Les mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot : Les jeux du siècle

Attention !

Cette chronique traite du deuxième tome des Mystères de Larispem, alors gare au spoil intempestif. Te voilà prévenu.e !

Pour lire ma chronique du tome 1, par ici mon enfant.

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Larispem

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Mon résumé :

  Nathanaël n’a pas le temps de se remettre de sa rencontre avec la diabolique Vérité de Maugardin : déjà arrive le jour de la foire des orphelins, et l’espoir pour lui d’intégrer la caste louchébem. Par chance, le Cochon Volant cherche justement un apprenti…
  Apprenti louchébem fraîchement promu, Nathanaël travaille désormais avec la fougueuse Carmine pour mentor. Mais il n’est pas au bout de ses surprises : lui, elle et Liberté la mécanicienne se retrouvent inscrits pour les jeux du siècle. Six équipes s’affronteront dans Larispem, sur le modèle d’un jeu de l’oie géant qui leur distribuera des épreuves à chaque nouvelle semaine. Mais dans l’ombre des jeux s’ourdissent des complots politiques : la caste montante des louchébems et les Frères de Sang tentent, chacun à sa façon, de tirer parti de la décadence progressive de Larispem. Pris dans les souhaits contradictoires de ses différents maîtres, tiraillé entre les idéaux louchébems et la soif de vengeance des Frères de Sang, Nathanaël doit choisir dans quel camp se ranger.
  Réussira-t-il à protéger Carmine et Liberté des conséquences de ses actes ? Jusqu’où est-il prêt à aller pour les épargner ?

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Roman publié en mai 2017 aux éditions Gallimard Jeunesse.  Gros format, 319 pages.

Coût : 17€.

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Comment j’ai découvert Les mystères de Larispem :

  Cette série a gagné la seconde édition du concours d’écriture lancé par Gallimard en partenariat avec Télérama et RTL. Je l’ai découverte à cette occasion et, même si elle s’avère beaucoup moins médiatisée que La Passe-Miroir, premier gagnant du concours, je peux vous garantir que la qualité est également au rendez-vous.

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Une petite mise en bouche…

  « Quelle impression étrange, pensa Nathanaël, d’être comme un bibelot sur l’étagère d’un magasin ! » Des inconnus s’arrêtaient devant lui, le détaillant des pieds à la tête, et échangeaient, sans la moindre délicatesse, des commentaires à voix haute :
  – Il est bien trop mignon, dit ainsi la tenancière d’un bistrot. Regarde-moi sa figure. Si je le mets derrière mon comptoir, j’aurai des comptes à rendre aux maris cocus.
  – Mais pourquoi tu te fatigues ? lui répondit son amie. Il veut devenir boucher.
  – Et alors ? Ils n’en voudront jamais chez les louchébems. Il est complètement monté en graine, sans une once de muscle. Faudra bien qu’il accepte ce qu’on lui propose, s’il veut pas rester sur le carreau.
  Elles s’éloignèrent en continuant leur conversation, tandis que Nathanaël s’appliquait à garder un masque neutre sur son visage. Les professeurs les avaient prévenus qu’ils n’avaient pas leur mot à dire, l’employeur étant maître. Cependant, il sentait la moutarde lui monter au nez.

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Mon verdict :

  Le premier tome de la série s’était conclu sur un cliffhanger de toute beauté, alias Vérité de Maugardin, mon personnage préféré. Les jeux du siècle tient-il la comparaison ?
  Oui, complètement !
  Ce fut un plaisir de retrouver le Larispem uchronique de Lucie Pierrat-Pajot, ses héros atypiques, Vérité de Maugardin, Vérité de Maugardin et Vérité de Maugardin aussi. Lesdits « jeux du siècle », instaurés par le nouveau gouvernement, servent de nouvelle ligne rouge au roman. Néanmoins, dans le fond de la scène, l’intrigue principale, à savoir les complots qu’ourdissent les Frères de Sang, continue de progresser, et va rapidement finir par interférer avec les Jeux.
  Nos trois héros, alias Carmine, Liberté et Nathanaël, se rencontrent enfin – jusqu’ici, Nathanaël agissait à part ! – et si certaines de leurs interactions sont tristement stéréotypées, dans l’ensemble, voir ce trio de choc au cœur des aventures larispemoises est un vrai plaisir. Dommage qu’il faille, encore une fois, passer obligatoirement par la case « aventures amoureuses ». Suis-je la seule à trouver que le couple formé manque cruellement de crédibilité ? Nous verrons bien comment l’autrice va se débrouiller dans le troisième tome, d’autant plus que ledit couple prend des allures bien particulières à la fin du tome 2…
  Dans « Les jeux du siècle », Mademoiselle Vérité de Maugardin est toute en beauté. Et je ne dis pas ça uniquement parce que je l’adore ! Son personnage, très brièvement entraperçu dans le tome 1, se dévoile tout à fait. Je trouve très intéressante cette chronologie dans la trilogie, et cette façon d’introduire l’antagoniste des héros avec ce calcul sur la longueur. Calcul réussi selon moi. La suprématie latentes des louchébems, qu’on sentait venir dès le tome 1 à vrai dire, est également remise sur le tapis, et entraîne tout un tas de questionnements très intéressants : est-il réellement possible de créer une société sans caste sociale dominante, qu’elle soit en supériorité physique, économique ou psychologique ? Le fonctionnement même de Larispem, cité-état aux faibles revenus, commence à être abordé. Le début de la fin pour l’utopie populiste des louchébems ? Le tome 3 nous le dira. Dans le tome 1, nous découvrons progressivement les louchébems d’un côté, les Frères de Sang de l’autre, les autorités françaises d’un autre, le gouvernement larispemois d’un autre… Après une présentation romancée des différents partis, tous entrent en collision les uns avec les autres dans le tome 2 et nous découvrons que finalement, tous sont étroitement mêlés quant à leur implication dans le destin de leur cité-état. A cause de leurs aspirations contradictoires ou de leur passé mystérieux lié à la création de Larispem…
  Niveau background, rien à redire par rapport au tome 1. Les prouesses architecturales et les machines rocambolesques des inventeurs larispemois font merveille sur les mirettes du lecteur époustouflé.  Ambiance steampunk garantie ! Encore une fois, malgré sa qualité qui n’est plus à prouver, l’intrigue conserve un je-ne-sais-quoi d’enfantin qui ne me permet pas de le classer comme une lecture « universelle ». Je la compare ici (c’estpasbienjesais) à la série de La Passe-Miroir qui, elle, a ce je-ne-sais-quoi d’universel qui la rend si attractive quel que soit notre genre littéraire de prédilection. Les mystères de Larispem se restreint davantage à son genre assigné, alias l’uchronie jeunesse fantastique, même si cela n’entache en rien son intérêt.

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Ma note :

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Points forts :

Background très steampunk de qualité
Personnages développés
Intrigue efficace qui prend son temps pour se placer
Vérité de Maugardin

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Points faibles :

Relation amoureuse stéréotypée

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ShishiShishi heureux. Coup de coeur modéré, très bon moment de lecture mais pas assez emballée pour le retenir sur le très long terme.

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CQFD :

  Lucie Pierrat-Pajot a fait ses premiers pas dans la cour des grands avec le tome 1 des Mystères de Larispem ; avec le tome 2, elle confirme sa légitimité d’autrice. Du style littéraire à l’univers en passant par l’intrigue et les personnages, tous les ingrédients sont réunis pour créer une série littéraire jeunesse qui a encore de beaux jours devant elle.

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Si tu as aimé Les mystères de Larispem, tu aimeras…

La Passe-Miroir, de Christelle Dabos
Le projet Starpoint, de Marie-Lorna Vaconsin
Le Paris des Merveilles, de Pierre Pevel

 

Amitiés,

Shishi et Chinmoku.

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