastel
Zalim, de Carina Rozenfeld
Transfert, de Rémi Stefani

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Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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3 commentaires sur “E.V.E, de Carina Rozenfeld

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